| Last weekend, there was a clash between the Québec Liberal Party's youth wing, who argued that paying down Québec's provincial debt should trump cutting income taxes, and Premier Jean Charest, who says that reimbursing the debt is important but not more important than income tax cuts. But it is not clear it really matters whose point of view prevailed in this internal Liberal Party debate. Given the Liberal government's track record, we can expect neither significant debt reimbursement nor substantial income tax cuts.
The Liberal Party took power with a promise to cut Quebecers' income taxes by 27 percent over five years. This was equivalent to an income tax cut of $1 billion each year. However, the Liberals' first real budget in 2004 contained only a $220 million income tax cut and the Charest government dressed up $780 million of social spending as an income tax cut so it could claim to have kept its promise. This tactic was so transparently dishonest that even the Liberal Party's follow-up committee deplored it in 2004. In early 2005, it became obvious that the 2005 budget would contain very few income tax cuts when Finance Minister Michel Audet tried to claim that the Liberals had never promised such cuts, despite the fact that these promises could be found black-on-white in the Liberal Party's program and electoral platform. Almost every observer again highlighted the conflictual relationship of the Charest government with the truth. What would have happened if the Liberal Party's Youth Commission had succeeded in getting the Liberal Party to adopt a resolution declaring debt repayment to take priority over income tax cuts and requiring the government to reimburse a minimum amount each year? The Charest government would probably have made little or no repayment, and would have then played with accounting rules, particularly by modifying the government's reporting entity, in order to pretend it had fulfilled its promise. It would then have retroactively minimized its promises (as has been the case with the Parti Québécois' "zero deficit" promise). If the Liberal government can claim that its explicit promise to cut income taxes is voided because Ontario has increased its own taxes, then why wouldn't it use a similar excuse with respect to debt repayment? | La semaine dernière, il y a eu un affrontement entre l'aile jeunesse du Parti Libéral du Québec, qui plaidaient que le remboursement de la dette provinciale du Québec devrait avoir priorité sur les baisses d'impôts, et le Premier ministre Jean Charest, qui affirmaient que le remboursement de la dette est important, mais pas plus important que les baisses d'impôts. Mais il n'est pas clair que la victoire de l'un ou l'autre point de vue dans ce débat interne du Parti Libéral change quoi ce que soit. Étant donné le bilan du gouvernement Libéral, on peut s'attendre à ce qu'il n'y ait ni de remboursement significatif de la dette ni de baisses d'impôts substantielles.
Le Parti Libéral a pris le pouvoir avec une promesse de baisser les impôts des Québécois de 27% sur une période de cinq ans. C'était équivalent à une baisse d'impôts d'un milliard chaque année. Cependant, le premier véritable budget des Libéraux en 2004 contenait seulement 220 millions en baisse d'impôts et le gouvernement Charest a travesti 780 millions de dépenses sociales en baisses d'impôts afin de pouvoir affirmer qu'il avait tenu sa promesse. Cette tactique était si évidemment malhonnête que même le Comité de suivi du Parti Libéral l'a deplorée en 2004. Au début 2005, il est devenu évident que le budget 2005 contiendrait très peu de baisses d'impôts lorsque le Ministre des Finance Michel Audet a essayé d'affirmer que les Libéraux n'avaient jamais promis de telles baisses, malgré le fait que ces promesses se trouvent noir sur blanc dans le programme et la plate-forme électorale du Parti Libéral. Presque tous les observateurs ont encore une fois souligné la relation conflictuelle du gouvernement Charest avec la vérité. Que serait-il arrivé si la Commission jeunesse du Parti Libéral avait réussi à faire adopter par le Parti Libéral une résolution déclarant que la réduction de la dette a priorité sur les baisses d'impôts et exigeant du gouvernement qu'il rembourse un montant minimum à chaque année? Le gouvernement Charest n'aurait probablement fait pas ou peu de remboursements, et il aurait alors joué avec les règles comptables, en particulier en modifiant le périmètre comptable du gouvernement, afin de prétendre avoir rempli sa promesse. Il aurait ensuite rétroactivement minimisé ses promesses (comme ça a été le cas avec la promesse de "déficit zéro" du Parti Québécois). Si le gouvernement Libéral peut affirmer que sa promesse de baisser les impôts n'est plus valide parce que l'Ontario a augmenté ses propres impôts, alors pourquoi ne se servirait-il pas d'une excuse semblable relativement au remboursement de la dette? |
Here is how the announcement of a child-care program by the federal government was described:
[T]he Prime Minister [of Canada] committed to allocating funds to child-care services in Canada. The federal strategy plans for the creation of 200,000 new child-care spaces and a $5.4 billion injection. This certainly sounds familiar and could have been written in 2004 or 2005. But the year when this happened is in fact 1986 and the Prime Minister was Brian Mulroney! But what is more interesting is how Québec reacted to the federal plan. This plan was on the table at about the same time of the negotiation of the Meech Lake Accord. This Accord contained a clause giving provinces the right to opt out with compensation from new shared-cost programs established by the federal government in areas of exclusive provincial jurisdiction. At the time, Québec Premier Robert Bourassa demonstrated the relevance of this clause by pointing out that Québec could use it to opt out from the federal child-care program and instead spend the money on family allowances. Bourassa thus declared in May 1987: Let's take the example of [the] child-care [program]. We want to be able to choose. We want to be able to allocate these funds in order to have a more dynamic family policy in parallel sectors.1 Le Devoir similarly reported that "rather than stick to the national child-care program proposed by the federal government, Québec could devote the same sums toward the development of a family policy seeking to encourage fertility."2 Thus, it is quite ironic to see that about 20 years later Québec and the federal government have switched places, with the federal government seeking to introduce a new universal family allowance and with Québec being the only province with a system of highly subsidized child-care. | Voici comment l'annonce d'un programme de garderies par le gouvernement fédéral a été décrite:
[L]e premier ministre [du Canada] s'engage à débloquer des sommes d'argent pour les services de garde au pays. La stratégie fédérale prévoit la création de 200 000 nouvelles places dans les garderies et l’injection de 5,4 milliards de dollars. Ça sonne certainement familier et ça pourrait avoir été écrit en 2004 ou 2005. Mais l'année où cela s'est produit est en fait 1986 et le Premier ministre était Brian Mulroney! Mais ce qui est plus intéressant est la réaction du Québec au plan fédéral. Ce plan se trouvait sur le table environ au moment de la négociation de l'Accord du lac Meech. Cet Accord contenait une disposition donnant aux provinces le droit de se retirer, avec une juste compensation, de tout nouveau programme à coûts partagés établi par le gouvernement fédéral dans un secteur de compétence exclusive provinciale. À l'époque, le Premier ministre du Québec Robert Bourassa a démontré la pertinence de cette disposition en indiquant que le Québec pourrait l'utiliser pour se retirer du programme fédéral de garderies et pour plutôt affecter cet argent à des allocations familiales. Bourassa a ainsi déclaré en mai 1987: Prenons le cas des garderies [...] On veut pouvoir choisir. On veut pouvoir affecter ces sommes pour avoir une politique familiale plus dynamique dans des secteurs parallèles.1 Le Devoir a rapporté de manière similaire que "plutôt que de s'en tenir au programme national de garderies projeté par le fédéral, le Québec pourrait consacrer les mêmes sommes à la réalisation d'une politique familiale visant notamment à favoriser la natalité."2 Ainsi, il est plutôt ironique de constater qu'environ 20 ans plus tard, le Québec a changé de place avec le fédéral, le gouvernement fédéral cherchant à introduire une nouvelle allocation familiale universelle et le Québec étant la seule province à avoir un système de garderies fortement subventionnées. |
| 1. Girard, Normand. "Les 'objectifs nationaux' pourraient couler l'accord de principe du lac Meech." Le Journal de Montréal, 25 mai 1987 in Le Québec et le lac Meech: Un dossier du Devoir, Montréal: Guérin Littérature, 1987, pp. 329-331. 2. O'Neill, Pierre. "'Très, très confiant'." La Presse, 25 mai 1987 in Ibid., pp. 402-405. | |
| Since some commentators view in Stephen Harper's promise to practise open federalism a return of Brian Mulroney's beau risque and since, two days after forming his Cabinet, Harper has met with his Cabinet on the site where the Meech Lake Accord was negotiated, it would be appropriate to revisit what was in this Accord, what happened since and how this compares with Harper's plans. Let's do so with what has become known as Quebec's five traditional demands.
1. A recognition of Québec's distinct society What was in Meech: The Meech Lake Accord would have amended the Canadian constitution to ensure that "[t]he Constitution of Canada shall be interpreted in a manner consistent with [...] the recognition that Quebec constitutes within Canada a distinct society". However, this amendment also specified that this recognition would not affect the division of powers between the federal and provincial legislatures. This amendment would have rather influenced the interpretation of the Charter with respect to Québec laws, particularly since the first article of the Charter says that the rights and freedoms set out in it are subject only to "such reasonable limits prescribed by law as can be demonstrably justified in a free and democratic society". What happened since: Following the 1995 referendum, the House of Commons adopted on December 11, 1995 a motion recognizing Québec as a distinct society. This motion is purely symbolic and does not have legal or constitutional standing. Harper's plans: The Conservative Party's 2005 policy declaration states that "[a] Conservative Government will consider reforming Canadian federalism, taking into account [...] the need to consolidate Quebec’s position within the Canadian federation due to the province not signing the Constitution Act, 1982", but does not offer specifics. The Conservative Party's 2006 Québec platform states that a Conservative government's open federalism will be based on the "recognition of provincial autonomy and of the special cultural and institutional responsibilities of the Quebec government". In an interview with Le Devoir published on January 18, 2006, Stephen Harper said that: "I believe that in the end, Quebecers want to be a distinct society, but a distinct society within Canada. And I think that it takes more than words to keep Québec in Canada." Neither the Conservative Party nor Stephen Harper have talked about a constitutional amendment on this issue. 2. A constitutional veto What was in Meech: Meech would have given Québec, and every other province, a veto over constitutional amendments involving the principle of proportionate representation of the provinces in the House of Commons, the powers of the Senate, the method of selecting Senators, the number of Senators representing each province, the residence qualification of Senators, the Supreme Court of Canada, the extension of existing provinces into the territories and the establishment of new provinces. In the current situation, these constitutional amendments require the consent of seven provinces representing 50 percent of the Canadian population and not necessarily including Québec. Meech would also have given every province the right to opt out, with reasonable compensation, from a constitutional amendment transfering legislative powers from provincial legislatures to Parliament. In the current situation, provinces only have that right if the powers transfered relate to education or other cultural matters. What happened since: Following the 1995 referendum, Parliament has adopted An Act respecting constitutional amendments, which received royal assent on February 2, 1996 and which requires that no federal minister propose a motion for a resolution to authorize a constitutional amendment unless that amendment has received the consent of five regions including Québec. However, this law has no constitutional standing and can be repealed or amended by a parliamentary majority. Harper's plans: Neither the Conservative Party nor Stephen Harper have any specific plan on this issue. 3. Increased powers over immigration What was in Meech: The Meech Lake Accord stated the intent of the government of Canada and government of Québec to conclude an agreement that would give Québec increased powers over the selection, reception and integration of immigrants wishing to settle in Québec. Meech would also have given constitutional standing to such agreements on immigration. What happened since: The government of Canada and the government of Québec concluded on February 5, 1991 an agreement over immigration that is in line with the intent stated in the Meech Lake Accord. However, this agreement has no constitutional standing. Harper's plans: Neither the Conservative Party nor Stephen Harper have any specific plan on this issue. 4. A restriction of the federal spending power What was in Meech: The Meech Lake Accord would have given every province the right to opt out, with reasonable compensation, from any shared cost program established by the federal government in an area of exclusive provincial jurisdiction after the coming in force of Meech, as long as the province carries on a program or an initiative compatible with the federal objectives. What happened since: The federal government and the nine provinces outside Québec have signed on February 4, 1999 the Social Union Framework Agreement. The government of Québec has refused to sign the agreement at the time and it has no plan to do so. It contains a right to opt out with compensation from new programs established by the federal government in exclusive provincial jurisdictions, but this right is very limited since it can only be exercised if a province has already a program in place that fulfills the federal objectives. Moreover, the opting out province must still comply with the bureaucratic mechanisms imposed by the federal government for the management of the program. Finally, this does not address the issue that the federal government shouldn't be spending money in exclusive provincial jurisdictions in the first place, but should rather solve the fiscal imbalance by vacating tax room that provinces, in particular Québec, could move into to finance their own programs according to their own priorities. Harper's plans: The Conservative Party's 2005 policy declaration states that "[a] Conservative Government will ensure that the use of the federal spending power in provincial jurisdictions is limited, authorizing the provinces to use the opting out formula with full compensation if they want to opt out of a new or modified federal program, in areas of shared or exclusive jurisdiction." It also states that "[a] Conservative government will fix, in collabration with the provinces, the problem of fiscal imblance by increasing the amounts allocated to the provincial transfers, by reducing taxes, or by increasing tax points to the provinces." The Conservative Party's 2006 Québec platform declares that a Conservative government's open federalism will be based on "respect of federal and provincial areas of responsibility as defined in the Canadian constitution", a "correction of the fiscal imbalance between Ottawa and the provinces" and a "limitation of the federal spending power". 5. Enshrining Québec's three Supreme Court judges What was in Meech: The Supreme Court Act has traditionally guaranteed Québec a third of the seats on the Supreme Court, which currently means 3 judges out of 9. This allows for example a reduced panel of 5 judges, of which a majority of members are from Québec, to make rulings on cases arising from Québec's system of civil law. The Meech Lake Accord would have enshrined both the current number of 9 Supreme Court judges and the 3 judges from Québec. It would have also led to provincial participation in Supreme Court nominations, which would have been made among the persons whose name had been submitted by the provinces. The federal government would have retained a veto over nominations it deemed unacceptable. What happened since: Nothing. Some argue that the Constitution Act, 1982, which requires the unanimous consent of the provinces to alter "the composition of the Supreme Court of Canada", has already enshrined Québec's three judges. Harper's plans: When Stephen Harper ran for the leadership of the Conservative Party in early 2004, his platform for federalism talked about provincial participation in appointments to the Supreme Court and to provincial superior courts. This proposal does not appear in the Conservative Party's 2005 policy declaration, which rather declares that Supreme Court nominees should receive the approval of the Justice Committee of the House of Commons and be ratified by a free vote in Parliament. | Étant donné que certains commentateurs voient dans la promesse de Stephen Harper de pratiquer un fédéralisme d'ouverture un retour du beau risque de Brian Mulroney et étant donné que, deux jours après avoir formé son Cabinet, Harper a réuni son Cabinet à l'endroit même où l'Accord du lac Meech a été négocié, il serait approprié de faire un retour sur ce qui était dans cet Accord, sur ce qui s'est passé depuis et de voir comment s'y comparent les projets de Harper. Allons-y avec ce qu'on désigne maintenant comme les cinq demandes traditionnelles du Québec.
1. Une reconnaissance du Québec comme société distincte Ce que Meech contenait: L'Accord du lac Meech aurait amendé la constitution canadienne pour stipuler que "[t]oute interprétation de la Constitution du Canada doit concorder avec [...] la reconnaissance de ce que le Québec forme au sein du Canada une société distincte". Cependant, cet amendement précisait aussi que reconnaissance n'affecterait pas la division des pouvoirs entre les législatures fédérale et provinciales. Cet amendement aurait plutôt influencé l'interprétation de la Charte par rapport aux lois québécoises, plus particulièrement en raison du premier article de la Charte qui affirme que les droits et libertés qui y sont énoncés ne peuvent être restreints que "dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d'une société libre et démocratique". Ce qui s'est passé depuis: Suite au référendum de 1995, la Chambre des communes a adopté le 11 décembre 1995 une motion reconnaissant le Québec comme une société distincte. Cette motion est purement symbolique et n'a aucune force légale ou constitutionnelle. Les projets de Harper: L'énoncé politique 2005 du Parti Conservateur affirme qu'"[u]n gouvernement conservateur envisagera de réformer le fédéralisme canadien, en tenant compte [...] de la nécessité de consolider la position du Québec au sein de la fédération canadienne, car la province n’a pas accepté la Loi constitutionnelle [de] 1982", mais il ne propose rien de précis. Le programme électoral 2006 pour le Québec stipule que le fédéralisme d'ouverture d'un gouvernement Conservateur reposera sur "la reconnaissance de l’autonomie des provinces et des responsabilités culturelles et institutionnelles spéciales du gouvernement du Québec". Dans une entrevue avec Le Devoir publiée le 18 janvier 2006, Stephen Harper a dit que: "Je pense qu'à la fin, les Québécois veulent être une société distincte, mais une société distincte au sein du Canada. Et je pense que ça prend plus que des paroles pour garder le Québec dans le Canada." Ni le Parti Conservateur ni Stephen Harper n'ont parlé d'amendement à la constitution relatif à ce dossier. 2. Un véto constitutionnel Ce que Meech contenait: Meech aurait donné au Québec, et à chacune des autres provinces, un droit de veto sur les amendements constitutionnels touchant au principe de la représentation proportionnelle des provinces à la Chambre des communes, aux pouvoirs du Sénat, au mode de sélection des sénateurs, au nombre de sénateurs représentant chaque province, aux conditions de résidence des sénateurs, à la Cour suprême du Canada, au rattachement aux provinces existantes de tout ou partie des territoires et à la création de provinces. Dans la situation présente, ces amendements constitutionnels ne demandent le consentement que de sept provinces représentant 50% de la population canadienne et n'incluant pas nécessairement le Québec. Meech aurait aussi donné à chaque province le droit de se retirer, avec une juste compensation, de tout amendement constitutionnel transférant des compétences provinciales au Parlement. Dans la situation présente, les provinces ont ce droit seulement lorsque sont transférées des compétences en matière d'éducation ou dans d'autres domaines culturels. Ce qui s'est passé depuis: Suivant le référendum de 1995, le Parlement a adopté la Loi concernant les modifications constitutionnelles, qui a reçu la sanction royale le 2 février 1996 et qui interdit à un ministre fédéral de déposer une motion de résolution autorisant un amendement constitutionnel à moins que cet amendment ait reçu le consentement de cinq régions incluant le Québec. Cependant, cette loi n'a aucun statut constitutionnel et peut être abrogée ou amendée par une majorité parlementaire. Les projets de Harper: Ni le Parti Conservateur ni Stephen Harper n'ont de projet précis dans ce dossier. 3. Des pouvoirs accrus sur l'immigration Ce que Meech contenait: L'Accord du lac Meech énonçait l'intention du gouvernement du Canada et du gouvernement du Québec de conclure une entente qui aurait donné au Québec des pouvoirs sur la sélection, la réception et l'intégration des immigrants désirant s'établir au Québec. Meech aurait aussi donné un statut constitutionnel à de telles ententes sur l'immigration. Ce qui s'est passé depuis: Le gouvernement du Canada et le gouvernement du Québec ont conclu le 5 février 1991 une entente sur l'immigration qui respecte l'intention énoncée dans l'Accord du lac Meech. Cependant, cette entente n'a aucun statut constitutionnel. Les projets de Harper: Ni le Parti Conservateur ni Stephen Harper n'ont de projet précis dans ce dossier. 4. Une restriction du pouvoir fédéral de dépenser Ce que Meech contenait: L'Accord du lac Meech aurait donné à chaque province le droit de se retirer, avec une juste compensation, de tout nouveau programme à coûts partagés établi par le gouvernement fédéral dans un secteur de compétence exclusive provinciale après l'entrée en vigueur de Meech, en autant que la province applique un programme ou une mesure compatible avec les objectifs fédéraux. Ce qui s'est passé depuis: Le gouvernement fédéral et les neuf provinces hors Québec ont signé le 4 février 1999 l'Entente-cadre sur l'union sociale. Le gouvernement du Québec a refusé de signer cette entente à l'époque et ne prévoit aucunement le faire. Elle contient un droit de retrait avec compensation des nouveaux programmes établis par le gouvernement fédéral dans des juridictions provinciales exclusives, mais ce droit est très limité étant donné qu'il peut seulement être exercé si une province a déjà un programme en place qui remplit les objectifs fédéraux. De plus, la province qui se retire doit tout de même se conformer aux mécanismes bureaucratiques imposés par le gouvernement fédéral pour l'administration du programme. Finalement, cela ignore le fait que le gouvernement fédéral ne devrait tout simplement pas faire des dépenses dans les juridictions provinciales exclusives, mais devrait plutôt régler le deséquilibre fiscal en libérant un espace fiscal que les provinces, en particulier le Québec, pourraient alors occuper pour financer leurs propres programmes selon leurs propres priorités. Les projets de Harper: L'énoncé politique 2005 du Parti Conservateur affirme qu'"[u]n gouvernement conservateur assurera que l’exercice du pouvoir fédéral de dépenser dans les juridictions provinciales est limité, autorisant les provinces à avoir recours au refus de participer, avec une pleine indemnisation, si elles veulent se retirer d’un programme fédéral nouveau ou modifié, dans des domaines de compétences partagées ou exclusives." Il affirme aussi qu'"[u]n gouvernement conservateur réglera, conjointement avec les provinces, le problème du déséquilibre fiscal en augmentant les montants alloués aux transferts aux provinces, en allégeant le fardeau fiscal ou en transférant des points d’impôt aux provinces." Le programme électoral 2006 du Parti Conservateur pour le Québec déclare que le fédéralisme d'ouverture d'un gouvernement Conservateur reposera sur "le respect des compétences fédérales et provinciales telles que définies dans la constitution canadienne", "la correction du déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces" et "l'encadrement du pouvoir fédéral de dépenser". 5. L'enchâssement des trois juges du Québec à la Cour suprême Ce que Meech contenait: La Loi sur la Cour suprême a traditionnellement guaranti au Québec un tiers des sièges à la Cour suprême, ce qui signifie présentement 3 juges sur 9. Cela permettait par exemple à un comité restreint de 5 juges, dont la majorité des membres proviennent du Québec, de trancher les litiges intentés en vertu du système de droit civil du Québec. L'Accord du lac Meech aurait enchâssé à la fois le nombre des 9 juges de la Cour suprême et les 3 juges du Québec. Il aurait aussi mené à une participation provinciale aux nominations de la Cour suprême, qui auraient été faites parmi les personnes dont le nom avait été soumis par les provinces. Le gouvernement fédéral aurait conservé un droit de veto sur les nominations qu'il juge inacceptable. Ce qui s'est passé depuis: Rien. Certains affirment que la Loi constitutionnelle de 1982, qui exige le consentement unanime des provinces pour modifier "la composition de la Cour suprême du Canada", a déjà enchâssé les trois juges du Québec. Les projets de Harper: Lorsque Stephen Harper était candidat à la chefferie du Parti Conservateur au début de 2004, sa plate-forme sur le fédéralisme parlait d'une participation provinciale aux nominations à la Cour suprême et aux cours supérieures provinciales. Cette proposition n'apparaît pas dans l'énoncé de politique 2005 du Parti Conservateur, qui déclare plutôt que les nominations à la Cour suprême seront autorisées par le Comité de la justice de la Chambre des communes et seront ratifiées par un vote libre au Parlement. |
A reader has just sent me the following question related to the appointment of Chuck Strahl as minister of Agriculture:
Strahl represents the largest (by dollars) agricultural district in Canada. I'm not talking dairy, cattle or wheat but Canada's most valuable agriculture export, hydroponically grown marijauna. Yes, Strahl's suburban Vancouver riding contains the largest concentration of marijauna grow ops in Canada. The first paragraph contains an astute observation, but I think the second paragraph is stretching it too far. It is true that Chuck Strahl, commenting on a marijuana decriminalization bill in the House of Commons in 2002, said that he "support[s] the gist of the bill that marijuana should be decriminalized". However, any project for the decriminalization or legalization of marijuana will have to be handled by the minister of Justice, Vic Toews, who is not favourable to the decriminalization of marijuana and has spoken out against it in the House of Commons. Thus I do not expect this Conservative government to move on that file. | Un lecteur vient de m'envoyer la question suivante en lien avec la nomination de Chuck Strahl comme ministre de l'Agriculture:
Strahl représente la plus grosse (en dollars) circonscription agricole du Canada. Je ne parle pas de produits laitiers, de bétail ou de blé mais de la plus lucrative exportation agricole du Canada, la marijuana en culture hydroponique. Oui, la circonscription de Strahl en banlieue de Vancouver contient la plus grande concentration de plantations de marijuana au Canada. Le premier paragraphe contient une observation astucieuse, mais je pense que le deuxième paragraphe étire trop l'élastique. Il est vrai que Chuck Strahl, commentant sur un projet de loi décriminalisant la marijuana dans la Chambre des Communes en 2002, a dit qu'il "appuie l'objectif du projet de loi de décriminaliser la marijuana". Cependant, tout projet pour une décriminalisation ou légalisation de la marijuana devra être géré par le ministre de la Justice, Vic Toews, qui n'est pas favorable à la décriminalisation de la marijuana et s'est prononcé contre celle-ci à la Chambre des Communes. Je ne m'attends donc pas à ce que ce gouvernement Conservateur aille de l'avant dans ce dossier. |
| Vic Toews, the new federal Minister of Justice, has suggested in an interview with the Winnipeg Sun that his government could repeal the Liberal gun registry, made famous by its numerous cost overruns, through an executive decree . This illustrates that, through the years, more and more regulatory activity has been taking place in the executive branch and not in Parliament, because the laws voted by Parliament have tended to more often delegate to Cabinet the power to make regulations implementing the general provisions of the laws.
Thus, last November, the blog Occam's Carbuncle pointed to the vast regulatory powers granted to Cabinet by the Firearms Act, introduced by the Liberal government in 1995 and supported by the Bloc Québécois. The Chrétien government used these powers to adopt 15 regulations and bring the gun registry to life. This blog also suggested that a minority Conservative government could use these regulatory powers to make important changes to the gun registry. It also pointed out that, though regulations made pursuant to the Firearms Act have to laid before Parliament for thirty sitting days, this does not seem to give Parliament a veto over these regulations. There is an additionnal twist to consider. In 2003, Parliament adopted bill C-205, a private Member's bill presented by Canadian Alliance MP Gurmant Grewal in 2001 and 2002. This law grants to the Standing Joint Committee for the Scrutiny of Regulations the power to disallow, after a 30-day notice, a regulation adopted by the executive. This disallowance power can only be overridden by the adoption in either House of a contrary motion moved forward by the government. Since Conservatives are a minority in both the House of Commons and Senate, and thus in the joint committee, this could prove an obstacle to Vic Toews's plan. However, it is not clear that the joint committee can do anything if a regulation is repealed. After all, it has the power to abrogate a regulation and it does not seem that it can resurrect a repealed regulation. And if the Conservatives simply amend the gun registry regulations and the joint committee protests by disallowing the amended regulation, the end result might be that there is no regulation and the joint committee will have done the Conservatives' work. | Vic Toews, le nouveau ministre fédéral de la Justice, a suggéré dans une entrevue avec le Winnipeg Sun que son gouvernement pourrait abolir le registre des armes à feu Libéral, rendu célèbre par ses nombreux dépassements de coûts, à l'aide d'un décret de l'exécutif . Cela illustre que, au fil des années, de plus en plus d'activités réglementaires ont eu lieu dans la branche exécutive et non au Parlement, car les lois votées par le Parlement ont eu tendance à déléguer plus souvent au Cabinet le pouvoir de faire des règlements mettant en oeuvre les dispositions générales des lois.
Ainsi, en novembre dernier, le blogue Occam's Carbuncle a mis en évidence les vastes pouvoirs réglementaires conférés au Cabinet par la Loi sur les Armes à feu, introduite par le gouvernement Libéral en 1995 et appuyée par le Bloc Québécois. Le gouvernement Chrétien a utilisé ces pouvoirs pour adopter 15 règlements et donner corps au registre des armes à feu. Ce blogue suggère aussi qu'un gouvernement Conservateur minoritaire pourrait utiliser ces pouvoirs réglementaires pour faire des changements importants au registre des armes à feu. Il a aussi signalé que, bien que les règlements pris en vertu de la Loi sur les Armes à feu doivent être déposés au Parlement pendant trente jours de séance, cela ne semble pas donner au Parlement un veto sur ces règlements. Il y a un autre élément à considérer. En 2003, le Parlement a adopté le projet de loi C-205, un projet de loi d'initiative parlementaire présenté par le député Allianciste Gurmant Grewal en 2001 et 2002. Cette loi confère au Comité mixte permanent d'examen de la réglementation le pouvoir d'abroger, suite à un préavis de 30 jours, un règlement adopté par l'exécutif. Le gouvernement peut passer outre à ce pouvoir d'abrogation seulement si une des deux chambres adopte une motion contraire présentée par le gouvernement. Étant donné que les Conservateurs sont minoritaires à la Chambre des Communes et au Sénat, et donc aussi au comité mixte, cela pourrait constituer un obstacle au plan de Vic Toews. Cependant, il n'est pas certain que le comité mixte puisse faire quoi que ce soit si un règlement est aboli. Après tout, il a le pouvoir d'abroger un règlement et il ne semble pas qu'il puisse ressuciter un règlement aboli. Et si les Conservateurs ne font qu'amender les règlements du registre des armes à feu et que le comité mixte proteste en abrogeant les règlements modifiés, le résultat final pourrait être qu'il n'y a plus de règlement et que le comité mixte aura fait le travail des Conservateurs. |
| This weekend, a new Québec political party, Québec Solidaire, is born from a merger of the UFP party and the Option Citoyenne movement. It will be a left-wing sovereignist party and commentators are already speculating on the electoral damage it will inflict on the Parti Québécois. But it remains to be seen whether this really represents a change from the previous situation, since the UFP was already a left-wing sovereignist party. Indeed, from the point of view of Québec's chief electoral officer, Québec Solidaire is actually not a new party but simply the continuation of the UFP under a new name.
The UFP received 1.07 percent of the vote in the 2003 general elections and was simply not on the radar screen outside of the Plateau Mont-Royal and its surroundings. It is hard to believe that a party where people stir their coffee with pasta will have much better results. But even if Québec Solidaire does not harm the PQ directly, it could harm it indirectly. Québec Solidaire has already announced it will run in the upcoming by-election in the Montréal riding of Sainte-Marie-Saint-Jacques. This was one of the riding where the UFP won one its best results in 2003 (6.48 percent) and we can expect Québec Solidaire to make a respectable showing in this by-election. This might exaggerate the threat on the PQ's left flank and lead the PQ, who is already a center-left party whose program not only seeks an independent Québec but also proposes a "project for a social-democratic country", to move further left and away from the political centre. This is why PQ militant Mathieu Bock-Côté is not worried by the new party, but is rather "worried that Péquistes will be worried about it". | En fin de semaine, un nouveau parti politique québécois, Québec Solidaire, est né de la fusion du parti UFP et du mouvement Option Citoyenne. Ce sera un parti souverainiste de gauche et les commentateurs spéculent déjà sur les dommages électoraux qu'il infligera au Parti Québécois. Mais il reste à voir si cela représente réellement un changement par rapport à la situation précédente, étant donné que l'UFP était déjà un parti souverainiste de gauche. En effet, aux yeux du Directeur général des élections du Québec , Québec Solidaire n'est en fait pas un nouveau parti mais simplement la continuation de l'UFP sous un nouveau nom.
L'UFP a reçu 1,07% des voix aux élections générales de 2003 et n'était tout simplement pas sur l'écran radar hors du Plateau Mont-Royal et de ses environs. Il est difficile de croire qu'un parti où les gens brassent leur café avec une pâte alimentaire obtiendra de bien meilleurs résultats. Mais même si Québec Solidaire ne nuit pas directement au PQ, il pourrait lui nuire indirectement. Québec Solidaire a déjà annoncé qu'il présentera un candidat à l'élection partielle à venir dans la circonscription montréalaise de Sainte-Marie-Saint-Jacques. C'est une des circonscriptions où l'UFP a obtenu un de ses meilleurs résultats en 2003 (6,48%) et on peut s'attendre à ce que Québec Solidaire fasse un score respectable dans cette élection partielle. Cela pourrait exagérer la menace qui pèse sur le flanc gauche du PQ et amener le PQ, qui est déjà un parti de centre-gauche dont le programme vise non seulement l'indépendance du Québec mais propose aussi un "projet de pays social-démocrate", à se déplacer encore plus vers la gauche et à s'éloigner du centre. C'est pourquoi le militant Péquiste Mathieu Bock-Côté affirme que le nouveau parti ne l'inquiète pas, mais que "[c]e qui [l]'inquiète, c'est que cela inquiétera les péquistes". |
| There are of course two big surprises in the unveiling of the Harper cabinet today: the appointment of Vancouver MP and former Liberal minister David Emerson as Minister of International Trade and the appointment of Montrealer and Conservative organizer Michael Fortier as Minister of Public Works. This looks like a way of achieving representation from metropolitan areas in the Cabinet.
The defection of David Emerson to the Conservatives means that, assuming that Independent MP André Arthur does not vote against the Conservatives, NDP support is sufficient for the adoption of a measure of the Conservative government in the House of Commons. This means that the Conservatives can pass a given measure with the support of either of the three opposition parties. | Il y a bien sûr deux grosses surprises dans le dévoilement du cabinet Harper aujourd'hui: la nomination du député de Vancouver et ex-ministre Libéral David Emerson en tant que ministre du Commerce international et la nomination du montréalais et organisateur Conservateur Michael Fortier en tant que ministre des Travaux publics. Ça semble être une façon d'avoir une représentation métropolitaine au sein du Cabinet.
La défection de David Emerson vers les Conservateurs signifie que, en supposant que le député Indépendant André Arthur ne vote pas contre les Conservateurs, l'appui du NPD est suffisant pour l'adoption d'une mesure du gouvernement Conservateur à la Chambre des Communes. Cela signifie que les Conservateurs peuvent passer une mesure donnée avec l'appui d'un des trois partis d'opposition. |
Five political science professors have analyzed the results of the federal elections in Canada outside Québec in light of the 2004 and 2006 Canadian Election Studies. Here are their main results:
This confirms that the most interesting changes have taken place in Québec. | Cinq professeurs de science politique ont analysé les résultats des élections fédérales dans le Canada hors Québec à la lumière des Études électorales canadiennes 2004 et 2006. Voici leur principaux résultats:
Cela confirme que les changements les plus intéressants se sont produits au Québec. |