| Do the clothes worn by politicians have their importance? According to this Foreign Policy article, the answer is yes. | Les vêtements que portent les politiciens ont-ils de l'importance? Selon cet article de Foreign Policy, la réponse est oui. |
| Stephen Harper has just committed a blunder by claiming that the gay marriage bill would lack legitimacy because it would be passed thanks to the Bloc's support.
Some people attempt to defend this declaration by saying that Harper is simply retaliating against the Liberals, who claimed in May that the Conservatives were "in bed with the separatists" because the Bloc and the Conservatives were manoeuvring to bring down the Martin government and force an election. However, there is an important difference. If elections had been held this summer, the Bloc would probably have won on election day a major psychological victory for the sovereignist camp. Conversely, the passage of the gay marriage bill in no way represents a victory for the sovereignist movement as such. The Conservative Party will have to better understand this kind of nuances, and not simply attempt unsuccessfully to ape the Liberal Party, if it wants Canadians to trust them on the national unity file. | Stephen Harper vient de commettre une gaffe en affirmant que le projet de loi sur le mariage gai manquerait de légitimité parce qu'il serait voté grâce à l'appui du Bloc.
Certains tentent de défendre cette déclaration en disant que Harper ne fait que rendre la monnaie de leur pièce aux Libéraux, qui ont affirmé en mai que les Conservateurs "couchaient avec les séparatistes" parce que le Bloc et les Conservateurs manoeuvraient pour faire tomber le gouvernement Martin et déclencher des élections. Cependant, il y a une différence de taille. Dans le cas où des élections auraient été déclenchées, le Bloc aurait probablement remporté le jour de l'élection une victoire psychologique majeure pour le camp souverainiste. Au contraire, le passage du projet de loi sur les mariages gais ne constitue aucunement une victoire pour le mouvement souverainiste en tant que tel. Le Parti Conservateur devra mieux saisir ce genre de nuances, et ne pas simplement tenter sans succès de singer le Parti Libéral, si il veut que les Canadiens lui fassent confiance sur le dossier de l'unité nationale. |
| Stephen Taylor shows us to which federal political party the members of the CBC's, Canada Post's, Via Rail's, the Royal Canadian Mint's and the Bank of Canada's boards of directors make political donations. | Stephen Taylor nous montre à quel parti politique fédéral les membres des conseils de direction de Radio-Canada, Postes Canada, Via Rail, la Monnaie royale canadienne et la Banque du Canada font des contributions politiques. |
| The Amateur Extraordinaire presents the results of the latest report from the Pew Global Attitudes Project on how various countries view the United States.
Personally, the result which I find to be the most surprising is about the perception Canadians have of the religiosity of the United States. One of the most frequent criticisms leveled at the United States in the Canadian media is that religious fundamentalists have allegedly seized control of the United States. However, according to this Pew Global study, only 35 percent of Canadians believe that the United States are too religious whereas 38 percent of Canadians instead believe that the United States are not religious enough! | L'Amateur Extraordinaire présente les résultats de la dernière étude du Pew Global Attitudes Project sur la manière dont les différents pays voient les États-Unis.
Personnellement, le résultat que je trouve le plus surprenant est celui sur la perception qu'ont les Canadiens de la religiosité des États-Unis. Une des critiques les plus fréquemment addressées à l'endroit des États-Unis dans les médias canadiens est que les fondamentalistes religieux auraient pris le contrôle des États-Unis. Or, selon cette étude Pew Global, seulement 35% des Canadiens croient que les États-Unis sont trop religieux alors que 38% des Canadiens croient plutôt que les États-Unis ne sont pas assez religieux! |
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| Jacques Rouillard, history professor at the University of Montréal, has just published in the Bulletin d'histoire politique a very interesting article on Québec's motto, "Je me souviens" which means "I remember". (A shortened version of this article has been published in Le Devoir)
It was in 1883 that Eugène-Étienne Taché, deputy minister of Crown Lands, drew up the plans for the new Parliament building of Québec City and specified that the words "Je me souviens" would be inscribed aboved the main entrance door of the Parliament building. Even though Taché never revealed the explicit meaning of these words, professor Rouillard sheds light on this motto by studying the decoration of the Parliament building as a whole, the other works realized by Taché and the political thought of bourgeois elites at the time. He reaches the following conclusion on the original meaning of Québec's motto: The original meaning of Québec's motto which is found in Parliament's memorial is a good example of the changing and lost memory of national collectivities. As we have shown, the motto is a construction of the memory which reflects the values of the French Canadian bourgeoisie at the end of the 19th century. It calls for the remembrance of a past which affirms the French character of Québec while also being grateful for the British character of its institutions which would have allowed the dawning of democracy, a certain political autonomy for Québec and the flourishing of French Canada. This is a way to distinguish oneself from the Other (Great Britain, English Canada) while also giving him thanks for his liberality. This article also brings up interesting elements on the political and historical thought of Taché and the French Canadian elite of the second half of the 19th century and of the first half of the 20th century:
| Jacques Rouillard, professeur d'histoire à l'Université de Montréal, vient de publier dans le Bulletin d'histoire politique un article fort intéressant sur la devise du Québec, "Je me souviens". (Une version raccourcie de cet article a paru dans Le Devoir)
C'est en 1883 qu'Eugène-Étienne Taché, sous-ministre des Terres de la Couronne, réalise les plans du nouveau Parlement de Québec et il y spécifie que les mots "Je me souviens" seront inscrits au-dessus de la porte principale du Parlement. Bien que Taché n'ait jamais révélé la signification explicite de ces mots, le professeur Rouillard fait la lumière sur cette devise en étudiant l'ensemble de la décoration de l'Assemblée législative, les autres oeuvres de Taché ainsi que la pensée politique des élites bourgeoises de l'époque. Il arrive à la conclusion suivante sur le sens original de la devise du Québec: Le sens original de la devise du Québec qui se trouve dans le mémorial du Parlement est un bel exemple de la mémoire changeante et perdue des collectivités nationales. Comme nous l’avons montré, la devise est une construction de la mémoire qui reflète les valeurs de la bourgeoisie canadienne-française de la fin du XIXe siècle. Elle appelle au souvenir d’un passé qui affirme la francité du Québec tout en témoignant de la gratitude à l’égard de la britannité de ses institutions qui auraient permis l’avènement de la démocratie, une certaine autonomie politique pour le Québec et l’épanouissement du Canada français. On veut ainsi se distinguer de l’Autre (Grande-Bretagne, Canada anglais) tout en lui rendant grâce pour sa libéralité. Cet article relève aussi des éléments intéressants sur la pensée politique et historique de Taché et de l'élite canadienne-française de la deuxième moitié du 19e siècle et de la première moitié du 20e siècle:
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| Happy Saint-Jean-Baptiste Day! | Bonne Saint-Jean Baptiste! |
| Between 1840 and 1930, about 900,000 French Canadians left Canada and emigrated to the United States, most of them settling in New England. Thus, "French Canadian" is now the sixth most common ethnic origin in New England.
According to a paper on the influence of ethnicity on politics in New England, it looks like French Canadians have left a mark on the politics of the region and are a pillar of the Democratic Party in the region. Indeed, "Democratic strength in New England is to be found in towns with Russian, German, French Canadian, Greek and Portuguese ancestral groups. [...] Unlike the Italians, Polish, and Irish, the French Canadian population is less geographically dispersed and has maintained a tradition of Democratic voting in recent presidential elections. The heavily Democratic Maine towns of Biddeford, Madawaska, and Lewiston, and the city of Woonsocket, [Rhode Island], stand out as locations of French Canadian concentration." | Entre 1840 et 1930, environ 900 000 Canadiens français ont quitté le Canada et ont émigré aux États-Unis, la plupart d'entre eux choisissant la Nouvelle-Angleterre. Ainsi, "canadien français" est maintenant la sixième origine ethnique la plus commune en Nouvelle-Angleterre.
Selon un article sur l'influence de l'ethnicité sur la politique en Nouvelle-Angleterre, il semble que les Canadiens français ont laissé leur marque sur la politique de la région et qu'ils sont un pilier du Parti Démocrate dans la région. En effet, "les forces Démocrates en Nouvelle-Angleterre se trouvent dans les villes avec des groupes d'origine russe, allemande, canadienne française, grecque et portugaise. [...] Contrairement aux Italiens, aux Polonais et aux Irlandais, la population canadienne française est moins dispersée géographiquement et a maintenu sa tradition de voter Démocrate dans les récentes élections présidentielles. Les villes fortement Démocrates du Maine que sont Biddeford, Madawaska et Lewiston, ainsi que la ville de Woonsocket, [Rhode Island], se démarquent par leur forte concentration de Canadiens français." |
| Here is an interesting Census 2000 brief on the ancestry of Americans. It shows that German ancestry is the most common ancestry in the United States as a whole and in 23 States in particular. There is also an impressive map which shows that German is the most common ancestry in most counties of the northern half of the United States. | Voici un exposé interéssant du recensement 2000 sur l'origine ancestrale des Américains. On y montre que c'est l'origine allemande qui est la plus commune dans l'ensemble des États-Unis et dans 23 États en particulier. Il y a aussi une carte impressionnante qui montre que l'origine allemande est l'origine la plus commune dans la plupart des comtés de la moitié nord des États-Unis. |
| Québec's Department of Finance has published a study on demographic changes in Québec and their impact on the economy and on public finances.
Interesting fact: if current trends continue, in 30 years 85 percent of the Québec government's program spending will be in health care (compared with 42.6 percent today) The authors of the document comment that: In such a situation, the ability of the government to intervene in other sectors (education, employment and social solidarity, public safety, transportation, culture and environment) would be very limited. UPDATE 22h30: Another publication from the Department of Finance points out that Québec has a lower standard of living than Ontario and the United States despite the fact that it now has a more favourable demographic profile (a greater share of the population which is of working age) 20 years from now, Québec's demographic profile will have considerably deteriorated. | Le Ministère des Finances du Québec a publié une étude sur les changements démographiques au Québec et leurs impacts sur l'économie et les finances publiques.
Fait intéressant: si les tendances actuelles se maintiennent, dans 30 ans 85% des dépenses de programmes du gouvernement du Québec iront en santé (comparativement à 42,6% aujourd'hui) Les auteurs du document commentent que: Dans une telle situation, la capacité d’intervention du gouvernement dans les autres secteurs (éducation, emploi et solidarité sociale, sécurité publique, transport, culture et environnement) serait très limitée. MISE À JOUR 22h30: Une autre publication du Ministère des Finances souligne que le Québec a un niveau de vie plus faible que l'Ontario et les États-Unis malgré le fait qu'il a actuellement un profil démographique plus avantageux (une plus grande proportion de la population en âge de travailller) D'ici 20 ans, le profil démographique du Québec se sera considérablement détérioré. |
| As we know, the Parti Québécois and Québec's gay community maintain good relations. In the first Cabinet formed by Bernard Landry in March 2001, 3 members out of 30 (André Boisclair, André Boulerice and Agnès Maltais) were homosexuals. This proportion is much larger than the 2.3 percent of Québec's population who are homosexual or bisexual.
André Boisclair will probably be a candidate to the PQ leadership and some are wondering whether his homosexuality could harm the PQ's chances in the next elections if he became its leader. According to a CRIC poll conducted in June 2004, 14 percent of Quebecers would be less likely to vote for a party if its leader were homosexual. This survey can be interpreted as saying that a large majority of Quebecers are not repulsed by André Boisclair's homosexuality. Another way to interpret it is to say this could be the decisive factor in ridings in which there are close races. However, even though Boisclair is homosexual, it cannot be said that he is a gay activist. In his profile of André Boisclair published in L'Actualité in March 2005, Konrad Yakabuski writes that Boisclair "has never wanted to be the token 'gay politician'" and that "many in the gay community do not accept his lack of enthusiasm, or even his indifference, in their struggle against discrimination." For example, it was André Boulerice, and not Boisclair, who pushed to grant civil unions to gays. In 2000, in an interview with the magazine Voir, Boisclair explained that he didn't participate in the gay pride parade because he does not "take any pride in [his] sexual orientation" and he added that: I will not let anybody define my personal or group identity for myself. I first and foremost associate myself with my friends, my (real and political) family, and with Québec. Not with the gay community. I did not choose to live in community. And I will not start doing so today. | Comme on le sait, le Parti Québécois et la communauté gaie du Québec entretiennent de bonnes relations. Dans le premier cabinet formé par Bernard Landry en mars 2001, 3 membres sur 30 (André Boisclair, André Boulerice et Agnès Maltais) étaient homosexuels. Cette proportion est bien supérieure au 2,3% de la population québécoise qui est homosexuel ou bisexuel.
André Boisclair sera probablement candidat à la chefferie du PQ et certains se demandent si son homosexualité pourrait nuire au PQ lors des prochaines élections si il devenait le chef du PQ. Selon un sondage du CRIC réalisé en juin 2004, 14% des Québécois auraient moins tendance à voter pour un parti si il était dirigé par un homosexuel. Une manière d'interpréter ce sondage est de dire que la grande majorité des Québécois ne sont pas repoussés par l'homosexualité d'André Boisclair. Une autre manière est de dire que cela pourrait faire toute la différence dans les comtés où la lutte est serrée. Cependant, bien que Boisclair soit homosexuel, on ne peut pas dire qu'il est un militant homosexuel. Dans son profil d'André Boisclair publié dans L'Actualité en mars 2005, Konrad Yakabuski écrit que Boisclair "n’a jamais voulu être le 'politicien gai' de service" et que "[d]'aucuns, dans le milieu gai, n’acceptent pas son manque d’enthousiasme, voire son indifférence, dans leur lutte contre la discrimination." Par exemple, c'est André Boulerice, et non Boisclair, qui a poussé pour donner l'union civile aux gais. En 2000, dans une entrevue au magazine Voir, Boisclair a expliqué qu'il ne participait pas au défilé de la fierté gaie parce qu'il "ne retire aucune fierté de [son] orientation sexuelle" et il a ajouté que: Je ne laisserai personne définir mon identité ou mon groupe d'appartenance. Je m'associe d'abord à mes amis, à ma famille (réelle et politique), au Québec. Pas à la communauté gaie. Je n'ai jamais choisi de vivre en communauté. Et ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer. |
| It is remarkable to see how the rate of pregnancies among teens (under 20 years of age) has changed in different ways in Québec and in the rest of Canada during the last 30 years.
Thus, between 1974 and 2002, the teen pregnancy rate decreased in 9 provinces out of 10. In 6 provinces out of 10, this rate has declined by more than a half. If we look at the provinces neighbouring Québec, we see that the pregnancy rate per 1,000 women under 20 years of age went from 53.9 to 24.2 in New Brunswick whereas the Ontario rate went from 51.1 to 24.7. During the same period, Québec was the only province in which this rate increased and it almost doubled there: it went from 17.9 to 31.3 between 1974 and 2002. In 1974, Québec distinguished itself by its low rate of teenage pregnancies: its rate of 17.9 per 1,000 was by far the lowest in Canada and was much lower than the rate of 49.6 per 1,000 in Prince Edward Island, which then had the second lowest rate in Canada. In 2002, Québec had a rate which was higher than the Canadian average and was the fourth highest among the provinces. | Il est remarquable de voir comment le taux de grossesses des adolescentes (moins de 20 ans) a évolué de manière différente au Québec et dans le reste du Canada durant les 30 dernières années.
Ainsi, entre 1974 et 2002, le taux de grossesses des adolescentes a diminué dans 9 provinces sur 10. Dans 6 provinces sur 10, ce taux a été réduit de plus de la moitié. Si on regarde les provinces voisines au Québec, on voit que le taux de grossesses pour 1000 femmes de moins de 20 ans est passé de 53,9 à 24,2 au Nouveau-Brunswick alors que le taux ontarien passait de 51,1 à 24,7. Pendant la même période, le Québec a été la seule province où ce taux a augmenté et il y a presque doublé: il est passé de 17,9 à 31,3 pour 1000 entre 1974 et 2002. En 1974, le Québec se distinguait par son bas taux de grossesses adolescentes: son taux de 17,9 par 1000 était de loin le plus bas au Canada et était bien inférieur au taux de 49,6 par 1000 de l'Île-du-Prince-Édouard, qui avait alors le deuxième plus bas taux au Canada. En 2002, le Québec affichait un taux devenu supérieur à la moyenne canadienne et qui était le 4e plus élevé parmi les provinces. |
| A reader has sent me some interesting observations. First, he notes that Quebecers are more likely than other francophones to use the word "souveraineté". For example, if we search on Google for "l'indépendance de la Belgique", we will find 4,400 results compared to 57 results for the "souveraineté de la Belgique." In the same way, we find 7,900 results for "l'indépendance de l'Algérie and 69 results for the "souveraineté de l'Algérie." On the other hand, we find about 26,000 results both for "l'indépendance du Québec" and for the "souveraineté du Québec."
My reader points out that the Parti Québécois prefers to use the word "souveraineté" because this word does better in polls than the word "indépendance": according to various polls, there is an absolute decline of 8 to 17 percent in support for the YES side when we speak of the independence of Québec instead of the sovereignty of Québec. The YES camp cannot afford such a decline if it wants to win. Thus, the PQ's platform for the 2003 elections mentions 33 times the word "souveraineté" and does not mention the word "indépendance". The first chapter of the PQ's program adopted in 2000, which specifically details the Péquiste sovereignty project, mentions 28 times the word "souveraineté" and only 3 times the word "indépendance". Moreover, these mentions of the word "indépendance" are mere coincidences: the document is then speaking about the independence of the judiciary toward the legislative and executive branches. The 2004 report on the modernization of the PQ's program mentions 41 times the word "souveraineté" and 3 times the word "indépendance". Finally, neither the 1980 referendum question, neither the 1995 referendum question, nor the bill which would have been adopted had the YES won talked about independence. My reader points out that, in its May 26, 2005 party newsletter, the PQ mentions 4 times the word "indépendance" (including one time in a title) and 3 times the word "souveraineté". My reader asks whether this means the Péquiste vocabulary has taken a new face, more frank and direct. My answer is that we must be careful. This newsletter is aimed at the party faithful, to whom it is possible to talk without using euphemisms. When the PQ is addressing a larger public, when it is fishing for new voters, the word "souveraineté" is still the preferred word. Thus, in the recent "Year One Budget" of the PQ, surrounded by much media attention, the word "souveraineté" is mentioned 55 times whereas the word "indépendance" is not mentioned. In short, it is too early to talk about a new turn in the Péquiste vocabulary, but we will have to see what will be done by the new PQ leader. | Un lecteur m'envoie quelques observations intéressantes. D'abord, il note que les Québécois ont plus tendance que les autres francophones à utiliser le terme "souveraineté". Par exemple, si on fait recherche Google sur "l'indépendance de la Belgique", on trouvera 4400 résultats contre 57 résultats pour la "souveraineté de la Belgique." De même, on trouve 7900 résultats pour "l'indépendance de l'Algérie et 69 résultats pour la "souveraineté de l'Algérie." Par contre, on trouve environ 26 000 résultats aussi bien pour "l'indépendance du Québec" que pour la "souveraineté du Québec."
Mon lecteur souligne que le Parti Québécois préfère utiliser le terme "souveraineté" parce que ce terme fait mieux dans les sondages que le terme "indépendance": selon divers sondages, l'appui au OUI subit une baisse absolue de 8% à 17% lorsqu'on parle de l'indépendance du Québec plutôt que de la souveraineté du Québec. Le camp du OUI ne peut pas se permettre de subir une telle baisse si il veut l'emporter. Ainsi, la plate-forme du PQ pour les élections de 2003 mentionne 33 fois le mot "souveraineté" et aucune fois le mot "indépendance". Le chapitre 1 du programme du PQ adopté en 2000, qui traite spécifiquement du projet péquiste de souveraineté, mentionne 28 fois le mot "souveraineté" et seulement 3 fois le mot "indépendance". De plus, ces mentions du mot "indépendance" ne sont que pure coïncidence: le document parle alors de l'indépendance du pouvoir judiciaire par rapport aux pouvoirs législatif et exécutif. Le rapport de 2004 sur la modernisation du programme du PQ mentionne 41 fois le mot "souveraineté" et 3 fois le mot "indépendance". Finalement, ni la question référendaire de 1980, ni celle de 1995, ni le projet de loi qui aurait été adopté en cas de victoire de OUI ne parlaient d'indépendance. Mon lecteur souligne que, dans sa lettre du parti du 26 mai 2005, le PQ mentionne le mot "indépendance" 4 fois (dont une fois dans un titre) et 3 fois le mot "souveraineté". Mon lecteur se demande si cela signifie que le vocabulaire péquiste vient de prendre un nouveau visage plus franc et direct. Je répond qu'il faut être prudent. Cette lettre est destinée aux fidèles du parti, auxquels on peut parler sans user d'euphémismes. Lorsque le PQ s'adresse à un public plus large, lorsqu'il est à la quête de nouveaux électeurs, c'est toujours le mot "souveraineté" qui est privilégié. Ainsi, dans le récent "budget de l'an un" du PQ, entouré d'un grand battage médiatique, le mot "souveraineté" est mentionné 55 fois alors que le mot "indépendance" n'est pas mentionné. Bref, il est trop tôt pour parler d'un virage dans le vocabulaire péquiste, mais il reste à voir ce que fera le nouveau chef du PQ. |
| The Journal of Biosocial Science will publish an important article, The Natural History of Ashkenazi Intelligence, which links genetic diseases typical to Ashkenazi Jews with their higher than average intelligence. If genetic empirical tests would confirm this article's hypothesis, then this would mean that there could be inheritable genetic differences in the average intelligence of ethnic groups, which will likely generate a lot of controversy.
See also The Economist and the Israeli daily Haaretz. | Le Journal of Biosocial Science publiera un article important, The Natural History of Ashkenazi Intelligence, qui fait un lien entre les maladies génétiques des Juifs Ashkénazes et leur intelligence supérieure à la moyenne. Si des tests empiriques génétiques venaient confirmer l'hypothèse de cet article, alors cela signifierait qu'il pourrait y avoir des différences génétiques héritables dans l'intelligence moyenne des groupes ethniques, ce qui risque de générer beaucoup de controverse.
Voir aussi The Economist et le quotidien israëlien Haaretz. |
Here is what Philippe Couillard, Québec's Minister of Health, said during an emergency debate in Québec's National Assembly following the Supreme Court's decision on private health insurance:
It is false and tendentious to establish a link between private-sector participation in the health-care system and the degree of progressiveness of a society. How can you claim that societies like France, England or Sweden are less socially advanced than Quebec on the basis of private-sector participation in their health systems? It's easy to see this makes no sense. In fact, the French, the British and the Swedes are downright 'scary'. Not only do they have private health care, but there is no such thing as same-sex marriage in their countries; gay couples only have access to civil unions. Moreover, they have restrictions on abortion. Barring exceptional circumstances, French, Swedish and British women cannot have abortion after respectively 12 weeks, 18 weeks and 24 weeks of pregnancy. Sounds like Texas East. | Voici ce que Philippe Couillard, le ministre de la Santé du Québec, a dit durant un débat d'urgence à l'Assemblée nationale du Québec suivant la décision de la Cour suprême sur l'assurance-maladie privée:
Il est faux et tendancieux d'établir un lien entre la participation du privé au système de santé et le degré de progressisme d'une société. Comment peut-on soutenir que des sociétés comme la France, l'Angleterre, la Suède sont moins avancées socialement que le Québec sur la base même de la participation de prestataires privés à leurs systèmes de santé? On voit bien que ça n'a aucun sens. En fait, les Français, les Britanniques et les Suédois sont très "épeurants". Non seulement ils ont des soins de santé privés, mais les mariages de même sexe n'existent pas dans leurs pays; les couples gais ont seulement accès aux unions civiles. De plus, ils ont des restrictions sur l'avortement. En l'absence de circonstances exceptionnelles, les Françaises, les Suédoises et les femmes britanniques ne peuvent pas avoir d'avortements après respectivement 12 semaines, 18 semaines et 24 semaines de grossesse. On se croirait au Texas-Est. |
| Single-parenthood is a growing phenomenon in Canada. The number of single-parent families has almost tripled between 1971 and 2001, going from 476,300 to 1,332,300. Between 1971 and 1991, the proportion of single-parent families went up from 9.4 percent to 13 percent of all families; this proportion reached 15.7 percent in 2001. Among families with children, the proportion of single-parent families went up from 11.4 percent to 20.0 percent between 1961 and 1991 to reach 22 percent in 1996. Single-parenthood is mostly a female experience: in 2001, 81 percent of single-parent families were mother-headed households.
Of course, we expect that a family with only one parent will, as a general rule, earn a lower income than a family in which there are two parents. This is indeed what has been observed. In 2003, the average market income of two-parent families with children stood at $80,400 whereas it was of $28,400 for single-parent families. Two-parent families with children had an average income after tax of $69,400 in 2003 compared to $32,700 for single-parent families. Whereas 6.6 percent of two-parent families with children were under the low-income after tax cut-off in 2003, 33.6 percent of single-parent families were in this situation. 7.7 percent of children living in two-parent families lived under the low-income after tax cut-off compared to 40.9 percent of children living in female lone-parent families. Not surprisingly, we observe that single-parent families are more dependent on government transfers than two-parent families with children, the State partially substituting for the missing parent. In 2003, two-parent families with children paid on average about $11,000 more in income taxes than they received in government transfers whereas single-parent families received on average $4,300 more in government transfers than they paid in income taxes. Single-parent families received $8,200 in average government transfers whereas two-parent families with children received $5,100. These government transfers accounted for 25.1 percent of the average income after tax of single-parent families compared with 7.3 percent for two-parent families with children. Single-parent families are also more likely than other families to face food insecurity. For example, in 1998-1999: 32% of lone-mother households had been food insecure to some extent in the previous year, and 28% reported a compromised diet. While the corresponding rates were only about half this high in households headed by male lone-parents (17% and 13%), they were still well above the national figures [10% and 8%] Moreover, income differences do not fully account for this increased risk of food insecurity: When household income, source of income, and the other factors were taken into account, the odds that people in lone-mother households would experience food insecurity were about one and a half times those for people in couple-with-child households. As a general rule, two parents have, taken together, more time available than a lone parent to supply their children with attention and affection, to spend leisure time with them, to bring them to social activities, to educate and to stimulate them. We thus observe differences in the well-being of children by family structure: Canadian time use and health survey data put in doubt suggestions that single parenthood is of little importance for parent-child relationships. Analyses show that time use of children in two-parent families is more structured than it is in single-parent families and that children living in lone-parent families feel less happy and healthy, have more sleeping problems, and are less integrated into the community life than children living in two-parent families. Children from single-parent families are also more likely to have behavorial problems: Children in single-parent families, regardless of income, were also more likely to exhibit behavioral and relationship problems. Children in these families were almost twice as likely to exhibit a behavioral problem as those in two-parent families in similar income situations. Children from single-mother households are also more exposed to psychiatric, schooling and social problems: About 43% of children who are raised in low-income lone-mother families experience psychiatric disorders, schooling problems, or social problems, versus only 24% of those in a similar income situation but living with both parents. Higher income seems to only partially compensate for the absence of a father; the incidence of at least one of these problems is still high at 32% for children in lone-mother families above the low-income cutoff. These differences persist even if we control for family income as well as the education level and age of the mother: [C]hildren from lone-mother families face a higher risk of psychiatric disorders (hyperactivity, conduct disorder, or emotional disorder) regardless of family income and other variables. [...] The probability of experiencing one of these problems averages about 15%, but rises to 25% for those from lone-mother families (holding all other things constant). A move from below to above the low-income cutoff has no discernable impact. The same conclusion applies to schooling problems (repeating a grade, poor performance, or frequent social problems). The risk of one or more of these problems is 20% for a representative child from a two-parent family, but 34% for a child with similar characteristics but from a lone-mother family. Among young people aged between 18 and 20 in 2000, 15.9 percent of high school graduates were from single-parent families whereas 31.9 percent of high school dropouts came from single-parent families. Children from single-parent families are less likely to go on to postsecondary education. Thus, after controlling for the education level of the parents, the province and urban-rural residence, language and ethnicity, children from two-parent families with children are about 40 percent more likely to go on to postsecondary education than those from single-mother families. There remains a gap of 25 percent if we also control for intermediate factors such as elementary school success, high school academic outcomes, school-related behaviour, attitudes towards school and outside work during school. Rearing a child is a heavy task which requires much time and energy over a sustained period of time. This task is easier to carry out if it is shared by two parents than if one parent must bear the burden alone. Thus, "women who are lone parents are more likely (15%) to experience depression than women generally (7%)" or than married mothers (6,8%) In 1998, 44 percent of substantiated cases of child maltreatment involved children from single-parent families. Single-parent families thus accounted for 36 percent of physical abuse cases, 33 percent of sexual abuse cases, 54 percent of neglect cases and 40 percent of emotional maltreatment cases. | La monoparentalité est un phénomène qui prend de l'ampleur au Canada. Le nombre de familles monoparentales a presque triplé entre 1971 et 2001, passant de 476 300 à 1 332 300. Entre 1971 et 1991, la proportion de familles monoparentales est passée de 9,4% à 13% de l'ensemble des familles; cette proportion a atteint 15,7% en 2001. Parmi les familles avec enfants, la proportion de familles monoparentales est passée de 11,4% à 20,0% entre 1961 et 1991 pour atteindre 22% en 1996. La monoparentalité est surtout une expérience féminine: en 2001, 81% des familles monoparentales étaient dirigées par une femme.
Évidemment, on s'attend à ce qu'une famille avec un seul parent gagne en règle générale un revenu moindre qu'une famille où il y a deux parents. C'est bel et bien ce qu'on observe. En 2003, le revenu moyen du marché des familles biparentales avec enfants était de 80 400$ alors qu'il était de 28 400$ pour les familles monoparentales. Le revenu moyen après impôt des familles biparentales avec enfants était de 69 400$ en 2003 comparativement à 32 700$ pour les familles monoparentales. Alors que 6,6% des familles biparentales avec enfants étaient sous le seuil de faible revenu après impôt en 2003, 33,6% des familles monoparentales étaient dans cette situation. 7,7% des enfants vivant des familles biparentales vivent sous le seuil de faible revenu après impôt comparativement à 40,9% des enfants vivant dans des familles monoparentales ayant une femme à leur tête. Sans grande surprise, on constate que les familles monoparentales sont plus dépendantes des transferts gouvernementaux que les familles biparentales, l'État se substituant partiellement au parent manquant. En 2003, les familles biparentales avec enfants ont payé en moyenne environ 11 000$ de plus en impôt sur le revenu que ce qu'elles ont reçu en transferts gouvernementaux tandis que les familles monoparentales ont reçu en moyenne 4 300$ de plus en transferts gouvernementaux que ce qu'elles paient en impôts. Les familles monoparentales ont reçu des transferts gouvernementaux moyens de 8 200$ alors que les familles biparentales avec enfants en ont reçu 5 100$. Ces transferts gouvernementaux représentaient 25,1% du revenu après impôt des familles monoparentales comparativement à 7,3% pour les familles biparentales avec enfants. Les familles monoparentales ont aussi plus tendance à connaître l'insécurité alimentaire que les autres familles. Par exemple, en 1998-1999: 32% de[s] ménages dirigés par une mère seule ont été, dans une certaine mesure, en situation d'insécurité alimentaire au cours de l'année précédente et [...] 28 % avaient réduit la qualité et (ou) la quantité de leur apport alimentaire. Bien que les taux correspondants soient environ deux fois plus faibles pour les ménages dirigés par un père seul (17 % et 13 %), ils restent nettement supérieurs à la moyenne nationale [10% et 8%] De plus, les différences de revenu n'expliquent pas complètement ce risque accru de connaître l'insécurité alimentaire: Si l'on tient compte de l'effet du revenu du ménage, de la source du revenu et des autres facteurs, la cote exprimant le risque qu'un ménage dirigé par une mère seule soit en situation d'insécurité alimentaire est environ une fois et demie plus élevée que pour les ménages formés d'un couple avec enfants. Deux parents, en règle générale, disposent à eux deux de plus de temps qu'un parent seul pour fournir leurs enfants en attention et affection, pour faire des loisirs avec eux, pour les amener à des activités sociales, pour les éduquer et pour les stimuler. On observe ainsi des différences au niveau du bien-être des enfants selon la structure familiale: Les données recueillies dans le cadre de l'enquête canadienne sur l'emploi du temps et la santé jettent un doute sur les suggestions voulant que le rôle monoparental ait peu d'importance pour les relations parents-enfants. Les analyses démontrent que l'emploi du temps des enfants de familles à deux parents est plus structuré que celui des enfants de familles monoparentales et que les enfants élevés au sein de familles monoparentales se sentent moins heureux et moins en santé, qu'ils ont plus de problèmes de sommeil et qu'ils sont moins intégrés à la vie communautaire que les enfants de familles biparentales. Les enfants de familles monoparentales ont aussi plus tendance à avoir des problèmes de comportement: Sans égard aux revenus, les enfants de familles monoparentales étaient en outre plus susceptibles de présenter des problèmes comportementaux ou relationnels. Ces derniers étaient deux fois plus exposés aux problèmes de comportement que les enfants de familles biparentales à revenus équivalents. Les enfants de mères monoparentales sont plus exposés aux problèmes psychiatriques, scolaires et sociaux: Environ 43% des enfants qui appartiennent à des familles monoparentales ayant à leur tête une femme à faible revenu sont aux prises avec des troubles psychiatriques, des problèmes scolaires, ou encore des problèmes sociaux, comparativement à seulement 24% des enfants qui sont dans la même situation du point de vue du revenu, mais qui vivent avec leurs deux parents. Un revenu plus grand ne semble compenser que partiellement l'absence du père, l'incidence d'au moins un de ces problèmes étant néanmoins élevée à 32% chez les enfants de familles monoparentales ayant à leur tête une femme, qui se situent au-dessus du seuil de faible revenu. Ces différences persistent même lorsqu'on tient compte du revenu familial ainsi que du niveau de scolarité et de l'âge de la mère: [L]es enfants de familles monoparentales ayant à leur tête une femme connaissent des risques plus élevés de troubles psychiatriques (d'hyperactivité, de troubles de conduite ou de troubles affectifs) peu importe le revenu de la famille et les autres variables. [...] La probabilité d'être aux prises avec un de ces problèmes est d'environ 15% en moyenne, mais passe à 25% pour les enfants provenant de familles monoparentales ayant à leur tête une femme (tous les autres éléments étant constants). Un déplacement du revenu familial du dessous du seuil de faible revenu au-dessus de ce seuil n'a pas de répercussions discernables. La même conclusion s'applique aux problèmes scolaires (année doublée, mauvais rendement ou problèmes sociaux fréquents). La probabilité que surviennent un ou plusieurs de ces problèmes est de 20% pour un enfant représentatif provenant d'une famille biparentale, mais de 34% pour un enfant ayant des caractéristiques similaires, mais vivant dans une famille monoparentale ayant à sa tête une femme. Parmi les jeunes de 18 à 20 ans en 2000, 15,9% des diplômés du secondaire étaient issus de familles monoparentales alors que 31,9% des décrocheurs de secondaire venaient de familles monoparentales. Les enfants provenant de familles monoparentales sont moins susceptibles de faire des études postsecondaires. Ainsi, si l'on tient compte du niveau de scolarité des parents, de la province et du lieu de résidence (urbain/rural), de la langue et de l'ethnicité, les jeunes issus d'une famille biparentale ont environ 40% plus de chances de poursuivre des études postsecondaires que ceux issus d'une famille monoparentale dirigée par la mère. Il reste un écart de 25% si l'on tient aussi compte de facteurs intermédiaires tels que la réussite à l'école primaire, les résultats scolaires au niveau secondaire, le comportement à l'école, l'attitude à l'égard de l'école ainsi que le travail extérieur pendant les études. Élever un enfant est une lourde tâche qui demande beaucoup de temps et d'énergie sur une période continue. Cette tâche est plus facile à réaliser si elle est partagée entre deux parents que si un parent doit en porter seul le fardeau. Ainsi, "les femmes monoparentales sont plus susceptibles (15 %) d'avoir une dépression que les femmes en général (7%)" ou que les mères mariées (6,8%) En 1998, 44% des cas corroborés de mauvais traitements des enfants mettaient en cause des enfants issus de familles monoparentales. Les familles monoparentales comptaient ainsi pour 36% des cas de violence physique, 33% des cas d'agression sexuelle, 54% des cas de négligence et 40% des cas de violence psychologique. |
The Supreme Court of Canada has just issued a ruling against the prohibition of private health insurance in Québec:
The evidence in this case shows that delays in the public health care system are widespread, and that, in some serious cases, patients die as a result of waiting lists for public health care. The evidence also demonstrates that the prohibition against private health insurance and its consequence of denying people vital health care result in physical and psychological suffering that meets a threshold test of seriousness. We can suppose that Quebecers agree with this ruling: according to a April 2005 Léger Marketing poll, 65 percent of Quebecers would find it accpetable if "the Government were to allow those who wish to pay for healthcare in the private sector to have speedier access to this type of care while still maintaining the current free and universal healthcare system." See also La sphère des idées J.H., Claire Joly and Potent Pew on the same topic. | La Cour suprême du Canada vient de rendre un jugement contre la prohibition de l'assurance maladie privée au Québec:
En l’espèce, la preuve démontre que les délais du système public sont répandus et que, dans des cas graves, des patients meurent en raison de listes d’attente pour la prestation de soins de santé publics. La preuve établit également que la prohibition de souscrire une assurance maladie privée – et le fait que des personnes soient en conséquence de celle-ci privées de soins vitaux – entraîne des souffrances physiques et psychologiques qui satisfont à un critère de sériosité. On peut supposer que les Québécois sont en faveur de cette décision: selon un sondage Léger Marketing d'avril 2005, 65% des Québécois accepteraient que "l'État permette à ceux qui souhaitent payer pour des soins de santé dans le secteur privé d’avoir un accès plus rapide à ces soins, tout en maintenant l’actuel système de santé gratuit et universel." Voir aussi la sphère des idées J.H., Claire Joly et Potent Pew à ce sujet. |
| In La démographie québécoise. Enjeux du XXIe siècle, demographers Évelyne Lapierre-Adamcyk and Marie-Hélène Lussier point out that, according to the 1995 General Social Survey, Quebec men and women born between 1971 and 1977 said they wanted on average 2.4 and 2.5 children respectively. Moreover, 37 percent of these young Québec men wanted to have 3 children or more whereas 47 percent of these young Québec women wanted 3 or more children.
However, the fertility rate observed in Québec does not square with these wishes. Indeed, the total fertility rate remained around 1.5 children in recent years and nothing leads us to believe that it will know a substantial increase. If current trends continue, there will be thus be a deficit of almost a children between the aspirations of the average Quebecer and the number of children he/she will really have had during his/her life. | Dans La démographie québécoise. Enjeux du XXIe siècle, les démographes Évelyne Lapierre-Adamcyk et Marie-Hélène Lussier soulignent que, selon l'Enquête sociale générale de 1995, les Québécois et les Québécoises nés entre 1971 et 1977 disaient vouloir en moyenne 2,4 et 2,5 enfants respectivement. De plus, 37% de ces jeunes hommes québécois voulaient avoir 3 enfants ou plus alors que 47% de ces jeunes femmes québécoises en voulaient 3 ou plus.
Cependant, le taux de fécondité observé au Québec ne rencontre pas ces souhaits. En effet, l'indice synthétique de fécondité est resté autour de 1,5 enfants ces dernières années et rien ne permet de croire qu'il connaîtra une hausse substantielle. Si la tendance se maintient, il y aura donc un déficit de près d'un enfant entre les aspirations du Québécois moyen et le nombre d'enfants qu'il ou elle aura réellement eu au cours de sa vie. |
| Source: Lapierre-Adamcyk, Évelyne et Marie-Hélène Lussier (2003) "De la forte fécondité à la fécondité désirée", in Victor Piché et Céline Le Bourdais (éd.) La démographie québécoise. Enjeux du XXIe siècle. Montréal: Les Presses de l'Université de Montréal, pp. 88-89. | |
| Publius at the Gods of the Copybook Headings has detailed how, throughout their history, Canadians have shied away from radical principles and ideologies, which are often divisive and unpleasant, and have instead cultivated moderation. Canadians also seem to have a non-ideological political outlook: a March 2005 Compas poll shows that Canadians, in contrast to Americans, do not use ideological labels like "Left" and "Right" in a meaningful way.
In the 20th century, the Liberal Party has known so many electoral successes by promising not ideological correctness, but competent government. And given Canada's particular circumstances, competence was and is still especially required with respect to national unity. Voters in Canada outside Québec, and particularly Ontarians, want a federal government able to deal with an often volatile Québec. Conrad Black pointed out in his biography of Maurice Duplessis that Liberal leader Louis Saint-Laurent boasted in the 1949 elections that the Liberal Party was Canada's "only truly national party", a claim which would be often repeated by his successors. Thus, in a chapter of Party Politics in Canada talking about perceptions of party competence, it is pointed out that, according to polls conducted by Gallup between the early 1950s and late 1980s, "the Liberal Party had, in an overall sense, won the battle of reputations during this period. It did so by getting voters to see it as the best able to deal with the constitutional question and foreign affairs." The authors also point out that, while the Liberals won 40 percent of the vote outside Québec in the 1997 elections, 55 percent of respondents thought that the Liberal Party was the most adept at dealing with national unity and that "[t]he constitutional question thus remains a trump card for the Liberals." This remains true to this day, as is shown by recent polls. According to an April 2004 Léger Marketing poll, 37 percent of Canadians trusted most Paul Martin among party leaders to tackle the issue of national unity whereas 14 percent trusted most Stephen Harper. In Ontario, 41 percent trusted most Paul Martin on national unity whereas 11 percent trusted most Stephen Harper. A May 2004 Environics poll found that 52 percent of Canadians outside Québec thought the Liberal Party was the most able to deal with national unity and Québec whereas 16 percent thought the Conservative Party to be the most able. According to a May 2004 Compas poll, if keeping Québec in Confederation had been the only factor in their thinking, 48 percent of Canadians would have voted for the Liberal Party whereas 26 percent would have voted for the Conservative Party; in Ontario, the Liberals would have got 54 percent and the Conservatives 31 percent. Compas found that, out of 14 possible political issues, national unity was the most favourable to Liberals. Why does the Liberal Party have such a good reputation, and the Conservative Party a comparatively bad reputation, in Canada outside Québec on this issue? There are three related reasons: as a general rule, Liberals have had a lock on federalist support in Québec, Conservatives have had little electoral success in Québec and Conservatives have targeted their appeal to Québec nationalists. As political science professor Reg Whitaker puts it: [T]he Tories have failed consistently in Quebec because they have tried to build a base by appeasing nationalists/sovereigntists. That has not provided a stable or reliable base for the Conservatives in Quebec, and they have also eventually destabilized their support in the rest of Canada, especially in the West and Ontario, traditionally most suspicious of favouritism for Quebec. The Liberals on the other hand have not hunted for nationalist/sovereigntist votes but always stuck to appealing to Quebec federalists, who have been the only stable base in the long run for a federalist, national party. Stephen Harper realized this when he said in a 2002 speech that "[t]he broad lesson of history is that Canada's natural governing coalition always includes the federalist option in Quebec, not the nationalist one." Apart from the fact that its leadership seems to have realized the nature of the problem, there are other reasons to think things might get better for the Conservatives. First, hard-core Québec nationalists have clearly signaled that they either won't vote in federal elections or will only vote for the Bloc Québécois. This means the Conservative Party won't be led to do foolhardy things to gain or retain their votes during elections. Second, the Liberal Party is losing credibility as the defender of national unity because of the sponsorship scandal. Indeed, a May 2005 Environics poll points out that 37 percent of Canadians, down from 46 percent the year before, believe the Liberals are the best able to deal with national unity and Québec. In the same vein, Stephen Taylor makes an interesting suggestion: The Conservative Party should commission a poll in Quebec that simply asks if the Liberal party has done more to help or to hurt national unity. The answer will likely surprise people from Ontario. When Léger Marketing asked Quebecers in a April 2005 poll whether, following the revelations at the Gomery commission, they felt they had been betrayed by Jean Chrétien and the Liberal Party of Canada, 76 percent of respondents, including 65 percent of federalists, answered yes. It is beyond the scope of this post to detail what the Conservatives should do to gain credibility on this file. I will nevertheless point out that Stephen Taylor has an imaginative suggestion and that Stephen Harper's platform on federalism seems to be a good start. | Publius de Gods of the Copybook Headings a détaillé comment, tout au long de leur histoire, les Canadiens se sont tenus loin des idéologies et principes radicaux, qui sont souvent divisifs et déplaisants, et ont plutôt cultivé la modération. Les Canadiens semblent aussi avoir une vision non-idéologique de la politique: un sondage Compas de mars 2005 montre que les Canadiens, contrairement aux Américains, n'utilisent pas des étiquettes idéologiques telles que "gauche" et "droite" d'une manière qui a du sens.
Le Parti Libéral a connu ses nombreux succès électoraux durant le 20e siècle en promettant non pas une rectitude idéologique, mais bien un gouvernement compétent. Étant donné les circonstances particulières du Canada, la compétence était et est toujours spécialement requise pour ce qui est de l'unité nationale. Les électeurs du Canada hors Québec, et particulièrement les Ontariens, veulent un gouvernement fédéral qui est capable de composer avec un Québec souvent volatile. Conrad Black a souligné dans sa biographie de Maurice Duplessis que le chef Libéral Louis Saint-Laurent s'est vanté durant les élections de 1949 que le Parti Libéral était "le seul parti vraiment national" au Canada, une affirmation qui serait souvent répétée par ses successeurs. Ainsi, dans un chapitre de Party Politics in Canada qui parle des perceptions de la compétence des partis, on signale que, selon des sondages effectués par Gallup entre le début des années 1950 et la fin des années 1980, "le Parti Libéral avait, de manière générale, gagné la bataille des réputations durant cette période. Il l'a fait en amenant les électeurs à le voir comme le meilleur parti pour gérer la question constitutionnelle et les affaires extérieures." Les auteurs signalent aussi que, bien que les Libéraux ait gagné 40% du vote hors Québec aux élections de 1997, 55% des répondants pensaient que le Parti Libéral était le plus apte à gérer l'unité nationale et que "[l]a question constitutionnelle reste ainsi un atout dans le jeu des Libéraux." C'est encore vrai aujourd'hui, comme le montrent des sondages récents. Selon un sondage Léger Marketing d'avril 2004, 37% des Canadiens faisaient davantage confiance à Paul Martin parmi les chefs de parti pour s'attaquer à l'enjeu de l'unité nationale alors que 14% faisaient davantage confiance à Stephen Harper. En Ontario, 41% faisaient davantage confiance à Paul Martin pour l'unité nationale alors que 11% faisaient davantage confiance à Stephen Harper. Un sondage Environics de mai 2004 a trouvé que 52% des Canadiens hors Québec pensaient que le Parti Libéral était le plus apte à composer avec l'unité nationale et le Québec alors que 16% pensaient que le Parti Conservateur était le plus apte. Selon un sondage Compas de mai 2004, si ils avaient voté en ayant comme seul objectif de garder le Québec dans la Confédération, 48% des Canadiens auraient voté pour le Parti Libéral alors que 26% auraient voté pour le Parti Conservateur; en Ontario, les Libéraux auraient obtenu 54% et les Conservateurs 31%. Compas a trouvé que, parmi 14 dossiers politiques, l'unité nationale est la plus favorable aux Libéraux. Pourquoi le Parti Libéral a-t-il une si bonne réputation, et le Parti Conservateur une relativement mauvaise réputation, dans le reste du Canada quant à cet enjeu? Il y a trois raison reliées entre elles: en règle générale, les Libéraux ont eu un quasi-monopole de l'appui fédéraliste au Québec, les Conservateurs ont eu peu de succès électoraux au Québec et les Conservateurs ont surtout ciblé les nationalistes québécois. Comme l'explique le professeur de sciences politiques Reg Whitaker: [L]es Conservateurs ont constamment échoué au Québec parce qu'ils ont tenté de se bâtir une base en appaisant les nationalistes/souverainistes. Cela n'a pas fourni aux Conservateurs une base stable ou fiable au Québec et ils ont aussi éventuellement déstabilisé leur appui dans le reste du Canada, spécialement dans l'Ouest et l'Ontario, traditionnellement les plus suspicieux du favoritisme en faveur du Québec. Les Libéraux quant à eux n'ont pas tenté d'obtenir les votes des nationalistes/souverainistes mais se sont plutôt contentés de plaire aux fédéralistes québécois, qui ont été la seule base stable à long terme pour un parti fédéraliste et national. Stephen Harper l'a réalisé lorsqu'il a dit dans un discours de 2002 que "[l]a leçon historique à tirer de cela est que la coalition naturellement dirigeante du Canada inclut toujours l'option fédéraliste au Québec, et non pas l'option nationaliste." En plus du fait que ses dirigeants semblent avoir réalisé la nature du problème, il y a d'autres raisons de penser que les choses pourraient s'améliorer pour les Conservateurs. D'abord, les nationalistes purs et durs ont clairement fait savoir que soit ils ne voteront pas aux élections fédérales, soit ils voteront seulement pour le Bloc Québécois. Cela signifie que le Parti Conservateur ne sera pas amené pas à faire des choses téméraires pour gagner ou garder leurs votes durant les élections. Deuxièmement, le Parti Libéral perd sa crédibilité en tant que défenseur de l'unité nationale à cause du scandale des commandites. En effet, un sondage Environics de mai 2005 signale que 37% des Canadiens, en baisse par rapport à 46% l'annèe précédente, croient que les Libéraux sont les plus aptes à composer avec l'unité nationale et le Québec. Dans le même ordre d'idée, Stephen Taylor offre une suggestion intéressante: Le Parti Conservateur devrait commander un sondage au Québec qui demande simplement si le Parti Libéral a davantage aidé ou nui à l'unité nationale. La réponse surprendra probablement les gens de l'Ontario. Quand Léger Marketing a demandé aux Québécois dans un sondage d'avril 2005 si, suite aux révélations de la Commission Gomery, ils sentaient qu'ils avaient été trahis par Jean Chrétien et le Parti Libéral du Canada, 76% des répondants, incluant 65% des fédéralistes, ont répondu oui. Cela dépasserait le cadre de ce billet que de détailler ce que les Conservateurs devraient faire pour gagner en crédibilité sur ce dossier. Je vais néanmoins souligner que Stephen Taylor a une suggestion imaginative et que la plate-forme de Stephen Harper sur le fédéralisme semble être un bon début. |
| Bernard Landry resigns the leadership of the Parti Québécois and his MNA seat. Apparently, 76.2 percent is not a clear majority for Bernard Landry.
On a more serious note, this leaves open the question of his succession. My guess is that the PQ will have an interim leader until the next federal elections, after which they will welcome Gilles Duceppe as the saviour from Ottawa (shades of Lucien Bouchard and Jean Charest) UPDATE 2005-06-05: See also La sphère des idées J.H. and Paul Wells. Shagala has got images of crying militants. UPDATE 2005-06-06: See also Tout le monde en parle and Amateur Extraordinaire. | Bernard Landry démissionne en tant que chef du Parti Québécois et député. Apparemment, 76,2% n'est pas une majorité claire pour Bernard Landry.
Plus sérieusement, cela pose la question de sa succession. Ma supposition est que le PQ aura un chef intérimaire jusqu'aux prochaines élections fédérales, après quoi ils accueilleront Gilles Duceppe comme le sauveur venant d'Ottawa (relents de Lucien Bouchard et Jean Charest) MISE À JOUR 2005-06-05: Voir aussi La sphère des idées J.H. et Paul Wells. Shagala a des images de militants en pleurs. MISE À JOUR 2005-06-06: Voir aussi Tout le monde en parle et Amateur Extraordinaire. |
| Publius at Gods of the Copybook Heading and Bob Tarantino have tagged me in a Web game. So I'm going to answer the following questions.
Number of Books That I Own: About 200. Last Book I Bought: La démographie québécoise: Enjeux du XXIe siècle, a collection of writings on Québec demographics edited by Victor Piché and Céline Le Bourdais. Last Book I Read: I'm currently reading The Great Disruption: Human Nature and the Reconstitution of Social Order by Francis Fukuyama and César imperator by Max Gallo. Five Books that mean a lot to me:
Tag five more: Matt (Amateur Extraordinaire) UPDATE 2005-06-03: Patrick answered. UPDATE 2005-06-04: Jonathan answered. UPDATE 2005-06-09: Valérie answered. | Publius de Gods of the Copybook Heading et Bob Tarantino m'ont "tagué" dans un jeu Web. Alors je vais répondre aux questions suivantes.
Nombre de livres que je possède: Environ 200. Dernier livre acheté: La démographie québécoise: Enjeux du XXIe siècle, une collection d'écrits sur la démographie québécoise éditée par Victor Piché et Céline Le Bourdais. Dernier livre lu: Je lis présentement The Great Disruption: Human Nature and the Reconstitution of Social Order de Francis Fukuyama et César imperator de Max Gallo. Cinq livres qui ont une grande signification pour moi:
En taguer cinq autres: Matt (Amateur Extraordinaire) MISE À JOUR 2005-06-03: Patrick a répondu. MISE À JOUR 2005-06-04: Jonathan a répondu. MISE À JOUR 2005-06-09: Valérie a répondu. |
| I've just found this interesting graph which shows that the suicide rate per 100,000 people used to be much lower in Québec than in the rest of Canada and that it is now considerably higher in Québec than in the rest of Canada. Indeed, we see that the suicide rate in Québec has more than quadrupled between 1950 and 1994: | Je viens de trouver ce graphique intéressant qui montre que le taux de suicide par 100 000 habitants était auparavant bien plus bas au Québec que dans le reste du Canada et qu'il est maintenant considérablement plus élevé au Québec que dans le reste du Canada. En effet, on voit que le taux de suicide au Québec a plus que quadruplé entre 1950 et 1994: |
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The Institut national de santé publique du Québec also points out that the suicide rate has been decreasing in the rest of Canada since the end of the 1970s whereas it continues to rise in Québec:
Between the 1976-1978 and 1999-2001 periods, the suicide rate among men per 100,000 people increased by 11.6 points in Québec while it decreased by 6.7 points in the rest of Canada. Among women, the rate remained about stable in Québec, while it decreased by almost a half in the rest of Canada. | L'Institut national de santé publique du Québec fait aussi remarquer que le taux de suicide descend depuis la fin des années 1970 dans le reste du Canada alors qu'il continue d'augmenter au Québec:
Entre les périodes 1976-1978 et 1999-2001, chez les hommes, le taux de suicide par 100 000 habitants a augmenté de 11,6 points au Québec, tandis qu'il diminuait de 6,7 points dans le reste du Canada. Chez les femmes, il est demeuré relativement stable au Québec, tandis qu'il diminuait presque de moitié dans le reste du Canada. |