novembre 30, 2005

Daifallah on the federal campaign

The introduction chapter of Tasha Kheiriddin's and Adam Daifallah's new book, Rescuing Canada's Right, is available for download at the official website of the book.

On a related note, Adam Daifallah has just published an op-ed in the Ottawa Citizen on how the Conservative Party should run the current election campaign. There is much good advice in there. Like Paul Wells did in the pages of Macleans', Adam suggests that Harper should run on a broader platform that is not limited to lower taxes and fighting corruption. Adam also says that Harper should learn to send positive messages. Harper himself seems to agree, as he told his caucus that "[i]t's never enough to show the public just what we're against. We will show them a positive vision for the future."

However, it is always good to be able to play more than one note; Harper and the Conservative Party should not forget how to be negative, especially late in the campaign, and this for two reasons. First, as Ipsos pollster Darrell Bricker pointed out, the 2004 election campaign showed that negative advertising works. Second, this is paradoxically a requirement for sending an effective positive message. If Harper says, as Adam suggests, that he wants to make Canada "the best place to live in, work and raise a family", then Paul Martin will simply reply that it already is; Jean Chrétien would reply that Canada is already "da best country in da world". Then Harper will have to point out what is broken in order to explain why his fixes are needed.

Le chapitre d'introduction du nouveau livre de Tasha Kheiriddin et Adam Daifallah, Rescuing Canada's Right, est disponible pour téléchargement sur le site Web officiel du livre.

Dans un même ordre d'idées, Adam Daifallah vient de publier un éditorial dans le Ottawa Citizen sur la manière dont le Parti Conservateur dverait gérer la présente campagne électorale. On y trouve beaucoup de bons conseils. Comme l'a fait Paul Wells dans les pages de Macleans', Adam suggère que Harper devrait faire campagne sur une plate-forme plus large qui ne se limite pas à des baisses d'impôts et à la lutte contre la corruption. Adam dit aussi que Harper devrait apprendre à envoyer des messages positifs. Harper lui-même semble être d'accord, étant donné qu'il a dit à son caucus que "[c]e n'est pas assez de montrer au public ce contre quoi nous nous opposons. Nous devons leur offrir un vision inspirante pour le futur."

Cependant, il est toujours bien d'avoir plus d'une corde à son arc; Harper et le Parti Conservateur ne doivent pas oublier comment être négatif, particulièrement vers la fin de la campagne, et ceci pour deux raisons. Premièrement, comme le sondeur d'Ipsos Darrell Bricker l'a souligné, la campagne électorale de 2004 a montré que la publicité négative fonctionne. Deuxièmement, c'est paradoxalement requis pour un envoyer un message positif efficace. Si Harper dit, comme le suggère Adam, qu'il veut faire du Canada "le meilleur endroit où vivre, travailler et élever une famille", alors Paul Martin va simplement répliquer qu'il l'est déjà; Jean Chrétien répondrait que le Canada est déjà le "plus meilleur pays du monde". Harper devra alors montrer ce qui est brisé pour expliquer pourquoi ses réparations sont nécessaires.

Publié par Laurent à 09:12 AM

novembre 27, 2005

Enquête d'un bloggeur sur un nouveau scandale Libéral

In October, the Globe and Mail revealed that auditors from KPMG had found irregularities in the handling of federal government contracts directed to the consulting firm Abotech, whose president used to be David Smith, the Liberal MP for the riding of Pontiac, in the Outaouais (Québec side of the Ottawa Valley region). The blogger Angry in the Great White North followed up these revelations with a lot of investigative reporting and uncovered many new facts and connections. Now these efforts are producing results, as the West Quebec Post, a weekly newspaper published in the Outaouais, has a report based on the blogger's research and leads:
Smith's company, computer consulting firm Abotech, received substantial contracts from the federal Public Works and Government Services ministry. For example, according to the Public Accounts of Canada annual report, the firm received almost a half-million dollars in 2004 for government contracts for "other" services. In October, The Globe and Mail reported that auditing firm KPMG found irregularities in $1 million of such contracts awarded to the company, of which Smith was the president at the time. [...]

One issue on which Poilievre wants to shed light is Smith's relationship to Frank Brazeau. Brazeau was a contracts officer at Consulting and Audit Canada, who was disciplined by the government, according to Public Works Minister Scott Brison, after his performance came under the scrutiny of auditors at KPMG. According to an Indian and Northern Affairs (INA) website last updated in 2004, Brazeau was a contact for the INA's Procurement Strategy for Aboriginal Business initiative (PSAB). Once a company is designated aboriginal, it qualifies for the PSAB and is then eligible for contract set-asides and other benefits.

The unemployed Brazeau has since become the secretary of the Liberal Association of Pontiac. According to Poilievre, Association President Luc Martel has confirmed that Brazeau's election occurred after the 2004 federal election in which Smith first entered the House of Commons.

There is also a claim that Brazeau and Smith are cousins. [...]

Stating that he is a "Métis, a non-status aboriginal," Smith has confirmed that Abotech was registered with the federal government as an aboriginal company. According to INA, a company must be more than half-owned and controlled by status Indians, Inuit and Métis and have a workforce that is one-third aboriginal to qualify for the PSAB program.

Smith's aboriginal origins are not clear. Chief Jean-Guy Whiteduck of the Kitigan Zibi Anishinabeg Band, outside Smith's home town of Maniwaki, told the Post Smith "is not a member of this band and never has been. He must be a self-declared Metis. There are a lot of those." According to the Chief, one way to achieve aboriginal status is through organizations like the Native Alliance of Quebec, which permits those seeking status to apply to the organization if that person "self-identifies" as an aboriginal person and takes "pride" in that status. The Chief is wary of such organizations, pointing out that there is a great deal of evidence of fraudulent use of such status claims.

Furthermore, Smith's high school teacher, Don Corkery, told The Post that at the time, the government paid for native students' books. "The teachers had a list of students who qualified as aboriginals," Corkery says, "but David was never on it." [...]

En Octobre, le Globe and Mail a révélé que des vérificateurs de KPMG ont trouvé des irrégularités dans la gestion de contrats gouvernementaux fédéraux octroyés à la firme de consultation Abotech, dont le président était David Smith, le député Libéral fédéral pour la circonscription de Pontiac, dans l'Outaouais. Le bloggeur Angry in the Great White North a suivi le fil de ces révélations avec beaucoup de journalisme investigatif et a découvert bien des nouveaux faits et connexions. Ces efforts produisent maintenant des résultats, étant donné que le West Quebec Post, un journal hebdomadaire publié en Outaouais, a un reportage se basant sur la recherche et les pistes du bloggeur:

La compagnie de Smith, la firme de consultation informatique Abotech, a reçu des contrats substantiels du ministère fédéral des Travaux publics et Services gouvernementaux. Par exemple, selon le rapport annuel des Comptes publics du Canada, la firme a reçu en 2004 près d'un demi-million de dollars en contrats gouvernementaux pour des services "autres". En octobre, le Globe and Mail a rapporté que la firme de vérification KPMG a trouvé des irrégularités dans des contrats, totalisant un million de dollars, octroyés à cette compagnie dont Smith était le président à l'époque. [...]

Un point sur lequel Poilievre veut faire la lumière est la relation qui lie Smith à Frank Brazeau. Brazeau était un agent de contrats pour Conseils et Vérification Canada qui a été discipliné par le gouvernement, selon le Ministre des Travaux publics Scott Brison, après que sa performance ait été soumise à l'examen des vérificateurs de KPMG. Selon un site Web du ministère des Affaires indiennes et du Nord (AIN) mis à jour pour la dernière fois en 2004, Brazeau était un contact pour la Stratégie d'approvisionnement auprès des entreprises autochtones (SAEA) d'AIN. Une fois qu'une compagnie est désignée comme autochtone, elle se qualifie pour la SAEA et est donc éligible pour des contrats réservés et d'autres avantages.

Le chômeur Brazeau est depuis devenu le secrétaire de l'Association Libérale de Pontiac. Selon Poilievre, le président de l'association Luc Martel a confirmé que l'élection de Brazeau a eu lieu après l'élection fédérale de 2004 dans laquelle Smith est pour la première fois entré à la Chambre des Communes.

Il y a aussi des affirmations comme quoi Brazeau et Smith seraient des cousins. [...]

Affirmant qu'il est un "Métis, un Autochtone non-inscrit," Smith a confirmé qu'Abotech était enregistrée auprès du gouvernement fédéral en tant que compagnie autochtone. Selon AIN, les intérêts et le contrôle d'une compagnie doivent être majoritairement détenus par des Autochtones inscrits, des Inuits et des Métis et la compagnie doit avoir une main d'oeuvre qui est autochtone au moins au tiers pour être éligible au programme SAEA.

Les origines autochtones de Smith ne sont pas claires. Le chef Jean-Guy Whiteduck de la bande Kitigan Zibi Anishinabeg, près de la ville natale de Smith qui est Maniwaki, a dit au Post que Smith "n'est pas un membre de cette bande et ne l'a jamais été. Il doit être un Métis autodéclaré. Il y en a beaucoup." Selon le chef, une façon d'obtenir le statut d'autochtone est de passer par des organisations comme l'Alliance Autochtone du Québec, qui permet à ceux qui cherchent ce statut d'appliquer auprès de l'organisation si la personne "s'identifie" en tant que personne autochtone et retire de la "fierté" de ce statut. Le chef se méfie de telles organisations, soulignant qu'il existe plusieurs preuves d'usage frauduleux de telles demandes de statut.

De plus, Don Corkery, un professeur de Smith à l'école secondaire, a dit au Post qu'à l'époque, le gouvernement payait pour les livres des étudiants autochtones. "Les professeurs avaient une liste d'étudiants qui se qualifiaient en tant qu'autochtones," dit Corkery, "mais David ne s'y est jamais trouvé." [...]

Publié par Laurent à 07:10 PM

novembre 26, 2005

Pierre-Marc Johnson contre un nouveau référendum

Pierre-Marc Johnson, who briefly succeeded René Lévesque as Québec Premier and was Parti Québécois leader from 1985 to 1987, announced that he supports the Liberal candidate Raymond Bachand in the by-election currently underway in the provincial riding of Outremont.

Some people, like the Parti Québécois' Parliamentary Leader Louise Harel, are trying to minimize this news by pointing out that Raymond Bachand is a long-time friend of Pierre-Marc Johnson. Of course, it is easy to imagine that he would support a close friend and laud his personal qualities. But the former Parti Québécois leader went even further.

Pierre-Marc Johnson, who in 1987 opposed the Meech Lake Accord because it wasn't good enough for Québec, declared that Quebecers should not waste their energies on yet another referendum:

The extraordinary accomplishments of two generations, despite our imperfect and incomplete constitutional status, should lead us to focus our collective energy on pretty obvious issues and not on a fourth referendum [including Charlottetown].

So Pierre-Marc Johnson, like Lucien Bouchard, believes that what is important, what must be prioritized, is not holding a referendum on sovereignty, but rather meeting the challenges faced by Québec. And, like Bouchard's manifesto For a clear-eyed vision of Québec, Johnson pointed to the importance of a high-producitivy economy for Québec in an era of demographic decline and of globalization:

In a globalized economy, our economy must be productive if we want to keep the institutions which secure social solidarity, intergenerational fairness as well as access to quality education and health care services.

The priorities of the Parti Québécois are now very different than those of Lucien Bouchard and Pierre-Marc Johnson. Indeed, the PQ's new program is entirely focused on the separatist project and, as journalist Michel Vastel pointed out in L'Actualité, it is "in particular mute on the governance of the province of Québec". André Boisclair and other PQ spokespersons are now either claiming that sovereignty will solve all problems or that nothing can be solved until sovereignty is achieved.

Federal minister of International Affairs Pierre Pettigrew showed a lack of judgment when he called the former leaders of the Parti Québécois "losers" and the apology he made in the House of Commons was not really convincing, as he was trying to demonstrate his "greatest respect" for those he had called "losers". However, in the midst of this controversy Pettigrew did manage to point out an interesting fact: neither Johnson nor Bouchard were in the room when André Boisclair was crowned leader of the Parti Québécois and they were booed by the crowd of militants when their pictures were shown during the evening. The break between the two former leaders and the PQ is real, and Johnson has now just formalized his break from the PQ.

Pierre-Marc Johnson, qui a brièvement succédé à René Lévesque en tant que premier ministre du Québec et a été chef du Parti Québécois de 1985 à 1987, a annoncé qu'il appuie le candidat Libéral Raymond Bachand dans l'élection partielle présentement en cours dans la circonscription provinciale d'Outremont.

Certaines personnes, comme la chef parlementaire du Parti Québécois Louise Harel, tentent de minimiser cette nouvelle en signalant que Raymond Bachand est un ami de longue date de Pierre-Marc Johnson. Bien sûr, on imagine facilement qu'il pourrait appuyer un ami proche et louer ses qualités personnelles. Mais l'ex-chef du Parti Québécois est allé encore plus loin.

Pierre-Marc Johnson, qui en 1987 s'était opposé à l'Accord du lac Meech parce que ce n'était pas assez bon pour le Québec, a declaré que les Québécois ne devraient pas gaspiller leurs énergies sur encore un autre référendum:

Les acquis extraordinaires de deux générations, en dépit de notre statut constitutionnel imparfait et inachevé, devraient nous amener à dépenser nos énergies collectives non pas sur un quatrième référendum [incluant Charlottetown], mais sur des enjeux et des impératifs qui crèvent les yeux.

Donc Pierre-Marc Johnson, comme Lucien Bouchard, croit que ce qui est important, ce qui est prioritaire, ce n'est pas de faire un référendum, mais plutôt de relever les défis auxquels le Québec fait face. Et, comme le manifeste de Bouchard Pour un Québec lucide, Johnson a souligné l'importance d'une forte productivité économique pour le Québec dans une ère de déclin démographique et de mondialisation:

Dans une économie mondialisée, notre économie doit être productive si nous voulons maintenir les institutions qui assurent la solidarité sociale, l’équité entre générations de même que l’accès à des services éducatifs et de santé de qualité.

Les priorités du Parti Québécois sont maintenant bien différentes de celles de Lucien Bouchard et Pierre-Marc Johnson. En effet, le nouveau programme du PQ se concentre exclusivement sur le projet séparatiste et, comme le journaliste Michel Vastel l'a souligné dans L'Actualité, il est "est en particulier muet sur la gouvernance de la province de Québec". André Boisclair et les autres porte-paroles du PQ affirment soit que la souveraineté va régler tous les problèmes, soit que rien ne peut être réglé tant que la souveraineté n'est pas faite.

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Pierre Pettigrew a manqué de jugement lorsqu'il a traité les ex-chefs du Parti Québécois de "losers" et les excuses qu'il a faites dans la Chambre des Communes n'étaient pas vraiment convaincantes, alors qu'il tentait de démontrer son "plus haut respect " pour ceux qu'il avait désignés comme "losers". Cependant, au milieu de cette controverse Pettigrew a réussi à faire ressortir un fait intéressant: ni Johnson ni Bouchard n'étaient dans la salle lorsqu'André Boisclair a été couronné chef du Parti Québécois et ils ont été hués par la foule des militants lorsque leurs photos ont été montrées durant la soirée. La rupture entre les deux ex-chefs et le PQ est réelle, et Johnson vient maintenant de formaliser sa rupture avec le PQ.

Publié par Laurent à 10:22 PM

novembre 23, 2005

Les jeunes pour le remboursement de la dette

The manifesto For a clear-eyed vision of Québec published last month had argued in favour of paying down Québec's debt. Now a coalition of young Quebecers has been formed to promote the reimbursement of Québec's debt. This coalition includes the youth wings of Québec's three main provincial parties: the Parti Québécois, the Québec Liberal Party and the Action Démocratique du Québec. It also includes the federations of Québec's college and university students, as well as three other associations representing young businesspeople, young medical doctors and young workers.Le manifeste Pour un Québec lucide publié le mois dernier a plaidé en faveur du paiement de la dette du Québec. Maintenant une coalition de jeunes québécois a été formée pour promouvoir un remboursement de la dette du Québec. Cette coalition inclut les ailes jeunesse des trois principaux partis provinciaux du Québec: le Parti Québécois, le Parti Libéral du Québec et l'Action Démocratique du Québec. Elle inclut aussi les fédérations des étudiants collégiaux et universitaires du Québec ainsi que trois autres associations représentant les jeunes gens d'affaires, les jeunes médecins et les jeunes travailleurs.
Publié par Laurent à 07:00 PM

novembre 17, 2005

André Boisclair de droite?

Following André Boisclair's élection as leader of the Parti Québécois, I will give a short answer to Jarrett's questions about Boisclair. Jarrett wonders whether Boisclair is really a fiscal conservative, as some commenters have claimed. The short answer is: no. J.H. summarized Boisclair's victory speech as "an ideological speech glorifying the interventionism of the Quiet Revolution's State" and said that "Boisclair is located in Bernard Landry's center-left trend."

The loudest proponents of the claim that Boisclair is a conservative have been far left candidates and activists who shout "right-wing", "neo-liberal" and "neo-conservative" at everyone who deviates from leftist orthodoxy. The only thing that can be inferred from such criticisms is that Boisclair is not a communist.

Suite à l'élection d'André Boisclair en tant que chef du Parti Québécois, je vais donner une courte réponse aux questions de Jarrett à propos de Boisclair. Jarrett se demande si Boisclair est vraiment un conservateur fiscal, comme l'ont affirmé certains commentateurs. La réponse courte est: non. J.H. a résumé le discours de victoire de Boisclair comme "un discours idéologique glorifiant l’interventionnisme de l’État de la Révolution tranquille" et a dit que "Boisclair se pose dans le courant centre-gauche de Bernard Landry."

Les plus bruyants promoteurs de l'idée selon laquelle Boisclair est un conservateur ont été des candidats et activistes d'extrême-gauche qui crient "droite", "néolibéral" et "néoconservateur" à tous ceux qui dévient de l'orthodoxie gauchiste. La seule chose qu'on peut déduire de telles critiques est que Boisclair n'est pas un communiste.

Publié par Laurent à 08:55 PM

novembre 11, 2005

New book: Rescuing Canada's Right

Rescuing Canada's Right: Blueprint for a Conservative Revolution, a new book by Tasha Kheiriddin and Adam Daifallah on the past, present and future of conservatism in Canada, is now available. I haven't read it yet but, as with anything written by Adam, I'm convinced that it will be interesting.

You can read the first reviews from Greg at Political Staples and from Michael Taube in the Toronto Sun.

Rescuing Canada's Right: Blueprint for a Conservative Revolution, un nouveau livre par Tasha Kheiriddin et Adam Daifallah sur le passé, le présent et le futur du conservatisme au Canada, est maintenant disponible. Je ne l'ai pas lu pour l'instant mais, comme pour tout ce qu'écrit Adam, je suis convaincu que ce sera intéressant.

Vous pouvez lire les premiers compte-rendus faits par Greg de Political Staples et par Michael Taube dans le Toronto Sun.

Publié par Laurent à 08:42 AM

novembre 06, 2005

Sortie d'un contre-manifeste: Pour un Québec solidaire

Two weeks after the publication of the manifesto For a clear-eyed vision of Québec by a group of 12 personalities including former Premier Lucien Bouchard, a counter-manifesto entitled Pour un Québec solidaire has been published.

Whereas the first manifesto has received a lot of attention and produced many comments in the media, the latter manifesto has received relatively little attention. It has been commented on in Jean-Robert Sansfaçon's op-ed in Friday's Le Devoir and in a column by Alain Dubuc in Saturday's La Presse.

Of course, it is easy to explain why Lucien Bouchard's manifesto received so much attention. Lucien Bouchard had remained mostly silent on political matters since he left politics in 2001 and this represented his only major public declaration in more than four years. Also, it was quite surprising, and to some extent astounding and spectular, to read a manifesto in which the former Bloc Québécois and Parti Québécois leader argues that achieving sovereignty for Québec is simply not a priority and in which he proposes solutions which are often the opposite of what he did while he held office.

Conversely, the manifesto Pour un Québec solidaire has no signatory as famous as Lucien Bouchard and there is absolutely no element of surprise. Indeed, the signatories of this manifesto are unabashedly leftists and, merely by reading the list of their names, it is not hard to know what the content will be and that this content will be very left-wing, as it indeed is.

This is another contrast between the two manifestos: whereas the "solidarity" manifesto resides clearly at one extremity of the political spectrum, the "lucidity" manifesto is essentially centrist. For example, Lucien Bouchard's manifesto argues for a raise in tuition fees, but also for making student loan repayments proportional to income. This proposal is similar in principle to what former Ontario NDP Premier Bob Rae suggested in his report on higher education. The manifesto argues for an increase in electricity fees, but also for compensatory measures for low-income households, a proposal which has been endorsed last year by Jean-François Lisée, a former adviser to Jacques Parizeau and Lucien Bouchard and a well-known social-democrat. Economics professor William Watson pointed out in The Gazette that Lucien Bouchard's manifesto was closest in spirit to the Third Way of Tony Blair, the Prime Minister of the United Kingdom and leader of the British Labour Party. Thus, it is not accurate to call this manifesto "right-wing" or "neoconservative".

Finally, though the "solidarity" manifesto continually paints Scandanivian countries as a model to be followed, it neglects the fact that there have been a lot of "lucidity" reforms in these same countries. For example, the Montreal Economic Institute published an economic note entitled Turning to the private sector in health care: The Swedish example.

Read also the comments of Patrick at Tout le monde en parle and of Philippe the Ptit Gars de Shawinigan.

Deux semaines après la publication du manifeste Pour un Québec lucide par un groupe de 12 personnalités incluant l'ex-Premier ministre Lucien Bouchard, a countre-manifeste intitulé Pour un Québec solidaire a été publié.

Alors que le premier manifeste a reçu beaucoup d'attention et a généré beaucoup de commentaires dans les médias, le deuxième manifeste a reçu relativement peu d'attention. Il a été commenté par l'éditorial de Jean-Robert Sansfaçon dans Le Devoir vendredi et dans une chronique d'Alain Dubuc dans La Presse du samedi.

Évidemment, il est facile d'expliquer pourquoi le manifeste de Lucien Bouchard a reçu tant d'attention. Lucien Bouchard a généralement gardé le silence sur les questions politiques depuis son départ de la politique en 2001 et cela représentait sa seule sortie publique majeure en plus de quatre ans. Aussi, il était plutôt surprenant, et jusqu'à un certain point déroutant et spectaculaire, de lire un manifeste dans lequel l'ex-chef du Bloc Québécois et du Parti Québécois affirme que de faire la souveraineté du Québec n'est tout simplement pas une priorité et dans lequel il propose des solutions qui sont souvent à l'opposé de ce qu'il a fait alors qu'il était au pouvoir.

Inversément, le manifeste Pour un Québec solidaire n'a aucun signataire aussi connu que Lucien Bouchard et il n'y a absolument aucun élément de surprise. En effet, les signataires de ce manifeste sont ouvertement gauchistes et, simplement en lisant la liste de leurs noms, il n'est pas dur de savoir ce que le contenu sera et que ce contenu sera très à gauche, tel qu'il l'est effectivement.

C'est un autre contraste entre les deux manifestes: alors que le manifeste "solidaire" s'inscrit clairement à une extrémité du spectre politique, le manifeste "lucide" est essentiellement centriste. Par exemple, le manifeste de Lucien Bouchard se prononce en faveur d'une hausse des frais de scolarité, mais aussi en faveur d'un remboursement proportionnel au revenu des dettes étudiantes. L'esprit de cette proposition se rapproche de ce que Bob Rae, l'ex-Premier ministre NPD de l'Ontario, a suggéré dans son rapport sur l'éducation supérieure. Le manifeste propose une hausse des tarifs d'électricité, mais aussi des mesures compensatoires pour les ménages à faible revenu, une proposition qu'a appuyée l'année dernière Jean-François Lisée, un ex-conseiller de Jacques Parizeau et Lucien Bouchard et un social-démocrate bien connu. Le professeur de science économique William Watson a souligné dans The Gazette que l'esprit du manifeste de Lucien Bouchard se rapproche le plus de la Troisième Voie de Tony Blair, le Premier ministre du Royaume-Uni et le chef du Parti Travailliste britannique. Ainsi, il est inexact de décrire ce manifeste comme étant "de droite" ou "néo-conservateur".

Finalement, bien que le manifeste "solidaire" présente continuellement les pays scandinaves comme un modèle à suivre, il néglige le fait qu'il y a eu beaucoup de réformes "lucides" dans ces mêmes pays. Par exemple, l'Institut économique de Montréal a publié une note économique intitulée Le recours au privé en santé: l’exemple suédois.

Lisez aussi les commentaires de Patrick de Tout le monde en parle et de Philippe le Ptit Gars de Shawinigan.

Publié par Laurent à 03:38 PM

novembre 03, 2005

Lucien Bouchard: mieux vaut tard que jamais

Many commenters have blamed Lucien Bouchard for having failed to do while Premier what he now preaches in his manifesto For a clear-eyed vision of Québec. For example, Xavier wrote in a comment to this post: "how come Bouchard and Facal are getting preoccupied by the demographic decline now [...] whereas they weren't while they were leading the government?" Xavier further develops this line of thought on his blog while La sphère des idées J.H. suggests that Lucien Bouchard is an hypocrite because "he has just proposed solutions to bring Québec into the 21st century while he had every opportunity to do so as Premier." Lysiane Gagnon develops this theme in a column published in La Presse and says that with this manifesto Bouchard took action five years too late.

For example, in his manifesto Bouchard argues that there should be a move away from income taxes and towards consumption taxes and that universities should get more financing through an end to tuition freeze, but he did not lift a finger to make it happen while he was Premier of Québec. Whereas Lucien Bouchard now says that we should increase Hydro-Québec's electricity fees in order to pay down the provincial debt, we must remember that it was Bouchard's government which decreed a five-year freeze on electricity fees in 1998!

It is true that Lucien Bouchard achieved what has been nicknamed "zero deficit", which means that the provincial government's current spending has stopped being larger than its revenues. However, capital spending has been excluded from the zero deficit calculations and the provincial debt has continued to increase; it increased by $13.8 billion in the six fiscal years from 1998 to 2004. As I pointed out last year, in 1996 Lucien Bouchard had set his sights on an ambitious goal: Québec's debt would stop growing and would start to be paid down or, in Bouchard's words, "the hole at the bottom of our pocket will have completely ceased to grow and we will be able to begin closing it." But by 1998 it had become obvious that Bouchard was satisfied with having balanced the government's current spending with its revenues and that he would go no further.

Lucien Bouchard's manifesto is lamenting the demographic decline of Québec, but his government abolished the only program of the second half of the 20th century which has been proved to have had a positive impact on fertility in Québec: the Allowance for Newborn Children, a natalist program introduced by Robert Bourassa's government in 1988. Indeed, in an article recently published in The Review of Economics and Statistics, economics professor Kevin Milligan found "a strong effect of the policy on fertility." The same author shows in a 2004 working paper that, after controlling for various factors, "the fertility of those eligible for the new program is estimated to have increased by 12 per cent on average, and by 25 per cent for those eligible for the maximum benefit." (All citizens and permanent residents of Québec were eligible for the program. Families who already had two or more children received the maximum benefit for each additional birth.)

So, Lucien Bouchard's critics have a point: until very recently he was more part of the problem than of the solution. But he should nevertheless get credit for having at last woken up to the gravity of the problems faced by Québec. As the proverb goes: better late than never.

Plusieurs commentateurs ont blâmé Lucien Bouchard de n'avoir pas fait lorsqu'il était Premier ministre ce qu'il prêche maintenant dans son manifeste Pour un Québec lucide. Par exemple, Xavier a commenté ce billet en écrivant: "comment se fait-il que Bouchard et Facal se préoccupent maintenant du déclin démographique [...] et non pas quand ils ont été au sommet du gouvernement?" Xavier développe cette ligne de pensée sur son blog alors que La sphère des idées J.H. suggère que Lucien Bouchard est un hypocrite parce que "il vient nous proposer des solutions pour faire entrer le Québec dans le 21e siècle, alors qu'il avait tout le loisir de le faire en tant que premier ministre." Lysiane Gagnon développe ce thème dans une chronique publiée dans La Presse et dit qu'avec ce manifeste Bouchard a agi cinq ans trop tard.

Par exemple, dans son manifeste Bouchard affirme qu'on devrait en partie remplacer les impôts sur le revenu par des taxes sur la consommation et que les universités devraient recevoir plus de financement via un dégel des frais de scolarité, mais il n'a pas levé le petit doigt pour qu'il en soit ainsi alors qu'il était Premier ministre du Québec. Alors que Lucien Bouchard dit maintenant qu'il faudrait augmenter les tarifs d'électricité d'Hydro-Québec afin de rembourser la dette provinciale, il faut se rappeler que c'est le gouvernement Bouchard qui a décrété un gel de cinq ans des tarifs d'électricité en 1998!

Il est vrai que Lucien Bouchard a accompli ce qu'on appelle "le déficit zéro", ce qui signifie que les dépenses courantes du gouvernement provincial ont cessé de dépasser ses recettes. Cependant, les dépenses en capital ont été exclues du calcul du déficit zéro et la dette provinciale a continué à augmenter; elle a augmenté de 13,8 milliards dans les six années fiscales allant de 1998 à 2004. Comme je l'ai souligné l'année dernière, en 1996 Lucien Bouchard s'était fixé un objectif ambitieux: la dette du Québec cesserait de croître et commencerait à être remboursée ou, dans les mots de Bouchard, "le trou au fond de notre poche aura complètement cessé de grandir et on pourra commencer à la refermer." Mais dès 1998 il était devenu évident que Bouchard était satisfait de l'équilibre entre les dépenses courantes du gouvernement et ses recettes et qu'il n'irait pas plus loin.

Le manifeste de Lucien Bouchard déplore le déclin démographique du Québec, mais son gouvernement a aboli le seul programme de la seconde moitié du 20e siècle dont l'impact positif sur la fécondité au Québec a été prouvé: l'allocation à la naissance, un programme nataliste instauré par le gouvernement de Robert Bourassa en 1988. En effet, dans un article récemment publié dans The Review of Economics and Statistics, le professeur de science économique Kevin Milligan a trouvé "un effet important de la politique sur la fécondité." Le même auteur montre dans un document de travail de 2004 que, après avoir tenu compte de divers facteurs, "on estime que la fécondité de celles éligibles au nouveau programme a augmenté en moyenne de 12%, et de 25% pour celles éligibles au montant maximal." (Tous les citoyens et résidents permanents du Québec étaient éligibles au programme. Les familles qui avaient déjà deux enfants ou plus recevaient le montant maximal pour chaque enfant additionnel.)

Donc, les critiques de Lucien Bouchard marquent un point: jusqu'à tout récemment il faisait plus partie du problème que de la solution. Mais on doit néanmoins lui donner le crédit d'avoir enfin réalisé l'ampleur des problèmes auxquels le Québec fait face. Comme le dit le proverbe: mieux vaut tard que jamais.

Publié par Laurent à 10:51 AM

novembre 01, 2005

Rapport Gomery: 1e partie

Judge Gomery has just delivered his fact-finding report on the sponsorship scandal. A report containing recommendations will follow in about three months.

Right Ho, a journalist blogging under the cover of anonymity, has some advice for the Conservatives.

UPDATE 2005-11-02: See also Burkean Canuck.

Le Juge Gomery vient de rendre son rapport factuel sur le scandale des commandites. Un rapport contenant des recommendations suivra dans environ trois mois.

Right Ho, un journaliste blogguant sous le couvert de l'anonymat, a quelques conseils pour les Conservateurs.

MISE À JOUR 2005-11-02: Voir aussi Burkean Canuck.

Publié par Laurent à 10:55 PM