décembre 28, 2005

André Boisclair et le Parti Conservateur

Gilles Duceppe often repeats that "the politics of the worst case scenario is the worst policy". This means that sovereignists should not oppose measures that are good for Québec, like Stephen Harper's platform of respect for the powers and jurisdictions of the provinces, of restraining the federal spending power and of fixing the fiscal imbalance, even though such measures would take steam out of the sovereignist movement by addressing a major part of Québec's grievances. However, Parti Québécois leader André Boisclair does not seem to agree, judging by his negative reaction to Harper's announcement and by the fact that he holds the conduct of sovereignists toward the Meech Lake Accord — they were clearly opposed to it — as a model. (By the way, in the House of Commons on December 8, 1994, Gilles Duceppe boasted of the role the Parti Québécois played in the failure of Meech and he said "we were right [to oppose Meech] and we won.") Boisclair is trapped by the PQ's program, which is exclusively concerned with a referendum on sovereignty, and he must know that, in the words of Le Devoir columnist Michel David, "a Liberal government in Ottawa has always been a necessary precondition to a PQ victory."

So Boisclair tried to change the subject; instead of talking about Harper's platform for Québec, he claimed the Conservatives are too 'scary' for Québec. Boisclair asked: "Is the price to be paid to settle the fiscal imbalance to say that abortion rights no longer exist?" Which is a quite ridiculous question, given that the Conservative Party's policy, adopted during its March 2005 convention, is that "[a] Conservative government will not support any legislation to regulate abortion." Boisclair then said that Quebecers don't want to "reopen the debate on same-sex marriage" or, as he put it a month ago, that it would be "unacceptable for this already settled debate to be put again on the table". However, like Gilles Duceppe, he doesn't want to apply this same standard to the issue of Québec separation. Moreover, it must be pointed out that the Conservatives would bring in civil unions, similar to those unanimously approved by Québec's National Assembly in 2002 and to those adopted by European countries like France, Sweden and Great Britain, which would guarantee the substantive rights of marriage for gays. Toronto Star columnist Chantal Hébert even said that Harper, with his stance on gay marriage, had put progressive back into Conservative.

In short, by inventing imaginary differences and by exaggerating those that do exist, Boisclair has proved that he is the kind of person who would rather build walls than bridges with other Canadians. We expect nothing less from the Parti Québécois.

Gilles Duceppe répète souvent que "la politique du pire est la pire des politiques". Cela signifie que les souverainistes ne devraient pas s'opposer aux mesures qui sont bonnes pour le Québec, telles que la plate-forme de Stephen Harper pour un respect des pouvoirs et compétences des provinces, pour une restriction du pouvoir fédéral de dépenser et pour un réglement du déséquilibre fiscal, même si de telles mesures couperaient l'élan du mouvement souverainiste en répondant à une part majeure des griefs du Québec. Cependant, le chef du Parti Québécois André Boisclair ne semble pas être d'accord, si on en juge par sa réaction négative à l'annonce de Harper et par le fait qu'il tient pour modèle la conduite des souverainistes vis-à-vis de l'Accord du lac Meech — ils y étaient clairement opposés. (En passant, le 8 décembre 1994 dans la Chambre des Communes, Gilles Duceppe s'est vanté du rôle qu'a joué le Parti Québécois dans l'échec de Meech et a dit qu'"on a eu raison [de s'opposer à Meech], on a gagné.") Boisclair est coincé par le programme du PQ, qui se préoccupe exclusivement d'un référendum sur la souveraineté, et il doit savoir que, dans les mots du chroniqueur du Devoir Michel David, "un gouvernement Libéral à Ottawa a toujours été une condition sine qua non d'une victoire du PQ."

Boisclair a donc tenté de changer le sujet; aulieu de parler de la plate-forme de Harper pour le Québec, il a affirmé que les Conservateurs sont trop 'effrayants' pour le Québec. Boisclair a demandé: "Est ce que le prix à payer pour régler le déséquilibre fiscal, c'est de dire que l'avortement est un droit qui n'existe plus?" Ce qui est une question ridicule, étant donné que la politique du Parti Conservateur, adoptée durant son congrès de mars 2005, est qu'"[u]n gouvernement conservateur n'adoptera pas de loi visant à régir l'avortement." Boisclair a ensuite dit que les Québécois ne veulent pas "rouvrir le débat sur le mariage gai" ou, comme il l'a formulé le mois dernier, qu'il serait "inacceptable que ce débat qui a été tranché dans l'ordre soit remis sur la table". Cependant, comme Gilles Duceppe, il ne veut pas appliquer cette même norme à l'enjeu de la séparation du Québec. De plus, il faut souligner que les Conservateurs instaureraient des unions civiles, similaires à celles approuvées à l'unanimité par l'Assemblée Nationale du Québec en 2002 et à celles adoptées par des pays européens tels que la France, la Suède et la Grande-Bretagne, et qui guarantiraient aux gais les droits fondamentaux du mariage. La chroniqueure du Toronto Star Chantal Hébert a même dit que Harper, par sa position sur le mariage gai, avait remis le progressiste à côté du Conservateur.

En bref, en inventant des différences imaginaires et en exagérant celles qui existent, Boisclair a prouvé qu'il est le genre de personne qui préfère bâtir des murs plutôt que des ponts avec les autres Canadiens. On ne s'attend à rien de moins du Parti Québécois.

Publié par Laurent à 03:11 PM

décembre 26, 2005

Un premier ministre venant du reste du Canada?

It is well-known that Quebecers (Trudeau, Mulroney, Chrétien and Martin) have held the office of Prime minister of Canada in 36 out of the last 37 years. This happened because Québec voters have tended to get behind the federal political party led by what historian Claude Bélanger called a "favourite son", and because many in the rest of Canada thought that only a leader from Québec would be able to keep Québec separatism in check.

However, some columnists from Québec are beginning to question these assumptions and are preparing for the possibility of a Prime minister coming from outside Québec. Thus, Alain Dubuc, in a column for Le Soleil wonders "what would happen if Canada were to be led by a true English Canadian coming from an English-speaking province". He concludes that "[a]side from the fact that it would be healthy, as a matter of democracy, for English Canada to also produce leaders, an anglophone Prime minister could have a salutary sense of perspective and detachment" with respect to Québec. Indeed, in 1999 Graham Fraser pointed out in Le Devoir that the most bitter constitutional clashes of the last 35 years occured among Quebecers and that English Canadians like Prime minister Lester B. Pearson, Liberal leadership candidate Robert Winters and Conservative leader Robert Stanfield were often more open to Québec's demands than have been Quebecers like Prime ministers Pierre Trudeau and Jean Chrétien.

Trudeau-style federalism is now almost an extinct species among Quebecers, whose vision of federalism is much closer to that of Brian Mulroney. However, the simultaneous collapse of the Conservative Party and rise of the Bloc Québécois in 1993 has prevented the emergence of new Mulroney-style federalist leaders from Québec. This is what leads Chantal Hébert to write in the Toronto Star that Canada may have to look elsewhere for leaders in the short- to mid-term:

Two decades after patriation of the Constitution, the federal Liberal party is a spent force in Quebec. The days when it competed fiercely with the sovereignist movement for the best and brightest of Quebecers are behind it.

And that means that, in the not-so-distant future, Canadians will have to tap other sources than the dried-out Quebec reservoir for national leadership.

Il est bien connu que des Québécois (Trudeau, Mulroney, Chrétien et Martin) ont occupé le poste de Premier ministre du Canada pendant 36 des 37 dernières années. Cela s'est produit parce que les électeurs québécois ont eu tendance à se rallier au parti politique fédéral mené par ce que l'historien Claude Bélanger a appelé un "fils bien-aimé", et parce que beaucoup de gens dans le reste du Canada pensaient que seul un chef du Québec serait capable de mettre le séparatisme québécois en échec.

Cependant, certains chroniqueurs du Québec commencent à remettre en question ces hypothèses et se préparent à la possibilité d'un Premier ministre venant de l'extérieur du Québec. Ainsi, Alain Dubuc, dans une chronique pour Le Soleil se demande "ce que cela donnerait si le Canada était dirigé par un vrai Canadien anglais provenant d'une province anglophone". Il conclut qu'"[e]n plus du fait qu'il serait sain, sur le plan démocratique, que le Canada anglais produise aussi des leaders, un premier ministre anglophone aurait peut-être un recul et un détachement salutaires" par rapport au Québec. En effet, en 1999 Graham Fraser a souligné dans Le Devoir que les affrontements constitutionnels les plus amers des 35 dernières années se sont produits entre Québécois et que des Canadiens anglais comme le Premier ministre Lester B. Pearson, le candidat à la chefferie Libérale Robert Winters et le chef Conservateur Robert Stanfield ont souvent été plus ouverts aux demandes du Québec que ne l'ont été des Québécois comme les Premier ministres Pierre Trudeau et Jean Chrétien.

Le fédéralisme sauce Trudeau est maintenant presque une espèce disparue chez les Québécois, dont la vision du fédéralisme est bien plus près de celle de Brian Mulroney. Cependant, la chute du Parti Conservateur et la montée simultanée du Bloc Québécois en 1993 ont empêché l'émergence de nouveaux leaders fédéralistes à la Mulroney en provenance du Québec. C'est ce qui amène Chantal Hébert à écrire dans le Toronto Star que le Canada pourrait devoir regarder ailleurs pour ses chefs à court ou moyen terme:

Deux décennies après le rapatriement de la Constitution, le parti Libéral fédéral a perdu sa force au Québec. Le temps où il compétitionnait férocement avec le mouvement souverainiste pour les plus brillants des Québécois est révolu.

Et cela signifie que, dans un futur pas très lointain, les Canadiens auront à exploiter d'autres sources que le réservoir asséché du Québec pour du leadership national.

Publié par Laurent à 12:46 PM

décembre 23, 2005

Merry Christmas -- Joyeux Noël

I wish you a Merry Christmas! Blogging will resume after Christmas.Je vous souhaite un Joyeux Noël! Le blogue reprendra son cours après Noël.
Publié par Laurent à 06:04 PM

Harper, le fédéralisme et le Québec

In a speech he gave this week in Québec City, Stephen Harper outlined his vision for Québec and Canadian federalism:
We will recognize provincial autonomy as well as the special cultural and institutional responsibilities of the Quebec government. We will respect federal and provincial jurisdictions, as defined by the Canadian Constitution. I want to emphasize specifically today that we will develop mechanisms to allow the provinces a greater role in their own jurisdictions as they relate to the international arena. I know, for example, that the Charest government would like Québec to play a greater role in UNESCO-related competencies. A new Conservative government will invite Québec to participate in UNESCO according to the model for the Francophonie Summit. We will work to eliminate the fiscal imbalance between Ottawa and the provinces.

This was written in a La Presse article on Saturday: "Up until now, among federalist parties, only Stephen Harper's Conservatives have openly acknowledged that a fiscal imbalance exists." The Liberals do not want to acknowledge this and the Bloc can't do anything about it. Only the Conservatives will solve the problem. We will monitor federal spending power, which has been so abused by the federal Liberals. This outrageous spending power gave rise to domineering and paternalistic federalism, which is a serious threat to the future of our federation. The fiscal imbalance is not just a budget problem — while a lot of money is involved, the functioning and the very spirit of the Canadian federation are at stake.

We will also work with the Council of the Federation to improve how our federal system works. We will adopt a charter of open federalism to secure our commitment to a more efficient and better balanced federation. And we will continue to be open to general discussions to strengthen the Canadian federation and to integrate Québec into the constitutional family when the circumstances are favourable to doing so. We will proceed one step at a time. A Conservative government will work with the government of Québec to build a stronger Québec within a better Canada.

Harper's platform of respect for the powers and jurisdictions of the provinces, of restraining the federal spending power and of fixing the fiscal imbalance has received a warm welcome in Québec. Indeed, it has been endorsed by the leaders of Québec's two non-separatist political parties. La Presse reported that Liberal premier Jean Charest had been "seduced" by Harper's commitments whereas Le Soleil reports that ADQ leader Mario Dumont described Harper's speech as "refreshing".

We may wonder why Harper's promises are to be believed. After all, in May 2004, Paul Martin said that not only Québec should have a seat at UNESCO, but also that it should have its say, and now Paul Martin is saying the exact opposite of what he promised Quebecers. There are two reasons why the word of Stephen Harper is more credible than Paul Martin's on this issue. The first reason is that, contrary to the Liberal tradition of saying one thing in Québec and another thing in the rest of Canada, Stephen Harper is willing to defend his Québec platform in the rest of Canada. Indeed, he published an editorial in the Globe and Mail reiterating the content of his Québec City speech.

The second reason is that his program rests on a philosophical and political tradition of the Conservative Party which is friendly to decentralization and to the provinces. Journal de Montréal columnist Michel C. Auger noted that "[f]or Mr. Harper, this is a return to his party's program under Clark, Mulroney and Charest". Alain Dubuc, a well-known federalist columnist, wrote in Le Soleil that conservatives are "naturally more decentralist" and that Harper's vision of Canada, which is "close enough to that of most Quebecers", is the vision of someone "who believes in the role of the provinces and wants to limit central power" and that it must be taken seriously.

What has elicited the most comments is Harper's stand in favour of a greater international role for Québec. But he simply re-iterated the longstanding Gérin-Lajoie doctrine, detailed by Liberal Education minister Paul Gérin-Lajoie in 1965. According to this doctrine, since the federal government does not have the power to implement international agreements whose object fall under provincial jurisdiction, then provinces should be allowed to have their say on such agreements. This doctrine was first put forward by a federalist Québec government and is still defended by Charest's federalist government. On the other hand, it was attacked by federal minister Pierre Pettigrew in the fall and it is now attacked by Paul Martin.

Paul Martin claimed earlier that this election would be a "referendum election" in Québec. But Martin seems determined to lose this "referendum" because, instead of making attractive proposals to Quebecers, he is instead bashing Harper's openness to Quebecers and showing a closed door to Québec and its federalist government. This is why Toronto Star columnist Chantal Hébert pointed out that "Charest knows he would be better off campaigning for his own re-election against the backdrop of a government that is open to changes to the federation than against Martin's systematic rebuttals." Former Parti Québécois minister Joseph Facal remarked in the Journal de Montréal that "with each passing day, Paul Martin is sawing off a little more the branch on which the leader of the provincial Liberals is sitting". New Brunswick premier Bernard Lord was right to say the federal Liberals are acting like the pyromaniacs of national unity.

Read also La Sphère des Idées J.H. on the same topic.

Dans un discours qu'il a prononcé cette semaine à Québec, Stephen Harper a présenté sa vision pour le Québec et le fédéralisme canadien:

Nous reconnaîtrons l'autonomie des provinces et des responsabilités culturelles et institutionnelles spéciales du gouvernement du Québec. Nous respecterons les compétences fédérales et provinciales telles que définies dans la Constitution canadienne. J'aimerais rappeler aujourd'hui que nous concevoir des mécanismes qui donneront aux provinces un plus grand rôle dans leurs propres champs de compétences sur des questions internationales. Je sais, par exemple, que le gouvernement Charest aimerait un plus grand rôle pour le Québec en ce qui concerne ces compétences à l'UNESCO. Selon le modèle du Sommet de la francophonie, un nouveau gouvernement conservateur va inviter le Québec à participer à l'UNESCO! Nous travaillerons à éliminer le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces.

Samedi, on pouvait lire dans La Presse "Chez les partis fédéralistes, les conservateurs de Stephen Harper sont les seuls, jusqu'à maintenant, à reconnaître franchement l'existence d'un déséquilibre fiscal". Les Libéraux ne veulent pas, les Bloquistes ne peuvent pas, seuls les Conservateurs vont le régler. Nous allons encadrer le pouvoir fédéral de dépenser, dont ont tellement abusé les Libéraux fédéraux. Ce pouvoir de dépenser exorbitant a donné naissance à un fédéralisme dominateur, un fédéralisme paternaliste, qui est une menace sérieuse pour l'avenir de notre fédération. Le déséquilibre fiscal n'est pas seulement un problème budgétaire, une question de gros sous. C'est le fonctionnement et l'esprit même de la fédération canadienne qui est en cause.

Nous allons aussi collaborer avec le Conseil de la fédération pour améliorer le fonctionnement de notre régime fédéral. Nous adopterons une Charte du fédéralisme d'ouverture pour concrétiser notre engagement envers une fédération plus efficace et mieux équilibrée. Et nous maintiendrons une attitude d'ouverture envers des discussions générales visant à renforcer la fédération canadienne et intégrer le Québec dans la famille constitutionnelle quand les circonstances y seront favorables. Nous allons procéder étape par étape. Un gouvernement conservateur va travailler avec le gouvernement du Québec afin de bâtir un Québec plus fort au sein d'un Canada meilleur.

La plate-forme de Harper pour un respect des pouvoirs et compétences des provinces, pour une restriction du pouvoir fédéral de dépenser et pour un réglement du déséquilibre fiscal a été bien reçue au Québec. En effet, elle a été endossée par les chefs des deux partis politiques non-séparatistes du Québec. La Presse a rapporté que le premier ministre Libéral Jean Charest a été "séduit" par les engagements de Harper alors que Le Soleil rapporte que le chef de l'ADQ Mario Dumont a décrit le discours de Harper comme étant "rafraîchissant".

On peut se demander pourquoi les promesses de Harper devraient être crues. Après tout, en mai 2004, Paul Martin a dit que non seulement le Québec devrait avoir un siège à l'UNESCO, mais aussi qu'il devrait prendre la parole, et maintenant Paul Martin dit exactement le contraire de ce qu'il a promis aux Québécois. Il y a deux raisons pour lesquelles la parole de Stephen Harper est plus crédible que celle de Paul Martin sur cet enjeu. La première raison est que, contrairement à la tradition Libérale de dire une chose au Québec et une autre chose dans le reste du Canada, Stephen Harper est prêt à défendre sa plate-forme québécoise dans le reste du Canada. En effet, il a publié un éditorial dans le Globe and Mail réitérant le contenu de son discours de Québec.

La deuxième raison est que son programme repose sur une tradition philosophique et politique du Parti Conservateur qui est favorable à la décentralisation et aux provinces. Le chroniqueur du Journal de Montréal Michel C. Auger a remarqué que "[p]our M. Harper, c'est un retour au programme de son parti du temps des Clark, Mulroney et Charest". Alain Dubuc, un chroniqueur fédéraliste bien connu, a écrit dans Le Soleil que les conservateurs sont "naturellement plus décentralisateurs" et que la vision du Canada qu'a Harper, qui est "assez proche de celle qu'ont la plupart des Québécois", est la vision de quelqu'un "qui croit au rôle des provinces et qui souhaite la réduction du pouvoir central" et qu'elle doit être prise au sérieux.

Ce qui a suscité le plus de commentaires est la position de Harper en faveur d'un plus grand rôle international du Québec. Mais il a simplement réitéré la doctrine Gérin-Lajoie, qui est bien établie et a été détaillée par le ministre Libéral de l'Éducation Paul Gérin-Lajoie en 1965. Selon cette doctrine, étant donné que le gouvernement fédéral n'a pas le pouvoir de mettre en oeuvre les ententes internationales dont l'objet est de juridiction provinciale, alors on devrait permettre aux provinces d'avoir leur mot à dire sur de telles ententes. Cette doctrine a d'abord été mise de l'avant par un gouvernement québécois fédéraliste et elle est encore défendue par le gouvernement fédéraliste de Charest. D'un autre côté, elle a été attaquée par le ministre fédéral Pierre Pettigrew cet automne et elle est maintenant attaquée par Paul Martin.

Paul Martin a affirmé plus tôt que cette élection serait une "élection référendaire" au Québec. Mais Martin semble être déterminé à perdre ce "référendum" car, aulieu de faire des propositions attirantes aux Québécois, il dénonce plutôt l'ouverture de Harper aux Québécois et montre une porte fermée au Québec et à son gouvernement fédéraliste. C'est pourquoi la chroniqueuse du Toronto Star Chantal Hébert a souligné que "Charest sait qu'il est mieux de faire campagne pour sa propre ré-élection en ayant dans le décor un gouvernement qui est ouvert à des changements dans la fédération plutôt qu'avec les refus systématiques de Martin." L'ex-ministre du Parti Québécois Joseph Facal a fait remarquer dans le Journal de Montréal qu'à "[c]haque jour qui passe, Paul Martin scie un peu plus la branche sur laquelle est assis le chef des libéraux provinciaux". Le premier ministre du Nouveau-Brunswick Bernard Lord a eu raison de dire que les Libéraux fédéraux agissent comme des pyromanes de l'unité nationale.

Lire aussi La Sphère des Idées J.H. sur le même sujet.

Publié par Laurent à 05:55 PM

décembre 22, 2005

Le PQ et le lac Meech

Parti Québécois leader André Boisclair engaged in historical revisionism yesterday when he claimed:
Sovereignists never practiced the politics of the worst case scenario. The people of the Parti Québécois had not turned their back on the Meech Lake Accord.

However, the Canadian Press journalist reporting this news was not fooled and he remarked that:

Nevertheless, in a vote held in the National Assembly on June 23, 1987, the Parti Québécois had absolutely rejected the Meech Lake Accord. The Liberal majority had adopted the text of the Accord by 95 votes for versus 18 votes against, cast by the Péquiste members.

Indeed, when we examine sources from that time, it becomes clear that sovereignists and the Parti Québécois were opposed both to the Meech Lake agreement-in-principle reached by Canadian first ministers on April 30, 1987 and to the Meech Lake Accord signed on June 3, 1987.

Thus, on May 1, 1987, Radio-Canada reported that the Meech Lake agreement-in-principle was supported by the three major federal political parties and news anchor Bernard Derome informed viewers that:

The only real opposition comes from Québec nationalists, in particular from [Parti Québécois leader] Pierre-Marc Johnson who believes that Québec has been sold out at a discount.

Moreover, during the debate on the ratification of the Meech Lake Accord, then-Opposition Leader Pierre-Marc Johnson told the National Assembly that Robert Bourassa's Liberal government had been "abjectly cowardly" in its negotiation and ratification of the Meech Lake Accord, reported Radio-Canada on June 23, 1987.

In 1987, Le Devoir published Le Québec et le lac Meech, a book-length compilation of news articles, op-eds, speeches and position statements on the Meech Lake agreement-in-principle and Accord. In it, we observe that nationalist organizations such as the Société Saint-Jean-Bapiste de Montréal1, Gilles Rhéaume's Parti indépendantiste2, the Société nationale des Québécois de la Capitale3, the Mouvement national des Québécois4 and the Mouvement Québec français5 were opposed to Meech. Indeed, La Presse reported the day after the signature of the Meech Lake Accord that:

The ratification of the Meech Lake Accord caused consternation among nationalist groups. Some react with anger, others with deception, most also with some fatalism.6

Former Parti Québécois leader René Lévesque said "we must be wary" of Meech whereas Pierre-Marc Johnson spoke of "the Meech Lake monster".7 Future PQ leader Jacques Parizeau denounced Meech, saying it was "unacceptable" for Québec.8 During the Parti Québécois' tenth national convention which took place on June 12-14, 1987, the PQ delegates pronounced themselves against the Meech Lake Accord.

When Jacques Parizeau replaced Pierre-Marc Johnson as leader of the PQ on March 19, 1988, he did not rescind his party's opposition to Meech; on the contrary, he adopted an harder line than Johnson's and said the PQ would promote Québec sovereignty "before, during and after the elections". Parizeau kept his promise. According to a chapter on provincial political parties of the 1990 book L'année politique au Québec 1989-1990, "[s]oon before the electoral campaign of 1989, the PQ leader had also declared that in the event of a victory for his party, there would be a string of popular consultations leading to political sovereignty" for Québec. A 1989 Parti Québécois campaign ad showed an handshake turning into a handcuffing while Jacques Parizeau said that Bourassa's Liberals, by "working hand in hand with the federal government", would end up getting Québec's "hands tied up". Ten years after Meech's failure, Journal de Montréal columnist Michel C. Auger summed up the PQ's action by writing that "[t]he PQ spent three years denouncing the Meech Lake Accord as insufficient or even insignificant."

Thus, contrary to André Boisclair's claims, at the time the Parti Québécois did turn its back on Meech and it has been crying crocodile tears ever since over the death of an Accord it never wanted.

Le chef du Parti Québécois André Boisclair a fait du révisionnisme historique hier lorsqu'il a affirmé:

Les souverainistes n'ont jamais pratiqué la politique du pire. Les gens du Parti Québécois n'avaient pas tourné le dos à [l'Accord du lac] Meech.

Cependant, le journaliste de la Presse Canadienne qui a rapporté cette nouvelle n'a pas été dupe et il a rappelé que:

Pourtant, lors d'un vote pris à l'Assemblée nationale le 23 juin 1987, le Parti Québécois avait carrément rejeté l'Accord du lac Meech. La majorité Libérale avait adopté le texte de l'Accord par 95 voix contre 18, soit celles des élus péquistes.

En effet, lorsqu'on examine les sources de cette époque, il devient clair que les souverainistes et le Parti Québécois étaient opposés autant à l'entente de principe de Meech conclue par les premiers ministres canadiens le 30 avril 1987 qu'à l'Accord du lac Meech signé le 3 juin 1987.

Ainsi, le 1er mai 1987, Radio-Canada a rapporté que l'entente de principe du lac Meech était appuyée par les trois partis politiques fédéraux majeurs et le lecteur de nouvelles Bernard Derome a informé les téléspectateurs que:

La seule véritable opposition vient des nationalistes québécois, en particulier celle [du chef du Parti Québécois] Pierre-Marc Johnson qui est d'avis que le Québec a été vendu à rabais.

De plus, durant le débat sur la ratification de l'Accord du lac Meech, Pierre-Marc Johnson, alors chef de l'Opposition, a dit à l'Assemblée Nationale que le gouvernement Libéral de Robert Bourassa avait été "abjectement lâche" dans sa négociation et ratification de l'Accord du lac Meech, a rapporté Radio-Canada le 23 juin 1987.

En 1987, Le Devoir a publié Le Québec et le lac Meech, une compilation sous forme de livre des articles, éditoriaux, discours et prises de position sur l'entente de principe et l'Accord du Lac Meech. On y remarque que les organisations nationalistes telles que la Société Saint-Jean-Bapiste de Montréal1, le Parti indépendantiste de Gilles Rhéaume2, la Société nationale des Québécois de la Capitale3, le Mouvement national des Québécois4 et le Mouvement Québec français5 étaient opposés à Meech. En effet, La Presse a rapporté le lendemain de la signature de l'Accord du Lac Meech que:

La ratification de l'Accord du lac Meech a jeté la consternation dans les groupes nationalistes. Certains y réagissent avec colère, d'autres avec déception, la plupart, aussi, avec un certain fatalisme.6

L'ex-chef du Parti Québécois René Lévesque a dit qu'"il faut se méfier" de Meech alors que Pierre-Marc Johnson a parlé du "monstre du lac Meech".7 Le futur chef du PQ Jacques Parizeau a dénoncé Meech en disant qu'il est "inacceptable" pour le Québec.8 Lors du dixième Congrès national du Parti Québécois qui a eu lieu du 12 au 14 juin 1987, les délégués du PQ se sont prononcés contre l'Accord du Lac Meech.

Lorsque Jacques Parizeau a remplacé Pierre-Marc Johnson à la chefferie du PQ le 19 mars 1988, il n'a pas retiré l'opposition de son parti à Meech; au contraire, il a adopté une ligne plus dure que celle de Johnson et a dit que le PQ ferait la promotion de la souveraineté du Québec "avant, pendant et après les élections". Parizeau a tenu promesse. Selon un chapitre sur les partis politiques provinciaux du livre de 1990 L'année politique au Québec 1989-1990, "[u]n peu avant la campagne électorale de 1989, le chef du PQ avait aussi déclaré qu'advenant l'élection de son parti, il y aurait une série de consultations populaires menant à la souveraineté politique" pour le Québec. Une publicité du Parti Québécois pour la campagne de 1989 montrait une poignée de mains se transformant en un menottage alors que Jacques Parizeau disait que les Libéraux de Bourassa, en "travaillant main dans la main avec le fédéral", mèneraient le Québec à être "les mains liées". Dix ans après l'échec de Meech, le chroniqueur du Journal de Montréal Michel C. Auger a résumé l'action du PQ en écrivant que "[l]e PQ a passé trois ans à dénoncer l'Accord du lac Meech comme étant insuffisant, voire insignifiant."

Ainsi, contrairement à ce qu'André Boisclair affirme, à l'époque le Parti Québécois a bel et bien tourné le dos à Meech et il verse depuis des larmes de crocodile pour la mort d'un Accord dont il n'a jamais voulu.

1. Le Québec et le lac Meech: Un dossier du Devoir, Montréal: Guérin Littérature, 1987, pp. 192-195.
2. Ibid., pp. 195-198.
3. Ibid., pp. 202-207.
4. Ibid., pp. 207-210.
5. Ibid., pp. 211-213.
6. Fontaine, Mario. "Colère et déception chez les groupes nationalistes." La Presse, 4 juin 1987 in Ibid., pp. 368-369.
7. Descôteaux, Bernard. "'Méfions-nous'." Le Devoir, 27 mai 1987 in Ibid., pp. 314-315.
8. O'Neill, Pierre. "L'accord, recul inacceptable sur 'la langue, l'école et l'argent'." Le Devoir, 15 mai 1987 in Ibid., pp. 301-303.

Publié par Laurent à 05:53 PM

Oil and gas development in Alberta and Saskatchewan

Abraham Lincoln, then an Illinois Congressman in the United States House of Representatives, made in 1854 a speech in which he denounced Illinois Senator Stephen Douglas' thesis according to which climate, and not laws or policies, explained why slavery had not taken root in Illinois:
[Illinois and Missouri] lie side by side, the Mississippi river only dividing them; while their early settlements were within the same latitude. Between 1810 and 1820 [...] the [Northwest] ordinance forbid slavery to go into Illinois; and NOTHING forbid it to go into Missouri. It DID go into Missouri, and did NOT go into Illinois.

Though it has nothing do with slavery, this is the first thing that popped into my mind when I saw this 2001 map of oil and gas development in Alberta and Saskatchewan that was showcased by Kate McMillan on the CBC Election Roundtable.

Abraham Lincoln, alors un député de l'Illinois à la Chambre des Représentants des États-Unis, a prononcé en 1854 un discours dans lequel il a dénoncé la thèse du Sénateur d'Illinois Stephen Douglas selon lequel c'était le climat, et non les lois ou les politiques, qui expliquait pourquoi l'esclavage n'avait pas pris racine en Illinois:

[L'Illinois et le Missouri] sont côte à côte, seul le fleuve Mississippi les divisant; alors que leurs premiers établissements se trouvaient à la même latitude. Entre 1810 et 1820 [...] l'ordonnance du Nord-Ouest a interdit à l'esclavage d'aller en Illinois; et RIEN n'a interdit qu'elle aille au Missouri. Elle EST allée au Missouri, et elle n'est PAS allée en Illinois.

Bien que cela n'ait rien à voir avec l'esclavage, c'est la première chose qui m'est venue à l'esprit lorsque j'ai vu cette carte 2001 des développements pétroliers et gaziers en Alberta et en Saskatchewan qu'a mise en relief Kate McMillan sur la table ronde électorale de la CBC.

Publié par Laurent à 05:17 PM

décembre 21, 2005

More empty words from Paul Martin

Yet again, we realize that it is an error to take Paul Martin to his word. After the English leaders' debate, he told reporters that he was ready to take on Gilles Duceppe "on every street corner, in every city and in every town and village in Quebec". But when Duceppe offered him an one-on-one debate, Paul Martin miserably declined. On the other hand, Stephen Harper is willing to take up the challenge and has offered Duceppe a one-in-one debate in French.Encore une fois, on réalise que c'est un erreur que de prendre au mot Paul Martin. Après le débat des chefs en anglais, il a dit aux journalistes qu'il était prêt à faire face à Duceppe "à tous les coins de rue, dans chaque ville et village du Québec". Mais lorsque Duceppe lui a offert un débat face-à-face, Paul Martin misérablement refusé. Quant à Stephen Harper, il est prêt à relever le défi et a offert à Duceppe un débat face-à-face en français.
Publié par Laurent à 09:17 AM

décembre 16, 2005

CMAJ: male students more likely to be rejected

Medecine professors Mark Baerlocher and Allan Detsky have recently published in the Canadian Medical Association Journal a study examining whether there is discrimination against women in the selection of medical students for postgraduate training in Canada. They found results that may be surprising:
We found that, during the decade 1995–2004, women were no more likely than men to be rejected for residency positions in their first-ranked specialty. In fact, for several specialties, we found the opposite to be true: the odds of men being rejected were almost twice as high as the odds of women being rejected for residency positions in family medicine, psychiatry and emergency medicine. Overall, the odds of rejection among men were 1.6 time greater than the corresponding odds among women.

The authors of the study go on to point out that, since they did not have sufficient data to control for the quality of candidates, this higher rejection rate is not necessarily a proof of discrimination against men because it is possible that female students simply had on average better applications than male students. The authors are simply being good scientists, seeking out alternate explanatory hypotheses that could fit equally well the data they have on hand. As renowned psychology professor Steven Pinker pointed out, "[t]he point that differences in outcome don't show discrimination unless one has equated for other relevant traits is elementary social science (not to mention common sense)".1

But we have to wonder if, in the case that the study would have shown that female medical students faced a higher rejection rate than male students, its authors would have dared to suggest that maybe this was due to men submitting better applications. Perhaps these authors would have had second thoughts after considering what happened to Harvard University president Lawrence Summers after he tackled in a speech to the National Bureau of Economic Research the topic of why there are so few women holding tenured professorships in engineering and in hard sciences in top universities. After he dared to stray from the only "politically correct" explanation that discrimination was wholly to blame, he was predictably (and unjustifiably) widely denounced as a sexist.

1. Pinker, Steven (2002) The Blank Slate: The Modern Denial of Human Nature. New York: Viking Adult, p. 354.

Les professeurs de médecine Mark Baerlocher et Allan Detsky ont récemment publié dans le Journal de l'Association médicale canadienne une étude examinant si il y a de la discrimination contre les femmes lors de la sélection des étudiants en médecine pour une formation postdoctorale au Canada. Ils ont trouvé des résultats qui pourraient être surprenants:

Nous avons trouvé que, durant la décennie 1995–2004, les femmes n'avaient pas plus tendance que les hommes à se voir refuser un poste de résidence dans leur premier choix de spécialité. En fait, dans plusieurs spécialités, nous avons constaté la situation inverse: la probabilité qu'un homme soit refusé était près de deux fois plus élevée que la probabilité qu'une femme soit refusée pour un poste de résidence en médecine familiale, en psychiatrie et en médecine d'urgence. Dans l'ensemble, la probabilité de refus pour un homme était 1,6 fois plus élevée que la probabilité correspondante pour une femme.

Les auteurs de l'étude continuent et signalent que, étant donné qu'ils n'avaient pas les données suffisantes pour tenir compte de la qualité des candidats, ce taux de refus plus elevé n'est pas nécessairement une preuve de discrimination envers les hommes parce qu'il est possible que les étudiantes aient tout simplement eu en moyenne de meilleurs dossiers que les étudiants mâles. Les auteurs ne font que jouer leur rôle de bon scientifique, en cherchant des hypothèses alternatives qui pourraient tout aussi bien expliquer les données dont ils disposent. Comme le renommé professeur de psychologie Steven Pinker l'a souligné, "c'est un élément de science sociale élémentaire (pour ne pas dire de gros bon sens) que les inégalités de résultats ne démontrent pas la présence de discrimination à moins qu'on ait tenu compte des autres facteurs pertinents".1

Mais il faut se demander si, dans le cas où l'étude aurait montré que les étudiantes en médecine font face à taux de refus plus élevé que les étudiants, ses auteurs auraient osé suggéré que peut-être cela était dû à de meilleurs dossiers soumis par les hommes. Peut-être que ces auteurs y auraient pensé à deux fois après avoir considéré ce qui est arrivé au président de l'Université Harvard Lawrence Summers après qu'il ait abordé dans un discours au Bureau national de recherche économique le sujet du faible nombre de femmes qui détiennent un poste permanent de professeur en sciences pures ou en génie dans les meilleures universités. Après avoir osé s'écarter de la seule explication "politiquement correcte" selon laquelle la discrimination en est la cause unique, il a été prévisiblement (et injustement) largement dénoncé comme étant sexiste.

1. Pinker, Steven (2002) The Blank Slate: The Modern Denial of Human Nature. New York: Viking Adult, p. 354.

Publié par Laurent à 07:49 PM

décembre 12, 2005

L'opinion de Parizeau sur le programme du PQ

After Lucien Bouchard who said that taking on the economic, fiscal and demographic challenges faced by Québec, and not sovereignty, should be the priority and after Pierre-Marc Johnson who said there should not be a fourth referendum, it is the turn of another former Parti Québécois leader and Premier to criticize the PQ's approach with respect to sovereignty: Jacques Parizeau. Of course, contrary to Bouchard and Johnson, Parizeau is a hard-liner and he believes that the PQ's program is actually too timid! Le Devoir reports that Parizeau, in an interview he gave for L'annuaire du Québec 2006, had also some blunt remarks:
Mr. Parizeau belives that "the new program of the Parti québécois, adopted during the same month [in June], absolutely did not deserve all the respect shown by leading figures of the party since then, such as André Boisclair", can we read in l'Annuaire. "According to the former Premier, this document is full of defects, of 'stupidities', and will have to be corrected after the [leadership] race."

Le Devoir also reports that Pierre-Marc Johnson and Jacques Parizeau, in their respective interviews for L'annuaire du Québec 2006, declared themselves favourable to a greater role for the private sector in health care and to the spirit of the Chaoulli ruling. Recall that Lucien Bouchard, in his manifesto For a clear-eyed vision of Québec, adopted a similar position. This is again contrary to the orientations of the Parti Québécois who, as Chantal Hébert pointed out in the Toronto Star, is ironically fighting for the Canadian symbol of a totally public health care system.

UPDATE 2005-12-14: Read also on this topic Martin Masse on the Québécois Libre's blog.

Après Lucien Bouchard qui a dit que relever les défis économiques, fiscaux et démographiques auxquels le Québec fait face, et non la souveraineté, devrait être la priorités et après Pierre-Marc Johnson qui a dit qu'il ne devrait pas y avoir un quatrième référendum, c'est au tour d'un autre ex-chef du Parti Québécois et ex-premier ministre de critiquer l'approche du PQ relativement à la souveraineté: Jacques Parizeau. Bien sûr, contrairement à Bouchard et Johnson, Parizeau est un "pur et dur" et il croit que le nouveau programme du PQ est en fait trop timoré! Le Devoir rapporte que Parizeau, dans une entrevue qu'il a accordée pour L'annuaire du Québec 2006, a eu quelques remarques directes:

M. Parizeau estime que "le nouveau programme du Parti québécois, adopté le même mois [en juin], ne méritait aucunement tout le respect que lui ont voué certaines têtes d'affiche du parti depuis, tel André Boisclair", peut-on lire dans l'Annuaire. "Selon l'ancien premier ministre, ce document est plein de défauts, de 'conneries', et devra être corrigé après la course [au leadership]."

Le Devoir rapporte aussi que Pierre-Marc Johnson et Jacques Parizeau, dans leurs entrevues respectives pour L'annuaire du Québec 2006, se sont déclarés favorables à un plus grand rôle du secteur privé dans les soins de santé et à l'esprit de l'arrêt Chaoulli. Souvenez-vous que Lucien Bouchard, dans son manifeste Pour un Québec lucide, a adopté une position semblable. C'est en encore une fois contraire aux orientations du Parti Québécois qui, comme Chantal Hébert l'a souligné dans le Toronto Star, se bat ironiquement pour le symbole canadien qu'est un système de santé totalement public.

MISE À JOUR 2005-12-14: Lire aussi à ce sujet Martin Masse sur le blogue du Québécois Libre.

Publié par Laurent à 08:51 AM

décembre 08, 2005

Le déclin démographique des anglos de Québec

Some months ago, I wrote about the demographic decline of anglo-Quebecers over the last 150 years. In particular, several regions with sizeable anglophone minorities or even anglophone majorities now are almost 100 percent francophone.

Le Soleil published last week-end an article on the case of Québec City. It notes that people from English, Scotch or Irish origin accounted for almost half of the population of Québec City in the middle of the 19th century and that anglophones now account for only 1.5 percent of the city's population.

Il y a quelques mois, j'ai écrit à propos du déclin démographique des anglo-Québécois au cours des 150 dernières années. En particulier, plusieurs régions qui avaient des minorités anglophones considérables ou même des majorités anglophones sont maintenant francophones à presque 100%.

Le Soleil a publié la fin de semaine dernière un article sur le cas de la ville de Québec. Il note que les gens d'origine anglaise, écossaise ou irlandaise représentaient près de la moitié de la population de la ville de Québec au milieu du 19e siècle et que les anglophones ne sont maintenant que 1,5% de la population de la ville.

Publié par Laurent à 10:50 AM

décembre 07, 2005

Should Québec's child-care system be emulated?

The federal Conservatives and Liberals have each proposed their own child-care policies. Ferg, who ran the defunct Amateur Extraordinaire blog and now writes the Fergophone, rightly points out that federal parties should not be discussing this topic because it is exclusively within provincial jurisdiction. Indeed, it is more than annoying that federal elections now more often than not revolve around issues where the federal government has no place.

But since they are discussing it anyway, there is an important point to be made. The Liberals want to replicate Québec's day-care system across Canada: Paul Martin told the House of Commons in November 2004 that "the model we will be using is the Quebec model" and he said last Tuesday that the Liberals are offering a pan-Canadian version of the Québec model. This means that looking at what happened with Québec's day-care system after it was introduced in 1997 by a Parti Québécois government can show us what is likely to happen if the Liberals impose a similar system across Canada.

The two main features of the Québec system are the following: parents can get a subsidized child-care space for their children for a small fee (formerly 5 dollars per day, now 7 dollars per day) and there are long waiting lists for these child-care spaces. These two features go hand-in-hand: since "free" or "affordable" services are anything but free or affordable for the governments that must foot the bill, governments often resort by design or by default to waiting lists as a rationing mechanism to limit their expenses. Québec's day-care waiting lists are so well known that even as venerable an institution as the École Polytechnique de Montréal, Québec's largest engineering school, must tell its prospective and current graduate students that, if they want a day-care space for their children in Montréal, they should "get registered on the waiting lists of at least ten day-care centers". Moreover, "the registration with day-care centers must take place during the first months of the pregnancy in order to have some chance of having a place when the child will be 4 months old." Indeed, Radio-Canada points out that:

In 2003, the waiting list for the totality of Québec's day-care centers contained 85,000 names. The management of these unending lists, according to criteria specific to each day-care center, leads to frustrations among many parents. Moreover, costs are soaring. From 289 millions of dollars in 1997, the budget for day-care services raised to 1.3 billion in 2003.

Recent studies on Québec's day-care system have also been far from favourable. In a 2004 paper published in Policy Options, economics professor Pierre Lefebvre writes that:

[T]he policy favours higher income families, is unfair to families who choose to care for their children themselves or do not use nonparental child care, and is not well suited to parents working part time or nonstandard hours. [...] Quebec has always provided more support for families than have the other provinces, but the tradeoffs brought about by the reforms that introduced the $5 a-day-policy in 1997 lack transparency in terms of the real cost of the service and have distorted parents' child care choices.

Finally, the National Bureau of Economic Research, a renowned American research organization, has recently published what is the most complete and recent study on Québec's day-care system (the complete paper is available here). In its abstract, the economics professors Michael Baker, Jonathan Gruber and Kevin Milligan write that the introduction of the program had negative consequences on both parents and children:

[W]e uncover striking evidence that children are worse off in a variety of behavioral and health dimensions, ranging from aggression to motor-social skills to illness. Our analysis also suggests that the new childcare program led to more hostile, less consistent parenting, worse parental health, and lower-quality parental relationships.
Les Conservateurs et Libéraux fédéraux ont chacun proposé leur propre politique en matière de petite enfance. Ferg, qui publiait le défunt blogue Amateur Extraordinaire et qui est maintenant l'auteur du Fergophone, signale avec raison que les partis fédéraux ne devraient pas discuter de ce sujet étant donné qu'il se trouve exclusivement à l'intérieur des juridictions provinciales. En effet, il est plus que désagréable de constater que les élections fédérales tournent maintenant plus souvent qu'autrement autour d'enjeux dans lesquels le gouvernement fédéral n'a pas sa place.

Mais étant donné qu'ils en discutent de toute façon, il y a un élément important à souligner. Les Libéraux veulent répliquer le système de garderies du Québec à la grandeur du Canada: Paul Martin a dit en novembre 2004 à la Chambre des Communes que "le modèle que nous allons utiliser est le modèle du Québec" et il a dit mardi que les Libéraux offrent une version pan-canadienne du modèle québécois. Cela signifie que d'examiner ce qui s'est produit avec le système de garderies du Québec après qu'il ait été introduit en 1997 par un gouvernement du Parti Québécois peut nous montrer ce qui risque d'arriver si les Libéraux imposent un système semblable à la grandeur du Canada.

Les deux principales caractéristiques du système québécois sont les suivantes: les parents peuvent obtenir une place de garderie subventionnée pour leur enfant à un tarif réduit (précédemment de 5 dollars par jour, maintenant 7 dollars par jour) et il y a de longues listes d'attente pour ces places en garderie. Ces deux caractéristiques vont main dans la main: étant donné que les services "gratuits" ou "abordables" sont tout sauf gratuit ou abordable pour les gouvernements qui doivent payer la facture, les gouvernements ont souvent recours, par exprès ou par défaut, aux listes d'attentes en tant que mécanisme de rationnement pour limiter leurs dépenses. Les listes d'attentes de garderies au Québec sont si bien connues que même une institution aussi vénérable que l'École Polytechnique de Montréal, la plus grande école de génie au Québec, doit dire à ses étudiants ou futurs étudiants aux cycles supérieurs que, si ils veulent une place en garderie pour leur enfant à Montréal, ils doivent "s'inscrire sur la liste d'attente d'une bonne dizaine de garderie". De plus, "l'inscription en garderie doit se faire pendant les premiers mois de grossesse pour avoir des chances d'avoir une place quand l'enfant aura 4 mois." En effet, Radio-Canada signale que:

En 2003, la liste d’attente de l’ensemble des CPE du Québec compte quelque 85 000 noms. La gestion de ces listes interminables, selon des critères propres à chaque CPE, suscite des frustrations chez de nombreux parents. De plus, les coûts explosent. De 289 millions de dollars en 1997, le budget des services de garde passe à 1,3 milliard en 2003.

Les études récentes faites sur le système de garderie du Québec sont loin d'être favorables. Dans un article publié en 2004 dans Options Politiques, le professeur d'économie Pierre Lefebvre écrit que:

[C'est] une politique qui favorise les familles à revenus élevés, qui est inéquitable envers les familles choisissant de prendre soin elles-mêmes de leurs enfants ou de les confier à des proches, et qui convient mal aux parents travaillant à temps partiel ou selon des horaires variables. [...] [L]e Québec a toujours mieux soutenu les familles que les autres provinces du pays, cependant les dispositions des réformes ayant donné naissance au programme en 1997 manquent de transparence en ce qui a trait aux coûts réels des service de garde, et elles donnent de ce fait aux parents une vision déformée des choix en la matière.

Finalement, le Bureau national de recherche économique, un organisme renommé de recherche des États-Unis, a récemment publié ce qui est l'étude la plus complète et la plus récente sur le système de garderie du Québec (l'article intégral est disponible ici). Dans leur résumé, les professeurs d'économie Michael Baker, Jonathan Gruber et Kevin Milligan écrivent que l'introduction de ce programme a eu des conséquences négatives autant sur les parents que sur les enfants:

[N]ous découvrons des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d'aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l'aggression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu'à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales.
Publié par Laurent à 10:17 PM

décembre 05, 2005

Croisement entre les intentions de votes fédérales et provinciales

La Presse published this week a CROP poll on federal voting intentions in Québec. The most interesting feature of this poll is that it breaks down federal voting intentions according to provincial party support.

Without surprise, the poll shows that 84 percent of those who support the Parti Québécois also support the Bloc Québécois and that 70 percent of provincial Liberals are also federal Liberals. However, only 25 percent of Action Démocratique du Québec voters support the Conservative Party, as do 13 percent of provincial Liberal voters. These numbers help explain why the Conservative Party could not get the organizational ties it sought with Mario Dumont's ADQ.

The Bloc Québécois, with a support of 46 percent, is the first choice of ADQ voters. This means that a sizeable share of Adéquistes are not hostile to sovereignism and to sovereignists and would likely not go along with the plan of La Presse's editorialist-in-chef André Pratte, who wants a merger of the ADQ and the Québec Liberal Party in order to stop "the division of the federalist vote." Moreover, only 7 percent of ADQ voters support the federal Liberal Party, which shows that even federalist-leaning Adéquistes are not inclined to hold their nose and give an anti-Bloc vote to the Liberals.

Finally, what perhaps is the most surprising result of this survey is that the NDP gets its best results among ADQ supporters: 21 percent of ADQ voters, compared with 10 percent of provincial Liberals. This is particularly surprising because the NDP and the ADQ are considered to be on opposite sides of the political spectrum. The most likely explanation is that those who support both the NDP and the ADQ do so because of their populism. Indeed, during a 2003 Bloc Québécois convention, Gilles Duceppe accused the NDP of being a populist party. Moreover, one of the reasons why the Conservative Party did much less well in 2004 in British Columbia than the Canadian Alliance did in 2000 was because the Conservative Party lost a part of the populist vote to the NDP and the Greens, as was pointed out in a post-mortem by the Conservative Party campaign chair for the Saanich-Gulf Islands riding.

La Presse a publié cette semaine un sondage CROP sur les intentions de vote fédérales au Québec. L'aspect le plus intéressant de ce sondage est qu'il montre les intentions de votes fédérales en fonction du parti provincial appuyé.

Sans surprise, le sondage montre que 84% de ceux qui appuient le Parti Québécois appuient aussi le Bloc Québécois et que 70% des Libéraux provinciaux sont aussi des Libéraux fédéraux. Cependant, seulement 25% des électeurs de l'Action Démocratique du Québec appuient le Parti Conservateur, de même que 13% des électeurs du PLQ. Ces nombres aident à expliquer pourquoi le Parti Conservateur n'a pas pu obtenir les liens organisationnels qu'il voulait nouer avec l'ADQ de Mario Dumont.

Le Bloc Québécois, avec un appui de 46%, est le premier choix des électeurs de l'ADQ. Cela signifie qu'une part considérable d'Adéquistes ne sont pas hostiles au souverainisme et aux souverainistes et ne suivraient probablement pas le plan de l'éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte, qui veut une fusion de l'ADQ et du Parti Libéral du Québec afin de mettre fin à "[l]a division du vote fédéraliste." De plus, seulement 7% des électeurs de l'ADQ appuient le Parti Libéral fédéral, ce qui montre que même les Adéquistes de tendance fédéraliste ne sont pas enclins à se pincer le nez et donner un vote anti-Bloc aux Libéraux.

Finalement, ce qui est peut-être le résultat le plus surprenant de ce sondage est que le NPD obtient ses meilleurs résultats parmi ceux qui appuient l'ADQ: 21% des électeurs Adéquistes comparativement à 10% des Libéraux provinciaux. C'est particulièrement surprenant étant donné qu'on considère que le NPD et l'ADQ se trouvent à des positions opposées sur le spectre politique. L'explication la plus plausible est que ceux qui appuient à la fois le NPD et l'ADQ le font en raison de leur populisme. En effet, durant un Congrès du Bloc Québécois en 2003, Gilles Duceppe a accusé le NPD d'être un parti populiste. De plus, une des raisons pour lesquelles le Parti Conservateur a fait considérablement moins bien en 2004 en Colombie-Britannique que l'Alliance Canadienne en 2000 est que le Parti Conservateur a perdu une partie du vote populiste au profit du NPD et des Verts, comme l'a souligné le post-mortem du président de la campagne électorale du Parti Conservateur pour la circonscription de Saanich-Gulf Islands.

Publié par Laurent à 06:40 PM

décembre 04, 2005

Jack Layton: Pro-Chaoulli?

It has often been said that "a gaffe is when a politician tells the truth." I think this may be what just happened today, when NDP leader Jack Layton gave us what is, with respect to health care, a rare moment of truth in federal politics.

Recall that Jack Layton liked to wave the bogeyman of private health care, as he did as recently as last Thursday:

New Democrat Leader Jack Layton held up a provincial health card and a credit card as he dismissed Harper's plan as an invitation to user-pay health services.

"It's opening the door to things like private clinics [...]", he said.

But today Jack Layton did not seem so hostile to private clinics:

Campaigning in Vancouver's Chinatown Sunday, NDP Leader Jack Layton said private clinics are a "fundamental aspect" of the health-care system founded by former Saskatchewan premier Tommy Douglas and not much can be done about them.

[...] "Our focus is to keep public health-care dollars going to public and non-profit facilities," Mr. Layton told confused reporters. "What happens with people in the privacy of their own relationship financially, that's up to them."

But if "what happens with people in the privacy of their own relationship financially [is] up to them", then they can pay for private health care with their credit card. And they can even buy private health insurance to pay for this health care. It looks like Jack Layton has become, perhaps accidentally, the first federal politician to support the Supreme Court's Chaoulli ruling.

Il a souvent été dit que "une gaffe, c'est lorsqu'un politicien dit la vérité." Je pense que c'est peut-être ce qui vient d'arriver aujourd'hui, alors que le chef du NPD Jack Layton nous a donné ce qui, au sujet de la santé, est un rare moment de vérité en politique fédérale.

Rappelez-vous que Jack Layton aimait bien brandir l'épouvantail des soins de santé privés, comme il l'a fait aussi récemment que jeudi dernier:

Le chef Néo-Démocrate Jack Layton a brandi une carte d'assurance-maladie provinciale et une carte de crédit alors qu'il a rejeté le plan de Harper comme une invitation à l'adoption de soins de santé où l'utilisateur paie.

"Cela ouvre la porte à des choses telles que des cliniques privées [...]", a-t-il dit.

Mais aujourd'hui Jack Layton ne semblait pas si hostile aux cliniques privées:

Faisant campagne dans le quartier chinois de Vancouver, dimanche, M. Layton a soutenu que les cliniques privées constituent un "aspect fondamental" du système de soins de santé fondé par l'ex-premier ministre socialiste de Saskatchewan Tommy Douglas, et qu'on ne peut pas y faire grand-chose.

[...] Son parti veut "que les fonds dévolus à la santé continuent d'aller à des établissements publics et à but non lucratif, a dit le leader néo-démocrate aux journalistes. Ce qui se passe avec les gens quant à leurs relations financières privées, cela les regarde", a-t-il ajouté.

Mais si "ce qui se passe avec les gens quant à leurs relations financières privées, cela les regarde", alors ils peuvent payer pour des soins de santé privés avec leur carte de crédit. Et ils peuvent même acheter de l'assurance-maladie privée pour payer ces soins de santé. Il semble que Jack Layton soit devenu, peut-être accidentellement, le premier politicien fédéral à appuyer le jugement Chaoulli de la Cour suprême.

Publié par Laurent à 10:40 PM

décembre 02, 2005

On y trouve beaucoup de 2 de pique

     
These two cards are from Anonalogue's new Liberal deck of cards.Ces deux cartes viennent du nouveau jeu de cartes Libéral d'Anonalogue.
Publié par Laurent à 07:50 PM

Cutting the GST?

What to think of the Conservative Party's promise to cut the GST from 7 to 5 percent? Two opposite point of views can be found in a 2000 column by Andrew Coyne and on the Political Staples blog.Que penser de la promesse du Parti Conservateur de baisser la TPS de 7 à 5%? On peut trouver deux points de vues opposés dans une chronique d'Andrew Coyne en 2000 et sur le blog Political Staples.
Publié par Laurent à 01:07 PM