| Parti Québécois leader André Boisclair commented Québec's 2006-2007 budget by saying that it is "useless to talk about paying down the debt as long as the fiscal imbalance is not resolved." This comment illustrates a too common attitude in Québec which is to find excuses to not do anything to tackle the fiscal, economic and demographic challenges facing Québec.
This is why it is refreshing to hear people arguing that, while it would be preferable that the fiscal imbalance be solved, Québec should take its responsibilites even in the absence of such a settlement. Indeed, they reject the idea that a fiscal imbalance of at most $3 billion should paralyze a government with a $58 billion budget and a province with a $265 billion GDP. Thus, the manifesto For a clear-eyed vision of Québec, signed among others by former Premier Lucien Bouchard, denounced those who "believe — and attempt to have the public believe — that there are easy solutions to these problems, for example, 'correcting the fiscal imbalance'." The manifesto further argued that a settlement of the fiscal imbalance would only partially resolve the problem of Québec's public finances and that "[t]o think otherwise is to dream in technicolour or to be inept at arithmetic." Desjardins' study on Québec's public finances points out that "[r]esolving the fiscal imbalance would not be enough to correct Québec’s situation. Rather, we need to question ourselves as soon as possible." The study adds that, while the fiscal imbalance is a real problem, it "must not obscure Québec’s accountability for the state of its own public finances" and the study laments that the fiscal imbalance "has also been used as an excuse to avoid dealing with Québec’s fiscal problems. Which is why there is now an urgent need to solve the problem." Indeed, the fiscal imbalance cannot explain why Québec has currently so much debts. The fiscal imbalance appeared in the mid-1990s, but the Desjardins study points out that "three quarters of the debt [...] stems from the deficits posted starting in the early 70s" and has been used to "pay for the cost of running the State, i.e., current operating expenses." Pierre Langlois, an economist who has been an advisor to Bernard Landry and Pauline Marois at Québec's Ministère des Finances, has a more precise chronology and points to the "runaway deficits" that were posted by Québec governments from 1975 to 1994. | Le chef du Parti Québécois André Boisclair a commenté le budget 2006-2007 du Québec en affirmant qu'il est "inutile de parler de remboursement de la dette tant que la question du déséquilibre fiscal n'aura pas été réglée." Ce commentaire illustre une attitude trop présente au Québec qui est de trouver des excuses pour l'immobilisme vis-à-vis des problèmes fiscaux, économiques et démographiques auxquels fait face le Québec.
C'est pourquoi il est rafraîchissant d'entendre des gens plaider que, bien qu'il serait préférable que le déséquilibre fiscal soit réglé, le Québec devrait prendre ses responsabilités même en l'absence d'un tel règlement. En effet, ils rejettent l'idée selon laquelle un déséquilibre fiscal d'au plus 3 milliards devrait paralyser un gouvernement qui a un budget de 58 milliards et une province avec un PIB de 265 milliards. Ainsi, le manifeste Pour un Québec lucide, signé entre autres par l'ex-Premier ministre Lucien Bouchard, a dénoncé ceux qui "croient et tentent de faire croire à la population qu'il existe des solutions faciles à ces problèmes, par exemple 'régler le déséquilibre fiscal'." Le manifeste a aussi plaidé qu'un règlement du déséquilibre fiscal ne résoudrait que partiellement le problème des finances publiques québécoises et que "[p]enser autrement, c'est rêver en couleurs ou ne pas savoir compter." L'étude de Desjardins sur les finances publiques québécoises signale qu'"un règlement sur le plan du déséquilibre fiscal ne constitue pas une condition suffisante pour redresser la situation du Québec. Il faut plutôt se remettre en cause le plus rapidement possible." L'étude ajoute que, bien que le déséquilibre fiscal soit un réel problème, il "ne doit pas masquer la responsabilisation du Québec vis-à-vis de l'état de ses finances publiques" et l'étude déplore que le déséquilibre fiscal "a également servi de prétexte pour éviter de faire face aux problèmes du redressement fiscal du Québec." En effet, le déséquilibre fiscal ne peut pas expliquer pourquoi le Québec a présentement tant de dettes. Le déséquilibre fiscal est apparu au milieu des années 1990, mais l'étude de Desjardins souligne que "les trois quarts de cette dette [...] découlent des déficits enregistrés à partir du début des années 70" et ont servi à "payer des dépenses de fonctionnement de l’État, c’est-à-dire les dépenses d’opération courantes." Pierre Langlois, un économiste qui a été conseiller auprès de Bernard Landry et Pauline Marois au Ministère des Finances du Québec, a une chronologie plus précise et pointe du doigt les "déficits galopants" affichés par les gouvernements du Québec de 1975 à 1994. |
Desjardins, Québec's largest financial institution and Canada's largest cooperative financial group, has just published an interesting study titled The public finance challenge of Québec. Here is its summary along with some links:
Summary: The public finance challenge of Québec | Le mouvement Desjardins, la plus grande institution financière au Québec et le plus grand groupe financier coopératif au Canada, vient de publier une étude intitulée Le défi des finances publiques du Québec. Voici son sommaire ainsi que quelques liens:
Sommaire: Le défi des finances publiques du Québec |
Abraham Lincoln, then an Illinois Congressman in the United States House of Representatives, made in 1854 a speech in which he denounced Illinois Senator Stephen Douglas' thesis according to which climate, and not laws or policies, explained why slavery had not taken root in Illinois:
[Illinois and Missouri] lie side by side, the Mississippi river only dividing them; while their early settlements were within the same latitude. Between 1810 and 1820 [...] the [Northwest] ordinance forbid slavery to go into Illinois; and NOTHING forbid it to go into Missouri. It DID go into Missouri, and did NOT go into Illinois. Though it has nothing do with slavery, this is the first thing that popped into my mind when I saw this 2001 map of oil and gas development in Alberta and Saskatchewan that was showcased by Kate McMillan on the CBC Election Roundtable. | Abraham Lincoln, alors un député de l'Illinois à la Chambre des Représentants des États-Unis, a prononcé en 1854 un discours dans lequel il a dénoncé la thèse du Sénateur d'Illinois Stephen Douglas selon lequel c'était le climat, et non les lois ou les politiques, qui expliquait pourquoi l'esclavage n'avait pas pris racine en Illinois:
[L'Illinois et le Missouri] sont côte à côte, seul le fleuve Mississippi les divisant; alors que leurs premiers établissements se trouvaient à la même latitude. Entre 1810 et 1820 [...] l'ordonnance du Nord-Ouest a interdit à l'esclavage d'aller en Illinois; et RIEN n'a interdit qu'elle aille au Missouri. Elle EST allée au Missouri, et elle n'est PAS allée en Illinois. Bien que cela n'ait rien à voir avec l'esclavage, c'est la première chose qui m'est venue à l'esprit lorsque j'ai vu cette carte 2001 des développements pétroliers et gaziers en Alberta et en Saskatchewan qu'a mise en relief Kate McMillan sur la table ronde électorale de la CBC. |
Demographer Marc Termote has published in 2002 in the Cahiers québécois de démographie an interesting article on the measure of the economic impact of international immigration. He concludes in this article that:
There is indeed a certain confusion with the respect to the definition of what is meant by the economic impact of immigration. In this respect, it seems to us to be important to distinguish between the consequences of immigration on the economic conditions of the natives from the effects of migration on immigrants themselves. In other words, we cannot merely estimate the effects on the average income and unemployment rate for the whole population, but we must rather try to compare what the income and unemployment rate of the population would have been in the absence of immigration with what has been observed after immigration, and this over a long period of time, in order to give time for the various effects of immigration to manifest themselves. | Le démographe Marc Termote a publié en 2002 dans les Cahiers québécois de démographie un article intéressant sur la mesure de l'impact économique de l'immigration internationale. Il y conclut que:
Une certaine confusion règne en effet quant à la manière de définir ce que l'on entend par l'impact économique de l'immigration. Il nous semble à cet égard important de distinguer les conséquences de l'immigration sur les conditions économiques des natifs des effets de la migration sur les immigrants eux-mêmes. En d'autres termes, on ne peut se contenter d'estimer les effets sur le revenu et le taux de chômage moyen pour la population totale, mais il faut tenter de comparer ce qu'auraient été le revenu et le taux de chômage de la population en l'absence d'immigration avec ce qui a été observé après immigration, et cela sur la longue période, afin de laisser le temps aux divers effets de l'immigration de se manifester. |
| Who said that economics was boring? Ase points out this post on the economic theory of prostitution. | Qui a dit que les sciences économiques sont ennuyantes? Ase signale ce billet intéressant sur la théorie économique de la prostitution. |
| Chicagoboyz is talking about the American and Canadian health care systems in the context of the debate in the United States about the reimportation of drugs sold in Canada.
Remember that if Americans begin to reimport drugs sold in Canada, the very probable result will be the end of price controls on drugs in Canada. | Chicagoboyz parle des systèmes de santé américain et canadien dans le contexte du débat aux États-Unis sur la réimportation des médicaments vendus au Canada.
Remarquez que si les Américains se mettent à réimporter les médicaments vendus au Canada, il est fort probable que ça soit la fin des contrôles de prix des médicaments au Canada. |
| Should libertarians support the Green Party of Canada? This is a suggestion that has been made and here is why I find it dubious. | Les libertariens doivent-ils appuyer le parti Vert du Canada? C'est une suggestion qu'on a faite et voici pourquoi je la trouve douteuse. (Désolé pour l'unilinguisme mais c'est trop long à traduire et le parti Vert est de toute façon encore largement ignoré au Québec) |
| You think that "in a globalized world where companies can move and ship their products anywhere without tariff barriers, countries must cut their taxes and social programs in order to stay competitive"? My message on The Shotgun explains that this reasoning does not make sense (or rather, it quotes economists who explain it.)
David Mader adds that, of course, free trade treaties put legal limits on what governments can do and cannot do (if not, they simply would not be treaties.) | Vous pensez que "dans un monde mondialisé où les compagnies peuvent déménager et envoyer leurs produits n'importe où sans barrières tarifaires, les pays doivent sabrer dans leurs impôts et programmes sociaux pour rester compétitifs"? Mon message sur The Shotgun explique que ce raisonnement n'a pas de sens (ou plutôt, il cite des économistes qui l'expliquent)
David Mader rajoute que, bien sûr, les traités de libre-échange imposent des limites légales sur ce que les gouvernements peuvent faire et ne pas faire (sinon ce ne serait tout simplement pas des traités.) |
| If you want to learn how to allocate human resources in an unproductive way, you are at the right place. Bob Tarantino explains why you should hire your employees according to ethnic and racial criteria by engaging in "positive discrimination". The Meatriarchy then exposes the advantages of a labor union bureaucracy. Finally, Philippe Gouillou reveals the secret of the century: since there is a wage gap between men and women, you can make obscene profits by hiring no one but women. | Si vous voulez apprendre comment allouer des ressources humaines de manière improductive, vous êtes à la bonne place. Bob Tarantino explique pourquoi vous devriez engager vos employés selon des critères ethniques et raciaux en faisant de la "discrimination positive". Ensuite, The Meatriarchy expose les avantages d'une bureaucratie syndicale. Finalement, Philippe Gouillou révèle le secret du siècle: étant donné l'écart salarial qui existe entre les hommes et les femmes, vous pouvez faire des profits faramineux en n'engageant que des femmes. |
| Jaeger at Trudeaupia makes some appropriate observations: the goal of having affordable housing is fundamentally incompatible with the overregulation to which those who build housing are asked to comply. Indeed, in the end, the cost of all these regulations is simply passed down to tenants in the form of higher rents (and attempts to avoid these rent increases by rent control only brings housing shortages)
When I remarked to a left-wing activist that housing would surely be less costly if we got rid of some unproductive regulations, he asked me with a snob tone if I wanted "that poor people live in slums." The same kind of mentality manifests itself in debates on the minimum wage where remarks such as "do you want people to work for shitlike salaries?" are heard. On a related note, it is interesting to compare how the English Canadian and the French Canadian media presented the latest research on minimum wage workers. In English Canada, the headlines say that most minimum-wage workers are teens, which seems to me to be the best interpretation because "individuals aged 24 and under were eight times as likely to be minimum-wage workers as those over 24". However in Québec, the headlines say that almost 2/3 of minimum wage workers are women: the Patriarchy is yet again at work to oppress "women" (of which most are in fact teenagers) | Jaeger de Trudeaupia fait une observation appropriée: l'objectif d'avoir des logements abordables est fondamentalement incompatible avec la surrèglementation à laquelle on demande que les constructeurs de logements se soumettent. En effet, le coût de toutes ces règlementations sera en bout de ligne passé aux locataires sous forme de loyers plus élevés (et les tentatives d'éviter ces hausses de loyers par le contrôle des loyers ne fait qu'amener des pénuries de logement)
Lorsque j'ai fait remarquer à un activiste de gauche que les logements seraient sûrement moins cher si on débarrasserait de certaines règlementations improductives, il m'a demandé d'un air snob si je voulais "que les pauvres vivent dans des taudis." Le même genre de mentalité se manifeste dans les débats sur le salaire minimum où on attend des remarques snobs du genre "voulez-vous que les gens travaillent pour des salaires de merde?" Justement, il est intéressant de comparer comment les médias canadiens anglais et canadiens français ont présenté les dernières recherches sur les travailleurs au salaire minimum. Au Canada anglais, on titre que la plupart des travailleurs au salaire minimum sont des adolescents, ce qui me semble être la meilleure interprétation, car "les personnes âgées de 24 ans ou moins étaient huit fois plus susceptibles de travailler au salaire minimum que les personnes âgées de plus de 24 ans". Cependant, au Québec, on titre que près de 2/3 des travailleurs au salaire minimum sont des femmes: encore une fois, le patriarcat est à l'oeuvre pour oppresser les "femmes" (dont la plupart sont en fait des adolescentes) |
| Vincent just had an idea that is so good that I wonder why I did not think about it before. He proposes a new process of privatization: distributing the shares in the privatized company directly to the citizens.
When we think about it, this becomes obvious. It is already well known that the possession of large oil resources can render a government corrupt and kleptocratic and it has already been proposed to distribute directly to Iraqis shares in the petroleum companies of Iraq in order to avoid this problem; a government that would want to lay its hands on this wealth would then have to tax Iraqi citizens, and a government that must tax its citizens is a government that must provide a minimal level of legitimacy, representation, competence and transparence if it wants citizens to pay their taxes. In the same vein, a frequently invoked reason to oppose privatizations is that the process of selling to one investor or group of investors encourages corruption and cronyism during the preparation the sale. (Which is profoundly ironic: socialists using the weaknesses of government to argue in favour of maintaining the current role of government in the economy) This problem is avoided by directly distributing shares to citizens. Moreover, this prevents government budgets from being artificially balanced during a fiscal exercise with the proceeds from the sale of state companies, like what the Liberal government is currently doing in Quebec and like the Raffarin government is doing it in France. | Vincent vient d'avoir une idée qui est tellement bonne que je me demande pourquoi je n'y ai pensé avant. Il propose un nouveau processus de privatisation: distribuer directement les actions de l'entreprise privatisée aux citoyens.
Quand on y pense, ça devient évident. On sait déjà à quel point la possession de larges ressources pétrolières peut rendre un gouvernement corrompu et kleptocratique et on a déjà proposé de distribuer directement aux Irakiens des actions dans les compagnies pétrolières d'Irak pour contourner ce problème; un gouvernement qui voudrait mettre la main sur cette richesse devrait alors taxer les citoyens irakiens, et un gouvernement qui doit taxer ses citoyens est un gouvernement qui doit fournir un minimum de légitimité, de répresentation, de compétence et de transparence si il veut que les citoyens paient leurs taxes. De même, une raison fréquemment évoquée pour s'opposer aux privatisations est que le processus de vente à un investisseur ou à un groupe d'investisseurs encourage la corruption et le copinage durant la préparation de la vente. (Ce qui est profondément ironique: des socialistes utilisent les faiblesses du gouvernement pour arguer en faveur du maintien du gouvernement dans l'économie) On évite ce problème en distribuant directement les actions aux citoyens. De plus, cela empêche que les budgets publics soient artificellement équilibrés pour un exercice avec les recettes de la vente de sociétés d'État, comme le gouvernement Libéral est en train de le faire aujourd'hui au Québec et comme le gouvernement Raffarin le fait en France. |
Here are some facts on the economy and fiscal environment of Quebec:
| Voici quelques faits sur l'économie et la fiscalité québécoise:
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| When I read this column by William Watson on Stephen Harper (also available here), I realized a fact that had escaped me until now: Stephen Harper is an economist. This is excellent news: we will maybe at last have a Prime Minister that understands how the economy works.
(Note: ex-CEOs do not necessarily fit in this category. Businesspeople are generally good at understanding how a company works and its proximate economic environment, but they do not have the global vision of the whole economy for which economists are trained.) | Lorsque j'ai lu cette chronique de William Watson sur Stephen Harper (aussi disponible ici), je me suis rendu compte d'un fait qui m'avait échappé: Stephen Harper est un économiste. C'est une excellente nouvelle: on va peut-être enfin avoir un premier ministre qui comprend comment l'économie fonctionne.
(Note: les ex-PDG n'entrent pas nécessairement dans cette catégorie. Les gens d'affaires sont généralement bon pour comprendre comment une compagnie fonctionne ainsi que son environnement économique immédiat, mais ils n'ont pas la vision globale de l'économie entière pour laquelle on forme les économistes.) |
Alex Tabarrok finds an application for which social engineering might in fact be sound and feasible. He writes on punctuality:
If I think you are going to be late then it's costly for me to be on time so I will choose to be late. But if I choose to be late then it makes sense for you to choose to be late also. Indeed, if I think that you think that I might be late then I will be late! In other words, lateness is a Nash equilibrium of a game. Punctuality is also an equilibrium. If you are going to be on time it make sense for me to be on time also (especially if you can punish me for not being on time.) Which equilibrium is played can be as arbitrary as the forces that determine which side of the road we drive on.This would seem to indicate a society could migrate from tardy to punctual quite rapidly, if enough large institutions begin to require punctuality in their dealings. That's exactly what Ecuador is trying to do: Hundreds of institutions ranging from local councils to airlines have signed up to a promise to keep to time. Stragglers are barred from entering meetings. Hotel-style door signs have appeared in offices and schools. On one side, they say “Come in: You're on time'' and on the other “Do not enter: the meeting began on time.'' A local newspaper is publishing a daily list of public officials who turn up late to events. | Alex Tabarrok trouve une application pour laquelle la réingénierie sociale pourrait en fait être valide et faisable. Il écrit à propos de la ponctualité:
Si je pense que vous allez être en retard, alors il est plus coûteux pour moi d'être à la heure et je choisirai donc d'être en retard. Mais si je choisis d'être en retard, alors vous avez aussi intérêt à être en retard. En effet, si je pense que vous pensez que je pourrais être en retard, alors je serai en retard! En d'autres mots, être en retard est l'équilibre de Nash dans ce jeu. La ponctualité est aussi un équilibre. Si vous allez être à l'heure, alors j'ai intérêt à aussi être à l'heure (spécialement si vous pouvez punir mes retards.) L'équilibre qui existe dans une société peut être aussi arbitraire que les forces qui déterminent de quel côté de la route nous roulons.Cela semble indiquer qu'une société pourrait migrer de la tardivité à la ponctualité plutôt rapidement si assez de grandes institutions comment à exiger la ponctualité. C'est exactement ce que L'Équateur essaie de faire: Des centaines d'insitutions allant des conseils municipaux aux lignes aériennes ont promis d'être ponctuelles. Les retardataires ne peuvent entrer dans une réunion. Des panneaux comme ceux dans les hôtels sont apparus dans les bureaux et les écoles. D'un côté, il est écrit "Entrez: vous êtes à l'heure" et de l'autre "N'entrez pas: la réunion a commencé à l'heure". Un journal local publie quotidiennement la liste des agents publics qui arrivent en retard à des évènements. |
| Eugene Volokh links to an interesting Web page which gives access to historical data on GDP, GDP per capita and inflation in the United States since 1789 (Of course, the accuracy of the data for the 18th and 19th century is far from perfect) | Eugene Volokh signale une page Web intéressante qui permet d'obtenir des données historiques sur le PIB, le PIB per capita et l'inflation aux États-Unis à partir de 1789. (Évidemment, la précision des données du 18e et du 19e siècle est loin d'être parfaite) |
| More evidence of the Mulroneyization of the Charest government: the Quebec government confirms its financial aid to businesses linked to the construction of the failed Gaspesia mill.
Can you remind me of what the Minister of Finance Yves Séguin said in the last Budget Speech? "Rather than asking what the state can do for us, we should ask ourselves what we can do without it." Never mind. UPDATE 2004-03-04: Mario Dumont holds Bernard Landry responsible for the fiasco of the Gaspésia mill. This criticism from Dumont is entirely appropriate: [Dumont] charges the current model with "using public funds as if they were a bottomless reserve" and of being based on an "Almighty State" who does not hesitate to embark on costly adventures, without consideration for risks. | Une autre preuve de la Mulroneyisation du gouvernement Charest: le gouvernement du Québec confirme son aide financière aux entreprises liées à la construction de l'usine Gaspésia en faillite.
C'était quoi déjà que le ministre des Finances Yves Séguin disait dans le discours du Budget? "Plutôt que de nous demander ce que l’État peut faire pour nous, demandons-nous ce que nous pouvons faire sans lui." Laissez faire. MISE À JOUR 2004-03-04: Mario Dumont tient Bernard Landry responsable du fiasco de l'usine Gaspésia. Cette critique de Dumont est tout à fait appropriée: [Dumont] reproche au modèle en vigueur "d'utiliser les fonds publics comme s'ils étaient une réserve sans fond" et d'être basé sur un "Etat tout-puissant" qui n'hésite pas à se lancer dans des projets coûteux, sans égard aux risques. |
| Tyler Cowen does an interesting economic analysis on the Oscars ceremony and the maximization of profits. | Tyler Cowen fait une analyse économique intéressante sur la soirée des Oscars et la maximisation des profits. |
Jay Jardine explains what happens when unrealistic speed limits are set:
The road is a four-lane, undivided major collector with an infantalizing speed limit of 40 kph (25 mph). Understandably, traffic flows at a steady 60 kph given the surrounding environment. The catch is that there is an 'S' bend in the road with a design speed of 30 kph. There is a yellow warning tab in place, but of course why pay any heed to this particular rectangular piece of metal fixed into the roadside? The bend has been a magnet for collisions and engineers are leery of publicly suggesting the unrealistic speed limit may have anything to do with it (those that want to keep their jobs, anyway). If the posted speed were consistent with the operating environment, people might actually take notice when a sign advises them to shed 30 k in the next 100 m.Seeing too many irrelevant signals may cause you to dismiss actually important signals -- or to carry the burden of processing irrelevant signals. Surely the last sentence is reminescent of what spam has done to email. Alex Tabarrok proposes a solution to spam that, while not entirely original, had never been expressed with that much humor: The problem of spam is really a negative externality generated by the people who actually buy the products spammers offer. Thus, I suggest sending out fake spam and prominently posting the names of all those who respond..... What product to advertise in the fake spam? I suggest, "length enhancers." | Jay Jardine explique ce qui arrive quand on fixe des limites de vitesse irréalistes:
C'est une route collectrice majeure à quatre voies et à chaussée unique, avec une limite infantilisante de vitesse de 40 km/h (25 miles/h). Évidemment, le traffic roule constamment à 60 km/h étant donné le contexte environnant. L'attrape est qu'il y a un virage en 'S' dans la route fait pour être pris à une vitesse de 30 km/h. Il y a panneau jaune d'avertissement en place, mais évidemment pourquoi faire attention en particulier à ce panneau de métal placé sur le bord de la route? Ce virage a attiré les collisions comme un aimant et les ingénieurs sont réticents de suggérer publiquement que la limite de vitesse irréaliste ait quelque chose à voir là-dedans (enfin, ceux qui veulent garder leur emploi). Si la limite de vitesse affichée était plus cohérente avec le contexte environnant, les gens paieraient peut-être plus attention quand un panneau leur conseillerait de ralentir de 30 km/h dans les prochains 100 mètres.Voir trop de signaux n'ayant pas rapport peut vous amener à négliger des signaux qui sont réellement importants -- ou vous amener à avoir le fardeau de traiter des signaux sans importance. Sûrement que la dernière phrase rappelle ce que le spam a fait au courrier électronique. Alex Tabarrok propose une solution au spam qui, bien que n'étant pas complètement originale, n'a jamais été exposée avec tant d'humour: Le problème du spam est en fait une externalité négative générée par les gens qui achètent les produits offerts par les spammers. Ainsi, je suggère d'envoyer des faux spams et de publier de manière prominente les noms de tous ceux qui répondent..... Quel produit offrir dans le faux spam? Je suggère, "augmenteurs de longueur." |
| Faré explains first here and then here how government interventions often end up being pure waste because of lobbying, pandering and patronage. The point is that not only public money are sometimes given to questionable recipients, but also that these recipients have an interest in working and investing in lobbying rather than in productive activities.
When you read these texts, keep in mind the AdScam scandal (or the gun registry, or the Human Resources Canada handouts, or the questionable investments of Quebec's Société Générale de Financement) | Faré explique d'abord ici et puis ensuite ici comment les interventions gouvernementales se soldent souvent en pure perte à cause du lobbying, du clientélisme, du patronage. Le point est que non seulement les fonds publics sont parfois donnés à des récipiendaires douteux, mais aussi que ceux-ci ont intérêt à travailler et investir dans le lobbying plutôt que dans des activités productives.
Quand vous lisez ces textes, gardez le scandale des commandites en mémoire (ou le registre des armes à feu, ou les subventions de Ressources Humaines Canada, ou les investissements douteux de la SGF). |
Tyler Cowen points to some interesting research on the sources of economic inequality:
[D]ifferences between families explain only 25 percent of the nation's income inequality; the remaining 75 percent is explained by differences between siblings. More typical of the United States than President Bush and his brother Jeb, the governor of Florida, he suggests, are the White House's previous tenant, Bill Clinton, and his half-brother, Roger, a college dropout, onetime cocaine dealer and failed musician. Or, for that matter, Jimmy Carter and his ne'er-do-well brother, Billy.Tyler's (provisional) bottom line is: "Unhappy with your lot in life? It's not the capitalist system or the Bush tax cuts, blame Mom and Dad." | Tyler Cowen signale une étude intéressante sur les sources de l'inégalité économique:
Les différences entre les familles expliquent seulement 25% des inégalités de revenus aux États-Unis; les autres 75% sont expliqués par des différences entre des frères et soeurs. La situation du Président Bush et son frère Jeb, gouverneur de la Floride est moins typique que celle du précédent locataire de la maison blanche, Bill Clinton, et de son beau-frère, Roger, un décrocheur scolaire, ancien dealer de cocaïne et musicien raté. Ou, par exemple, Jimmy Carter et son frère bon à rien, Billy.La conclusion (provisoire) de Tyler est: "Vous êtes malheureux de votre sort? Ce n'est pas la faute du système capitaliste ou des baisses d'impôts de Bush, blâmez maman et papa." |
Arnold Kling a déniché des faits intéressants sur ceux qui sont définis comme étant pauvres aux États-Unis:
Forty-six percent of all poor households actually own their own homes...The average poor American has more living space than the average individual living in Paris, London, Vienna, Athens, and other cities throughout Europe...46% des ménages pauvres qui possèdent leurs propres logements. En moyenne plus d'espace pour un ménage américain pauvre que pour bien des ménages de classe moyenne en Europe. Une automobile, des électroménagers, des télévisions couleurs, un magnétoscope ou même un DVD, etc.Overall, the typical American defined as poor by the government has a car, air conditioning, a refrigerator, a stove, a clothes washer and dryer, and a
microwave. He has two color televisions, cable or satellite TV reception, a VCR or DVD player, and a stereo. He is able to obtain medical care. His home is
in good repair and is not overcrowded. By his own report, his family is not hungry and he had sufficient funds in the past year to meet his family’s essential
needs.
Y a-t-il encore quelqu'un qui croit à la vision alarmiste des groupes de "lutte contre la pauvreté"?
On savait déjà que le gouvernement péquiste avait distribué de manière très généreuse des subventions aux entreprises:
En effet, si on regarde seulement les subventions provinciales (non fédérales) aux entreprises, les 3,14 milliards que le Québec a dépensé pour ces subventions en 1998 est plus grand que le 2,28 milliards dépensé par les neuf autres gouvernements provinciaux combinés.Regardons quel a été le résultat de ces dépenses prolifiques:
De 1998 à 2002, ce sont 3,6 milliards de dollars (G$), dont 701M$ en déductions fiscales et crédits d’impôts, que le gouvernement du Québec a injectés dans le financement direct des entreprises. Ce sont les sociétés d’État qui sont à la source de cette explosion. À elle seule, la Société générale de financement (SGF) a reçu des fonds de 1,3 G$. Investissement Québec, qui fait du prêt et de la garantie de prêt et qui gère le programme FAIRE, a hérité de 1,18 G$. Les quatre sociétés Innovatech ont reçu 438 M$.La SGF a perdu plus de la moitié du capital investi dans les dernières années et Innovatech près de la moitié. Vos impôts font du chemin? L'article explique que "cette injection massive avait pour but de stimuler l’investissement des entreprises au Québec, qui ne recueille bon an mal an qu’environ 17 à 18 % des investissements canadiens." On ne sera pas vraiment surpris d'apprendre qu'il "ne semble pas que les importantes dotations de capital dont ont bénéficié les sociétés d’État ont vraiment changé cette situation". On ne peut même pas défendre les pertes associées à ces investissements en affirmant qu'ils auraient créé de l'emploi.[...]
La SGF a subi des déficits de 88 M$ en 2001, de 172 M$ en 2002 et de 181 M$ au premier trimestre de 2003. Le ministre des Finances, Yves Séguin, estime à 500 M$ la perte de la SGF pour les 12 mois se terminant le 31 décembre 2003. Pour 2001-2002 et 2002-2003, les pertes respectives des sociétés Innovatech ont été de 51 M$ et de 101 M$. Quant à celles d’Investissement Québec, elles ont été respectivement de 29 M$ et de 23 M$ pour les mêmes exercices. Les pertes d’Investissement Québec sont plus acceptables compte tenu de sa mission, mais celles de la SGF et des sociétés Innovatech sont inacceptables.
Finalement, il y a une façon très simple d'expliquer pourquoi le Québec recueille peu d'investissement par rapport au reste de Canada: le Québec est la province la plus taxée et la plus réglementée au Canada. Qui peut honnêtement être surpris qu'on ne se presse pas pour y investir? Si on veut vraiment remédier à cette situation, la solution est claire: il faut déréglementer, baisser les impôts et diminuer les dépenses publiques, bref, diminuer la taille de l'État.
Il y a des gains de productivité étonnants dans les lumières de Noël:
As a teenager in the mid-1980s, David VanderMolen's job was to buy and install holiday lights for his family's Charlotte, Michigan home. Each year his parents would give him $10, enough for two 35-light strings, each 20 feet long, from Kmart. If the weather wasn't too bad, a string of lights would last about three years. VanderMolen eventually built up a collection of 350 miniature lights, enough to make his house the most elaborately decorated in the neighborhood.Ceux qui craignent éternellement la disparition des emplois manufacturiers devraient voir qu'il se crée présentement des emplois qu'on n'aurait même pas pu imaginer il y a quelques années. Installer des lumières de Noël est maintenant rendu une occupation payante durant l'hiver pour les paysagistes:Today, that display would be nothing special. You can buy a 100-light string, nearly 50 feet long, for $2.44 at Wal-Mart. Even without adjusting for inflation, VanderMolen's old $10 annual budget would cover more lights in a single year than he could accumulate over seven years in the 1980s. Today's cheaper lights, mostly made in China, also last longer.
Not everyone wants to climb around on the roof, however, and not everyone has the skills to put together an attractive display. More and more homeowners are contracting out the lighting work, creating satisfying jobs that never existed before. It's part of the long-term trend toward greater and greater specialization. The business also illustrates just how experience improves productivity even in service industries.Christmas Décor, based in Lubbock, Texas, has more than 350 franchise locations throughout the U.S. and Canada. The company estimates that its franchisees do more than $32 million in holiday light business a year. (At least four other national companies offer similar franchises.) Most franchisees are landscaping companies looking for ways to keep working through the slow winter months. Like the inventory controls that have improved efficiency in manufacturing, adding a holiday lighting service allows landscapers to avoid the boom and bust of hiring and laying off employees.
Combien de fois avons-nous entendu des politiciens tenter d'excuser le fait que le gouvernement ait perdu des centaines de millions de dollars dans des investissements en disant qu'au moins "ces investissements ont créé de l'emploi"?
Si vous avez l'impression que ce genre d'excuse est une excuse minable, c'est que vous avez raison. Il est vrai, par exemple, que lorsque le gouvernement investit des millions dans une compagnie pour en devenir créancier ou actionnaire, cet argent est ensuite utilisé par la compagnie pour payer ses employés, acheter des immobilisations, payer ses fournisseurs, etc. Dans un certain sens, ça "crée de l'emploi" et ça "fait rouler l'économie". Cependant, il faut bien voir qu'un investissement judicieux qui rapporte fait aussi rouler l'économie et crée de l'emploi. Il n'est pas du tout nécessaire de faire un investissement déficitaire. Il faut aussi voir que cet argent aurait eu le même impact si il avait plutôt été dépensé en services publics ou si il avait été retourné aux citoyens sous forme de baisses d'impôts.
En effet, quand le gouvernement dépense en santé, il engage des médecins et des infirmières, il achète de l'équipement médical, il construit des hôpitaux et ça aussi ça fait rouler l'économie et ça crée des emplois. Encore une fois, il n'est nullement nécessaire de faire des mauvais investissements pour obtenir cet effet. Si le gouvernement retourne cet argent aux citoyens sous forme de réductions d'impôts, ceux-ci n'iront pas enterrer cet argent sous la terre. Ils le dépenseront plutôt pour s'acheter une nouvelle automobile, une nouvelle maison ou s'acheter des nouveaux électroménagers et ça aussi ça crée de l'emploi et ça fait rouler l'économie. L'argent qui ne sera pas dépensé par les contribuables sera épargné: soit il sera mis à la banque, qui le prêteront à des entreprises, soit il sera directement investi dans les entreprises sous forme d'actions et de fonds mutuels. Je n'ai pas besoin d'expliquer comment cela crée de l'emploi et ça fait rouler l'économie: nous sommes partis au début de ce message de la prémisse qu'un investissement créait de l'emploi et faisait rouler l'économie. Donc, encore et toujours, le gouvernement n'a pas besoin de faire des investissements déficitaires pour créer de l'emploi et faire rouler l'économie.
En fait, la seule manière pour un gouvernement de faire pire qu'un investissement déficitaire est de brûler directement cet argent. Faux. Si le gouvernement fait brûler un milliard de dollards, la quantité d'argent disponible dans l'économie diminuera et les épargnes des gens, les dollars qu'ils détiennent toujours, vaudront plus chers. Les gens qui avaient épargné seront donc plus riches qu'auparavant et pourront se permettre de dépenser plus. Et ça aussi ça crée de l'emploi et ça fait rouler l'économie.
Évidemment, les contribuables qui auront dû payer sous forme de taxes et d'impôts l'argent brûlé par le gouvernement en seront appauvri d'autant et ne pourront pas dépenser ou investir autant qu'ils l'auraient voulu. Mais c'est la même chose dans tous les cas. Lorsque que le gouvernement annonce qu'il a perdu plusieurs centaines de millions dans un investissement, d'où croyez-vous que cet argent est venu?
Ainsi, on annonce des pertes de près d'un milliard à la SGF et dans Innovatech. Ce sont des pertes sur les investissements effectués sous la gouverne de l'ancien gouvernement péquiste. Évidemment, les députés du PQ ont affirmé que "au moins ces pertes avaient créé de l'emploi". Vous savez maintenant que ça signifie qu'ils sont dans la merde et qu'ils n'ont plus d'argument.
Faux. Cela signifie qu'ils ne comprennent pas grand chose à l'économie. Le Parti québécois avait nommé Claude Blanchet, mari de Pauline Marois qui était alors ministre, au poste de PDG de la Société générale de financement (SGF). Blanchet a alors pris une décision tout simplement stupéfiante: il a choisi de donner des primes à ses gestionnaires non selon le rendement de leurs investissements, mais tout simplement selon la quantité et le montant de leurs investissements. Il n'était pas vraiment important de s'assurer que les investissements soient bon ou mauvais, rentables ou non, la seule chose qui était importante était que les investissements soient faits et que ça "crée de l'emploi" et ça "fasse rouler l'économie". Il n'est pas surprenant que la SGF ait alors accumulé les investissements douteux et se retrouve avec 650 millions de pertes. Ce qui est surtout surprenant est que les pertes ne soient pas plus élevées. De plus, le gouvernement péquiste donnait plus de subventions aux entreprises privées que les gouvernements des 9 autres provinces réunies. Il n'est pas nécessairement mauvais de donner une subvention si on le fait pour aider une entreprise dont les activités produisent un bien public socialement avantageux (exemple: transport en commun) qui ne pourrait pas être rentable dans un marché libre. Mais ce n'est pas pour cette raison que le PQ distribuait toutes ces subventions: c'était pour créer de l'emploi et faire rouler l'économie.
Cependant, il faut reconnaître que le PQ a pris une bonne décision quand il a nommé Henri-Paul Rousseau comme Président de la Caisse de dépôt et placement du Québec . En effet, Henri-Paul Rousseau est un administrateur compétent qui comprend bien le monde des affaires et l'économie. Lorsqu'on lui a demandé comment la Caisse comptait concilier la mission de faire fructifier les épargnes (régimes des rentes, fonds de pension des fonctionnaires provinciaux, fonds de l'assurance-automobile, etc.) des Québécois et la mission de favoriser le développement économique, il a répondu que "loin de s'opposer, rendement et développement sont en corrélation étroite et positive. La Caisse ne contribue jamais tant au développement économique du Québec que lorsqu'elle cherche le rendement." On est bien loin de la mentalité de Blanchet ou de Landry qui consiste à lancer de l'argent un peu partout en disant que ça crée de l'emploi. De plus, il a parfaitement raison. Si la Caisse néglige son rendement et devient un subventionneur de facto pour les entreprises québécoises, alors celles-ci en deviendront dépendantes, elles se dirigeront et resteront dans des activités non rentables et inefficaces et elles perdront leur compétitivité.
Il ne faut pas oublier que la Caisse a comme mandat premier de faire fructifier les fonds qui lui sont confiés, que ce soit le Régime des rentes du Québec, le fonds de pension des fonctionnaires provinciaux ou les primes de la SAAQ et de la CSST. Si la Caisse négligeait le rendement pour "créer de l'emploi", elle priverait ses dépositaires des rendements auxquels ils ont droit. Dans le même esprit, lors du discours qu'il a prononcé en 1965 lors de la création de la Caisse par son gouvernement, Jean Lesage a affirmé que "la Caisse n'est pas mise sur pied pour subventionner le gouvernement, les municipalités, les commissions scolaires ou les compagnies" et que "il n'est pas question, malgré ce que certaines personnes croient, de prêter de l'argent à des taux d'intérêts très bas ou, encore pire, sans intérêts." [1].
La Caisse n'a pas toujours agi selon ces principes. Au début de 1980, alors que le péquiste Jean Campeau a remplacé le libéral Marcel Cazavan à la présidence de la Caisse, la Caisse a subitement diminué le taux d'intérêt qu'elle chargeait au gouvernement du Québec et à Hydro-Québec. La réaction de Jean Lesage, alors redevenu simple citoyen, a été virulente. Dans une de ses dernières apparitions publiques avant sa mort, il a affirmé que "lorsque le gouvernement et Hydro-Québec empruntent de la Caisse à des taux inférieurs au taux du marché, ils volent de l'argent" [2]. On se rappelle aussi des malheureux investissement de la Caisse en 1989 dans Steinberg et en 2000 dans Videotron, qui étaient injustifiables sur le plan du rendement et qui avaient pour seul but d'empêcher que des compagnies de l'extérieur du Québec n'acquièrent ces compagnies.
Cependant, il reste que la Caisse a généralement, pour la plupart du temps et pour la plupart de ses investissements, suivi les principes que Jean Lesage avait expliqué en 1965 et qu'Henri-Paul Rousseau rappelle aujourd'hui. C'est pourquoi la Caisse est respectée des Québécois. À l'inverse, la SGF est un fiasco depuis la date de sa création et accumule les canards boîteux. On peut bien blâmer la mauvaise gestion de Blanchet ces dernières années, mais avant lui il y a aussi eu la sidérurgie Sidbec que la SGF a copieusement financé et qui s'est avéré être un puit sans fond.
[1] Matthew Fraser, Quebec Inc., Toronto: Key Porter Books, 1987, p.245
[2] Id.
Le taux de chômage recule au Canada:
Le marché canadien du travail a vu naître 54.100 nouveaux emplois en novembre, dont près de la moitié dans le secteur manufacturier, défiant les attentes voulant que la hausse du dollar canadien ait durement frappé l'économie.Où sont tous ceux qui blâmaient le gouvernement Charest pour la hausse du taux du chômage au début de l'année? Suivant leur logique impeccable, il faudrait dire que Jean Charest est personnellement responsable de la forte création d'emplois au Québec dans les 3 derniers mois. En fait, ils commettent une erreur classique d'attribution économique: ils surestiment grandement l'influence que les actions du gouvernement ont à court terme sur les indicateurs économiques. Il y a d'autres acteurs que le gouvernement dans l'économie. Enfin, on l'espère.Statistique Canada a annoncé vendredi un taux de chômage en baisse à 7,5% pour le mois de novembre, après s'être chiffré à 7,6% en octobre et à 8% en août -- un sommet pour l'année 2003.
[...]
L'économie canadienne a entraîné des pertes d'emplois dans cinq des huit premiers mois de l'année, mais elle a engendré la création de 165.800 emplois depuis septembre.
"Le rythme de la reprise du marché de l'emploi a récemment grimpé en flèche", a observé Derek Holt, de la Banque Royale du Canada.
Deux emplois créés sur trois en novembre étaient des postes à temps plein, a précisé Statistique Canada. Des gains ont été enregistrés dans tous les secteurs de l'économie sauf ceux de la santé, de la technologie et des services financiers.
La plus grande partie de la croissance a été observée au Québec, où quelque 54.000 emplois ont été créés. Le taux de chômage de la province a diminué de 0,2 points de pourcentage à 9,1%, a précisé l'agence gouvernementale.
MISE À JOUR 2003-12-08: L'édition du 6 décembre de La Presse en rajoute:
"Au cours des deux derniers mois, il s'est créé 119 500 emplois au Canada dont 79 700 au Québec", note Marc Pinsonneault, économiste principal à la Financière Banque Nationale. Du coup, le Québec regagne tous ses emplois perdus de janvier à septembre. Il en compte même 54 200 de plus qu'au 31 décembre 2002. "Ça va mieux qu'on pensait."-- Rudy Le Cours, "Le Québec, champion de la création d'emplois", La Presse Affaires, p.3, édition du 6 décembre 2003[...]
La plupart des nouveaux emplois sont à temps plein, précise l'agence fédérale [Statistiques Canada]. Fait à signaler, il s'en est créé 23 700 dans le secteur de la fabrication, dont 13 700 au Québec. "Il y a moins de capacité inutilisée qu'on ne le croyait, note Sherry Cooper, économiste en chef chez BMO Nesbitt Burns. En outre, cela suggère que la robustesse de l'économie américaine fait contre-poids à l'appréciation du huard."
Je viens de lire l'excellent interview de Vincent Bénard à l'Institut Hayek et comme promis je donne mon avis.
Premièrement, je suis largement d'accord avec le contenu de cet interview et je me contenterai de rajouter ce qui n'a pas été dit.
On peut se moquer de ceux qui ont instauré la prohibition de l'alcool il y a plus de 80 ans en disant qu'ils envisagaient une solution magique au problème de l'alcool: interdisons l'alcool et plus personne n'en consommera. Cependant, la prohibition de l'alcool s'appuyait sur des arguments solides venant des économistes Irving Fisher et Clark Warburton. Ils savaient qu'il existerait toujours un marché noir pour l'alcool, mais se disaient que la repression policière compliquerait la tâche des consommateurs, distributeurs et distilleurs d'alcool et que le prix de l'alcool augmenterait nécessairement. Évidemment, une hausse du prix amène une diminution de la demande et donc de la consommation: c'était explicitement l'objectif de la prohibition.
C'est là que le bât blesse: malgré le fait que le prix de la bière ait été multiplié par 8, celui des brandys par 5.3 et celui des spiriteux par 2.7, la consommation d'alcool n'a diminué que de 20% (voir Cato Institute: Alcohol Prohibition Was A Failure). De plus, le changement dans les prix relatifs entre la bière et les spiritueux ont encouragé les gens à passer de la bière aux spiritueux.
De même, on pourrait s'attendre à ce que les gens abandonnent leur consommation de drogues dures à mesure que le prix des drogues monte de manière astronomique jusqu'à atteindre 10, 20 ou 100 fois son prix du marché. Ceux qui ont suggéré d'instaurer la prohibition des drogues s'imaginaient sûrement que ce serait un succès inespéré si les prix de vente pouvaient atteindre des niveaux si astronomiques: plus personne ne voudrait acheter de drogues dures. La surprise est que, loin d'abandonner leur consommation de drogues, les addicts font preuve d'une persévérance insoupçonnée et ont recours au vol, à la prostitution ou deviennent eux-mêmes des dealers de drogues pour pouvoir payer leur drogue. (L'article Drugs, Violence and Economics a plus de détails sur la théorie économique des liens entre la drogue et le crime)
Les biens dont les consommateurs sont dépendants ont une faible élasticité dans leur demande. On connaît peu de biens pour lesquels le prix pourrait être multiplié par 8 sans que la demande ne chute dramatiquement. Le prix de l'alcool, de la cigarette ou du jeu peut monter avec une relative impunité. C'est pourquoi les gouvernements adorent imposer toutes sortes de taxes spéciales sur ces activités: ils ont une cible facile et peu mobile à taxer. "Les compagnies de tabac exploitent les fumeurs; nous voulons avoir notre part!"
En fait, on voit facilement que si l'objectif n'est que de réduire la consommation en augmentant les prix, on pourrait atteindre cet objectif en taxant les drogues au lieu de les prohiber. Ça l'aurait au moins l'avantage de rapporter de l'argent au trésor public. Le hic est évidemment que les taxes ne pourraient pas monter très haut sans qu'une contrebande hors-taxe s'installe. Mais ce n'est pas pour cette raison que les gens s'opposeraient à une telle initiative. Beaucoup de gens veulent que les drogues restent illégales parce que de les légaliser "enverrait un mauvais message".
On utilise une lettre pour envoyer un message. Ou un téléphone, des sémaphores, des signaux de fumées, la radio, la télévision, un courriel, un blog, un porte-voix. Pourquoi faudrait-il employer la loi criminelle pour passer un message? Si quelqu'un veut passer une annonce, le code criminel ne me semble pas approprié pour le faire. Si il y a un message à faire passer, la responsabilité en incombe surtout aux parents, à la famille, aux professeurs, aux directeurs d'école, aux médecins, aux infirmières, aux toxicologues, etc.
En vérité, les gens ont peur de ce qui vient après la fin de la prohibition. Les Américains de 1933 pouvaient toujours se rappeler les années avant 1919 pour savoir que de vivre dans une juridiction où l'alcool est légal n'est pas si pire que ça. Les gens n'ont pas dans leur expérience personnelle un point de référence pour imaginer ce que serait une société où la marijuana est légale et où l'héroïne est dépénalisée.
Il y a des expériences où on a tenté de prescrire gratuitement de l'héroïne pharmaceutique aux addicts pour qu'ils puissent faire face à leur dépendance sans constamment avoir à se soucier de trouver l'argent nécessaire pour l'acheter chèrement sur le marché noir. Les résultats en Suisse semblent avoir été un succès et les Pays-Bas et la Grande-Bretagne ont emboîté le pas. En fait, partout en Occident au début du 20e siècle et jusqu'à la fin des années 1960 en Grande-Bretagne, les médecins avaient le pouvoir de prescrire presque n'importe quelle drogue ou médicament à leurs patients selon leur jugement professionnel. Ce n'est que par la suite que les gouvernements ont peu à peu enlevé ce droit aux médecins alors que l'abstinence complète est devenu un objectif gouvernemental. On peut se demander si les gouvernements ne se sont pas en quelque sorte arrogés le droit de pratiquer la médecine: les médecins sont ceux qui sont les mieux placés pour savoir quelles sont les meilleurs mesures à prendre quant à la consommation de drogues de leurs patients. (Cette évolution est détaillée dans le Ottawa Citizen).
Bref, le fond de l'histoire est que, oui, il est préférable que la toxicomanie soit traitée comme un problème de santé publique et non de justice criminelle. Dans ce cas ci, il faut préférer le médecin au policier.
Cela ne surprendra personne: les gouvernements prennent souvent des mauvaises décisions. Les dictatures prennent les pires décisions -- et ont régulièrement fait périr des millions de leurs citoyens -- mais les démocraties aussi prennent de mauvaises décisions: comme la décision de Bush d'imposer des tariffs sur l'importation de l'acier ou du bois d'oeuvre ou la décision de l'Union Européenne de subventionner très généreusement ses agriculteurs. Virtuellement n'importe quel économiste vous dira combien ces politiques sont absurdes et un vrai gaspillage. Mais pourquoi les démocraties choissisent-elles quand même ces politiques?
La première explication est de blâmer les lobbys, les groupes de pression, les bureaucrates et les politiciens qui recherchent souvent leurs intérêts particuliers au lieu de servir l'intérêt général: c'est l'approche de la théorie du choix public, pour laquelle James Buchanan (qui est aussi le père de la péréquation) a reçu un prix Nobel. Cependant, cela n'explique tout. Cet article stimulant rappelle les idées de Bastiat et Mises sur la démocratie. Leur explication est plus fondamentale: peu importe que les politiciens agissent ou non selon l'intérêt général ou selon la volonté populaire, le problème est que les gens, les électeurs, le peuple ont souvent des idées complètement fausses sur l'économie et appuient passionnément des interventions gouvernementales pourtant absurdes. Les partisans du protectionnisme, de la social-démocratie, du national-syndicalisme et de l'interventionnisme sont trop nombreux et trop passionnés pour qu'on puisse croire qu'ils appuient ces politiques par simple intérêt égoïste.
Le meilleur exemple est cet article du Toronto Star qui parle des politiques anti-pauvreté du nouveau premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty. La sauce se gâte dès le titre: "Hausse du salaire minimum pour lutter contre la pauvreté". Pourtant, selon un sondage l'American Economic Review, 90% des économistes sont d'accord pour dire que "une hausse du salaire minimum augmente le chômage chez les jeunes travailleurs et les travailleurs peu qualifiés". Ceux qui appuient les hausses du salaire minimum s'imaginent souvent que le seul effet de ces hausses est de mettre plus d'argent dans les poches des travailleurs peu qualifiés. Ils admettront du bout des lèvres que finalement cet argent doit d'abord sortir des poches de leurs employeurs, mais diront que c'est nécessaire pour la "justice sociale" (Évidemment, ils négligeront de voir que, par exemple, si le salaire des caissiers de supermarché augmente, alors le prix des marchandises du supermarché devra augmenter et que ce seront les pauvres qui seront le plus durement touchés par cette hausse, mais ça c'est une autre histoire.)
Le problème est que cette prémisse est fausse: il peut être rentable pour un employeur de faire travailler un employé à 6,85$ de l'heure sans qu'il soit rentable de le faire à 8,00$ de l'heure. Dans cette situation, l'employé au salaire minimum ne voit pas son salaire augmenter, il perd tout simplement son emploi. La demande en main d'oeuvre est élastique: plus la main d'oeuvre est chère, moins il y aura de demande pour celle-ci. C'est pourquoi les clients des supermarchés en Suisse doivent emballer eux-mêmes leur épicerie: les salaires sont trop élevés pour justifier l'embauche d'un employé pour cette tâche. Si les socialistes réussissaient à imposer un salaire minimum de 10,00$ de l'heure au Québec, il y a fort à parier que les Québécois aussi emballeraient eux-mêmes leur épicerie et que plusieurs étudiants se verraient ainsi priver d'un emploi d'été ou à temps partiel qui leur permet de financer leurs loisirs ou leurs études. À l'absurde, on peut se demander ce qui arriverait si on fixait le salaire minimum à 20$ de l'heure ou 30$ de l'heure. Serions-nous tous millionnaires si le salaire minimum était de 1000$ de l'heure? La vérité est qu'une personne gagne un salaire élevé lorsque quelqu'un est prêt à payer cher pour son travail, ses compétences, son expérience, sa formation, son talent ou son expertise. Quelqu'un sans compténces, expérience, formation ou expertise particulière ne peut pas s'attendre à gagner bien cher et ce n'est pas en rendant son travail trop cher pour être payé qu'on l'aide; surtout que ce travail pourrait justement lui permettre d'acquérir une expérience et une formation qui amélioreront ses perspectives d'emploi et son salaire. Rien de ce qui précède n'est controversé. On l'enseigne même dans les textes d'introduction à l'économie.
La paragraphe précédent en laissera plusieurs de glace. Ils diront que ça démontre pourquoi il faut assurer une sécurité d'emploi à chaque employé, pour que les employeurs ne puissent pas mettre quelqu'un à la porte suite à une hausse du salaire minimum. La conséquence d'une telle politique devrait être évidente: embaucher un employé deviendra maintenant une décision d'affaire majeure étant donné que vous pourriez vous retrouver à employer quelqu'un longtemps de manière non rentable. Ce n'est pas vraiment important si vous avez déjà un emploi, mais cette nouvelle réticence à l'embauche de nouveaux employés devient dévastatrice si vous êtes à la recherche d'un emploi. Bref, cette solution ne fait que déplacer le fardeau, en l'amplifiant, sur les chômeurs et les jeunes.
Cette situation ressemble à celle qui prévaut sous le contrôle des loyers qui font aussi partie des réformes envisagées par McGuinty. Le contrôle des loyers a généralement des conséquences désastreuses. Que ceux qui tremblent à la mention du Cato Institute se rassurent. Ces faits font l'objet d'un consensus extrêmement large chez les économistes. 98% d'entre eux sont d'accord pour dire que "un plafond sur le prix des loyers diminue la quantité et la qualité des logements disponibles". C'est aussi un exemple élémentaire qui est ensigné dans les manuels d'économie. Même Paul Krugman, qui est pourtant un adversaire féroce de Bush et de ses baisse d'impôts, est d'accord pour dénoncer le contrôle des loyers comme "un exemple classique de stupidité économique". L'échec du contrôle des loyers s'explique aussi facilement que l'échec du salaire minimum. Si il n'est pas rentable pour un propriétaire de louer son appartement aux prix fixés, il refusera tout simplement de le louer ou de construire un nouvel appartement à louer. Cette simple vérité échappe à ceux qui réclament des contrôles plus serrés sur les loyers et s'indignent simultanément de la pénurie des logements.
Malgré tout ce qui précède, malgré le fait que rien de ce qui précède n'est vraiment controversé pour qui s'y connaît un tant soit peu en économie, on entend toujours des gens affirmer le plus sérieusement du monde qu'il faut "des vraies hausses pour les gens qui travaillent au salaire minimum, qui ont souffert très longtemps, et un engagement clair pour qu'il y ait des logements qui se construisent dans cette vie pour que les gens ait de la place où vivre". Peut-être est-il vraiment un syndicaliste verreux qui sait que la hausse du salaire minimum aide à protéger les syndiqués aux conventions collectives généreuses contre la compétition d'un main d'oeuvre peu chère -- et tant pis si celle-ci se retrouve au chômage. Peut-être veut-il vraiment un contrôle des loyers féroce simplement pour son bénéfice personnel -- et tant pis pour ceux qui n'ont pas pu trouver à temps un propriétaire à vampiriser et qui doivent faire face à la pénurie des logements.
Il est aussi possible qu'il soit honnêtement et sincèrement dans l'erreur. Si lui personnellement ne l'est pas, on peut se douter que la majorité de ceux qui croient aux vertus de ce genre de réglementation sont honnêtement et sincèrement dans l'erreur. Ces gens croient probablement sincèrement que la hausse du salaire minimum ou le contrôle des loyers sont des solutions magiques ou que ce sont des solutions qui aident les travailleurs au dépens des employeurs ou les locataires au dépens des propriétaires -- sans voir que ces mesures retombent sur le nez d'une portion défavorisée des travailleurs et des locataires.
Nous avons besoin de populariser le libéralisme. Il faut faire en sorte que des politiques comme le contrôle des loyers deviennent aussi ridiculisées et discréditées pour le citoyen moyen que le sont des politiques comme l'impression illimitée d'argent ou des déficits gouvernementaux chroniques. Bastiat en son temps a ridiculisé le protectionnisme avec sa pétition des marchands de chandelles. Les Canadiens se sont convaincus de la nécessité de mettre fin aux gigantesques déficits chroniques de leurs gouvernements lorsqu'ils se sont dits que "on ne peut pas emprunter pour payer l'épicerie". Il faut des images et des métaphores pour captiver l'imagination des gens et leur faire comprendre ce que les sciences économiques ont depuis longtemps compris, autant dans la théorie que dans la pratique.
Excellent éditorial de Colby Cosh sur les McJobs et le rôle que McDonald's joue dans la mondialisation. Comme les pages du National Post ont une fâcheuse tendance à disparaître une ou deux semaines après avoir été publiées, je cite les parties importantes:
Anyway, the whole point of the word "McJob" (used by Mr. Coupland in his 1991 novel Generation X) was that, in his view, globalization brings McDonald's working conditions to other business environments -- companies which have no similar reasons for regimenting and lowballing their employees. His argument carried no necessary implication that working at McDonald's can or should be anything but a "McJob." I believe it would be a much crueller world if there were no McJobs in the zone between benefit-endowed full-time careers and the dole.[...]
We are never going to stop regarding large corporations without suspicion, nor should we, but one wishes the "Mc-" prefix could be used in other, gentler ways. A 1998 collection of anthropological essays called "Golden Arches East" pointed out that tidy restrooms were all but unknown in Hong Kong restaurants before the global McMenace arrived with its nitpicky customer service. Maybe a well-kept bathroom should be called a McJohn? In Russia, customers of the first Moscow McDonald's had to be told that the personnel weren't mocking them, but were merely offering an unfamiliar Western treat -- service with a smile. Snort if you like, but how much less tolerable would our emotionally frosty McWorld be if food servers were encouraged to show their true feelings at all times? Can we consider praising friendly business establishments for their McPoliteness?
And let's note that, in one clear sense, Mr. Coupland's "McJob" is a bum rap. I find it decidedly odd that McD's should have become such a notorious symbol of globalization, considering that it's a franchise operation. When irony-deficient anti-globalization protesters trash a McDonald's shop front, they are usually venting their australopithecine rage on a locally owned business. The evil Golden Arches have provided financial independence and hands-on business training to tens of thousands of homegrown entrepreneurs in every corner of the globe. This is not to be dismissed just because one doesn't like the sauce on a Big Mac. Owning your own restaurant is really the ultimate "McJob."
Il semble que mes collègues blogueurs soient en période d'examen! François Brutsch, de Un Swissroll, a passé le test du Political Compass, ainsi que le test du Ludwig von Mises Institute. Ase a aussi passé ce test.
Personnellement, j'ai toujours été sceptique de ce genre de test, qui prétend déterminer votre philosophie politique ou économique en quelques question. Ça me rappelle trop les tests "quelle genre de magasineuse êtes-vous?" ou "quelle genre de conducteur êtes-vous?" qu'on trouve dans tout bon magazine féminin ou Sélection du Reader's Digest.
Je ne suis pas le seul à avoir des réserves sur ces tests. Colby Cosh raconte ici comment le test du Political Compass fourmille de questions venant des travaux de psychologues européens d'après-guerre qui prétendaient que la montée du fascisme avait été causée par un type de "personalité autoritaire". Ces recherches ne sont plus aujourd'hui que des curiosités historiques, sûrement entre autres parce que ces chercheurs se sont rendus compte qu'ils avaient oublié de remarquer que les communistes partagaient cet autoritarisme avec les fascistes.
Arnold Kling, qui tient le EconLog, a écrit un article critiquant le test de l'Institut Mises en particulier et l'école autrichienne en général. Ce n'est pas tellement une critique sur la doctrine en tant que telle, mais plutôt sur l'attitude de l'école autrichienne, attitude qui semble souvent plus être celle du religieux que du philosophe ou du scientifique. (Guillaume Barry offre un point de vue similaire ici)
Les Autrichiens (ceux qui adhérent à l'école autrichienne en économie) tentent beaucoup de se distinguer de l'école de Chicago, mais je crois qu'ils sont d'accord la plupart du temps. Les deux écoles vont généralement conclure à la supériorité du libre marché sur la planfication centrale et l'interventionnisme étatique et du libre échange sur le protectionisme. La différence se situe plus fondamentalement au niveau de la méthodologie. L'école de Chicago va étayer ses thèses avec une grande quantité de modèles mathématiques, rassemblera les données empiriques et les utilisera pour vérifier et raffiner ses modèles mathématiques. Les Autrichiens ont plus tendance à se baser des principes moraux ou des axiomes et à déduire de ceux-ci des théorèmes. En somme, les comparer revient un peu à tenter de comparer le naturalisme métaphysique ou l'épistémologie avec la physique ou la biologie: on ne se trouve pas vraiment sur les mêmes plans méthodologiques et conceptuels.
J'ajouterais aussi que l'école de Chicago est généralement plus favorable à une intervention (restreinte) de l'État (par exemple en éducation, en santé, la politique monétaire ou pour encourager l'épargne avant la retraite) que les Autrichiens qui ne veulent virtuellement que l'État n'ait aucune fonction en dehors de la défense des droits et libertés individuelles. Encore une fois, cela est le résultat de leurs différences d'approches. Si les Chicago Boys font des études et trouvent que les gens tendent à ne pas épargner suffisamment avant leur retraite, ils vont accepter que l'État encourage les gens à épargner ou bien force les gens à déposer une partie de leurs revenus dans un compte d'épargne privée (mais ils s'opposeront aux programmes massifs de sécurité sociale et de pensions de viellesse qui sont si appréciés des Keynésiens). Les Autrichiens auraient plutôt tendance à voir cela comme une violation inacceptable des libertés individuelles.
(Soit dit en passant, j'ai quand même pris les tests. J'avais pris le test du Political Compass il y a quelques mois et j'étais quelque part dans le coin inférieur droit, quelque chose comme 5 vers la droite et 2 vers le libertarisme. Pour le test de l'Institut Mises, je suis plus près des Chicago Boys.)
Je viens de trouver deux articles intéressants qui expliquent les fondements de l'activité économique.
Tout d'abord, Gideon critique la proposition de Warren Buffet, selon lequel les États-Unis sont menacés par leur déficit commercial (importations plus grandes que les exportations) et doivent vendre leurs actifs pour financer ce déficit. Gideon réplique que les États-Unis sont assez innovateurs et font des gains de productivité assez importants pour qu'il n'y ait pas de danger. Plusieurs points intéressants sur le commerce international, l'immigration, la création et la distribution de la richesse et la politique fiscale.
Ensuite, Richard Alm et Micheal Cox, économiste en chef de la Réserve Fédérale de Dallas, écrivent dans le New York Times un éditorial sur les bienfaits des mises à pied. On voit que la main d'oeuvre agricole représentait 40% des emplois au début du siècle et qu'elle ne représente plus que de 2% aujourd'hui, et que 421 000 opératrices dans les années 1970 pouvaient gérer 9,8 milliards d'appels interurbains alors que 78 000 opératrices peuvent en gérer 98 milliards aujourd'hui. De plus, on voit qu'environ 30 millions d'Américains perdent leur emploi chaque année...et que plus de 30 millions en obtiennent un!
Une traduction anglaise de cet article a été créée le 7 novembre 2003. Vous pouvez la trouver ici.
De nos jours, on entend beaucoup parler de mondialisation des marchés, de commerce international, de déménagement d'usines à l'étranger, de compétitivité internationale, etc. De quoi en retourne-t-il exactement? Comment la théorie économique et les données nous permettent de comprendre les causes et les effets de ces phénomènes? Paul Krugman répond à ces questions dans un recueuil d'essais regroupés dans le livre Pop Internationalism.
On y apprend plusieurs choses qui sont absolument essentielles à toute discussion intelligente du commerce international et de la mondialisation. Paul Krugman s'acharne surtout à détruire de manière impitoyable les mythes entourant le commerce international.
Mythe 1: les pays sont en compétition économique
On entend souvent dire que les pays sont en compétition. Ainsi, le Canada et les États-Unis seraient en compétition au même sens que Ford et GM sont en compétition. Or, il y a un problème important avec cette conception. Une infime fraction des véhicules fabriqués par Ford sont achetés par des employés de Ford. La plupart des produits et services produits par le Canada sont achetés et consommés par des Canadiens. Donc, un pays, contrairement à une compagnie, sert en grande partie son marché interne.
Ensuite, une infime fraction des véhicules fabriqués par Ford sont achetés par des employés de GM. Donc, le succès de GM profite très peu à Ford et vient probablement au dépens de Ford. Cependant, une bonne proportion de ce qui est produit au Canada est acheté aux États-Unis et vice versa. Donc, le succès des États-Unis profite au Canada et vice versa. Le commerce international est beaucoup mieux compris en terme de coopération qu'en termes de compétition.
Mythe 2: le niveau de vie d'un pays dépend de sa compétitivité internationale
Certains croient qu'un pays a un niveau de vie élevé si il peut compétitionner sur les marchés internationaux et y exporter ses produits. Or selon la loi de l'avantage comparatif, il existe toujours des secteurs où un pays est le plus compétitif. Cela signifie que tous les pays seront toujours compétitifs dans au moins un secteur.
Évidemment, on pourrait objecter qu'un pays qui est peu productif pourrait se retrouver forcer à compétitionner sur la base de salaires bas plutôt que sur la base d'une productivité &eacu