| The year 2005 will be over in a few hours. This was the year when the Gomery Commission shed light on the sponsorship scandal and almost provoked a summer election, had it not been for Belinda Stronach's defection. Though Stephen Harper's leadership of the Conservative Party had been contested in the fall, he remained in place and may become Prime minister after this winter election.
The revelations of the Gomery Commission also boosted support for Québec sovereignty to highs that had not been seen since the failure of the Meech Lake Accord. The Parti Québécois, after having released its "Year One Budget" of a sovereign Québec, lost its leader Bernard Landry and got a new one in André Boisclair, whose cocaine consumption made headlines. A former PQ leader, Lucien Bouchard, also captured the media's attention with his manifesto "For a clear-eyed vision of Québec" which, among other things, is favourable to the Supreme Court's Chaoulli ruling. On the international front, 2005 saw the death of Pope John Paul II and the election of Benedict XVI as well as the rejection of the European constitution by French and Dutch voters. There were also various disasters, natural or not, among them the Indian Ocean Tsunami, the London terrorist attacks, the Katrina hurricane and the French riots. Finally, 2005 saw a realignment of Israeli politics which may lead to a settlement of the Israeli-Palestinian conflict. So I now wish you a happy year 2006! | L'année 2005 sera terminée d'ici quelques heures. Ce fut l'année où la Commission Gomery a fait la lumière sur le scandale des commandites et a presque provoqué une élection d'été, n'eut été de la défection de Belinda Stronach. Bien que le leadership de Stephen Harper au Parti Conservateur ait été contesté cet automne, il est resté en poste et pourrait devenir Premier ministre après cette élection hivernale.
Les révélations de la Commission Gomery ont aussi fait monter l'appui à la souveraineté du Québec à des sommets qui n'avaient pas été vus depuis l'échec de l'Accord du lac Meech. Le Parti Québécois, après avoir publié son "budget de l'an 1" d'un Québec souverain, a perdu son chef Bernard Landry et en a obtenu un nouveau en la personne d'André Boisclair, dont la consommation de la cocaïne a fait les manchettes. Un ex-chef du PQ, Lucien Bouchard, a aussi capté l'attention des médias avec son manifeste "Pour un Québec lucide" qui, entre autres choses, est favorable à l'arrêt Chaoulli de la Cour suprême. Sur le front international, on a vu en 2005 la mort du pape Jean-Paul II et l'élection de Benoït XVI ainsi que le rejet de la constitution européenne par les électeurs français et néerlandais. Il y a aussi eu diverses catastrophes, naturelles ou non, parmi lesquelles le tsunami de l'Océan indien, les attaques terroristes de Londres, l'ouragan Katrina et les émeutes françaises. Finalement, on a vu en 2005 un réalignement de la scène politique israëlienne qui pourrait mener à un règlement du conflit israëlo-palestinien. Je vous souhaite donc une bonne année 2006! |
| Last month, Israeli Prime Minister Ariel Sharon left the Likud Party to found a new party, Kadima, who is now leading by a large margin in polls. The MKs (members of Knesset) affiliated with Kadima have approved yesterday its political platform.
In the 1970s and 1980s, Ariel Sharon and the Likud had been big supporters of the establishment of Jewish settlements in the territories (Gaza and the West Bank) won in the 1974 Yom Kippur War and they dreamt of a Greater Israel. However, Sharon now believes, contrary to his former party, that Israel should vacate most of these territories. The reason of his change of mind is that not only Jews remain a small minority in these territories, but they are becoming a minority in Israel: A study published in Israel's Haaretz newspaper in August stated that Jews are now outnumbered by non-Jews, mainly Palestinians, in Israel and the occupied West Bank and Gaza Strip. While the percentage points are not great, Professor Sergio della Pergola of Jerusalem's Hebrew University says what counts is the trend, and that is undisputable. "The proportion of the Jewish sector of the population, which used to be a majority, is declining," says della Pergola, whose research on demographics contributed to the Haaretz study. There are two ways of achieving political equality between Israelis and Palestinians. The first one is an official annexation of the Palestinian territories and the creation of a binational Israeli state which would make Palestinians full-fledged citizens of Israel and turn Jews into a political minority within Israel. The second one is to allow the creation of a Palestinian state that would exist alongside a majority-Jewish Israel. Ariel Sharon and Kadima have chosen this second solution; as Kadima's platform puts it: "we must give up part of the Land of Israel to maintain a Jewish and democratic state." This looks like the dilemma faced by French President Charles de Gaulle with respect to Algeria in the late 1950s and early 1960s. In an era of decolonization, there would need to be political equality between the French and the Algerians. There were again two ways to do it, either with a "French Algeria" which would be incorporated into the French Republic as regular departments whose inhabitants would be French citizens, or with an "Algerian Algeria" which would be an independent country separate from France. Alain Peyrefitte, a close collaborator of de Gaulle, wrote in C'était de Gaulle that de Gaulle was worried about the long-term demographic implications of the French Algeria solution: he feared that "France would no longer be France" and that his hometown of Colombey-les-Deux-Eglises would have to be renamed Colombey-les-deux-Mosquées. He asked whether "the French nation can absorb ten million Muslims, who perhaps tomorrow will be twenty million and the day after forty million" and he predicted that "[t]here would be two hundreds, then four hundreds Arab MPs in Paris" as well as "an Arab President in the Elysée". Though de Gaulle was welcomed in power by the proponents of a French Algeria, in the end he oversaw the birth of an independent Algeria. Ariel Sharon, who built his political career as a proponent of a Greater Israel, may be the one to oversee the birth of an independent Palestine. | Le mois dernier, le premier ministre israëlien Ariel Sharon a quitté le Parti Likud pour fonder un nouveau parti, Kadima, qui mène présentement par une forte marge dans les sondages. Les députés affiliés à Kadima ont approuvé hier sa plate-forme politique.
Dans les années 1970 et 1980, Ariel Sharon et le Likud ont été de chauds partisans de l'établissement de colonies juives dans les territoires (la bande de Gaza et la Cisjordanie) gagnés lors de la guerre du Yom Kippour en 1974 et ils rêvaient d'un Grand Israël. Cependant, Sharon croit maintenant, contrairement à son ancien parti, qu'Israël doit se retirer de la plus grande partie de ces territoires. La raison de son changement d'avis est que non seulement les Juifs restent une petite minorité dans ces territoires, mais qu'ils deviennent une minorité en Israël: Une étude publiée dans le journal israëlien Haaretz en août a déclaré que les Juifs sont maintenant moins nombreux que les non-Juifs, principalement des Palestiniens, en Israël ainsi que dans la bande de Gaza et la Cisjordanie occupées. Bien que l'écart en pourcentage ne soit pas élevé, le professeur Sergio della Pergola de l'Université hébraïque de Jérusalem affirme que c'est la tendance qui compte, et elle est indisputable. "La proportion que représente la partie juive de la population, qui était auparavant une majorité, est en décroissance," dit della Pergola, dont la recherche sur la démographie a contribué à l'étude d'Haaretz. Il y a deux façons de réaliser l'égalité politique des Israëliens et des Palestiniens. La première est une annexion officielle des territoires palestiniens et la création d'un État israëlien binational qui ferait des Palestiniens des citoyens à part entière d'Israël et ferait des Juifs une minorité politique en Israël. La seconde est de permettre la création d'un État palestinien qui existerait à côté d'un Israël à majorité juive. Ariel Sharon et Kadima ont choisi cette seconde solution; comme le formule la plate-forme de Kadima: "[n]ous devons abandonner une partie de la terre d'Israël pour établir un État juif et démocratique." Cela ressemble au dilemne auquel faisait face le Président français Charles de Gaulle par rapport à l'Algérie à la fin des années 1950 et au début des années 1960. À une époque de décolonisation, il fallait qu'il y ait une égalité politique entre les Français et les Algériens. Il y avait encore une fois deux manières de la faire, soit avec une "Algérie française" qui serait incorporée dans la République française en tant que départements réguliers dont les habitants seraient des citoyens français, soit avec une "Algérie algérienne" qui serait un pays indépendant séparé de la France. Alain Peyrefitte, un proche collaborateur de de Gaulle, a écrit dans C'était de Gaulle que de Gaulle était inquiet des impacts démographiques à long terme de la solution de l'Algérie française: il craignait que "la France ne serait plus la France" et que son village natal de Colombey-les-Deux-Eglises devrait être renommé Colombey-les-deux-Mosquées. Il a demandé si "le corps français peut absorber dix millions de musulmans qui demain seront vingt millions et après-demain quarante" et il a prédit qu'"[i]l y aurait deux cents, puis quatre cents députés arabes à Paris" ainsi qu'"un président arabe à l'Elysée". Bien que de Gaulle ait été accueilli au pouvoir par les partisans de l'Algérie française, en bout de ligne il a supervisé la naissance d'une Algérie indépendante. Ariel Sharon, qui a bâti sa carrière politique en tant que partisan d'un Grand Israël, est peut-être celui qui supervisera la naissance d'une Palestine indépendante. |
| Gilles Duceppe often repeats that "the politics of the worst case scenario is the worst policy". This means that sovereignists should not oppose measures that are good for Québec, like Stephen Harper's platform of respect for the powers and jurisdictions of the provinces, of restraining the federal spending power and of fixing the fiscal imbalance, even though such measures would take steam out of the sovereignist movement by addressing a major part of Québec's grievances. However, Parti Québécois leader André Boisclair does not seem to agree, judging by his negative reaction to Harper's announcement and by the fact that he holds the conduct of sovereignists toward the Meech Lake Accord — they were clearly opposed to it — as a model. (By the way, in the House of Commons on December 8, 1994, Gilles Duceppe boasted of the role the Parti Québécois played in the failure of Meech and he said "we were right [to oppose Meech] and we won.") Boisclair is trapped by the PQ's program, which is exclusively concerned with a referendum on sovereignty, and he must know that, in the words of Le Devoir columnist Michel David, "a Liberal government in Ottawa has always been a necessary precondition to a PQ victory."
So Boisclair tried to change the subject; instead of talking about Harper's platform for Québec, he claimed the Conservatives are too 'scary' for Québec. Boisclair asked: "Is the price to be paid to settle the fiscal imbalance to say that abortion rights no longer exist?" Which is a quite ridiculous question, given that the Conservative Party's policy, adopted during its March 2005 convention, is that "[a] Conservative government will not support any legislation to regulate abortion." Boisclair then said that Quebecers don't want to "reopen the debate on same-sex marriage" or, as he put it a month ago, that it would be "unacceptable for this already settled debate to be put again on the table". However, like Gilles Duceppe, he doesn't want to apply this same standard to the issue of Québec separation. Moreover, it must be pointed out that the Conservatives would bring in civil unions, similar to those unanimously approved by Québec's National Assembly in 2002 and to those adopted by European countries like France, Sweden and Great Britain, which would guarantee the substantive rights of marriage for gays. Toronto Star columnist Chantal Hébert even said that Harper, with his stance on gay marriage, had put progressive back into Conservative. In short, by inventing imaginary differences and by exaggerating those that do exist, Boisclair has proved that he is the kind of person who would rather build walls than bridges with other Canadians. We expect nothing less from the Parti Québécois. | Gilles Duceppe répète souvent que "la politique du pire est la pire des politiques". Cela signifie que les souverainistes ne devraient pas s'opposer aux mesures qui sont bonnes pour le Québec, telles que la plate-forme de Stephen Harper pour un respect des pouvoirs et compétences des provinces, pour une restriction du pouvoir fédéral de dépenser et pour un réglement du déséquilibre fiscal, même si de telles mesures couperaient l'élan du mouvement souverainiste en répondant à une part majeure des griefs du Québec. Cependant, le chef du Parti Québécois André Boisclair ne semble pas être d'accord, si on en juge par sa réaction négative à l'annonce de Harper et par le fait qu'il tient pour modèle la conduite des souverainistes vis-à-vis de l'Accord du lac Meech — ils y étaient clairement opposés. (En passant, le 8 décembre 1994 dans la Chambre des Communes, Gilles Duceppe s'est vanté du rôle qu'a joué le Parti Québécois dans l'échec de Meech et a dit qu'"on a eu raison [de s'opposer à Meech], on a gagné.") Boisclair est coincé par le programme du PQ, qui se préoccupe exclusivement d'un référendum sur la souveraineté, et il doit savoir que, dans les mots du chroniqueur du Devoir Michel David, "un gouvernement Libéral à Ottawa a toujours été une condition sine qua non d'une victoire du PQ."
Boisclair a donc tenté de changer le sujet; aulieu de parler de la plate-forme de Harper pour le Québec, il a affirmé que les Conservateurs sont trop 'effrayants' pour le Québec. Boisclair a demandé: "Est ce que le prix à payer pour régler le déséquilibre fiscal, c'est de dire que l'avortement est un droit qui n'existe plus?" Ce qui est une question ridicule, étant donné que la politique du Parti Conservateur, adoptée durant son congrès de mars 2005, est qu'"[u]n gouvernement conservateur n'adoptera pas de loi visant à régir l'avortement." Boisclair a ensuite dit que les Québécois ne veulent pas "rouvrir le débat sur le mariage gai" ou, comme il l'a formulé le mois dernier, qu'il serait "inacceptable que ce débat qui a été tranché dans l'ordre soit remis sur la table". Cependant, comme Gilles Duceppe, il ne veut pas appliquer cette même norme à l'enjeu de la séparation du Québec. De plus, il faut souligner que les Conservateurs instaureraient des unions civiles, similaires à celles approuvées à l'unanimité par l'Assemblée Nationale du Québec en 2002 et à celles adoptées par des pays européens tels que la France, la Suède et la Grande-Bretagne, et qui guarantiraient aux gais les droits fondamentaux du mariage. La chroniqueure du Toronto Star Chantal Hébert a même dit que Harper, par sa position sur le mariage gai, avait remis le progressiste à côté du Conservateur. En bref, en inventant des différences imaginaires et en exagérant celles qui existent, Boisclair a prouvé qu'il est le genre de personne qui préfère bâtir des murs plutôt que des ponts avec les autres Canadiens. On ne s'attend à rien de moins du Parti Québécois. |
| It is well-known that Quebecers (Trudeau, Mulroney, Chrétien and Martin) have held the office of Prime minister of Canada in 36 out of the last 37 years. This happened because Québec voters have tended to get behind the federal political party led by what historian Claude Bélanger called a "favourite son", and because many in the rest of Canada thought that only a leader from Québec would be able to keep Québec separatism in check.
However, some columnists from Québec are beginning to question these assumptions and are preparing for the possibility of a Prime minister coming from outside Québec. Thus, Alain Dubuc, in a column for Le Soleil wonders "what would happen if Canada were to be led by a true English Canadian coming from an English-speaking province". He concludes that "[a]side from the fact that it would be healthy, as a matter of democracy, for English Canada to also produce leaders, an anglophone Prime minister could have a salutary sense of perspective and detachment" with respect to Québec. Indeed, in 1999 Graham Fraser pointed out in Le Devoir that the most bitter constitutional clashes of the last 35 years occured among Quebecers and that English Canadians like Prime minister Lester B. Pearson, Liberal leadership candidate Robert Winters and Conservative leader Robert Stanfield were often more open to Québec's demands than have been Quebecers like Prime ministers Pierre Trudeau and Jean Chrétien. Trudeau-style federalism is now almost an extinct species among Quebecers, whose vision of federalism is much closer to that of Brian Mulroney. However, the simultaneous collapse of the Conservative Party and rise of the Bloc Québécois in 1993 has prevented the emergence of new Mulroney-style federalist leaders from Québec. This is what leads Chantal Hébert to write in the Toronto Star that Canada may have to look elsewhere for leaders in the short- to mid-term: Two decades after patriation of the Constitution, the federal Liberal party is a spent force in Quebec. The days when it competed fiercely with the sovereignist movement for the best and brightest of Quebecers are behind it. | Il est bien connu que des Québécois (Trudeau, Mulroney, Chrétien et Martin) ont occupé le poste de Premier ministre du Canada pendant 36 des 37 dernières années. Cela s'est produit parce que les électeurs québécois ont eu tendance à se rallier au parti politique fédéral mené par ce que l'historien Claude Bélanger a appelé un "fils bien-aimé", et parce que beaucoup de gens dans le reste du Canada pensaient que seul un chef du Québec serait capable de mettre le séparatisme québécois en échec.
Cependant, certains chroniqueurs du Québec commencent à remettre en question ces hypothèses et se préparent à la possibilité d'un Premier ministre venant de l'extérieur du Québec. Ainsi, Alain Dubuc, dans une chronique pour Le Soleil se demande "ce que cela donnerait si le Canada était dirigé par un vrai Canadien anglais provenant d'une province anglophone". Il conclut qu'"[e]n plus du fait qu'il serait sain, sur le plan démocratique, que le Canada anglais produise aussi des leaders, un premier ministre anglophone aurait peut-être un recul et un détachement salutaires" par rapport au Québec. En effet, en 1999 Graham Fraser a souligné dans Le Devoir que les affrontements constitutionnels les plus amers des 35 dernières années se sont produits entre Québécois et que des Canadiens anglais comme le Premier ministre Lester B. Pearson, le candidat à la chefferie Libérale Robert Winters et le chef Conservateur Robert Stanfield ont souvent été plus ouverts aux demandes du Québec que ne l'ont été des Québécois comme les Premier ministres Pierre Trudeau et Jean Chrétien. Le fédéralisme sauce Trudeau est maintenant presque une espèce disparue chez les Québécois, dont la vision du fédéralisme est bien plus près de celle de Brian Mulroney. Cependant, la chute du Parti Conservateur et la montée simultanée du Bloc Québécois en 1993 ont empêché l'émergence de nouveaux leaders fédéralistes à la Mulroney en provenance du Québec. C'est ce qui amène Chantal Hébert à écrire dans le Toronto Star que le Canada pourrait devoir regarder ailleurs pour ses chefs à court ou moyen terme: Deux décennies après le rapatriement de la Constitution, le parti Libéral fédéral a perdu sa force au Québec. Le temps où il compétitionnait férocement avec le mouvement souverainiste pour les plus brillants des Québécois est révolu. |
| I wish you a Merry Christmas! Blogging will resume after Christmas. | Je vous souhaite un Joyeux Noël! Le blogue reprendra son cours après Noël. |
In a speech he gave this week in Québec City, Stephen Harper outlined his vision for Québec and Canadian federalism:
We will recognize provincial autonomy as well as the special cultural and institutional responsibilities of the Quebec government. We will respect federal and provincial jurisdictions, as defined by the Canadian Constitution. I want to emphasize specifically today that we will develop mechanisms to allow the provinces a greater role in their own jurisdictions as they relate to the international arena. I know, for example, that the Charest government would like Québec to play a greater role in UNESCO-related competencies. A new Conservative government will invite Québec to participate in UNESCO according to the model for the Francophonie Summit. We will work to eliminate the fiscal imbalance between Ottawa and the provinces. Harper's platform of respect for the powers and jurisdictions of the provinces, of restraining the federal spending power and of fixing the fiscal imbalance has received a warm welcome in Québec. Indeed, it has been endorsed by the leaders of Québec's two non-separatist political parties. La Presse reported that Liberal premier Jean Charest had been "seduced" by Harper's commitments whereas Le Soleil reports that ADQ leader Mario Dumont described Harper's speech as "refreshing". We may wonder why Harper's promises are to be believed. After all, in May 2004, Paul Martin said that not only Québec should have a seat at UNESCO, but also that it should have its say, and now Paul Martin is saying the exact opposite of what he promised Quebecers. There are two reasons why the word of Stephen Harper is more credible than Paul Martin's on this issue. The first reason is that, contrary to the Liberal tradition of saying one thing in Québec and another thing in the rest of Canada, Stephen Harper is willing to defend his Québec platform in the rest of Canada. Indeed, he published an editorial in the Globe and Mail reiterating the content of his Québec City speech. The second reason is that his program rests on a philosophical and political tradition of the Conservative Party which is friendly to decentralization and to the provinces. Journal de Montréal columnist Michel C. Auger noted that "[f]or Mr. Harper, this is a return to his party's program under Clark, Mulroney and Charest". Alain Dubuc, a well-known federalist columnist, wrote in Le Soleil that conservatives are "naturally more decentralist" and that Harper's vision of Canada, which is "close enough to that of most Quebecers", is the vision of someone "who believes in the role of the provinces and wants to limit central power" and that it must be taken seriously. What has elicited the most comments is Harper's stand in favour of a greater international role for Québec. But he simply re-iterated the longstanding Gérin-Lajoie doctrine, detailed by Liberal Education minister Paul Gérin-Lajoie in 1965. According to this doctrine, since the federal government does not have the power to implement international agreements whose object fall under provincial jurisdiction, then provinces should be allowed to have their say on such agreements. This doctrine was first put forward by a federalist Québec government and is still defended by Charest's federalist government. On the other hand, it was attacked by federal minister Pierre Pettigrew in the fall and it is now attacked by Paul Martin. Paul Martin claimed earlier that this election would be a "referendum election" in Québec. But Martin seems determined to lose this "referendum" because, instead of making attractive proposals to Quebecers, he is instead bashing Harper's openness to Quebecers and showing a closed door to Québec and its federalist government. This is why Toronto Star columnist Chantal Hébert pointed out that "Charest knows he would be better off campaigning for his own re-election against the backdrop of a government that is open to changes to the federation than against Martin's systematic rebuttals." Former Parti Québécois minister Joseph Facal remarked in the Journal de Montréal that "with each passing day, Paul Martin is sawing off a little more the branch on which the leader of the provincial Liberals is sitting". New Brunswick premier Bernard Lord was right to say the federal Liberals are acting like the pyromaniacs of national unity. Read also La Sphère des Idées J.H. on the same topic. | Dans un discours qu'il a prononcé cette semaine à Québec, Stephen Harper a présenté sa vision pour le Québec et le fédéralisme canadien:
Nous reconnaîtrons l'autonomie des provinces et des responsabilités culturelles et institutionnelles spéciales du gouvernement du Québec. Nous respecterons les compétences fédérales et provinciales telles que définies dans la Constitution canadienne. J'aimerais rappeler aujourd'hui que nous concevoir des mécanismes qui donneront aux provinces un plus grand rôle dans leurs propres champs de compétences sur des questions internationales. Je sais, par exemple, que le gouvernement Charest aimerait un plus grand rôle pour le Québec en ce qui concerne ces compétences à l'UNESCO. Selon le modèle du Sommet de la francophonie, un nouveau gouvernement conservateur va inviter le Québec à participer à l'UNESCO! Nous travaillerons à éliminer le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces. La plate-forme de Harper pour un respect des pouvoirs et compétences des provinces, pour une restriction du pouvoir fédéral de dépenser et pour un réglement du déséquilibre fiscal a été bien reçue au Québec. En effet, elle a été endossée par les chefs des deux partis politiques non-séparatistes du Québec. La Presse a rapporté que le premier ministre Libéral Jean Charest a été "séduit" par les engagements de Harper alors que Le Soleil rapporte que le chef de l'ADQ Mario Dumont a décrit le discours de Harper comme étant "rafraîchissant". On peut se demander pourquoi les promesses de Harper devraient être crues. Après tout, en mai 2004, Paul Martin a dit que non seulement le Québec devrait avoir un siège à l'UNESCO, mais aussi qu'il devrait prendre la parole, et maintenant Paul Martin dit exactement le contraire de ce qu'il a promis aux Québécois. Il y a deux raisons pour lesquelles la parole de Stephen Harper est plus crédible que celle de Paul Martin sur cet enjeu. La première raison est que, contrairement à la tradition Libérale de dire une chose au Québec et une autre chose dans le reste du Canada, Stephen Harper est prêt à défendre sa plate-forme québécoise dans le reste du Canada. En effet, il a publié un éditorial dans le Globe and Mail réitérant le contenu de son discours de Québec. La deuxième raison est que son programme repose sur une tradition philosophique et politique du Parti Conservateur qui est favorable à la décentralisation et aux provinces. Le chroniqueur du Journal de Montréal Michel C. Auger a remarqué que "[p]our M. Harper, c'est un retour au programme de son parti du temps des Clark, Mulroney et Charest". Alain Dubuc, un chroniqueur fédéraliste bien connu, a écrit dans Le Soleil que les conservateurs sont "naturellement plus décentralisateurs" et que la vision du Canada qu'a Harper, qui est "assez proche de celle qu'ont la plupart des Québécois", est la vision de quelqu'un "qui croit au rôle des provinces et qui souhaite la réduction du pouvoir central" et qu'elle doit être prise au sérieux. Ce qui a suscité le plus de commentaires est la position de Harper en faveur d'un plus grand rôle international du Québec. Mais il a simplement réitéré la doctrine Gérin-Lajoie, qui est bien établie et a été détaillée par le ministre Libéral de l'Éducation Paul Gérin-Lajoie en 1965. Selon cette doctrine, étant donné que le gouvernement fédéral n'a pas le pouvoir de mettre en oeuvre les ententes internationales dont l'objet est de juridiction provinciale, alors on devrait permettre aux provinces d'avoir leur mot à dire sur de telles ententes. Cette doctrine a d'abord été mise de l'avant par un gouvernement québécois fédéraliste et elle est encore défendue par le gouvernement fédéraliste de Charest. D'un autre côté, elle a été attaquée par le ministre fédéral Pierre Pettigrew cet automne et elle est maintenant attaquée par Paul Martin. Paul Martin a affirmé plus tôt que cette élection serait une "élection référendaire" au Québec. Mais Martin semble être déterminé à perdre ce "référendum" car, aulieu de faire des propositions attirantes aux Québécois, il dénonce plutôt l'ouverture de Harper aux Québécois et montre une porte fermée au Québec et à son gouvernement fédéraliste. C'est pourquoi la chroniqueuse du Toronto Star Chantal Hébert a souligné que "Charest sait qu'il est mieux de faire campagne pour sa propre ré-élection en ayant dans le décor un gouvernement qui est ouvert à des changements dans la fédération plutôt qu'avec les refus systématiques de Martin." L'ex-ministre du Parti Québécois Joseph Facal a fait remarquer dans le Journal de Montréal qu'à "[c]haque jour qui passe, Paul Martin scie un peu plus la branche sur laquelle est assis le chef des libéraux provinciaux". Le premier ministre du Nouveau-Brunswick Bernard Lord a eu raison de dire que les Libéraux fédéraux agissent comme des pyromanes de l'unité nationale. Lire aussi La Sphère des Idées J.H. sur le même sujet. |
Parti Québécois leader André Boisclair engaged in historical revisionism yesterday when he claimed:
Sovereignists never practiced the politics of the worst case scenario. The people of the Parti Québécois had not turned their back on the Meech Lake Accord. However, the Canadian Press journalist reporting this news was not fooled and he remarked that: Nevertheless, in a vote held in the National Assembly on June 23, 1987, the Parti Québécois had absolutely rejected the Meech Lake Accord. The Liberal majority had adopted the text of the Accord by 95 votes for versus 18 votes against, cast by the Péquiste members. Indeed, when we examine sources from that time, it becomes clear that sovereignists and the Parti Québécois were opposed both to the Meech Lake agreement-in-principle reached by Canadian first ministers on April 30, 1987 and to the Meech Lake Accord signed on June 3, 1987. Thus, on May 1, 1987, Radio-Canada reported that the Meech Lake agreement-in-principle was supported by the three major federal political parties and news anchor Bernard Derome informed viewers that: The only real opposition comes from Québec nationalists, in particular from [Parti Québécois leader] Pierre-Marc Johnson who believes that Québec has been sold out at a discount. Moreover, during the debate on the ratification of the Meech Lake Accord, then-Opposition Leader Pierre-Marc Johnson told the National Assembly that Robert Bourassa's Liberal government had been "abjectly cowardly" in its negotiation and ratification of the Meech Lake Accord, reported Radio-Canada on June 23, 1987. In 1987, Le Devoir published Le Québec et le lac Meech, a book-length compilation of news articles, op-eds, speeches and position statements on the Meech Lake agreement-in-principle and Accord. In it, we observe that nationalist organizations such as the Société Saint-Jean-Bapiste de Montréal1, Gilles Rhéaume's Parti indépendantiste2, the Société nationale des Québécois de la Capitale3, the Mouvement national des Québécois4 and the Mouvement Québec français5 were opposed to Meech. Indeed, La Presse reported the day after the signature of the Meech Lake Accord that: The ratification of the Meech Lake Accord caused consternation among nationalist groups. Some react with anger, others with deception, most also with some fatalism.6 Former Parti Québécois leader René Lévesque said "we must be wary" of Meech whereas Pierre-Marc Johnson spoke of "the Meech Lake monster".7 Future PQ leader Jacques Parizeau denounced Meech, saying it was "unacceptable" for Québec.8 During the Parti Québécois' tenth national convention which took place on June 12-14, 1987, the PQ delegates pronounced themselves against the Meech Lake Accord. When Jacques Parizeau replaced Pierre-Marc Johnson as leader of the PQ on March 19, 1988, he did not rescind his party's opposition to Meech; on the contrary, he adopted an harder line than Johnson's and said the PQ would promote Québec sovereignty "before, during and after the elections". Parizeau kept his promise. According to a chapter on provincial political parties of the 1990 book L'année politique au Québec 1989-1990, "[s]oon before the electoral campaign of 1989, the PQ leader had also declared that in the event of a victory for his party, there would be a string of popular consultations leading to political sovereignty" for Québec. A 1989 Parti Québécois campaign ad showed an handshake turning into a handcuffing while Jacques Parizeau said that Bourassa's Liberals, by "working hand in hand with the federal government", would end up getting Québec's "hands tied up". Ten years after Meech's failure, Journal de Montréal columnist Michel C. Auger summed up the PQ's action by writing that "[t]he PQ spent three years denouncing the Meech Lake Accord as insufficient or even insignificant." Thus, contrary to André Boisclair's claims, at the time the Parti Québécois did turn its back on Meech and it has been crying crocodile tears ever since over the death of an Accord it never wanted. | Le chef du Parti Québécois André Boisclair a fait du révisionnisme historique hier lorsqu'il a affirmé:
Les souverainistes n'ont jamais pratiqué la politique du pire. Les gens du Parti Québécois n'avaient pas tourné le dos à [l'Accord du lac] Meech. Cependant, le journaliste de la Presse Canadienne qui a rapporté cette nouvelle n'a pas été dupe et il a rappelé que: Pourtant, lors d'un vote pris à l'Assemblée nationale le 23 juin 1987, le Parti Québécois avait carrément rejeté l'Accord du lac Meech. La majorité Libérale avait adopté le texte de l'Accord par 95 voix contre 18, soit celles des élus péquistes. En effet, lorsqu'on examine les sources de cette époque, il devient clair que les souverainistes et le Parti Québécois étaient opposés autant à l'entente de principe de Meech conclue par les premiers ministres canadiens le 30 avril 1987 qu'à l'Accord du lac Meech signé le 3 juin 1987. Ainsi, le 1er mai 1987, Radio-Canada a rapporté que l'entente de principe du lac Meech était appuyée par les trois partis politiques fédéraux majeurs et le lecteur de nouvelles Bernard Derome a informé les téléspectateurs que: La seule véritable opposition vient des nationalistes québécois, en particulier celle [du chef du Parti Québécois] Pierre-Marc Johnson qui est d'avis que le Québec a été vendu à rabais. De plus, durant le débat sur la ratification de l'Accord du lac Meech, Pierre-Marc Johnson, alors chef de l'Opposition, a dit à l'Assemblée Nationale que le gouvernement Libéral de Robert Bourassa avait été "abjectement lâche" dans sa négociation et ratification de l'Accord du lac Meech, a rapporté Radio-Canada le 23 juin 1987. En 1987, Le Devoir a publié Le Québec et le lac Meech, une compilation sous forme de livre des articles, éditoriaux, discours et prises de position sur l'entente de principe et l'Accord du Lac Meech. On y remarque que les organisations nationalistes telles que la Société Saint-Jean-Bapiste de Montréal1, le Parti indépendantiste de Gilles Rhéaume2, la Société nationale des Québécois de la Capitale3, le Mouvement national des Québécois4 et le Mouvement Québec français5 étaient opposés à Meech. En effet, La Presse a rapporté le lendemain de la signature de l'Accord du Lac Meech que: La ratification de l'Accord du lac Meech a jeté la consternation dans les groupes nationalistes. Certains y réagissent avec colère, d'autres avec déception, la plupart, aussi, avec un certain fatalisme.6 L'ex-chef du Parti Québécois René Lévesque a dit qu'"il faut se méfier" de Meech alors que Pierre-Marc Johnson a parlé du "monstre du lac Meech".7 Le futur chef du PQ Jacques Parizeau a dénoncé Meech en disant qu'il est "inacceptable" pour le Québec.8 Lors du dixième Congrès national du Parti Québécois qui a eu lieu du 12 au 14 juin 1987, les délégués du PQ se sont prononcés contre l'Accord du Lac Meech. Lorsque Jacques Parizeau a remplacé Pierre-Marc Johnson à la chefferie du PQ le 19 mars 1988, il n'a pas retiré l'opposition de son parti à Meech; au contraire, il a adopté une ligne plus dure que celle de Johnson et a dit que le PQ ferait la promotion de la souveraineté du Québec "avant, pendant et après les élections". Parizeau a tenu promesse. Selon un chapitre sur les partis politiques provinciaux du livre de 1990 L'année politique au Québec 1989-1990, "[u]n peu avant la campagne électorale de 1989, le chef du PQ avait aussi déclaré qu'advenant l'élection de son parti, il y aurait une série de consultations populaires menant à la souveraineté politique" pour le Québec. Une publicité du Parti Québécois pour la campagne de 1989 montrait une poignée de mains se transformant en un menottage alors que Jacques Parizeau disait que les Libéraux de Bourassa, en "travaillant main dans la main avec le fédéral", mèneraient le Québec à être "les mains liées". Dix ans après l'échec de Meech, le chroniqueur du Journal de Montréal Michel C. Auger a résumé l'action du PQ en écrivant que "[l]e PQ a passé trois ans à dénoncer l'Accord du lac Meech comme étant insuffisant, voire insignifiant." Ainsi, contrairement à ce qu'André Boisclair affirme, à l'époque le Parti Québécois a bel et bien tourné le dos à Meech et il verse depuis des larmes de crocodile pour la mort d'un Accord dont il n'a jamais voulu. |
| 1. Le Québec et le lac Meech: Un dossier du Devoir, Montréal: Guérin Littérature, 1987, pp. 192-195. 2. Ibid., pp. 195-198. 3. Ibid., pp. 202-207. 4. Ibid., pp. 207-210. 5. Ibid., pp. 211-213. 6. Fontaine, Mario. "Colère et déception chez les groupes nationalistes." La Presse, 4 juin 1987 in Ibid., pp. 368-369. 7. Descôteaux, Bernard. "'Méfions-nous'." Le Devoir, 27 mai 1987 in Ibid., pp. 314-315. 8. O'Neill, Pierre. "L'accord, recul inacceptable sur 'la langue, l'école et l'argent'." Le Devoir, 15 mai 1987 in Ibid., pp. 301-303. | |
Abraham Lincoln, then an Illinois Congressman in the United States House of Representatives, made in 1854 a speech in which he denounced Illinois Senator Stephen Douglas' thesis according to which climate, and not laws or policies, explained why slavery had not taken root in Illinois:
[Illinois and Missouri] lie side by side, the Mississippi river only dividing them; while their early settlements were within the same latitude. Between 1810 and 1820 [...] the [Northwest] ordinance forbid slavery to go into Illinois; and NOTHING forbid it to go into Missouri. It DID go into Missouri, and did NOT go into Illinois. Though it has nothing do with slavery, this is the first thing that popped into my mind when I saw this 2001 map of oil and gas development in Alberta and Saskatchewan that was showcased by Kate McMillan on the CBC Election Roundtable. | Abraham Lincoln, alors un député de l'Illinois à la Chambre des Représentants des États-Unis, a prononcé en 1854 un discours dans lequel il a dénoncé la thèse du Sénateur d'Illinois Stephen Douglas selon lequel c'était le climat, et non les lois ou les politiques, qui expliquait pourquoi l'esclavage n'avait pas pris racine en Illinois:
[L'Illinois et le Missouri] sont côte à côte, seul le fleuve Mississippi les divisant; alors que leurs premiers établissements se trouvaient à la même latitude. Entre 1810 et 1820 [...] l'ordonnance du Nord-Ouest a interdit à l'esclavage d'aller en Illinois; et RIEN n'a interdit qu'elle aille au Missouri. Elle EST allée au Missouri, et elle n'est PAS allée en Illinois. Bien que cela n'ait rien à voir avec l'esclavage, c'est la première chose qui m'est venue à l'esprit lorsque j'ai vu cette carte 2001 des développements pétroliers et gaziers en Alberta et en Saskatchewan qu'a mise en relief Kate McMillan sur la table ronde électorale de la CBC. |
| Yet again, we realize that it is an error to take Paul Martin to his word. After the English leaders' debate, he told reporters that he was ready to take on Gilles Duceppe "on every street corner, in every city and in every town and village in Quebec". But when Duceppe offered him an one-on-one debate, Paul Martin miserably declined. On the other hand, Stephen Harper is willing to take up the challenge and has offered Duceppe a one-in-one debate in French. | Encore une fois, on réalise que c'est un erreur que de prendre au mot Paul Martin. Après le débat des chefs en anglais, il a dit aux journalistes qu'il était prêt à faire face à Duceppe "à tous les coins de rue, dans chaque ville et village du Québec". Mais lorsque Duceppe lui a offert un débat face-à-face, Paul Martin misérablement refusé. Quant à Stephen Harper, il est prêt à relever le défi et a offert à Duceppe un débat face-à-face en français. |
Given that, according to Statistics Canada, only 1.7 percent of Canadians are homosexual or bisexual and same-sex couples account for 0.5 percent of all couples, I think that the importance of the issue of gay marriage has been quite exaggerated during the last decade. However, since that issue has yet again resurfaced during this federal election and during the leaders' debates, I will make some comments on that debate, in no particular order:
| Étant donné que, selon Statistique Canada, seulement 1,7% des Canadiens sont homosexuels ou bisexuels et que les couples de même sexe représentent 0,5% de l'ensemble des couples, je pense que l'importance de l'enjeu du mariage gai a été plutôt exagérée au cours de la dernière décennie. Cependant, étant donné que cet enjeu a refait surface dans cette élection fédérale et dans les débats des chefs, je vais faire quelques commentaires sur ce débat, sans ordre particulier:
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Medecine professors Mark Baerlocher and Allan Detsky have recently published in the Canadian Medical Association Journal a study examining whether there is discrimination against women in the selection of medical students for postgraduate training in Canada. They found results that may be surprising:
We found that, during the decade 1995–2004, women were no more likely than men to be rejected for residency positions in their first-ranked specialty. In fact, for several specialties, we found the opposite to be true: the odds of men being rejected were almost twice as high as the odds of women being rejected for residency positions in family medicine, psychiatry and emergency medicine. Overall, the odds of rejection among men were 1.6 time greater than the corresponding odds among women. The authors of the study go on to point out that, since they did not have sufficient data to control for the quality of candidates, this higher rejection rate is not necessarily a proof of discrimination against men because it is possible that female students simply had on average better applications than male students. The authors are simply being good scientists, seeking out alternate explanatory hypotheses that could fit equally well the data they have on hand. As renowned psychology professor Steven Pinker pointed out, "[t]he point that differences in outcome don't show discrimination unless one has equated for other relevant traits is elementary social science (not to mention common sense)".1 But we have to wonder if, in the case that the study would have shown that female medical students faced a higher rejection rate than male students, its authors would have dared to suggest that maybe this was due to men submitting better applications. Perhaps these authors would have had second thoughts after considering what happened to Harvard University president Lawrence Summers after he tackled in a speech to the National Bureau of Economic Research the topic of why there are so few women holding tenured professorships in engineering and in hard sciences in top universities. After he dared to stray from the only "politically correct" explanation that discrimination was wholly to blame, he was predictably (and unjustifiably) widely denounced as a sexist. 1. Pinker, Steven (2002) The Blank Slate: The Modern Denial of Human Nature. New York: Viking Adult, p. 354. | Les professeurs de médecine Mark Baerlocher et Allan Detsky ont récemment publié dans le Journal de l'Association médicale canadienne une étude examinant si il y a de la discrimination contre les femmes lors de la sélection des étudiants en médecine pour une formation postdoctorale au Canada. Ils ont trouvé des résultats qui pourraient être surprenants:
Nous avons trouvé que, durant la décennie 1995–2004, les femmes n'avaient pas plus tendance que les hommes à se voir refuser un poste de résidence dans leur premier choix de spécialité. En fait, dans plusieurs spécialités, nous avons constaté la situation inverse: la probabilité qu'un homme soit refusé était près de deux fois plus élevée que la probabilité qu'une femme soit refusée pour un poste de résidence en médecine familiale, en psychiatrie et en médecine d'urgence. Dans l'ensemble, la probabilité de refus pour un homme était 1,6 fois plus élevée que la probabilité correspondante pour une femme. Les auteurs de l'étude continuent et signalent que, étant donné qu'ils n'avaient pas les données suffisantes pour tenir compte de la qualité des candidats, ce taux de refus plus elevé n'est pas nécessairement une preuve de discrimination envers les hommes parce qu'il est possible que les étudiantes aient tout simplement eu en moyenne de meilleurs dossiers que les étudiants mâles. Les auteurs ne font que jouer leur rôle de bon scientifique, en cherchant des hypothèses alternatives qui pourraient tout aussi bien expliquer les données dont ils disposent. Comme le renommé professeur de psychologie Steven Pinker l'a souligné, "c'est un élément de science sociale élémentaire (pour ne pas dire de gros bon sens) que les inégalités de résultats ne démontrent pas la présence de discrimination à moins qu'on ait tenu compte des autres facteurs pertinents".1 Mais il faut se demander si, dans le cas où l'étude aurait montré que les étudiantes en médecine font face à taux de refus plus élevé que les étudiants, ses auteurs auraient osé suggéré que peut-être cela était dû à de meilleurs dossiers soumis par les hommes. Peut-être que ces auteurs y auraient pensé à deux fois après avoir considéré ce qui est arrivé au président de l'Université Harvard Lawrence Summers après qu'il ait abordé dans un discours au Bureau national de recherche économique le sujet du faible nombre de femmes qui détiennent un poste permanent de professeur en sciences pures ou en génie dans les meilleures universités. Après avoir osé s'écarter de la seule explication "politiquement correcte" selon laquelle la discrimination en est la cause unique, il a été prévisiblement (et injustement) largement dénoncé comme étant sexiste. 1. Pinker, Steven (2002) The Blank Slate: The Modern Denial of Human Nature. New York: Viking Adult, p. 354. |
After Lucien Bouchard who said that taking on the economic, fiscal and demographic challenges faced by Québec, and not sovereignty, should be the priority and after Pierre-Marc Johnson who said there should not be a fourth referendum, it is the turn of another former Parti Québécois leader and Premier to criticize the PQ's approach with respect to sovereignty: Jacques Parizeau. Of course, contrary to Bouchard and Johnson, Parizeau is a hard-liner and he believes that the PQ's program is actually too timid! Le Devoir reports that Parizeau, in an interview he gave for L'annuaire du Québec 2006, had also some blunt remarks:
Mr. Parizeau belives that "the new program of the Parti québécois, adopted during the same month [in June], absolutely did not deserve all the respect shown by leading figures of the party since then, such as André Boisclair", can we read in l'Annuaire. "According to the former Premier, this document is full of defects, of 'stupidities', and will have to be corrected after the [leadership] race." Le Devoir also reports that Pierre-Marc Johnson and Jacques Parizeau, in their respective interviews for L'annuaire du Québec 2006, declared themselves favourable to a greater role for the private sector in health care and to the spirit of the Chaoulli ruling. Recall that Lucien Bouchard, in his manifesto For a clear-eyed vision of Québec, adopted a similar position. This is again contrary to the orientations of the Parti Québécois who, as Chantal Hébert pointed out in the Toronto Star, is ironically fighting for the Canadian symbol of a totally public health care system. UPDATE 2005-12-14: Read also on this topic Martin Masse on the Québécois Libre's blog. | Après Lucien Bouchard qui a dit que relever les défis économiques, fiscaux et démographiques auxquels le Québec fait face, et non la souveraineté, devrait être la priorités et après Pierre-Marc Johnson qui a dit qu'il ne devrait pas y avoir un quatrième référendum, c'est au tour d'un autre ex-chef du Parti Québécois et ex-premier ministre de critiquer l'approche du PQ relativement à la souveraineté: Jacques Parizeau. Bien sûr, contrairement à Bouchard et Johnson, Parizeau est un "pur et dur" et il croit que le nouveau programme du PQ est en fait trop timoré! Le Devoir rapporte que Parizeau, dans une entrevue qu'il a accordée pour L'annuaire du Québec 2006, a eu quelques remarques directes:
M. Parizeau estime que "le nouveau programme du Parti québécois, adopté le même mois [en juin], ne méritait aucunement tout le respect que lui ont voué certaines têtes d'affiche du parti depuis, tel André Boisclair", peut-on lire dans l'Annuaire. "Selon l'ancien premier ministre, ce document est plein de défauts, de 'conneries', et devra être corrigé après la course [au leadership]." Le Devoir rapporte aussi que Pierre-Marc Johnson et Jacques Parizeau, dans leurs entrevues respectives pour L'annuaire du Québec 2006, se sont déclarés favorables à un plus grand rôle du secteur privé dans les soins de santé et à l'esprit de l'arrêt Chaoulli. Souvenez-vous que Lucien Bouchard, dans son manifeste Pour un Québec lucide, a adopté une position semblable. C'est en encore une fois contraire aux orientations du Parti Québécois qui, comme Chantal Hébert l'a souligné dans le Toronto Star, se bat ironiquement pour le symbole canadien qu'est un système de santé totalement public. MISE À JOUR 2005-12-14: Lire aussi à ce sujet Martin Masse sur le blogue du Québécois Libre. |
| In the wake of the riots that rocked France last month, I asked: could such riots happen in Canada? Farouk Karim, the Parti Québécois candidate for the riding of Outremont in the provincial by-election which will take place next Monday, has given his answer and it is yes. Last Sunday, he deplored the high unemployment rate among black and Arab Quebecers and said this situation is "unjust and intolerable".1 He added, in an allusion whose meaning is crystal-clear, that "the recent incidents in France show us the dangers that can be posed by such marginalization."
Farouk Karim is reflecting what seems to have become the "conventional wisdom" about the French riots: that they were caused by a mixture of poverty, unemployment and racism. However, the French columnist Ivan Rioufol succintly showed the shortcomings of these explanations in Le Figaro: This violence is not only a product of society. [...] Asiatic immigrants, as well as European and "pied-noir" immigrants before them, have also encountered poverty and marginalization without causing such problems. Of course, there haven't yet been enough time for in-depth and quantitative studies of the causes of the French riots to be produced. But in the meantime, we can look at the race riots that rocked the United States, and more particularly its black inner-city neighbourhoods, during the 1965-1968 period. An interesting question is why these riots happened during these years and not at another point in time. After all, the 1960s were a period of economic growth and low unemployment whereas the 1930s are the decade of the Great Depression, and racism was more intense in the 1930s than the 1960s. Nevertheless, it is the 1960s and not the 1930s that witnessed a large number of race riots in American cities. The economist Thomas Sowell also points that these riots happened during a period of social program expansion, not of social program contraction: Government social programs such as the War on Poverty were considered a way to reduce urban riots. Such programs increased sharply during the 1960s. So did urban riots. Later, during the Reagan administration [in the 1980s], which was denounced for not promoting social programs, there were far fewer urban riots. Another interesting question is why these riots happened more often in some places than elsewhere. In an article published in the Brookings-Wharton Papers on Urban Affairs: 2004, economics professors William J. Collins and Robert A. Margo pointed in their literature review to important research made by Seymour Spilerman in the early 1970s: Spilerman's principal finding was simple: the absolute size of the black population (positively correlated with riots) and southern location (negatively correlated with riots) were the best predictors (in a statistical sense) of the incidence and severity of the riots [among American cities]. He found little support for a wide range of other seemingly plausible explanatory factors, including a variety of indicators of blacks' absolute and relative (to whites) economic status. A recent study by economics professor Siddharth Chandra and public policy professor Angela Williams Foster published in the Summer 2005 issue of Social Science History tries to solve the riddle of the time and place of the riots. According to this study, the riots were the product of a "revolution of rising expectations". In other words, by the mid-1960s American blacks had made enough political, economic and legal gains to believe that they could and should achieve equality with whites, but not enough gains to be close to this equality. Thus, their expectations rose much faster than their real situation and this led to what the study calls a "relative deprivation" which fueled waves of riots. The authors cite an earlier study which paradoxically found that "the incidence of rioting was highest in cities in which socioeconomic conditions of blacks had shown the greatest improvement" and their own study yields the equally paradoxical result that, among American states in the 1960s, a reduction in the black-white wage differential was positively correlated with the incidence of riots. This revolution of rising expectations would explain the strange chronology of the riots, as it was described by the journal First Things in its August/September 2005 issue: Within two weeks of passage of the civil-rights legislation of 1964 a major riot broke out in Harlem, followed quickly by outbreaks in other northeastern cities. Just five days after passage of the Voting Rights Act in 1965 came the conflagration in Watts, one of the deadliest race riots in the [United States'] history. This article further describes how political moderates, who thought that enacting civil rights legislation would ensure social peace, felt betrayed when instead riots erupted, in a tragic manifestation of the law of unintended consequences. In short, what all this shows is that riots are hard enough to explain correctly after the fact, and harder still to predict beforehand. 1. As an aside, Mr. Karim may have inadvertently bashed his own party and leader. As a report by Yves Chartrand in the Journal de Montréal points out, the deplorable numbers used by the PQ candidate come from the census of 2001, when the Parti Québécois held power and after André Boisclair had been the minister responsible for immigration in the late 1990s. | Dans la foulée des émeutes qui ont sécoué la France le mois dernier, j'ai demandé: est-ce que de telles émeutes pourraient se produire au Canada? Farouk Karim, candidat du Parti Québécois pour la circonscription provinciale d'Outremont dans l'élection partielle qui aura lieu lundi prochain, a donné sa réponse et c'est oui. Dimanche dernier, il a deploré le haut taux de chômage chez les Québécois noirs et arabes et il a dit que cette situation est "injuste et intolérable".1 Il a ajouté, à l'aide d'une allusion dont le sens est clair comme de l'eau de roche, que "les récents incidents en France nous révèlent les dangers que peuvent poser pareille marginalisation."
Farouk Karim se fait le reflet de ce qui semble être devenu la "sagesse conventionnelle" à propos des émeutes françaises: qu'elles ont été causées par un mélange de pauvreté, de chômage et de racisme. Cependant, le chroniqueur français Ivan Rioufol a succintement montré les failles de cette explication dans Le Figaro: Cette violence n'est pas uniquement le produit de la société. [...] Les immigrations asiatique, mais aussi européenne ou "pied-noir" naguère, ont également rencontré pauvreté et marginalisation, sans poser ces problèmes. Évidemment, on n'a pas encore eu le temps de faire des études approfondies et quantitatives sur les causes des émeutes françaises. Entre temps, nous pouvons examiner les émeutes raciales qui ont secoué les États-Unis, plus particulièrement les quartiers noirs de ses centre-villes, durant la période de 1965-1968. Une question intéressante est pourquoi ces émeutes se sont produites durant ces années et non à un autre moment. Après tout, les années 1960 ont été une période de croissance économique et de bas chômage alors que les années 1930 ont été la décennie de la Grande Dépression, et le racisme était plus intense durant les années 1930 que 1960. Pourtant, ce sont les années 1960 et non 1930 qui ont vu un grand nombre d'émeutes raciales se produire dans les villes américaines. L'économiste Thomas Sowell souligne aussi que ces émeutes se sont produites durant une période d'expansion et non de réduction des programmes sociaux: Les programmes sociaux du gouvernement tels que la War on Poverty étaient considérés comme une manière de réduire les émeutes urbaines. Ces programmes ont été considérablement augmentés durant les années 1960. Les émeutes urbaines ont fait de même. Plus tard, durant l'administration Reagan [dans les années 1980], qui a été dénoncée pour sa non-promotion des programmes sociaux, il y a eu beaucoup moins d'émeutes urbaines. Une autre question intéressante est pourquoi ces émeutes sont arrivées plus souvent à certains endroits qu'à d'autres. Dans un article publié dans les Brookings-Wharton Papers on Urban Affairs: 2004, les professeurs d'économie William J. Collins et Robert A. Margo ont souligné dans leur revue de litérature les recherches importantes faites par Seymour Spilerman au début des années 1970: Le résultat principal trouvé par Spilerman était simple: la taille absolue de la population noire (positivement corrélée avec les émeutes) et la localisation dans le Sud (négativement corrélée avec les émeutes) étaient les meilleurs prédicteurs (au sens statistique) de l'incidence et de la sévérité des émeutes. Il n'a trouvé que peu de fondement pour un large éventail d'autres facteurs qui semblaient plausibles, incluant une variété d'indicateurs sur le statut économique absolu et relatif (par rapport aux blancs) des noirs. Une étude récente par le professeur d'économie Siddharth Chandra et le professeur de politique publique Angela Williams Foster publiée dans l'édition d'été 2005 de Social Science History tente de résoudre l'énigme du moment et du lieu des émeutes. Selon cette étude, les émeutes ont été le produit d'une "révolution des attentes à la hausse". En d'autres mots, au milieu des années 1960 les Américains noirs avaient fait assez de gains sur les plans politiques, économiques et légaux pour croire qu'ils pouvaient et devaient réaliser l'égalité avec les blancs, mais pas assez de gains pour être près de cette égalité. Ainsi, leurs attentes ont augmenté bien plus rapidement que leur situation réelle et ceci a mené à ce que l'étude appelle une "déprivation relative" qui a nourri les vagues d'émeutes. Les auteurs citent une étude précédente qui a paradoxalement trouvé que "l'incidence des émeutes était la plus élevée dans les villes où les noirs avaient vu les plus grandes améliorations dans leurs conditions socioéconomiques" et leur propre étude donne un résultat tout aussi paradoxal: parmi les États américains dans les années 1960, une réduction dans le différentiel entre les salaires des noirs et des blancs était positivement corrélée avec l'incidence des émeutes. Cette révolution des attentes à la hausse expliquerait l'étrange chronologie des émeutes, telle qu'elle a été décrite dans l'édition d'août-septembre 2005 du journal First Things: Moins de deux semaines après l'adoption des lois sur les droits civiques de 1964, une émeute majeure a éclaté dans Harlem, rapidement suivie d'autres incidents dans les autres villes du Nord-Est. À peine cinq jours après l'adoption du Voting Rights Act en 1965 est survenue la conflagration de Watts, une des émeutes raciales les plus meurtrières dans l'histoire [des États-Unis]. Cet article décrit de plus comment les modérés, qui croyaient que la promulgation de lois sur les droits civiques assurerait la paix sociale, se sont sentis trahis lorsqu'il y a plutôt eu une éruption d'émeutes, dans une manifestation tragique de la loi des conséquences non voulues. En bref, ce que tout ceci montre est qu'il est déja dur de donner une explication correcte des émeutes après qu'elles se soient produites, et qu'elles sont encore plus dures à prédire à l'avance. 1. En passant, M. Karim a peut-être tapé par inadvertance sur son propre parti et chef. Comme un reportage d'Yves Chartrand dans le Journal de Montréal le signale, les chiffres déplorables cités par le candidat du PQ viennent du recensement de 2001, alors que le Parti Québécois était au pouvoir et après qu'André Boisclair ait été le ministre responsable de l'immigration à la fin des années 1990. |
| Some months ago, I wrote about the demographic decline of anglo-Quebecers over the last 150 years. In particular, several regions with sizeable anglophone minorities or even anglophone majorities now are almost 100 percent francophone.
Le Soleil published last week-end an article on the case of Québec City. It notes that people from English, Scotch or Irish origin accounted for almost half of the population of Québec City in the middle of the 19th century and that anglophones now account for only 1.5 percent of the city's population. | Il y a quelques mois, j'ai écrit à propos du déclin démographique des anglo-Québécois au cours des 150 dernières années. En particulier, plusieurs régions qui avaient des minorités anglophones considérables ou même des majorités anglophones sont maintenant francophones à presque 100%.
Le Soleil a publié la fin de semaine dernière un article sur le cas de la ville de Québec. Il note que les gens d'origine anglaise, écossaise ou irlandaise représentaient près de la moitié de la population de la ville de Québec au milieu du 19e siècle et que les anglophones ne sont maintenant que 1,5% de la population de la ville. |
| The federal Conservatives and Liberals have each proposed their own child-care policies. Ferg, who ran the defunct Amateur Extraordinaire blog and now writes the Fergophone, rightly points out that federal parties should not be discussing this topic because it is exclusively within provincial jurisdiction. Indeed, it is more than annoying that federal elections now more often than not revolve around issues where the federal government has no place.
But since they are discussing it anyway, there is an important point to be made. The Liberals want to replicate Québec's day-care system across Canada: Paul Martin told the House of Commons in November 2004 that "the model we will be using is the Quebec model" and he said last Tuesday that the Liberals are offering a pan-Canadian version of the Québec model. This means that looking at what happened with Québec's day-care system after it was introduced in 1997 by a Parti Québécois government can show us what is likely to happen if the Liberals impose a similar system across Canada. The two main features of the Québec system are the following: parents can get a subsidized child-care space for their children for a small fee (formerly 5 dollars per day, now 7 dollars per day) and there are long waiting lists for these child-care spaces. These two features go hand-in-hand: since "free" or "affordable" services are anything but free or affordable for the governments that must foot the bill, governments often resort by design or by default to waiting lists as a rationing mechanism to limit their expenses. Québec's day-care waiting lists are so well known that even as venerable an institution as the École Polytechnique de Montréal, Québec's largest engineering school, must tell its prospective and current graduate students that, if they want a day-care space for their children in Montréal, they should "get registered on the waiting lists of at least ten day-care centers". Moreover, "the registration with day-care centers must take place during the first months of the pregnancy in order to have some chance of having a place when the child will be 4 months old." Indeed, Radio-Canada points out that: In 2003, the waiting list for the totality of Québec's day-care centers contained 85,000 names. The management of these unending lists, according to criteria specific to each day-care center, leads to frustrations among many parents. Moreover, costs are soaring. From 289 millions of dollars in 1997, the budget for day-care services raised to 1.3 billion in 2003. Recent studies on Québec's day-care system have also been far from favourable. In a 2004 paper published in Policy Options, economics professor Pierre Lefebvre writes that: [T]he policy favours higher income families, is unfair to families who choose to care for their children themselves or do not use nonparental child care, and is not well suited to parents working part time or nonstandard hours. [...] Quebec has always provided more support for families than have the other provinces, but the tradeoffs brought about by the reforms that introduced the $5 a-day-policy in 1997 lack transparency in terms of the real cost of the service and have distorted parents' child care choices. Finally, the National Bureau of Economic Research, a renowned American research organization, has recently published what is the most complete and recent study on Québec's day-care system (the complete paper is available here). In its abstract, the economics professors Michael Baker, Jonathan Gruber and Kevin Milligan write that the introduction of the program had negative consequences on both parents and children: [W]e uncover striking evidence that children are worse off in a variety of behavioral and health dimensions, ranging from aggression to motor-social skills to illness. Our analysis also suggests that the new childcare program led to more hostile, less consistent parenting, worse parental health, and lower-quality parental relationships. | Les Conservateurs et Libéraux fédéraux ont chacun proposé leur propre politique en matière de petite enfance. Ferg, qui publiait le défunt blogue Amateur Extraordinaire et qui est maintenant l'auteur du Fergophone, signale avec raison que les partis fédéraux ne devraient pas discuter de ce sujet étant donné qu'il se trouve exclusivement à l'intérieur des juridictions provinciales. En effet, il est plus que désagréable de constater que les élections fédérales tournent maintenant plus souvent qu'autrement autour d'enjeux dans lesquels le gouvernement fédéral n'a pas sa place.
Mais étant donné qu'ils en discutent de toute façon, il y a un élément important à souligner. Les Libéraux veulent répliquer le système de garderies du Québec à la grandeur du Canada: Paul Martin a dit en novembre 2004 à la Chambre des Communes que "le modèle que nous allons utiliser est le modèle du Québec" et il a dit mardi que les Libéraux offrent une version pan-canadienne du modèle québécois. Cela signifie que d'examiner ce qui s'est produit avec le système de garderies du Québec après qu'il ait été introduit en 1997 par un gouvernement du Parti Québécois peut nous montrer ce qui risque d'arriver si les Libéraux imposent un système semblable à la grandeur du Canada. Les deux principales caractéristiques du système québécois sont les suivantes: les parents peuvent obtenir une place de garderie subventionnée pour leur enfant à un tarif réduit (précédemment de 5 dollars par jour, maintenant 7 dollars par jour) et il y a de longues listes d'attente pour ces places en garderie. Ces deux caractéristiques vont main dans la main: étant donné que les services "gratuits" ou "abordables" sont tout sauf gratuit ou abordable pour les gouvernements qui doivent payer la facture, les gouvernements ont souvent recours, par exprès ou par défaut, aux listes d'attentes en tant que mécanisme de rationnement pour limiter leurs dépenses. Les listes d'attentes de garderies au Québec sont si bien connues que même une institution aussi vénérable que l'École Polytechnique de Montréal, la plus grande école de génie au Québec, doit dire à ses étudiants ou futurs étudiants aux cycles supérieurs que, si ils veulent une place en garderie pour leur enfant à Montréal, ils doivent "s'inscrire sur la liste d'attente d'une bonne dizaine de garderie". De plus, "l'inscription en garderie doit se faire pendant les premiers mois de grossesse pour avoir des chances d'avoir une place quand l'enfant aura 4 mois." En effet, Radio-Canada signale que: En 2003, la liste d’attente de l’ensemble des CPE du Québec compte quelque 85 000 noms. La gestion de ces listes interminables, selon des critères propres à chaque CPE, suscite des frustrations chez de nombreux parents. De plus, les coûts explosent. De 289 millions de dollars en 1997, le budget des services de garde passe à 1,3 milliard en 2003. Les études récentes faites sur le système de garderie du Québec sont loin d'être favorables. Dans un article publié en 2004 dans Options Politiques, le professeur d'économie Pierre Lefebvre écrit que: [C'est] une politique qui favorise les familles à revenus élevés, qui est inéquitable envers les familles choisissant de prendre soin elles-mêmes de leurs enfants ou de les confier à des proches, et qui convient mal aux parents travaillant à temps partiel ou selon des horaires variables. [...] [L]e Québec a toujours mieux soutenu les familles que les autres provinces du pays, cependant les dispositions des réformes ayant donné naissance au programme en 1997 manquent de transparence en ce qui a trait aux coûts réels des service de garde, et elles donnent de ce fait aux parents une vision déformée des choix en la matière. Finalement, le Bureau national de recherche économique, un organisme renommé de recherche des États-Unis, a récemment publié ce qui est l'étude la plus complète et la plus récente sur le système de garderie du Québec (l'article intégral est disponible ici). Dans leur résumé, les professeurs d'économie Michael Baker, Jonathan Gruber et Kevin Milligan écrivent que l'introduction de ce programme a eu des conséquences négatives autant sur les parents que sur les enfants: [N]ous découvrons des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d'aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l'aggression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu'à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales. |
| La Presse published this week a CROP poll on federal voting intentions in Québec. The most interesting feature of this poll is that it breaks down federal voting intentions according to provincial party support.
Without surprise, the poll shows that 84 percent of those who support the Parti Québécois also support the Bloc Québécois and that 70 percent of provincial Liberals are also federal Liberals. However, only 25 percent of Action Démocratique du Québec voters support the Conservative Party, as do 13 percent of provincial Liberal voters. These numbers help explain why the Conservative Party could not get the organizational ties it sought with Mario Dumont's ADQ. The Bloc Québécois, with a support of 46 percent, is the first choice of ADQ voters. This means that a sizeable share of Adéquistes are not hostile to sovereignism and to sovereignists and would likely not go along with the plan of La Presse's editorialist-in-chef André Pratte, who wants a merger of the ADQ and the Québec Liberal Party in order to stop "the division of the federalist vote." Moreover, only 7 percent of ADQ voters support the federal Liberal Party, which shows that even federalist-leaning Adéquistes are not inclined to hold their nose and give an anti-Bloc vote to the Liberals. Finally, what perhaps is the most surprising result of this survey is that the NDP gets its best results among ADQ supporters: 21 percent of ADQ voters, compared with 10 percent of provincial Liberals. This is particularly surprising because the NDP and the ADQ are considered to be on opposite sides of the political spectrum. The most likely explanation is that those who support both the NDP and the ADQ do so because of their populism. Indeed, during a 2003 Bloc Québécois convention, Gilles Duceppe accused the NDP of being a populist party. Moreover, one of the reasons why the Conservative Party did much less well in 2004 in British Columbia than the Canadian Alliance did in 2000 was because the Conservative Party lost a part of the populist vote to the NDP and the Greens, as was pointed out in a post-mortem by the Conservative Party campaign chair for the Saanich-Gulf Islands riding. | La Presse a publié cette semaine un sondage CROP sur les intentions de vote fédérales au Québec. L'aspect le plus intéressant de ce sondage est qu'il montre les intentions de votes fédérales en fonction du parti provincial appuyé.
Sans surprise, le sondage montre que 84% de ceux qui appuient le Parti Québécois appuient aussi le Bloc Québécois et que 70% des Libéraux provinciaux sont aussi |