janvier 04, 2006

Canadian ambivalence towards private health care

A December 2005 Léger Marketing poll gives the answer to an odd paradox: federal political parties are reluctant to declare themselves in favour of a greater role for the private sector in health care though a majority of Canadians are in favour of it. The answer is that, even though 58 percent of Canadians agree with " allow[ing] those who wish to pay for health care in the private sector to have speedier access to this type of care while still maintaining the current free and universal health care system" whereas 37 percent disagree, only 20 percent of Canadians would be more inclined to vote for a federal political party that promised to adopt this policy whereas 25 percent would be less inclined to vote for such a party.Un sondage Léger Marketing de décembre 2005 répond à un étrange paradoxe: les partis politiques fédéraux sont réticents à se déclarer en faveur d'un plus grand rôle du secteur privé en santé même si une majorité de Canadiens y sont favorables. La réponse est que, bien que 58% des Canadiens soient d'accord qu'on "permette à ceux qui souhaitent payer pour des soins de santé dans le secteur privé d'avoir un accès plus rapide à ces soins, tout en maintenant l'actuel système de santé gratuit et universel" alors que 37% sont en désaccord, seulement 20% des Canadiens auraient plus tendance à voter pour un parti politique fédéral qui promettrait d'adopter cette politique alors que 25% auraient moins tendance à voter pour un tel parti.
Publié par Laurent à 05:17 PM

juillet 09, 2005

Canadians agree with the Court on health care

Last week, a CROP poll found that most Quebecers agreed with the recent Supreme Court ruling in favour of private health insurance. Now, a Pollara poll shows that 55 percent of Canadians agree with the Supreme Court's position whereas 36 percent disagree with it. Moreover, 63 percent of Canadians would be willing to pay out of pocket for themselves or their family to have faster access to medical services that currently have long wait times.La semaine dernière, un sondage CROP a trouvé que la plupart des Québécois étaient d'accord avec le récent jugement de la Cour suprême en faveur de l'assurance-maladie privée. Maintenant, un sondage Pollara montre que 55% des Canadiens sont en accord avec la position de la Cour suprême alors que 36% sont en désaccord. De plus, 63% des Canadiens seraient prêts à payer de leur poche pour qu'eux-mêmes ou leur famille puissent avoir un accès plus rapide aux services médicaux pour lesquels il y a présentement une longue période d'attente.
Publié par Laurent à 10:58 AM

juillet 02, 2005

Les Québécois appuient le jugement de la Cour

Quebecers seem to agree with the recent Supreme Court ruling in favour of private health insurance in Québec. Indeed, according to CROP, which conducted the first poll on this issue since the Court issued its ruling, 62 percent of Quebecers believe that the government of Québec should allow "private health insurance while protecting the integrity of the public system" whereas 32 percent believe that it should fight against private health insurance.Les Québécois semblent en accord avec le récent jugement de la Cour suprême en faveur de l'assurance-maladie privée au Québec. En effet, selon CROP, qui a réalisé le premier sondage sur cette question depuis que la Cour a rendu son jugement, 62% des Québécois croient que le gouvernement du Québec devrait permettre "l'assurance santé privée tout en protégeant l'intégrité du système public" alors que 32% croient qu'il devrait s'opposer à l'assurance-maladie privée.
Publié par Laurent à 09:01 PM

juin 09, 2005

La Cour suprême et l'assurance-maladie privée

The Supreme Court of Canada has just issued a ruling against the prohibition of private health insurance in Québec:
The evidence in this case shows that delays in the public health care system are widespread, and that, in some serious cases, patients die as a result of waiting lists for public health care. The evidence also demonstrates that the prohibition against private health insurance and its consequence of denying people vital health care result in physical and psychological suffering that meets a threshold test of seriousness.

Where lack of timely health care can result in death, the s. 7 protection of life is engaged; where it can result in serious psychological and physical suffering, the s. 7 protection of security of the person is triggered. In this case, the government has prohibited private health insurance that would permit ordinary Quebeckers to access private health care while failing to deliver health care in a reasonable manner, thereby increasing the risk of complications and death. In so doing, it has interfered with the interests protected by s. 7 of the Canadian Charter.

We can suppose that Quebecers agree with this ruling: according to a April 2005 Léger Marketing poll, 65 percent of Quebecers would find it accpetable if "the Government were to allow those who wish to pay for healthcare in the private sector to have speedier access to this type of care while still maintaining the current free and universal healthcare system."

See also La sphère des idées J.H., Claire Joly and Potent Pew on the same topic.

La Cour suprême du Canada vient de rendre un jugement contre la prohibition de l'assurance maladie privée au Québec:

En l’espèce, la preuve démontre que les délais du système public sont répandus et que, dans des cas graves, des patients meurent en raison de listes d’attente pour la prestation de soins de santé publics. La preuve établit également que la prohibition de souscrire une assurance maladie privée – et le fait que des personnes soient en conséquence de celle-ci privées de soins vitaux – entraîne des souffrances physiques et psychologiques qui satisfont à un critère de sériosité.

Lorsque l’impossibilité d’avoir accès en temps opportun à des soins médicaux risque d’entraîner le décès d’une personne, la protection de la vie prévue à l’art. 7 entre en jeu; lorsqu’elle risque d’entraîner des souffrances physiques et psychologiques, c’est la protection de la sécurité de la personne prévue au même article qui intervient. Dans la présente affaire, le gouvernement prohibe l’achat d’assurances maladie privées qui permettraient aux Québécois ordinaires d’obtenir des soins de santé privés, mais omet d’offrir un accès raisonnable à des soins de santé, accroissant ainsi les risques de complications et de mortalité. Ce faisant, il porte atteinte aux droits que protège l’art. 7 de la Charte canadienne.

On peut supposer que les Québécois sont en faveur de cette décision: selon un sondage Léger Marketing d'avril 2005, 65% des Québécois accepteraient que "l'État permette à ceux qui souhaitent payer pour des soins de santé dans le secteur privé d’avoir un accès plus rapide à ces soins, tout en maintenant l’actuel système de santé gratuit et universel."

Voir aussi la sphère des idées J.H., Claire Joly et Potent Pew à ce sujet.

Publié par Laurent à 06:18 PM

août 15, 2004

The Public Health State

Pierre Lemieux explores in an article published in the magazine MD Canada the concept of the Public Health State.Pierre Lemieux explore dans un article publié dans le magazine MD Canada le concept du Public Health State.
Publié par Laurent à 06:08 PM

juin 23, 2004

Private health care poll

Environics has a rather interesting poll on health care:
Two-thirds [of Canadians] support private sector delivery of health care, as long as it is publicly financed. One-half think they should have the right to buy private health care out of their own pocket to obtain timely access.
Environics a un sondage plutôt intéressant sur la santé:
Les deux tiers [des Canadiens] sont en faveur que les soins de santé soient fournis par le secteur privé, en autant qu'ils soient financés par le secteur public. La moitié croient qu'ils devraient avoir le droit de payer de leur poche pour obtenir un accès rapide aux soins de santé.
Publié par Laurent à 09:24 PM

juin 18, 2004

Be eco-friendly: recycle the fear-mongering

The Meatriarchy recalls receiving a call from a NDP volunteer warning him that if the Conservatives won, they would institute a two-tier American-style health care system...The Meatriarchy se souvient d'avoir reçu un appel d'un militant du NPD l'avertissant que si les Conservateurs gagnaient, ils instaureraient un système de santé américain à deux vitesses...
Publié par Laurent à 08:53 PM

juin 01, 2004

Mario Dumont appelle le Bloc

About a month ago, I wrote a post on the Shotgun remarking that Quebecers were more supportive of the idea of allowing those wishing to pay to get faster access to health care in the private sector. A poll commissioned by the Montréal Economic Institute confirms it: 51% of respondents from all over Canada agree with an increased role for the private sector compared with 68% in Québec. The Action Démocratique du Québec, who had already indicated that a relaxing of the Canada Health Act was one of its 5 priorities for the federal campaign, used the opportunity provided by this poll to demand of political parties that they give a greater role to the private sector in health care. The ADQ is particularly calling out the Bloc by asking it "to reassure us and to tell us clearly that its MPs will fight in Ottawa to make Québec's wishes heard on the role of the private sector in health care." This turn of events is something to grin about, since I already pointed out that its leftist leanings had brought the Bloc to run to the defense of the current system. Not only does the Bloc not always defend provincial autonomy against federal encroachments, but sometimes it does not even defend Québec's way of seeing matters. (Yes I know, none of the federal parties have promised to relax the Canada Health Act. But the Bloc is the only one to claim being the spokesgroup of Québec's specific way of seeing matters.)Il y a environ un mois, j'écrivais un billet sur le Shotgun faisant remarquer que les Québécois appuient plus que le reste du Canada l'idée de permettre à ceux qui souhaitent payer d'obtenir des soins de santé plus rapides dans le secteur privé . Un sondage commandé par l'Institut Économique de Montréal le confirme: 51% des répondants à l'échelle du Canada sont en accord avec une présence accrue du secteur privé par rapport à 68% au Québec. L'ADQ, qui avait déjà indiqué qu'un relâchement de la Loi canadienne sur la santé était l'une de ces 5 priorités pour la campagne fédérale, a profité de la sortie de ce sondage pour demander aux partis fédéraux de faire plus de place au privé en santé. L'ADQ interpelle plus particulièrement le Bloc en lui demandant "de nous rassurer et nous dire clairement que ses députés se battront à Ottawa pour faire entendre la volonté du Québec sur la place du privé en santé." Cette tournure des choses à de quoi faire sourire, étant donné que j'ai signalé que ses penchants gauchistes avaient amenés le Bloc à se porter à la défense du système actuel. Non seulement le Bloc ne défend pas toujours l'autonomie provinciale contre les empiètements fédéraux, mais parfois il ne défend même pas la vision québécoise des choses. (Oui je sais, aucun parti fédéral ne s'est prononcé pour un rêlachement de la Loi canadienne sur la santé. Mais le Bloc est le seul à se proclamer le porte-parole de la vision spécifiquement québécoise des choses.)
Publié par Laurent à 10:15 PM

mai 09, 2004

Hash, pot, prozac...

Chicagoboyz is talking about the American and Canadian health care systems in the context of the debate in the United States about the reimportation of drugs sold in Canada.

Remember that if Americans begin to reimport drugs sold in Canada, the very probable result will be the end of price controls on drugs in Canada.

Chicagoboyz parle des systèmes de santé américain et canadien dans le contexte du débat aux États-Unis sur la réimportation des médicaments vendus au Canada.

Remarquez que si les Américains se mettent à réimporter les médicaments vendus au Canada, il est fort probable que ça soit la fin des contrôles de prix des médicaments au Canada.

Publié par Laurent à 10:46 PM

mai 05, 2004

Private health care and Conservatives

I have some observations on the Shotgun about Conservatives, Quebecers and their opinions on the role of the private sector in health care.J'ai quelques observations sur le Shotgun sur les Conservateurs, les Québécois et leurs opinions sur le rôle du secteur privé dans les soins de santé.
Publié par Laurent à 10:03 PM

avril 28, 2004

Doubleplusungoodprivatehealthcare alert

Pierre Pettigrew indicates that the federal government is ready to abandon Stalinism in health care.

Of course, when the Conservatives dare to say the same thing, the Liberals accuse them of wanting to destroy Canada.

Pierre Pettigrew indique que le gouvernement fédéral est prêt à abandonner le Stalinisme dans les soins de santé.

Évidemment, quand les Conservateurs osent dire la même chose, les Libéraux les accusent de vouloir détruire le Canada.

Publié par Laurent à 12:33 PM

avril 22, 2004

The health care police

A Saskatchewan Indian band is planning to open up a private MRI on its reserve, where provincial prohibitions on private MRIs do not apply. Of course, the provincial NDP government is all up in arms about this prospect. Perish the thought that Indian bands could contribute something highly useful to society in a Saskatchewan where waiting lists for MRI scanning go up to 22 months. Their proper place seems to be as casino operators. Normand Laberge, president of the Canadian Association of Radiologists, frets about the prospect of the Band building a full-fledged private hospital even though no such plans are on the table. He adds that this has the potential of "literally killing the public health care system", but does not explain what is so desirable about a system that can be single-handedly destroyed by a single private hospital. In Saskatchewan, you can take money out of your pocket to pay for alcohol, porno films, SUVs, sport tickets, pottery, lawnmowers or cellular phones. But taking money out of your pocket to pay for your own health care, to pay for a MRI scan? Verboten!

(Found via Polspy)

Une bande amérindienne de Saskatchewan planifie Indian d'ouvrir une résonance magnétique privée sur sa réserve, où les prohibitions provinciales sur les RM privées ne s'appliquent pas. Évidemment, le gouvernement provincial NPD est pris de panique face à cette possibilité. Que surtout personne ne pense que les bandes amérindiennes puissent fournir quelque chose d'hautement utile à la société dans une Saskatchewan où les listes d'attentes pour des scans de RM sont de 22 mois. Il semble qu'ils ne soient à leur place qu'en opérant des casinos. Normand Laberge, président de l'Association canadienne des radiologistes, s'inquiète que la bande bâtisse un hôpital privé au complet même si aucun plan de la sorte n'est sur la table. Il ajoute que cela a le potentiel de "litéralement tuer le système de santé public", mais n'explique pas ce qui est si désirable dans un système qui peut détruit par un seul hôpital. En Saskatchewan, vous pouvez sortir l'argent de votre poche pour payer de l'alcool, des films porno, des VUSs, des tickets de sports, de la poterie, des tondeuses ou des téléphones cellulaires. Mais sortir de l'argent de votre poche pour payer des soins pour votre propre santé, payer pour scan de RM? Verboten!

(Trouvé via Polspy)

Publié par Laurent à 04:29 PM

avril 04, 2004

Un vice n'arrive jamais seul

A vice never comes alone. The Duke University Medical Center has documented the existing link between tabagism and alcoholism:
"Epidemiological, clinical, and laboratory evidence clearly indicate a behavioral link between cigarette smoking and alcohol use," Rose said. "The combined use of cigarettes and alcohol presents health risks over and above the risks posed by smoking alone, and thus constitutes a serious public health problem which deserves additional research attention. In particular, understanding the pharmacological basis of the interaction between alcohol and nicotine could lead to the development of effective strategies for treating the drugs' dual use."

Eighty to 90 percent of alcoholics smoke -- a rate three times that of the general population, he said. Moreover, the prevalence of alcoholism in smokers is 10 times higher than among nonsmokers. Laboratory studies have revealed a similar connection, demonstrating that the rate of smoking increases substantially when people drink.

[...] According to the participants' own ratings, ethanol enhanced many of the rewarding effects of nicotine, including satisfaction and the drug's calming effects, compared to placebo beverages. Smoking nicotine-free cigarettes did not elicit the same positive response from those receiving alcohol, the team found, indicating that nicotine itself, rather than other aspects of smoking, was the critical ingredient underlying the interaction.

"A relatively low dose of alcohol -- below that required to induce any measurable euphoria -- was enough to increase participants' enjoyment of nicotine significantly," Rose said. "In light of the current finding, it makes sense that so many people who have quit smoking relapse when they drink."

Some very interesting research. However, I'm wondering what anti-tobacco Jihadists will do when they learn this news. Some of them have already declared a Holy War against cigarettes (they demand an outright ban on cigarettes), so we can expect that, now that such a link has been established between tobacco and alcohol, we won't have to wait too long before they launch a fatwa against alcohol. They certainly will not be alone in this quest, Radley Balko has documented how a neoprohibitionist movement is gradually mounting an attack on alcohol consumption.

Here is how the Criminal Code probably will be amended during the next years: the word "marijuana" is replaced by "tobacco" and vice-versa.

Un vice ne vient jamais seul. Le centre de recherche médical de l'Université Duke a documenté le lien qui existe entre le tabagisme et l'alcoolisme:

"Des preuves épidémiologiques, cliniques et expérimentales indiquent clairement un lien comportemental entre la consommation de cigarettes et d'alcool", a dit Rose. "L'usage combiné des cigarettes et de l'alcool pose des risques de santé plus élevé que ceux posés par les cigarettes seules, et constitue ainsi un problème sérieux de santé publique qui mérite qu'on y fasse plus de recherche. En particulier, comprendre la base pharmacologique de l'interaction entre l'alcool et la nicotine pourrait amener au développement de stratégies efficaces pour traiter l'usage combiné de ces drouges."

De 80 à 90% des alcooliques fument -- un taux trois plus élevé que celui de la population entière, dit-il. De plus, la prévalence de l'alcoolisme parmi les fumeurs est 10 fois plus élevée que parmi les non-fumeurs. Des études en laboratoire ont révélé un lien similaire, démontrant que le taux de consommation de cigarettes augmente substantiellement quand les gens boivent.

[...] Selon les propres évaluations des participants, l'éthanol a amélioré plusieurs des effets plaisants de la nicotine, incluant la satisfant et les effets calmant de la drogue, comparé aux boissons placebo. Fumer des cigarettes sans nicotine n'a pas produit la même réponse positive pour ceux qui ont reçu de l'alcool, a trouvé l'équipe, indiquant que la nicotine elle-même, plutôt que les autres aspects de l'acte de fumer, était l'ingrédient crucial de l'interaction.

"Un dose relativement basse d'alcool -- en bas de celle nécessaire pour induire une euphorie mesurable -- était suffisante pour significativement augmenter le plaisir que les participants tiraient de la nicotine," a dit Rose. "En vue de ces découvertes, il est compréhensible que tant de gens qui ont arrêté de fumer recommencent quand ils boivent."

Une étude très intéressante. Cependant, je me demande ce que les jihadistes anti-tabac vont faire quand ils vont apprendre cette nouvelle. Certains d'entre eux ont déjà déclaré une Guerre Sainte contre la cigarette (ils réclament l'interdiction pure et simple des cigarettes), alors on peut s'attendre que, maintenant qu'un tel lien est établi entre le tabac et l'alcool, on n'aura pas à attendre très longtemps avant qu'ils lancent une fatwa contre l'alcool. Ils ne seront certainement pas seul dans cette quête, Radley Balko a documenté comment un mouvement néoprohibitionniste s'attaque graduellement à la consommation d'alcool.

Voici comment le code criminel risque d'être amendé dans les prochaines années: le mot "marijuana" est remplacé par "tabac" et vice versa.

Publié par Laurent à 12:55 PM

avril 02, 2004

"Québec has a defeatist culture"

Do not fear, this is not the latest blunder of Stephen Harper. This is rather an interesting speech delivered in 2001 by Alain Dubuc, then editorialist of La Presse, on the ills of the Canadian and Quebec nationalisms.

He begins by noting the ills of Quebec nationalism:

Our nationalism, for a long time a survival tool, was largely inspired by the numerous defeats that marked the tribulations of the French in America over the centuries, from the Plains of Abraham to Meech Lake. Its heroes are often losers: Montcalm, Dollard des Ormeaux, de Lorimier, Riel, the Patriotes, or even René Lévesque, who founded the Parti québécois but lost his referendum.

[...] This nationalism fed by history in effect created an image of ourselves that does not correspond to reality. It has perpetuated the pain of oppression long after the oppression itself disappeared. It has shaped a culture of losers, something that Québecers have not been for quite some time.

The relative oppression that French-speakers have been subject to, the economic injustices they've been the victim of, a certain exclusion from the circles of power, the sense of inferiority - these have disappeared; but the memory remains, vivid enough to affect behaviours.

[...] This is what we have to get rid of when breaking the chains of the past. Because the weight of history and the defeatist culture to which it gave rise continue to affect our behaviour, continue to determine our socio-political agenda, continue to colour our strategies.

For instance, remember the "humiliation" period of Lucien Bouchard, happily over. Or the contemptible "l'argent et des votes ethniques" ("money and ethnic votes") that Jacques Parizeau, a man of sophistication notwithstanding, delivered himself of in a moment of despair, which had less to do with xenophobia than with the paranoia of minorities.

[...] Nationalism also finds expression in the pride we take in certain of its realizations. This is certainly progress. But pride, when expressed in a rigid context, can have perverse effects.

Such is the case with the achievements of the Quiet Revolution, consecrated, defined as an integral part of the Québec identity, and therefore untouchable. Pride, interpreted this way, instead of inspiring vitality and movement becomes on the contrary a justification for failure to act.

He also notes to what extent the sacred cows and "traditions" of the Quebec and Canadian nationalism are recent:

Of course, there are characteristics of the Canadian identity that are deeply rooted, a history relatively free of violence, for instance; a capacity for coexistence among different cultures.

But the fact remains that the three elements that probably most accurately define the Canadian identity are not the product of spontaneous generation. They are the product of human intervention and are extremely recent creations.

I refer here to the attachment to a form of justice concerned with rights and which finds special expression in the Charter. To a respect for plurality and difference, including multiculturalism. And to the values of generosity and sharing that underlie the social-security safety net.

The Charter of Rights and Freedoms, that is so essential to Canadian identity, is less than twenty years old; the very idea of multiculturalism is thirty years old; the welfare state began to take shape forty years ago.

We could, at first glance, see in all this a sign of modernity, the ability of a society to define new values. But what fascinates is the speed with which these new values became sacred cows, and which in my view is a reflection of an insecurity so great, that Canadians have been led to seek life preservers rather than development tools.

We find the same thing in Québec, where here as well the sacred cows are remarkably young - should we be talking of sacred calves? The Révolution tranquille - the Quiet Revolution - is forty years old; Bill 101 is twenty-five; and the Québec model is no more than about thirty.

The most striking phenomenon is that of the Charter. However much the principles of justice that it embodies derive from Canadian values, the tool, a charter in the American style and foreign to our legal traditions, is itself very recent. But this document, less than twenty years old, whose implications we have not yet digested, has already been internalized as a central element in the Canadian identity to the point where it is no longer possible to deviate from it.

In this adoption, as sudden as it's been absolute, there is something suspect that leads us to wonder how was it possible to be Canadian a quarter-century ago.

An important pillar of Canadian nationalism (which ironically finds its equivalent answer in Quebec nationalism) is the welfare state. However, this brings up pitfalls:

The trap does not lie in these admirable policies, but in what they've generated in the collective unconscious. They have served to shape the Canadian identity because they help distinguish Canada from its threatening neighbour.

The result is a Canadian identity that is extremely vulnerable, because the soul of the people comes to depend not on the citizens, not on values, but instead on government programs, on civil servants, on budgets. A budget crisis - or even relatively innocuous acts like closing a railroad link or shutting down a regional radio station - become nation-destroying gestures.

There is the concomitant tendency towards a paralysis of choice and of decision-making processes, since every change risks being perceived as an attack on the identity.

This identity attachment, over the years, has crystallized around the health-care system, which has become the symbol par excellence of the Canadian soul, the purest expression of its difference with American values.

This attachment enshrined itself in a Canadian law on health care that in the early eighties laid out the conditions to which provincial health plans would have to submit. And thus it is that the symbol of identity boils down to a law with five conditions and one formula, almost a mantra: "one-tier system."

Not only is this a dogmatic approach, but it removes us from the real world and delivers us to the land of myths. Partly because Canada, despite its attachment to the formula, has never had a truly one-tier system.

But mostly because this way of organizing a health-care network exists nowhere else in the industrialized world. Every regime, including those of left-leaning countries in Europe, allows the private and the public to coexist; they accept that not all activities are provided free of charge; they accept that the state shares the management of the system with other partners. What are defined as illegal acts in Canada and perceived as morally reprehensible avenues are accepted in every country that believes in solidarity.

The absolutely surrealistic nature of the thing was made clear to me in all its splendour when minister Allan Rock, with whom I had shared this observation, answered me that yes, there was in fact a nation whose system rested on the same principles as ours…Cuba. This was not, alas, meant as a joke.

Another pitfall of this nationalism is to sometimes verge on one-think and intolerance:

Another perverse effect, a much more disquieting one, is the development in Canada of an ideological orthodoxy. In Québec there are pressures that discourage intellectuals from straying from sovereigntist dogma without running the risk of exclusion and mistrust. I know something about this. The same process is at work in Canada, on another basis, that of the Canadian social model. It is difficult to be a true Canadian without espousing the centre-left values that underlie our welfare state.

[...] This homogeneous political vision can also lead to abuse. For example, a federal minister told me that Mike Harris was "un-Canadian". Which reminds us how easy it is for nationalism to lead to intolerance.

Of course, one-think leads to a one-party system:

This leads to another perverse effect that is beginning to appear in the Canadian political landscape. The ideological corridor is narrow to the point where only one political party can still embody the untouchable and unassailable values that define Canada, and that is the Liberal Party of Canada. So much so that Canada is gradually making its way towards a new situation, that of a single-party parliamentary regime.
A very interesting speech that is still relevant today.
N'ayez crainte, il ne s'agit pas de la dernière gaffe de Stephen Harper. C'est plutôt un discours intéressant prononcé en 2001 par Alain Dubuc, alors éditorialiste de La Presse, sur les problèmes des nationalismes québécois et canadien.

Il commence par noter les problèmes du nationalisme québécois:

Notre nationalisme, longtemps un outil de survivance, s'est largement inspiré des nombreuses défaites qui ont marqué les tribulations des Français d'Amérique au fil des siècles, des Plaines d'Abraham au Lac Meech. Ses héros sont souvent des vaincus, Montcalm, Dollard des Ormeaux, de Lorimier, Riel, les Patriotes ou même René Lévesque, qui a fondé le Parti québécois mais perdu son référendum.

[...] Ce nationalisme alimenté par l'histoire a en effet créé une image de nous-même qui ne correspond plus à la réalité. Il a perpétué la douleur de l'oppression bien après que celle-ci soit disparue. Il a façonné une culture de perdants, quand, dans les faits, les Québécois n'en sont plus depuis longtemps. C'est en quelque sorte l'équivalent social du syndrome du membre manquant, où les amputés, privés d'un membre, ressentent encore sa présence.

La relative oppression dont les francophones ont fait l'objet, les injustices économiques dont ils étaient victimes, une certaine exclusion des cercles de pouvoir, le sentiment d'infériorité sont disparus, mais le souvenir en est encore présent, assez vif pour affecter les comportements.

[...] C'est de cela dont il faut s'affranchir, en brisant les chaînes du passé. Parce que le poids de l'histoire et la culture défaitiste qu'elle a engendrée, affecte encore nos comportements, détermine encore les grandes priorités politico-sociales, colore toujours les stratégies. Les exemples sont nombreux.

Par exemple, les réactions de nos leaders : qu'on pense à la période "humiliation" de Lucien Bouchard, ou au si triste "l'argent et le vote ethnique" que Jacques Parizeau, un homme pourtant sophistiqué, a lancé dans un moment de désespoir. Il faut moins y voir un sursaut xénophobe que l'expression de la paranoïa des minoritaires.

[...] Le nationalisme s'exprime aussi par la fierté que nous pouvons ressentir face à certaines de ses réalisations. C'est évidemment un progrès. Mais la fierté, quand elle s'exprime dans un cadre figé, peut avoir des effets pervers.

C'est le cas des acquis de la Révolution tranquille, sacralisés, définis comme partie intégrante de l'identité québécoise, et qui deviennent par le fait même intouchables. La fierté, ainsi interprétée, au lieu d'être une inspiration pour le dynamisme et le mouvement, devient au contraire une caution morale pour l'immobilisme.

Il note aussi à quel point les vaches sacrées et les "traditions" des nationalismes québécois et canadien sont récentes:

Bien des traits de l'identité canadienne sont profondément enracinés, par exemple une histoire relativement exempte de violence, une capacité de coexistence entre cultures différentes, une tradition de neutralité.

Mais, il n'en reste pas moins que les trois éléments qui définissent probablement le mieux l'identité canadienne sont le produit d'une intervention humaine et sont en fait des créations extrêmement récentes.

Je parle ici de l'attachement à une forme de justice soucieuse des droits qui s'exprime tout particulièrement dans la Charte, un respect de la pluralité et de la différence notamment le multiculturalisme ainsi que des valeurs de générosité et partage qui s'incarnent dans le filet de sécurité sociale.

La Charte des droits et libertés n'a que vingt ans, l'idée même du multiculturalisme a trente ans, et l'État-providence a commencé à se façonner il y a quarante ans.

On pourrait, au premier abord, y voir un signe de modernité, la capacité d'une société de définir de nouvelles valeurs. Mais ce qui est fascinant, c'est la vitesse avec laquelle ces nouvelles valeurs sont devenues des vaches sacrées, ce qui est selon moi le reflet d'une grande insécurité qui a amené les Canadiens à rechercher des bouées de sauvetage plutôt que des outils de développement.

On assiste à la même chose au Québec, où les vaches sacrées sont aussi fort jeunes -faudrait-il parler de génisses sacrées ? La Révolution tranquille a 40 ans, la loi 101 a 25 ans, et le modèle québécois n'a pas plus d'une trentaine d'années.

Le phénomène le plus frappant est celui de la charte. Si les principes de justice qu'elle incarne relèvent des valeurs canadiennes, l'outil, une charte à l'américaine, étrangère à nos traditions juridiques, est tout à fait récent. Mais cet ajout, qui date de moins de vingt ans, et dont on n'a pas encore digéré toutes les implications, a à ce point été internalisé comme élément central de l'identité canadienne qu'il n'est plus possible de s'en écarter.

Il y a, dans cette adoption, aussi soudaine qu'absolue, quelque chose de suspect qui nous amène à nous demander comment il était possible d'être canadien il y a un quart de siècle.

Un pilier important du nationalisme canadien (qui trouve ironiquement son équivalent identique dans le nationalisme québécois) est l'État-Providence. Cependant, cela comporte des pièges:

Le piège n'est pas dans ces politiques, admirables, mais dans ce qu'elles ont engendré dans l'inconscient collectif. Elles ont permis une plus grande justice sociale, mais elles ont aussi servi à façonner l'identité canadienne parce qu'elles contribuaient à distinguer le Canada de son voisin menaçant.

Cela rend cependant l'identité canadienne très vulnérable, parce que l'âme d'un peuple en vient à dépendre non pas des citoyens, non pas des valeurs, mais plutôt de programmes gouvernementaux, de fonctionnaires, d'argent. Dans un tel contexte, des compressions budgétaires peuvent devenir des gestes qui menacent le pays de destruction.

Cela a également tendance à mener à une paralysie des choix et des processus de décision parce que tout changement risque d'être perçu comme une attaque contre l'identité.

Ce symbole identitaire, au fil des années, s'est toutefois cristallisé sur le système de santé, qui est très certainement devenu le symbole par excellence de l'âme canadienne, et le rempart contre les valeurs américaines.

Cet attachement s'est ainsi enchâssé dans la loi canadienne de la santé qui a défini, au début des années 80, les conditions auxquelles devraient se soumettre les régimes de santé provinciaux. Et c'est ainsi que le symbole de l'identité, le dénominateur commun qui rassemble le mieux les Canadiens et qui caractérise le mieux le Canada, se résume à une loi, à ses cinq conditions et à une formule, devenue incantatoire.

Non seulement l'approche est-elle dogmatique, elle nous fait quitter le monde réel pour entrer dans le terrain des mythes. Notamment parce que le Canada, malgré son attachement à la formule, n'a jamais eu un véritable système véritablement à une vitesse.

Mais surtout parce que cette façon d'entrevoir l'organisation d'un réseau de santé n'existe nulle part ailleurs dans le monde industrialisé. Tous les régimes, y compris les régimes de gauche d'Europe du nord, permettent la coexistence du privé et du public, acceptent qu'une partie des activités ne soient pas nécessairement gratuites, acceptent que l'État partage la gestion du système avec d'autres partenaires. Ce qui est défini comme des gestes illégaux au Canada et perçu comme des choix moralement répréhensibles est accepté dans tous les pays qui croient dans la solidarité.

Le caractère parfaitement surréaliste de la chose m'est apparu dans toute sa splendeur quand le ministre Allan Rock, à qui je faisais cette remarque, m'a répondu que oui, il y avait un pays dont le système reposait sur les mêmes principes que nous : Cuba. Hélas, ce n'était pas une boutade.

Un autre piège de ce nationalisme est aussi de verser dans la pensée unique et l'intolérance:

Un autre effet pervers, bien plus préoccupant, c'est le développement au Canada d'une pensée unique. Au Québec, il existe des pressions qui découragent les intellectuels de s'écarter du dogme souverainiste sans risquer l'exclusion et la méfiance. J'en sais quelque chose. Le même processus est à l'oeuvre au Canada, sur une autre base, celle du modèle social canadien. Il est difficile d'être un grand Canadien sans épouser les valeurs de centre-gauche qui sous-tendent notre welfare state.

[...] Cette vision politique trop homogène peut mener à des abus. Par exemple, un ministre fédéral, que je nommerai pas, m'a déjà dit que Mike Harris était non-canadien. La formule, aux connotations lourdes, nous rappelle à quel point le nationalisme peut amener à l'intolérance.

Évidemment, la pensée unique amène le parti unique:

Cela mène à un autre effet pervers qui semble commencer à se manifester dans le paysage politique canadien. Le couloir idéologique est à ce point étroit que nous sommes au stade où un seul parti politique peut encore incarner des valeurs intouchables et inattaquables qui définissent le Canada, et c'est le Parti libéral du Canada. Tant et si bien que le Canada risque de se diriger doucement vers une nouvelle forme de démocratie, celle d'un régime parlementaire à parti unique.
Un discours très intéressant et toujours d'actualité.
Publié par Laurent à 09:05 PM

mars 08, 2004

Why 'Belindamania' is not "void in Quebec"

We all know this story. Peter Mackay and the Progressive Conservatives demanded that the leader of the new Conservative Party be elected by giving an equal weight to every riding. The result is that 10,000 members from Quebec covering 75 ridings have a weight almost three times that of 100,000 members from Alberta covering 28 ridings. (Segacs's World I Know says that Conservatives from Quebec now have a God-complex)

It is obvious this gives to each of the three leadership candidates a big incentive to court Quebec Conservatives. Harper and Clement charged more or less subtly Belinda Stronach with using her money to turbocharge her campaign in Quebec. However, I think it is rather that Belinda is closer to Quebecers on some hot issues.

For example, it is known Belinda spectacularly declared herself in favour of gay marriage, going as far as saying that marriage is a human right for gays. Nobody will be surprised to learn that Quebecers are more supportive of gay marriage than the rest of Canada:

In favour of gay marriage:

Atlantic: 45%
Québec: 61%
Ontario: 42%
Prairies: 33%
B.C.: 51%

It is also known that Belinda Stronach is in favour of a greater role for the private sector in health care and says that the Canada Health Act must not be a straitjacket. As surprising as it might seem, Quebecers are more supportive of private health care than the rest of Canada:

In response to rising health care costs, support for allowing private services for those who can afford them has risen dramatically in Quebec. In a single year, it jumped 11% to reach 49%. The same figure for the rest of Canada is 33%, a modest 2% increase over 2001. Thus, while there was only a seven-point difference on the issue between Quebecers and other Canadians a year ago, there is now a 16-point gap.

Fifty-seven percent of Canadians outside Quebec, but only 39% of Quebecers, want to see governments significantly increase public spending on health care.

In conclusion, it seems that Quebec Conservatives are as a group more fiscally than socially conservative. Neither Clement nor Harper seem to hold an especially so-con agenda, but Belinda is succeeding in Quebec because she gives the clearest impression of wanting to ditch hard-right social conservatism.
On connaît tous l'histoire. Peter Mackay et les Progressistes-Conservateurs ont exigé que le chef du nouveau Parti Conservateur soit choisi en donnant une voix égale à chaque comté. Le résultat est que les 10 000 membres québécois répartis sur 75 comtés ont une voix presque trois fois plus important que les 100 000 membres albertains répartis sur 28 comtés. (Segacs's World I Know dit que les Conservateurs québécois ont maintenant un complexe divin)

Il est évident que ça donne aux 3 candidats à la chefferie un grand incitatif à tenter de séduire les Conservateurs québécois. Harper et Clement ont accusé plus ou moins subtilement Belinda Stronach de se servir de son argent pour mousser sa campagne au Québec. Cependant, je pense plutôt c'est que Belinda est plus près des Québécois sur certains dossiers chauds.

Par exemple, on sait que Belinda s'est prononcé de manière spectaculaire en faveur du mariage gai, allant même jusqu'à dire que le mariage est un droit humain pour les gais. Personne sera surpris d'apprendre que les Québécois sont plus en faveur du mariage que le reste du Canada:

En faveur du mariage gai:

Maritimes: 45%
Québec: 61%
Ontario: 42%
Prairies: 33%
C.-B.: 51%

On sait aussi que Belinda Stronach est en faveur d'un plus grand rôle du secteur privé dans les soins de santé et dit que la Loi canadienne sur la santé ne doit pas être une camisole de force. Aussi surprenant que ça puisse paraître, les Québécois sont plus favorables au privé dans les soins de santé que le reste du Canada:

En ce qui concerne le problème de la hausse des coûts de la santé, les appuis à la prestation de services par le secteur privé aux personnes ayant les moyens de payer ont nettement augmenté au Québec. Ils atteignent maintenant 49 %, un bond de 11 % en un an. À l'extérieur du Québec, en revanche, ces appuis sont de 33 %, soit seulement 2 % de plus qu'en 2001.

C'est donc dire que l'écart entre les Québécois et les autres Canadiens, qui n'était que de sept points l'année dernière, s'est creusé depuis pour se situer maintenant à 16 points. Les Canadiens autres que les Québécois souhaitent dans une proportion de 57 % une forte augmentation du financement public des soins de santé, comparativement à 39 % des Québécois.

En conclusion, il semble que les Conservateurs québécois sont globalement plus fiscalement que socialement conservateur. Ni Clement, ni Harper ne semblent avoir un agenca spécialement socio-conservateur, mais Belinda réussit bien au Québec précisément parce qu'elle donne l'impression la plus nette de vouloir délaisser le conservatisme social pur et dur.

Publié par Laurent à 04:45 PM

mars 02, 2004

Félicitations à Denys Arcand

Congratulations to Denys Arcand who just won an Oscar for his film Les Invasions Barbares.

This film features a dying socialist professor who is headed for a death without dignity in the very overcrowded public health care system of Quebec. He avoids this fate only thanks to the intervention of his rich son Sébastien, an investment banker, who bribes the hospital's adminstration and labor union to get special treatment for his father and who brings him in an American hospital to get a scan, etc.

I could philosophize for a long time on this, but the three following commentators already did it very well.

Amanda Oliver, in TechCentralStation:

This movie made waves in Canada with its exposure of a failing healthcare system -- but it has a much broader message for us. It's not anti-union or anti-healthcare practitioner, but anti-coercion. It makes a stand for liberty. It celebrates the human face of free enterprise, capitalism with a heart. It's up to us to carve our own destiny. Socialist ideas make powerful and appealing rhetoric -- but once implemented, they strip people of their dignity and individual rights.

Gilles Guénette, in Le Québécois Libre:

Subtly, Les invasions feature one of the strongest male character ever in the cinema of Quebec. Sébastien is completely the opposite of his father. He is conservative, responsible, full of principles and convictions, loyal, faithful in love and in the end rather sympathetic. Far from spending most of his time laying around in the streets of Le Plateau - be honest: that's exceptional in Québécois cinematography! - he has a career, is balanced psychologically and seems at peace with himself.

André Gosselin, in Les Affaires:

In his film, Arcand shows us a person can be capitalist, globalist, individualist, open to new technologies and classically liberal (both in its economic and political sense) while being generous, sensitive, humanist and responsible. That's the most beautiful lesson of this film.

UPDATE 2004-03-04: See also Brian Micklethwait's review at Samizdata.

Félicitations à Denys Arcand qui vient de gagner un oscar pour son film Les Invasions Barbares.

Ce film met en scène un professeur socialiste mourant qui se dirige vers une fin sans dignité dans le très surchargé système de santé public québécois. Il y échappe seulement grâce à l'intervention de son riche fils courtier, Sébastien, qui soudoie les administrateurs et le syndicat d'un hôpital québécois pour obtenir un traitement de faveur pour son père et qui l'amène dans un hôpital américain pour un scan, etc.

Je pourrais philosopher longtemps là-dessus, mais les trois commentateurs suivants l'ont déjà très bien fait.

Amanda Oliver, pour TechCentralStation:

Ce film a fait des vagues au Canada pour avoir exposé un système de santé en piètre état -- mais il nous offre un message bien plus large. Il n'est pas anti-syndicat ou anti-professionnel de la santé, mais anti-coercition. C'est un plaidoyer pour la liberté. Il célèbre le côté humain de la libre entreprise, le capitalisme avec un coeur. C'est à nous de tailler notre propre destinée. Les idéaux socialistes produisent une rhétorique puissante et séduisante -- mais une fois qu'ils sont mis en pratique, ils enlèvent aux gens leur dignité et leurs droits individuels.

Gilles Guénette, pour Le Québécois Libre:

Mine de rien, Les invasions mettent en scène l'un des plus forts personnages masculins que le cinéma québécois nous ait donné. Sébastien est tout le contraire de son père. Il est conservateur, responsable, plein de principes, de convictions, loyal, fidèle en amour et somme toute assez sympathique. Loin de passer le clair de son temps à flâner dans les rues du Plateau – avouez que c'est exceptionnel dans la cinématographie québécoise! –, il a une carrière, est psychologiquement équilibré et semble en paix avec lui-même.

André Gosselin, pour Les Affaires:

Dans son film, Arcand nous montre qu’on peut être capitaliste, mondialiste, individualiste, ouvert aux technologies et libéral (au sens économique et politique), tout en étant généreux, sensible, humaniste et responsable. Voilà la plus belle leçon de ce film.

MISE À JOUR 2004-03-04: Voir aussi la critique de Brian Micklethwait sur Samizdata.

Publié par Laurent à 06:58 PM

janvier 28, 2004

Hérésie

Les partisans d'un système de santé à la soviétique sont désemparés: Claude Castonguay, le père de l'assurance-maladie publique, reprend son plaidoyer en faveur du privé:

Il a rappelé qu'un comité du Sénat, présidé par le sénateur Kirby, avait conclu que les gouvernements ne pouvaient plus maintenir inchangé un système public incapable de satisfaire en temps utile la demande pour des soins médicalement nécessaires et, en même temps, empêcher les Canadiens de se procurer des soins auprès d'instances privées.

M. Castonguay estime que le gouvernement devrait s'inspirer de l'avenue empruntée par divers pays de l'Union européenne, dont la France, qui "face à la montée des coûts et à la lourdeur du système public ont ouvert la porte à des systèmes privés et ont vu une augmentation de l'offre de soins".

Au Québec, vous êtes libre de flamber votre argent au casino ou dans des billets de loterie (en fait, les annonces de la société d'État Loto-Québec vous encouragent à le faire). Mais si vous voulez utiliser votre argent pour vous payer une chirurgie sans file d'attente, le dogme de l'égalitarisme vous interdit de le faire: il ne faudrait que quelqu'un puisse avoir des meilleurs soins de santé qu'un autre. Tout le monde doit bénéficier du meme niveau douteux de service.

Publié par Laurent à 09:43 PM

janvier 27, 2004

Tuer des enfants? C'est relatif

Un médecin britannique, le Dr. John Harris, vient d'atteindre un nouveau sommet dans le relativisme culturel. Lorsque des militants anti-avortement lui ont demandé de comparer le statut moral d'un embryon versus celui d'un nouveau-né, il a répondu qu'il ne pensait pas que "l'infanticide était toujours injustifiable" et il a rajouté que "la pratique de l'infanticide est très répandue et acceptée dans la plupart des pays".

Ben oui, quel argument fantastique! Des paysans en Chine noient leurs petites filles dans les rizières. Pourquoi on peut pas faire pareil?!?!??

Comme on dit: "Ayez l'esprit ouvert, mais pas tellement ouvert que votre cervelle vous sort par les oreilles".

Publié par Laurent à 02:00 PM

décembre 07, 2003

La fin de l'humanité

Scott Adams, le créateur de Dilbert, a déjà dit que "l'humanité serait perdue le jour où il deviendrait plus cher de draguer que d'utiliser la réalité virtuelle" pour simuler une relation sexuelle. On va dans cette direction. Les poupées gonflables sont de plus en plus réalistes, même très réalistes. Comme le note Godless sur Gene Expression, il devrait être possible d'ici quelques années d'équiper ces poupées de micromoteurs, de senseurs, d'intelligence artificielle, de simulateurs de mouvements, de modules de conversation... et même de gérer des surfaces humides et auto-nettoyantes!

Notre société a déjà largement séparé le sexe de la procréation. Les Canadiens français ont déjà eu des taux de natalité si élevés que Mackenzie King a hésité à introduire les allocations familiales fédérales en 1943. Selon son adjoint Jack Pickersgill, il considérait que ces allocations, vu les différences entre le taux de natalité du Canada français et du Canada anglais, constitueraient une grave menace pour l'unité nationale; seule la conscription semblait être une plus grande menace. Mackenzie King n'aurait plus ce genre de problèmes aujourd'hui. Le taux de fécondité des femmes québécoises a chuté de 4 au début des années 1950 à moins de 1,5 aujourd'hui. Cela signifie qu'une femme québécoise moyenne n'aura que 1,5 enfants en moyenne, ce qui est bien inférieur aux 2,1 qui sont nécessaires pour assurer le renouvellement des générations. On ne sera alors pas surpris d'apprendre que la pyramide des âges devient dangereusement inversée. Il y a environ deux fois moins de personnes qui sont nées en 2000 qu'en 1960. Les conséquences sont évidentes. Le Québec verra son poids démographique dans le Canada diminuer, de même que sa proportion de députés à la Chambre des Communes et son influence politique diminueront. De plus, lorsque que ceux qui sont nés en 1960 prendront leur retraite, ils ne pourront que difficilement compter sur les générations futures pour maintenir leur niveau de vie et avoir accès à des soins de santé. Cette séparation entre le sexe et la procréation peut être illustrée de manière encore plus spectaculaire par les statistiques sur l'avortement: pour 100 naissances au Québec, il y aura 40 avortements et une femme québécoise se fera avorter en moyenne 0,6 fois dans sa vie.

La séparation s'est aussi faite entre le sexe et l'engagement. Tout le monde est au courant du déclin du mariage partout en Occident. Mais les statistiques québécoises sont encore plus révélatrices. 51,4% des mariages finiront en divorce. À peine 1 mariage sur 1000 des mariages célébrés en 1964 s'étaient terminés par un divorce à l'intérieur de 5 ans par rapport à 11,5% de ceux célébrés en 1997. 4% des mariages célébrés en 1964 se sont terminés par un divorce à l'intérieur de 10 ans contre 25% pour ceux célébrés en 1990. C'est encore plus spectaculaire lorsqu'on considère à quel point peu de gens se marient. Au début des années 1950, virtuellement tout le monde se mariait, alors qu'aujourd'hui à peine 30% des gens se marient.

Le développement et le raffinement des poupées gonflables s'inscrit dans un processus encore plus poussé qui achèvera la séparation entre le sexe et l'amour. Avec la prolifération des "one night stand" et des "fuck friends", avec la légalisation probable de la prostitution, avec l'arrivée d'implants bioélectriques permettant de produire un orgasme, la tendance semble irrésistible. Un à un, les fils que la nature et la culture avaient utilisés pour faire du sexe une force génératrice et civilisatrice auront été rompus.

Et si ce n'était pas une fatalité? Après tout, la possibilité de choisir une vie de débaûche sans contact humain, sans engagement ou sans responsabilité parentale n'implique pas qu'il faut choisir ce style de vie, pas plus que l'existence d'une falaise n'implique qu'il faut sauter en bas de cette falaise. Cela démontre l'importance de bien valoriser les valeurs familiales et de les transmettre à nos enfants. Il faut que les gens voient avec respect des institutions comme la famille et le mariage. Qu'ils voient les responsibilités et l'engagement non comme une corvée mais comme un défi. Qu'ils voient un enfant non comme un fardeau mais comme une bénédiction. Finalement, il faut garder en mémoire les paroles de Edmund Burke: la société n'est pas qu'un contrat liant ceux qui vivent, la société est un contrat liant ceux qui ont vécu, ceux qui vivent et ceux qui vivront.

Publié par Laurent à 09:39 PM

octobre 10, 2003

Le Vatican répand une propagande ridicule sur les condoms

(English translation)

Quel mauvais timing! À peu près une semaine après que j'aie exprimé de l'admiration pour le Pape, voilà que le Guardian nous apprend que l'Église Catholique répand une propagande ridicule sur les condoms.

Ainsi, selon le Cardinal Trujillo, les condoms n'offriraient aucune protection contre le HIV et le SIDA parce que le latex condoms contient des pores qui sont 450 plus gros que le virus du HIV. Il y a un consensus scientifique et médical quasi-universel, couvrant l'OMS, les associations médicales et les ministères de la santé de tous les pays occidentaux, pour dire que les condoms offrent une protection adéquate contre le SIDA et notre bon Cardinal s'imagine qu'ils sont tous dans le champ et qu'il détient la vérité! Heureusement, on sait depuis Galilée qu'il ne faut pas se fier à l'Église dans le domaine scientifique.

Déjà sur le point théorique, l'affirmation du Cardinal ne tient pas la route. Le virus du HIV est 50 (pas 450) plus petit que les pores contenus dans le latex. Et après? Le virus du HIV ne se déplace pas de lui-même, dans le vide. Ça lui prend un milieu pour se déplacer, notamment le sperme. Or, les condoms offrent une barrière imperméable à l'air, à l'eau et donc évidemment au sperme, donc le HIV ne passe pas. Si vous vous imaginez que le virus pourrait se séparer du sperme pour passer à travers des pores: oubliez ça. La tension de surface du sperme est largement assez grande pour empêcher qu'un tel phénomène soit énergétiquement possible. En fait, une molécule d'eau est infiniment plus petite que le virus du HIV et pourtant la molécule d'eau ne traverse pas les pores. Pourquoi? Toujours la même explication. La tension de surface de l'eau rend ce phénomène énergétiquement impossible.

De plus, les condoms ont été soumis à des tests pratiques rigoureux. On a injecté une solution contenant du HIV dans un condom, on y a inséré un outil en forme de pénis et on l'a vigoureusement frotté dans à l'intérieur d'un tube contenant un culture de bactéries. Le résultat: le HIV n'a pas infecté la culture. On a aussi effectué des analyses épidémiologiques sur des couples comportant un partenaire séropositif et un autre séronégatif. Le résultat: l'usage du condom réduit dramatiquement le taux de transmission.

Bref, sans grande surprise, notre Cardinal est mieux de ne pas changer de carrière: il ne ferait pas long feu en science.

De répandre une telle propagande minable et démagogique est bien sûr extrêmement immoral et dangereux quand on sait à quel point le SIDA ravage l'Afrique. L'Église s'imagine peut-être qu'elle va faire peur aux gens et que ceux-ci ne feront plus l'amour, ou du moins restreindront grandement leurs pratiques sexuelles. Un scénario beaucoup plus réaliste est que les gens continueront à faire l'amour, mais n'utiliseront pas de condoms, ce qui est désastreux dans le contexte actuel de l'Afrique.

Finalement, c'est même d'un point de vue de théologique que cette campagne est outrageuse. Si d'avoir une vie sexuelle réservée est moral et est une vertu en soi, alors l'Église doit souhaiter que les gens adhèrent à un tel style de vie parce qu'ils croient que c'est moral et vertueux, non pas parce que l'Église a mené une campagne de peur démagogique contre les condoms. Si je ne saute pas en bas d'une falaise parce que j'ai peur de m'écraser, est-ce que ça fait de moi une personne vertueuse?

Mais si je sautais en bas d'une falaise précisément parce que j'ai peur de m'écraser, ça ferait surtout de moi une personne mal informée ou stupide. C'est précisément ce que l'Église tente de faire avec des dizaines de millions de ses fidèles.

Une traduction anglaise de cet article a été créée le 13 octobre 2003. Vous pouvez la trouver ici.

Publié par Laurent à 09:55 PM

octobre 06, 2003

Un contraceptif masculin fiable à 100%?

C'est du moins ce que prétendent avoir développé les chercheurs du Anzac Research Institute, selon cet article de Radio-Canada. Il semblerait de plus que ce contraceptif ne comporte aucun effet secondaire.

Ça semble presque trop beau pour être vrai. Ça fait longtemps qu'on attend d'avoir un tel contraceptif masculin qui soit une alternative fiable au condom. Le problème avec les contraceptifs féminins, comme la pilule ou le diaphragme, sont précsiément que c'est la femme qui est en contrôle de cette contraception. Donc, si elle ne se protège pas correctement, volontairement ou par négligence, et qu'elle tombe enceinte de vous, elle peut vous forcer à payer une pension alimentaire à cet enfant ou à assumer un rôle de père, donc vous pouvez vous retrouver responsable d'une erreur ou d'une tromperie de votre blonde!

Au moins avec un contraceptif masuclin, si vous devez payer une pension alimentaire, ce ne sera que parce que vous assumerez la responsabilité de votre faute. De plus, si votre blonde tombe enceinte et qu'elle ne veut pas d'enfant ou qu'elle refuse cette responsabilité, il lui restera toujours la possibilité d'avoir recours à l'avortement. Pour des raisons biologiques évidentes, les hommes ne peuvent jamais avoir recours à cette option et c'est pourquoi il est préférable que les contraceptifs soient masculins.

Publié par Laurent à 06:16 PM