mai 20, 2006

Gwyn Morgan, Peggy Nash, economic immigrants and refugees

Gwyn Morgan's nomination to the head of the new Public Appointments Commission has been rejected by the House of Commons Committee on Government Operations and Estimates, where members of the opposition form a majority. The opposition used past controversial comments made by Morgan as an excuse to reject his nomination. What surprised me is that, among her list of high crimes against political correctness committed by Morgan, NDP MP Peggy Nash included the fact that he said that "refugees tend to be less qualified than economic immigrants."

Not only is this statement obviously true, but it is a logical consequence of Canada's immigration policy: economic immigrants "are selected for skills or other assets that will contribute to the Canadian economy" whereas refugees do not face such a selection and rather seek asylum in Canada for humanitarian reasons. Economic immigrants will of course tend to be more qualified than immigrants who are not selected for their qualifications, such as refugees.

Empirical data also supports this claim. Statistics Canada, in its Longitudinal Survey of Immigrants to Canada has collected data showing that, compared to refugees, economic immigrants are:

Perhaps Ms. Nash would like to summon Statistics Canada's head in front of her committee to ask him how come he dared to publish such facts...

La nomination de Gwyn Morgan à la tête de la nouvelle Commission des nominations publiques a été rejetée par le Comité permanent des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires de la Chambre des communes, où les députés de l'opposition sont en majorité. L'opposition s'est servi des déclarations controversées faites auparavant par Morgan comme excuse pour rejeter sa nomination. Ce qui m'a surpris est que, dans sa liste de hauts crimes contre la rectitude politique commis par Morgan, la députée Néo-Démocrate Peggy Nash a inclus le fait qu'il ait dit que "les réfugiés [ont] habituellement moins de compétences professionnelles que les immigrants économiques."

Non seulement cette affirmation est-elle évidemment vraie, mais c'est une conséquence logique de la politique canadienne d'immigration: les immigrants économiques "sont sélectionnés en fonction de leur qualification ou d’autres facteurs leur permettant de contribuer à l’économie canadienne" alors que les refugiés ne font pas face à une telle sélection et demandent plutôt l'asile au Canada pour des raisons humanitaires. Les immigrants économiques auront bien sûr tendance à être plus qualifiés que les immigrants qui ne sont pas choisis en fonction de leurs qualifications, tels que les réfugiés.

Des données empiriques soutiennent aussi cette affirmation. Statistique Canada, dans son Enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada a recueilli des données qui montrent que, comparativement aux réfugiés, les immigrants économiques ont:

Peut-être que Mme Nash voudrait convoquer le responsable de Statistique Canada devant son comité pour lui demander comment il a pu oser publier de tels faits...

Publié par Laurent à 08:35 PM | Commentaires (2) | TrackBack

juin 22, 2005

German States of America?

Here is an interesting Census 2000 brief on the ancestry of Americans. It shows that German ancestry is the most common ancestry in the United States as a whole and in 23 States in particular. There is also an impressive map which shows that German is the most common ancestry in most counties of the northern half of the United States.Voici un exposé interéssant du recensement 2000 sur l'origine ancestrale des Américains. On y montre que c'est l'origine allemande qui est la plus commune dans l'ensemble des États-Unis et dans 23 États en particulier. Il y a aussi une carte impressionnante qui montre que l'origine allemande est l'origine la plus commune dans la plupart des comtés de la moitié nord des États-Unis.
Publié par Laurent à 10:13 PM

juin 02, 2004

Bientôt, la position du missionnaire sera jugée discriminatoire

Reason's Julian Sanchez reports that the director of New Jersey's Division on Civil Rights has just banned Ladies' Nights in bars as discrimination based on gender. The director explains that commercial interests do not override the "important social policy objective of eradicating discrimination." I've got some news for him: "commercial interests" are not what women and men seek when they go to Ladies' Nights.Julian Sanchez de Reason rapporte que le directeur de la commission des droits de la personne du New Jersey vient d'interdire les Ladies' Night dans les bars en tant que discrimination basée sur le sexe. Le directeur explique que les intérêtes commerciaux n'ont pas priorité sur "l'important objectif de politique sociale qu'est l'éradication de la discrimination." J'ai des petites nouvelles pour lui: ce n'est pas pour des "intérêts commerciaux" que les hommes et les femmes vont aux Ladies Night des bars.
Publié par Laurent à 09:38 PM

avril 27, 2004

Séparatisme ethnique

The latest place to feature ethnic separatism is now Great Britain. Local authorities in London have commissioned a new apartment complex for elders that will be for Asians only.C'est maintenant en Grande-Bretagne qu'il y a du séparatisme ethnique. Les autorités locales à Londres ont fait construire un bloc appartement pour personnes âgées qui sera réservé aux Asiatiques.
Publié par Laurent à 08:01 PM

avril 19, 2004

"A pleasantly authoritarian country"

Two articles describe the attacks weathered by freedom of speech and religious liberty in Canada. They talk of course about Bill C-250, but the problem reaches much farther than this simple bill.

Mario Roy, in discussing the new Quebec legislation on psychological harassment in the workplace and the federal government's plan to launch a campaign against racism, says:

In both cases, we see an unfolding logic according to which all human deviances must be rectified by the brute force of the Law or the actions of an heavy and dilapidatory State.

To this logic corresponds a mechanism (victimization-revendication-mediatization-pressure-legislation) which proved its efficacity during the last decades. An insidious mechanism of which we are not aware anymore that he leads to an Eden - or a Glory Night - in which the State will be responsible for the totality of the behavior of each human being toward all the others.1

In the same vein, David Bernstein (author of You Can't Say That) explains why we should defend freedom of speech for all and even for bigots, or more accurately why we should not grant to the State the power of stifling their freedom of speech.
Deux articles décrivent les attaques que subissent la liberté d'expression et liberté de religion au Canada. Ils parlent bien sûr du projet de loi C-250, mais le problème va bien plus loin que ce simple projet de loi.

Mario Roy, lorsqu'il discute les nouvelles législations québécoises sur le harcèlement psychologique au travail et le plan de lutte contre le racisme du gouvernement fédéral, affirme:

Dans les deux cas, on voit agir une logique selon laquelle toutes les déviances humaines doivent être rectifiées par la force brute de la loi ou par l'action d'un État lourd et dilapidateur.

À cette logique, correspond un mécanisme (victimisation-revendication-médiatisation-pression-législation) qui a prouvé son efficacité au fil des décennies. Un mécanisme insidieux dont on ne remarque plus qu'il conduit vers un Éden - ou un Grand Soir - où l'État aura pris en charge la totalité des comportements de chaque être humain envers tous les autres.1

Dans la même veine, David Bernstein (auteur de You Can't Say That) explique pourquoi on devrait défendre la liberté d'expression pour tous et même pour les bigots, ou plus précisément pourquoi on ne devrait pas donner à l'État le pouvoir de suffoquer leur liberté d'expression.

1. Roy, Mario (2004) "Dura lex, sed lex." La Presse, 17 avril 2004, A27.

Publié par Laurent à 12:12 PM

février 09, 2004

Écraser la dissidence au Canada

Le gouvernement ne tolérera pas des affirmations qui créent de la dissonance dans notre société et manquent de respect envers les autres.
-- Jean Augustine, ministre fédéral junior au multiculturalisme

Faites attention à ce que vous dites ou le gouvernement viendra vous laver la bouche avec du savon!

Publié par Laurent à 11:53 AM

février 05, 2004

Liberté d'expression? Connais pas.

Une étudiante dans une école secondaire du comté de Pinellas en Floride s'est fait suspendre pour 10 jours parce qu'elle a distribué des dépliants contre la présence du drapeau sudiste dans son école et que la direction a jugé que cette action "faisait du trouble" et méritait donc une suspension.

C'est quand même ironique. Les étudiants de cette école peuvent faire l'apologie des Sudistes qui ont combattu pour conserver l'esclavage des Noirs, mais une étudiante qui distribue des tracts contre le drapeau sudiste se fait suspendre pour avoir "fait du trouble".

Comme quoi le contenu du "politiquement correct" peut changer d'une communauté à une autre mais le principe reste le même: prendre des sanctions légales ou quasi-légales contre ceux qui osent questionner leurs dogmes. Dans ce cas-ci, c'est encore le dogme du relativisme culturel, selon lequel on ne peut pas condamner la culture sudiste du 19e siècle.

Publié par Laurent à 11:39 AM

janvier 31, 2004

Délire multiculturel: décoration intérieure

Un législateur de San Francisco a déposé une résolution pour que les édifices de l'État soient "Feng Shui" de manière à "promouvoir un environnement de travail positif".

Sans commentaires.

(Trouvé via Trudeaupia)

Publié par Laurent à 09:46 AM

janvier 27, 2004

Tuer des enfants? C'est relatif

Un médecin britannique, le Dr. John Harris, vient d'atteindre un nouveau sommet dans le relativisme culturel. Lorsque des militants anti-avortement lui ont demandé de comparer le statut moral d'un embryon versus celui d'un nouveau-né, il a répondu qu'il ne pensait pas que "l'infanticide était toujours injustifiable" et il a rajouté que "la pratique de l'infanticide est très répandue et acceptée dans la plupart des pays".

Ben oui, quel argument fantastique! Des paysans en Chine noient leurs petites filles dans les rizières. Pourquoi on peut pas faire pareil?!?!??

Comme on dit: "Ayez l'esprit ouvert, mais pas tellement ouvert que votre cervelle vous sort par les oreilles".

Publié par Laurent à 02:00 PM

décembre 20, 2003

Délire multiculturel, le mythe de la laïcité

L'an passé, la ville de Montréal renommait son arbre de Noël pour qu'il s'appelle désormais un "arbre des fêtes". La ville de Toronto avait essayé de faire la même chose mais avait reculé face au tollé que cela avait généré. Le but avoué était d'assurer la laïcité de la municipalité. Il y a déjà un bon moments qu'aux États-Unis les "Christmas tree" et "Christmas party" ont été renommés en "holiday tree" et "holiday party" Cependant même ces termes restent problématiques: certains, comme cet employé d'université, trouvent que le "holi" dans "holiday" fait trop religieux). Même une université qui monte une scène avec deux sapins, une peu de neige et qui appelle cela "une scène d'hiver en Indiana" se fait dire que c'est trop religieux: on ne berne personne en exposant un sapin au mois de décembre. Décidemment, on semble voir que ces gens prennent la laïcité au sérieux, mais jusqu'où iront-ils?

En effet, jusqu'où iront-ils? Parce que si on commence à vouloir bannir de l'espace public tout ce qui touche de près ou de loin à la religion, nous ne sommes pas sortis de l'auberge. Il y a la très visible croix du Mont-Royal à Montréal. La plupart des municipalités québécoises ont des noms de saints, allant de St-Bruno à Ste-Adèle en passant par St-Eustache. La situation est la même dans le reste de l'Amérique du Nord avec St John's (Terre-Neuve), St-Jean (N.-Brunswick), St-Louis (Missouri), San Fransisco (Californie). C'est sans compter les autres noms religieux comme L'Assomption ou Corpus Christi (Texas). Et les noms de rues comme la rue Ste-Catherine, St-Laurent ou St-Denis. Et les noms de lieux géographiques comme le mont Ste-Anne, la rivière St-François, le lac St-Pierre ou le fleuve St-Laurent. Faut-il changer tous ces noms qui sont autant de brèches à la laïcité et qui violent la séparation de l'Église et de l'État, montrant une claire préférence de nos administrations publiques pour la religion chrétienne?

De même le drapeau du Québec arbore fièrement une croix blanche qui, je vous le rappelle, a été placée sur ce drapeau expressément pour symboliser la foi chrétienne. De même, l'Union Jack britannique ou le drapeau grec ont eux aussi des croix sur leurs drapeau. Les Forces françaises libres et la résistance française ont adopté la croix de la Lorraine comme symbole durant la deuxième guerre mondiale. Le Canada décerne à ses combattants valeureux la croix de Victoria alors que la marine américaine décerne la croix de la marine. La charte canadienne des droits et libertés débute en déclarant que "le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu". Si nous disons aujourd'hui que nous sommes en 2003, c'est parce que nous comptons les années à partir de la naissance du Christ. Devons-nous débarasser de ces symboles au nom de la laïcité? Devons-nous modifier notre constitution au nom de la séparation de l'Église et de l'État?

Vous me direz que mes insinuations sont ridicules et que jamais personne ne voudrait s'attaquer à la croix qui se trouve sur le drapeau du Québec, au nom de la ville de Ste-Agathe ou aux médailles des combattants. Pourtant, il y à peine 20 ans, il aurait été considéré comme ridicule de suggérer que quelqu'un voudrait s'attaquer aux arbres de Noël. Pourtant c'est ce qu'on observe aujourd'hui. Si le fait que ce genre de considération semblait ridicule il y a 20 ans n'a pas pu empêcher les attaques contre les arbres de Noël qu'on observe aujourd'hui, comment pouvez-vous garantir que ces suggestions qui semblent ridicules aujourd'hui ne deviennent réalité dans 20 ans?

Lorsque le principe de la séparation de l'Église et de l'État s'est répandu au 18e et au 19e siècle, il visait un objectif bien défini: empêcher que les églises ne contrôlent les gouvernements et empêcher que les gouvernements ne contrôlent les églises. On voulait par exemple empêcher que le gouvernement ne finance les Méthodistes ou les Baptistes au détriment des autres dénominations religieuses ou empêcher que le Catholicisme ne soit instauré en religion d'État. La séparation de l'Église et de l'État ne visait nullement à bannir la fête de Noël ou tout ce qui s'y rapporte. D'ailleurs cette fête faisait alors partie de la culture de l'immense majorité de tous ces pays qui ont adopté la séparation de l'Église et de l'État, et en fait toujours partie. Il est tout simplement absurde d'étendre la laïcité et la séparation de l'Église et de l'État au-delà de sa portée originelle pour en venir à empiéter sur tout ce qui touche de près ou de loin à la religion, c'est-à-dire une grande partie de notre culture, de notre histoire et de nos traditions comme on a pu le voir ci-haut.

Évidemment, vous aurez devinez que le noeud du problème se trouve là: on parle de notre culture et tout de suite les multiculturalistes bien-pensants se sentent offensés: nous ne sommes pas censés avoir de culture, notre société est censée être multiculturelle. En vérité, les multiculturalistes ne brandissent pas la laïcité dans un souci de justice, ils ne la brandissent pas pour assurer dans notre société une égalité de statut entre les différentes cultures, ils la brandissent pour s'attaquer à leur véritable ennemi: notre culture, nos valeurs et nos traditions qui découlent de notre héritage chrétien, occidental et libéral. Ainsi, la bibliothèque britannique, qui avait interdit à une église d'afficher sur son babillard les heures des services religieux de Noël, avait moins d'une semaine auparavant permis à des Musulmans de célébrer dans ses locaux la fin du Ramadan. Vous aurez compris que cette fête musulmane était une célébration multiculturelle qu'il fallait accueillir les bras ouverts alors que les messes de Noël sont de vilaines choses religieuses qu'on ne peut même pas se permettre de laisser être annoncées sur le babillard.

Ici, j'aimerais simplement prendre une pause pour calmer les esprits de ceux qui croient que je m'attaque aux minorités ethniques ou aux immigrants. La vérité est que ceux-ci sont la plupart du temps innocents dans toute cette affaire. Par exemple, en Australie, des chefs religieux musulmans, juifs et bouddhistes ont déclaré que "les écoles, les conseils municipaux et les autres institutions publiques qui cherchent à atténuer le contenu chrétien de la fête de Noël sont les victimes d'une rectitude politique mal placée". De même le rabbin montréalais Barry Levy s'était porté à la défense de l'arbre de Noël l'an dernier en disant que de changer son nom "était une tentative non nécessaire de laïciser Noël". Ne nous meprenons pas sur l'identité de ceux qui attaquent le plus férocement notre culture: ils ont été baptisés chrétiens, ils ont été élevés en Occident dans la culture et la civilisation occidentale et se retournent maintenant pour cracher dessus dès qu'ils peuvent.

Razib, un bloggeur de Gene Expression qui est originaire du Bangladesh exprime ce fait de manière éloquente en relatant ses conversations avec des Américains "pure laine" de gauche:

Liberal-Broad-Minded-Person-Who-Is-Too-White (LBMPWITW): Are you from India?
Me: I was born in Bangladesh
[pause]
LBMPWITW: I went to the temple complex in Madurai....
Me: [nodd] [thinking-I just told him I'm from Bangladesh, not India....]
LBMPWITW: The images of Lord Shiva were incredible. You could feel the planet speaking to you, there is a lot of spiritual energy there. Far more authentic than Western religion you know.
Me: [nodd]
LBMPWITW: India really turned me on to vegetarian food. It's much better for you. And it tastes better. Meat is unnatural, we were meant to be vegetarians.
Me: [Uh, I like beef. My family has eaten beef for centuries...should I tell this guy?]
LBMPWITW: Well, I'll let you go. But let me ask, how do you like America? Isn't it terrible what we're doing to the people in Iraq?
Me: [blank expression]
LBMPWITW: Hope I see you around.

De même, comme Jean-Christophe Mounicq le dit dans cet article, on sait que tous que "toute critique de la culture d'un immigrant est vue comme raciste. Les seules critiques permises semblent être celles qui sont dirigées contre la civilisation occidentale. Les méchants occidentaux sont dépeints comme les seuls colonisateurs violents et méchants envahisseurs de toute l'histoire."

On pourrait s'imaginer que la France, qui semble décidée à bannir le voile islamique dans les écoles, les hôpitaux et la fonction publique, a échappé à cette folie de la rectitude politique anti-Occident et qu'elle réussit à utiliser sa légendaire laïcité pour intégrer les immigrants dans sa culture plutôt que de la démanteler. Il n'en est rien. Ainsi, la France s'apprête à supprimer le jour férié de la Pentecôte. Des politiciens suggèrent sérieusement de faire de la discrimination positive à l'école et dans le marché du travail pour les Musulmans; parce que vous comprenez que si les Musulmans ne performent pas assez bien dans la société française, ce doit nécessairement et seulement être parce que des méchants occidentaux racistes ont quelque chose à se reprocher. De plus, si on lit le rapport de la Commission Stasi (très bien commenté ici par Zek), on se rend compte que ce rapport, loin de représenter un modèle français d'intégration, représente en fait un plaidoyer pour le multiculturalisme. Ainsi, le rapport suggère que les fêtes musulmane et juive de l'Aïd el-Kébir et de Yom kippour deviennent des jours fériés (et ceci, je vous le rappelle, au moment même où on supprime le jour férié de la Pentecôte). De plus, on demande que des mets de substitution soit prévus dans les cantines publiques, que les obstacles à la construction de mosquées et de synagogues soient levés, que les abattages rituels soient facilités et que des aumôniers musulmans soient recrutés dans l'armée et les prisons. Je trouve ironique qu'au moment même où la France cherche à s'opposer vertement à la vision américaine de la politique internationale, elle semble tant pressée à adopter le modèle américain du multiculturalisme.

Note aux Canadiens: non le multiculturalisme n'a pas été inventé au Canada. Nous l'avons emprunté aux Américains. Mais on sait bien, quand le Canada emprunte des idées de gauche aux États-Unis, on dit que c'est quelque chose qui est au centre de l'identité canadienne mais quand le Canada lui emprunte des idées de droite, ça devient des importations étrangères inacceptables. Allez donc savoir. Des Californiens vont même jusqu'à demander à ce que des immigrants illégaux aient le droit de vote. Ils ne le disent pas explicitement, mais comme ils réclament que le droit de vote soit donné aux résidents non citoyens, et qu'ils ne semblent faire aucune différence entre les immigrants légaux et illégaux, le doute est permis. Quand les intellectuels gauchistes canadiens reprendront cette idée dans 5 ans (et pourfendront comme étant xénophobes tous ceux qui s'y opposent), ils seront fiers de proclamer comment c'est une idée typiquement canadienne et seront incapables de voir qu'ils sont, encore une fois, allés piger leurs doctrines dans les campus universitaires américains.

Publié par Laurent à 05:03 PM

décembre 13, 2003

Délire multiculturel, l'Empire contre-attaque

Comme d'habitude dans le temps de Noël, il y a toujours quelques débiles légers qui se sentent offensés par cette fête, comme le professeur de droit qui a demandé à deux reprises à ce que son université enlève son arbre de Noël et l'autre personne qui s'objecte à ce que son département tienne un "Holiday Party". Les deux s'objectent à un "caractère religieux", l'arbre de Noël et le mot "Holiday" qui serait censés être des symboles d'une oppression chrétienne. Notons aussi la bibliothèque britannique publique qui refuse qu'une église annonce les heures et dates des célébrations de Noël sur son babillard.

Heureusement, il y a quand même des signes encourageants qui montrent que le délire multiculturel a ses limites. Un Indo-Canadien a assassiné son ex-femme sous prétexte que celle-ci buvait de l'alcool et fréquentait des célibataires, deux pratiques interdites aux femmes mariées dans l'hindouisme. L'homme a plaidé qu'il avait été victime de "provocation culturelle" de la part de sa femme et que l'accusation de meurtre au 2e degré portée contre lui devrait être réduite à une accusation d'homicide involontaire. La Cour Suprême de la Colombie-Britannique a catégoriquement refusé cet argument et l'homme a été reconnu coupable de meurtre. L'homme tente d'aller en appel, mais je crois que le verdict sera maintenu.

Heureusement, quel bordel c'aurait été si on avait commencé à accepter ce genre de défense.

Publié par Laurent à 08:59 PM

novembre 25, 2003

Joyeux Noël!

Simon Vallée, militant de l'Union des Forces Progressistes, sévit sur le forum Politiquébec depuis plusieurs mois. Cependant, il a tout de même ses moments mémorables. Voici comment il a répondu à un autre intervenant qui demandait si il fallait éliminer le congé de Noël au nom de la laïcité:

Non.

Pourquoi devrions-nous nous débarrasser de Noël?

Pour accommoder les immigrants? Franchement, quand tu immigres dans un pays, la moindre politesse est de respecter et d'accepter que la majorité vive ses propres traditions et coutumes. La majorité des néo-québécois le comprennent ça, et acceptent le fait que plusieurs traditions faisant partie de notre culture soient intégrées dans les règles de notre société. Même que, quand certaines institutions ont tenté d'aseptiser Noël, je me rappelle que c'est une musulmanne qui avait le plus déplorer ces décisions.

Le souci du politicaly correct me dégoûte au plus haut point. Respecter les autres cultures ne veut pas dire que la majorité ne doit plus vivre la sienne. Tant qu'à abolir Noël, abolissons donc notre statut unilingue francophone, on le voit que ça dérange nos anglophones. Après tout, il ne faut pas faire respecter notre culture, au cas où quelqu'un le prendrait mal...

La société sans goût, sans âme, uniformisé et conformisé post-post-post-moderne, non merci!

Ça me rappelle l'année dernière où on a appris que la ville de Montréal décorerait un "arbre de vie" ou un "arbre des fêtes" aulieu d'un "arbre de Noël" pour ne pas choquer les sensibilités des autres cultures. Évidemment, vous pouvez parier que cette idée vient d'un bien-pensant baptisé chrétien qui n'a jamais pensé à consulter les juifs, musulmans ou hindous qui seraient hypothétiquement offensés. Tant qu'à y être, faisons donc sauter la croix du Mont-Royal. Pas assez laïc. Remplaçons-la par un monument complètement laïc (style stalinien en prime).

Publié par Laurent à 08:55 PM

novembre 18, 2003

Une autre cause pour les chevaliers de la justice cosmique

Les chevaliers de la "justice sociale" cosmique et universelle vont être contents: on vient d'identifier un nouveau type de discrimination. Selon une étude menée par l'Université de Floride, les grandes personnes gagnent un salaire plus élevé que les petites personnes. En effet, il semblerait que chaque pouce (environ 2,54 cm) supplémentaire est corrélé en moyenne avec un salaire annuel plus élevé de 789 $US.

Cela est totalement inacceptable! J'exige que le gouvernement instaure un programme massif de discrimination positive en faveur des petits, en leur offrant de manière préfentielle des emplois gouvernementaux et en exigeant des universités et des employeurs privés qu'ils fassent de même pour leurs admissions universitaires et leurs emplois. À quand des bourses d'études pour 5 pieds 6 pouces ou moins seulement? Il faut aussi impérativement que le gouvernement commence une campagne publicitaire sous le thème "Dans les petits pots, les meilleurs onguents"! Je suis convaincu que ce genre de mesures aidera de manière impeccable les gens de petite taille à améliorer leur estime de soi...

Encore mieux, suivons l'exemple de la Norvège, où les cours ont exigé que le gouvernement donne une automobile à un homme qui craignait qu'on ridiculise sa petite taille si il prenait le transport en commun. Si je trouve que je ne peux pas conduire une Toyota Corolla parce qu'elle est trop petite pour ma taille, est-ce que le gouvernement peut me payer une automobile qui est assez grande pour moi, disons une Toyota Camry? C'est pourtant une injustice que j'aie à payer plus cher que mon voisin pour obtenir un moyen de locomotion automobile... Je réclame que justice cosmique soit faite!

(En passant, il y a une erreur dans l'article. 149 centimètres n'égalent pas 4 pieds 2 pouces, mais bien environ 4 pieds 10 pouces. Ces Européens qui ne comprennent rien au système impérial...)

Publié par Laurent à 10:35 AM

septembre 18, 2003

Partisans du mariage gai: rangez cet épouvantail de la ségrégation

(English translation)

Il semble qu'un nouvel argument en faveur du mariage gai se répande à une vitesse effarante. Il a été entendu dans un débat au Point entre Denise Bombardier et Louis Godbout (des archives gaies du Québec), aux débats de la chambre des Communes et dans un éditorial du Time Magazine par Andrew Sullivan.

Cet argument s'énonce comme suit: donner aux gais une union civile égale mais distincte du mariage est un acte de ségrégation ou d'apartheid. Cet argument sert évidemment à discréditer les opposants au mariage gai en les comparant aux racistes du Sud des États-Unis ou de l'Afrique du Sud qui séparaient les noirs des blancs dans les écoles, les toilettes, les piscines, les trains, les autobus, etc.

Mais on sépare aussi les hommes des femmes dans les toilettes et les vestiaires. Les anglophones et les francophones ont leurs propres écoles, salles de cinéma, journaux et canaux de télévision. Les Catholiques, Protestants, Juifs et Musulmans ont des lieux de culte et des rituels séparés. Peut-on parler de ségrégation dans ces cas? Bien sûr que non.

En vérité, "l'égalité séparée" n'est qu'une composante de la ségrégation. La deuxième composante de la ségrégation, et il est essentiel qu'elle soit présente pour qu'on puisse parler de ségrégation, est que les groupes, qui sont séparés pour des tâches égales, sont mélangés pour des tâches hiérarchiques, avec un groupe dominant systématiquement l'autre groupe.

Cela nous permet de comprendre pourquoi personne ne croyait que la ségrégation raciale dans le Sud des États-Unis opprimait les blancs. Tout le monde s'entendait pour dire que les noirs étaient les victimes. Or, les blancs étaient séparés des noirs aussi sûrement que les noirs étaient séparés des blancs. Donc, comment a-t-on déterminé que les noirs, et non les blancs, étaient les victimes?

Ce n'était pas parce que les écoles, les piscines ou les wagons de train mis à la disposition des noirs étaient de qualité inférieure à ceux des blancs. En fait, même dans l'infame décision Plessy v. Ferguson, rendue en 1896 par la Cour Suprême américaine, qui a légalisé la ségrégation, il est dit que cette ségrégation ne peut être légale que si les installations et services sont de qualité égales.

En fait, on sait que les noirs étaient les victimes de la ségrégation parce que, comme dans la définition donné plus haut, leur statut social était systématiquement inférieur à celui des blancs. Il était infiniment plus probable d'avoir un serveur, pompiste, jardinier ou cireur de chaussure noir pour un client blanc que l'inverse. Le directeur du FBI, J. Edgar Hoover se vantait de n'avoir aucun employé noir au FBI -- à l'exception de son chauffeur. Les citoyens de certains États du Sud devaient démontrer un certain niveau de connaissances avant d'obtenir leur droit de vote et, inévitablement, les tests faisaient en sorte de priver le plus grand nombre possible de noirs de leur droit de vote. Bref, la ségrégation venait confirmer et institutionnaliser une système de castes dans laquelle un groupe (les blancs) domine et un autre groupe (les noirs) sont dominés. Le principal dommage causé par la ségrégation était de traiter les noirs comme si ils étaient des parias. Brown v. Board of Education, la décision de la Cour Suprême en 1954 qui a rendue illégale la ségrégation, exprime clairement ce point:

In McLaurin, the Court, in requiring that a Negro admitted to a white graduate school be treated like all other students, again resorted to intangible considerations: "[his] ability to study, to engage in discussions and exchange views with other students, and, in general, to learn his profession." Such considerations apply with added force to children in grade and high schools. To separate them from others of similar age and qualifications solely because of their race generates a feeling of inferiority as to their status in the community that may affect their heart and minds in a way unlikely ever to be undone. The effect of this separation on their educational opportunities was well stated by a finding in the Kansas case by a court which nevertheless felt compelled to rule against the Negro plaintiffs: "Segregation of white and colored children in public schools has a detrimental effect upon the colored children. The impact is greater when it has the sanction of the law; for the policy of separating the races is usually interpreted as denoting the inferiority of the negro group. A sense of inferiority affects the motivation of a child to learn. Segregation with the sanction of law, therefore, has a tendency to retard the educational and mental development of negro children and to deprive them of some of the benefits they would receive in a [racially] integrated school system."
Maintenant que nous savons mieux en quoi consiste la ségrégation, revenons à la question du mariage gai.

Est-ce que les gais sont systématiquement exploités par les hétéros et est-ce que le statut social des gais est systématiquement inférieur à celui des hétéros? Considérant qu'il y a une bonne proportion de gais qui sont des gens d'affaires prospères, des professionnels ou des députés, considérant que les gais ont des revenus et ressources suffisants pour justifier l'existence de festivaux de la fierté gaie ou de jeux olympiques gais et considérant que les gais sont un groupe qui donne généreusement des fonds aux groupes politiques qui supportent leur cause, je ne crois pas qu'on puisse sérieusement affirmer que les gais dans leur ensemble constituent un groupe qui est systématiquement de statut social inférieur aux hétéros.

Donc, on peut déjà ici affirmer qu'il est absurde de parler de ségrégation pour décrire une situation où les gais obtiennent une union civile à la place d'un mariage.

De toute façon, il est clair que les gais et les hétéros ne sont pas séparés de la même manière que les blancs et les noirs l'étaient dans le Sud des années 1950. Il n'y a pas de toilettes, piscines ou de places d'autobus pour gais et d'autres pour hétéros. Même l'existence de bars gais et de bars hétéros s'explique de manière terre à terre: les gais ne veulent pas perdre leur temps à draguer un hétéro et vice-versa. Il est tout aussi absurde de parler de ségrégation dans ce cas-là qu'il le serait dans le cas de toilettes pour femmes et pour hommes ou de salles de cinéma francophones et anglophones.

Qu'on le veuille ou non, quand on compare une union entre deux femmes ou deux hommes avec une union entre un homme et une femme, on voit bien qu'il y a à la fois des similarités et des différences, toutes deux significatives. Le Parlement peut bien décider si les différences sont assez importantes pour être prises en compte ou non dans la loi, mais ultimement c'est chaque citoyen qui décidera, dans ses interactions avec les couples gais, à quel point il considère que les similarités l'emportent sur les différences.

Accuser les opposants au mariage gai d'être des ségrégationnistes est une tactique dangereuse. Une telle rhétorique enflammée risque de radicaliser et durcir les positions, de rendre impossible toute forme de compromis et de brûler les ponts qui ont été ou pourraient être construits entre les opposants et les partisans du mariage gai. L'important est de mettre l'accent sur l'égalité des droits entre les gais et les hétéros. Une fois que cette égalité est atteinte, elle ne doit pas être sabotée ou mise en danger dans les faits par des questions de sémantique ou une fausse victimisation.

Une traduction anglaise de cet article a été créée le 13 octobre 2003. Vous pouvez la trouver ici.

Publié par Laurent à 12:05 PM