mai 31, 2005

La presse française et le NON

Tout le monde en parle showcases a list of links to the reactions of the French press with respect to the French NO to the European constitution.Tout le monde en parle présente une liste de liens vers les réactions de la presse française au NON des Français à la constitution européenne.
Publié par Laurent à 08:41 AM

mai 30, 2005

L'avortement au Québec: un tabou

From 1992 to 2002, the rate of induced abortions per 100 live births in Québec went up from 27.2 to 42.6, a relative increase of 57 percent. We would have expected sociologists, demographers and public authorities to show interest in this phenomenon and to ask themselves why so many Québec women choose, when they get pregnant, to not carry their pregnancy to term. However, this is not at all what happened, as is proved by this article published by l'Actualité:
Evelyne Lapierre-Adamcyk searched and searched, but she found nothing. Oh yes! at least: a Master’s thesis on abortion deposited in the Université Laval's library ... in 1991. Professor at the University of Montréal, this demographer was attempting to answer questions asked by a French colleague who was astonished by the high number of abortions in Québec. "This is visibly not a very popular research subject!" did she conclude.

In Québec's university departments of sociology, psychology or demographics, homosexuality, common-law unions and international adoption are studied in all of their facets. Not abortion. The Institut national de santé publique and the Ministry of Health and Social Services are no more interested. Even if the number of voluntary interruptions of pregnancy has been on the rise in the province for 10 years and remains exceptionally high for a developed society.

Why is nobody interested in this topic? The answers are absolutely candid:

These numbers have been a cold shower for this generation of women, activists and intellectuals in their 50s and 60s, who have fought for the decriminalization of abortion and its accessibility. "Nobody wants to start a debate on this topic, fearing to call into question access to abortion, explains Évelyne Lapierre-Adamcyk. I would in fact be sorry if there were a regression on this point." Maria De Koninck, health sociologist at the Social and Preventive Medicine Department of the Université Laval, also finds these numbers to be preoccupying. But how, does she ask, can this topic be addressed without threatening the gains that have been made? In fact, abortion is so closely linked to the right of women to their own bodies that it is difficult to make a sociological analysis of it. And this, even though poll after poll show there is a large consensus in Québec society for its accessibility and legality.

I already knew there was a political taboo surrounding abortion in Québec and that it was sufficient to say that "this is a settled question" or that "this debate has already been done" to end any political debate on this topic. But I would never have believed that this taboo also reached as far as the research community. This also shows there exists a large contradiction. If there is a large consensus in Québec for the accessibility and legality of abortion, then why be so afraid to do a frank and honest analysis of the sociological aspects of this phenomenon?

De 1992 à 2002, le taux d'avortements provoqués par 100 naissances vivantes au Québec est passé de 27,2 à 42,6, une hausse relative de 57%. On se serait attendu à ce que les sociologues, les démographes et les autorités publiques s'intéressent à ce phénomène et se demandent pourquoi tant de Québécoises, lorsqu'elles tombent enceintes, choississent de ne pas mener leur grossesse à terme. Or ce n'est pas du tout ce qui s'est produit, comme le prouve cet article paru dans l'Actualité:

Evelyne Lapierre-Adamcyk a eu beau chercher, elle n’a rien trouvé. Ah si! tout de même: un mémoire de maîtrise sur l’avortement déposé à la bibliothèque de l’Université Laval ... en 1991. Professeure à l’Université de Montréal, cette démographe tentait de répondre aux questions d’une consœur française qui s’étonnait du grand nombre d’avortements au Québec. "Ce n’est visiblement pas un sujet de recherche très en vogue!" conclut-elle.

Dans les facultés de sociologie, de psychologie ou de démographie du Québec, l’homosexualité, l’union libre et l’adoption internationale sont étudiées sous toutes leurs facettes. Pas l’avortement. L’Institut national de santé publique et le ministère de la Santé et des Services sociaux ne s’y intéressent pas davantage. Même si le nombre d’interruptions volontaires de grossesse est en hausse dans la province depuis 10 ans et demeure exceptionnellement élevé pour une société développée.

Pourquoi personne ne s'est intéressé à ce sujet? Les réponses sont tout à fait candides:

Ces chiffres ont eu l’effet d’une douche froide parmi la génération de femmes, militantes et intellectuelles dans la cinquantaine et la soixantaine, qui se sont battues pour la décriminalisation de l’avortement et son accessibilité. "Personne ne veut entreprendre de débat sur ce sujet, de crainte de remettre en cause l’accès à l’avortement, explique Évelyne Lapierre-Adamcyk. Je serais d’ailleurs désolée qu’il y ait un recul à cet égard." Maria De Koninck, sociologue de la santé au Département de médecine sociale et préventive de l’Université Laval, trouve aussi ces chiffres préoccupants. Mais comment, demande-t-elle, aborder le sujet sans menacer les acquis? En fait, l’avortement est si intimement lié au droit des femmes à disposer de leur corps qu’il est délicat d’en faire une analyse sociologique. Et ce, même si son accessibilité et sa légalité font l’objet d’un vaste consensus, sondage après sondage, dans la société québécoise.

Je savais déjà qu'un tabou politique entourait l'avortement au Québec et qu'il suffisait de dire que "c'est une question réglée" ou que "ce débat a déjà été fait" pour clore tout débat politique à ce sujet. Mais jamais je n'aurais crû que ce tabou s'étendait aussi jusqu'au domaine de la recherche. Cela montre aussi l'existence d'une grande contradiction. Si l'accessibilité et la légalité de l'avortement font l'objet d'un vaste consensus au Québec, alors pourquoi avoir si peur de faire une analyse franche et honnête des aspects sociologiques de ce phénomène?

Publié par Laurent à 10:03 PM

mai 29, 2005

Le référendum dont vous êtes le perdant

Several sovereignist activists were asked how they would react if the Parti Québécois lost a third referendum on sovereignty in 2010. La sphère des idées J.H. reported on some of their answers and this is not a pretty sight. We see the very deep contempt and resentment they hold toward a people of Québec that would dare vote NO a third time. Some of these activists would leave Québec so they could never hear again about Quebecers; others would even go as far as to kill their fellow citizens. An activist claims that "armed groups" would appear and another suggests a strategy of referendum harassment: a referendum on sovereignty would be held during each provincial election.

Take note of the fact that these are the same activists who regularly claim that there will be no turbulence following a win by the YES side because federalists will instantly rally to the sovereignist cause in order to "build the new country of Québec." Would that really be the case? According to a recent Léger Marketing poll, 8 percent of Quebecers would certainly move out of Québec if it became an independent country and an additional 15 percent would maybe do the same. The population of Québec as of January 1, 2005 is estimated to have been of 7,568,640. If we use this estimation, this would mean that more than 600,000 Quebecers would move out of Québec following a YES win and that more than 1.1 million additionnal Quebecers may also do the same. This would leave Québec considerably weakened.

On a demandé à plusieurs militants souverainistes comment ils réagiraient si le Parti Québécois perdait un troisième référendum sur la souveraineté en 2010. La sphère des idées J.H. a rapporté quelques-unes de leurs réponses et ce n'est pas une belle chose à voir. On voit le très profond mépris et ressentiment de ces militants envers un peuple québécois qui oserait voter NON une troisième fois. Certains de ces militants quitterait le Québec pour ne plus jamais entendre parler des Québécois; d'autres iraient même jusqu'à tuer leurs concitoyens. Un militant affirme que des "groupuscules armés" verraient le jour et un autre suggère une stratégie de harcèlement référendaire: un référendum sur la souveraineté à chaque élection provinciale.

Remarquez bien que ce sont ces mêmes militants qui affirment régulièrement qu'il n'y aura pas de turbulences au lendemain d'un OUI gagnant parce que les fédéralistes se rallieront immédiatement à la cause souverainiste pour "bâtir le nouveau pays du Québec." Serait-ce vraiment le cas? Selon un récent sondage Léger Marketing, 8% des Québécois quitteraient certainement le Québec s'il devenait un pays indépendant et un 15% additionnel le quitterait peut-être. On estime que la population du Québec était au nombre de 7 568 640 le 1er janvier 2005. Si on se base sur cette estimation, cela signifie que plus de 600 000 Québécois quitteraient le Québec à la suite d'un OUI gagnant et plus de 1,1 millions d'autres Québécois pourraient aussi le quitter. Cela affaiblirait considérablement le Québec.

Publié par Laurent à 06:01 PM

mai 28, 2005

The Conservatives and the terrified

A Léger Marketing poll asked respondents whether they were "afraid" of Stephen Harper's positions on "abortion, the death penalty and same-sex marriage" and 39 percent answered yes. Does this mean the Conservative Party is too 'extreme' and needs to moderate its stance on these issues?

Before answering that question, we should first ask ourselves what are the positions of the Conservative Party on these issues. If we look at the Conservative Party's policy declaration, a 45-pages document adopted last March during its party convention, we see that abortion is only mentioned to say that "[a] Conservative government will not support any legislation to regulate abortion" while the death penalty is nowhere mentioned. Finally, the Conservative Party would bring in civil unions, similar in principle to the registered partnerships adopted by many European countries, which would give homosexual couples access to the benefits enjoyed by married heterosexual couples. While one may disagree with these positions, it is hard to see what is extreme or frightening about them.

Paul Wells pointed out in an article last month that there were two kinds of people who didn't vote for the Conservative Party in the 2004 elections: the Unconvinced and the Terrified. The Terrified, who must form the major part of the 39 percent who said they were afraid of Stephen Harper's positions, are ready to believe the worst about the Conservative Party and, as Paul Wells points out, it is a waste of time and resources for the Conservative Party to try to convince them. Conservatives should accept that it is impossible to please everyone.

The flip side of this poll is that 43 percent of respondents said they were not afraid of Stephen Harper's positions on "abortion, the death penalty and same-sex marriage" while 18 percent said they did not know whether or not they were afraid. Of course, this total of 61 percent is much higher than the support the Conservatives usually get in polls (about 30 percent) The Conservative Party should concentrate its efforts on this 61 percent.

Un sondage Léger Marketing a demandé à des répondants si ils avaient "peur" des positions de Stephen Harper sur "l'avortement, la peine de mort et le mariage de conjoints de même sexe" et 39% d'entre eux ont répondu oui. Est-ce que cela signifie que le Parti Conservateur est trop "extrême" et doit adopter des positions plus modérées sur ces dossiers?

Avant de répondre à cette question, il faut d'abord se demander quelles sont les positions du Parti Conservateur sur ces dossiers. Si on regarde l'énoncé de politique du Parti Conservateur, un document de 48 pages adopté en mars dernier lors du congrès du parti, on voit que l'avortement n'est mentionné qu'une seule fois pour dire que "[u]n gouvernement conservateur n'adoptera pas de loi visant à régir l'avortement" alors que la peine de mort n'est nulle part mentionnée. Finalement, le Parti Conservateur instaurerait des unions civiles, semblables aux partenariats enregistrés qui existent maintenant dans plusieurs pays européens, qui permettraient aux couples homosexuels d'avoir accès aux bénéfices dont jouissent les couples hétérosexuels mariés. Bien qu'on puisse être en désaccord avec ces positions, il est difficile de voir ce qu'il y a d'extrémiste ou d'épeurant dans celles-ci.

Paul Wells a souligné dans un article du mois dernier qu'il y a deux sortes de personnes qui n'ont pas voté pour le Parti Conservateur aux élections de 2004: les "non-convaincus" et les "terrifiés." Les "terrifiés", qui doivent représenter la plus grande partie du 39% qui a déclaré avoir peur des positions de Stephen Harper, sont prêts à croire le pire à propos du Parti Conservateur et, comme le fait remarquer Paul Wells, le Parti Conservateur perd son temps et gaspille ses ressources lorsqu'il tente de les convaincre. Les Conservateurs doivent accepter qu'on ne peut pas plaire à tout le monde.

Le revers de la médaille de ce sondage est que 43% des répondants ont dit ne pas avoir peur des positions de Stephen Harper sur "l'avortement, la peine de mort et le mariage de conjoints de même sexe" et que 18% ont dit ne pas savoir si ils en avaient peur ou non. Évidemment, ce total de 61% est bien supérieur à l'appui que recueillent habituellement les Conservateurs dans les sondages (environ 30%) Le Parti Conservateur devrait concentrer ses efforts sur ce 61%.

Publié par Laurent à 08:37 PM

mai 26, 2005

L'éducation des femmes et leur fécondité

In the beginning of March, the Amateur Extraordinaire generated a mini-controversy when he quoted Robert D. Kaplan saying that "it has been shown increased literacy among women lowers the birth rate." This remark seemed self-evident to my eyes and I was surprised to see some commenters denying this negative correlation between the fertility and the literacy (or more generally the education level) of women.

Still, the facts are clear. The United Nations Population Fund, after having compared the rates of fertility and literacy in developing countries, concludes that "[t]he more education women have, the more likely they are to have smaller families." Moreover, "[m]ore education [for women] is strongly associated with lower infant mortality and lower fertility."

This correlation also holds for a developed country like Canada. Indeed, if we look at the total fertility rate of women born between 1875 and 1956, we see that women with an university education had systematically less children than women with a secondary education, who in turn had systematically less children than women with only a primary education.

In a 1968 study based on the 1961 Census, Jacques Henripin computed the influence of the type of locality (rural/urban), of the education level of the women and her husband, of religion, of the husband's income and of mother tongue on the total number of children born to women aged between 45 and 49 in 1961. He found that, when controlling for the other factors, the influence of a woman's education level was such that a woman with an elementary education had on average 41 percent more children than a woman with an university education.1 A 1993 study T. R. Balakrishnan, Family and Childbearing in Canada: A Demographic Analysis, computed the influence of the type of locality, of religion, of religiosity, of ethnicity, of the woman's education level and her professional activity on the total number of children born to women aged between 45 and 49 in 1984. Thus, when controlling for other factors, a woman with 11 years of schooling or less had in average had 29 percent more children than a woman with 14 years of schooling or more.2

These results should not surprise us. Indeed, women generally wait to have completed their education before having children; a longer education thus means a delay in the age at which they have their first birth, especially since most educated women prefer to start their career before having a child. A higher education level also increases the opportunity costs, in terms of lost wages and delays in career advancement, caused by childbearing. Moreover, educated women are more likely to be knowledgeable about contraception and to be able to get their partner to accept the use of contraception. Finally, educated women often prefer to emphasize the quality of their children (among others by ensuring they receive a good education) rather than their quantity.

Au début de mars, l'Amateur Extraordinaire a généré une mini-controverse lorsqu'il a cité Robert D. Kaplan disant que "il a été démontré qu’une plus grande alphabétisation chez les femmes abaisse le taux de natalité." Cette remarque me semblait tout à fait évidente et j'ai été surpris de voir certains commentateurs nier cette corrélation négative entre la fécondité et l'alphabétisation (ou plus généralement le niveau d'éducation) des femmes.

Pourtant, les faits sont clairs. Le Fonds des Nations Unies pour la population, après avoir comparé les taux de fécondité et d'alphabétisation des femmes dans les pays en voie de développement, conclut que "[p]lus les femmes sont éduquées, plus il est probable qu’elles auront des familles moins nombreuses." De plus, "[i]l existe une corrélation très prononcée entre le niveau plus élevé d'éducation [chez les femmes] et la baisse des taux de mortalité infantile et de fécondité."

Cette corrélation tient aussi pour un pays développé comme le Canada. En effet, si on étudie la descendance finale des femmes nées entre 1875 et 1956, on voit que les femmes ayant une éducation universitaire ont systématiquement une descendance plus faible que celles qui ont une éducation secondaire, et que celles-ci ont systématiquement une descendance plus faible que les femmes ayant seulement une instruction élémentaire.

Dans une étude de 1968 sur le recensement de 1961, Jacques Henripin a calculé l'influence du type d'habitat (rural/urbain), du niveau d'instruction de la femme et du mari, de la religion, du revenu du mari et de la langue maternelle sur le nombre d'enfants qu'avaient eu les femmes de 45-49 ans en 1961. Il a trouvé que, lorsqu'on tenait compte des autres facteurs, l'influence propre du niveau d'instruction de la femme était telle qu'une femme ayant une instruction élémentaire avait eu en moyenne 41% plus d'enfants qu'une femme diplômée d'une université.1 Une étude de 1993 par T. R. Balakrishnan, Family and Childbearing in Canada: A Demographic Analysis, a calculé l'influence du type d'habitat, de la religion, de la religiosité, de l'ethnicité, du niveau d'instruction de la femme et de l'activité professionnelle de la femme sur le nombre d'enfants qu'avaient eu les femmes de 45-49 ans en 1984. Ainsi, lorsqu'on tient compte des autres facteurs, une femme ayant fait 11 années d'études ou moins a eu moyenne 29% plus d'enfants qu'une femme ayant fait 14 années d'études ou plus.2

Ces résultats ne devraient pas nous surprendre. En effet, les femmes attendent généralement d'avoir terminé leurs études avant d'avoir des enfants; des études plus longues viennent donc retarder l'âge auquel elles ont leur premier enfant, d'autant plus que la plupart des femmes éduquées préfèrent commencer leur carrière avant d'avoir un enfant. Un niveau d'éducation plus élevé augmente aussi les coûts de renonciation, en termes de salaire perdu et de retard dans l'avancement de la carrière, liés au fait d'avoir un enfant. De plus, les femmes éduquées ont plus tendance à bien connaître les méthodes de contraception et à les faire accepter par leur partenaire. Finalement, les femmes éduquées préfèrent souvent mettre l'emphase sur la qualité de leurs enfants (entre autres en s'assurant qu'ils reçoivent une bonne éducation) plutôt que sur leur quantité.

1. Henripin, Jacques (2003) La métamorphose de la population canadienne. Montréal: Les Éditions Varia, p. 166.

2. Ibid.

Publié par Laurent à 09:30 PM

mai 24, 2005

Le déclin démographique des anglo-Québécois

Following the fall of the fertility rate and the rise of international immigration in the latest decades, there has been a lot of talk about the demographic future of Québec francophones. However, this is not the only interesting demographic phenomenon to happen in Québec. Indeed, Québec anglophones have known a sustained demographic decline in the last 150 years.

In 1871, 20.4 percent of Quebecers were of British ethnic origin. This proportion continually decreased to reach 5.1 percent in 1996. There is no reliable data for the distribution of the population by mother tongue in Québec before 1931. However, we can use the share of people having a British ethnic origin as a proxy for the share of anglophones before 1931, which would mean there were about 20 percent of anglophones in 1871. The share of Quebecers having English as their mother tongue was equal to 15.0 percent according to the 1931 Census and it had diminished in the following decades to reach 8.3 percent in 2001.

This demographic decline has also transformed the face of many regions in Québec. More than 60 percent of the population of the Québec side of the Ottawa Valley were anglophones in 1861 whereas they made up less than 20 percent of the population in 1981. Who could imagine that Québec City, today almost entirely francophone, had an almost 40 percent anglophone population in 1861? Conversely, we often remember the Eastern Townships as an anglophone stronghold originally settled by immigrants coming from the British Isles; the population of this region was 58 percent anglophone in 1861. However, this share had fallen to 6 percent in 2001.

These demographic changes also had an impact on Québec's political life. As was mentioned by Garth Stevenson in a 1998 article on Québec's anglophone MNAs published in the journal Inroads, in the early years following Confederation, "about a fifth of the members were anglophones, but there are now only 8 out of 125 members." Joseph-Édouard Cauchon had been chosen in 1867 to be the first Premier of the province of Québec. He has however been pushed aside because Christopher Dunkin refused to serve as treasurer under Cauchon, judging him to be unacceptable to Québec's anglophone community. This showed the political power of Québec's anglophone community at the time: it could bring about the fall of an aspiring Premier. It became a tradition to give the office of treasurer of the province of Québec to an anglophone, until Maurice Duplessis definitively abolished this tradition in 1944 by appointing Onésime Gagnon as provincial treasurer. This was an early sign of the political decline of Québec's anglophones. In the latest decades, the Parti Québécois has won office four times despite the hostility of Québec's anglophone community and even the Liberal Party does not fear to anger anglophones if it can better please francophone voters, as it did in 1988 by using the notwithstanding clause to preserve French unilingualism in commercial signs.

How did these demographic changes happen? There was of course the famous "revenge of the cradles", which took place from 1870 to 1940, a period during which the fertility of francophones was much higher than the fertility of anglophones. This trend also continued during the Baby Boom. But what is less well known is that the fertility of francophones remained higher than the fertility of anglophones in Québec even during the Quiet Revolution of the 1960s despite the general decline in fertility rates. Indeed, we have to wait until the 1981-1986 period for the fertility rates of each of these groups to become equal to one another. The Conseil de la langue française even published in 1984 a study based on the 1981 Census remarking that "the very low fertility of Québec women mostly affects anglophones."

The other factor explaining these demographic changes is interprovincial migration. Anglophones have shown a tendency to leave Québec for the other Canadian provinces, particularly during the 1970s with the arrival of language laws and the election of a sovereignist party in Québec City.

If I am presenting these facts, it is not to celebrate nor to lament the demographic decline of Québec's anglophones, but simply to take note of it. It is striking to see how, over a long period of time, there can be so important changes in the ethnic composition of a population without a gunshot being fired or a drop of blood being shedded.

Suite à la chute du taux du natalité et à la montée de l'immigration internationale dans les dernières décennies, on a beaucoup parlé de l'évolution démographique des francophones du Québec. Cependant, ce n'est pas le seul phénomène démographique intéressant à se produire au Québec. En effet, les anglophones du Québec connaissent un déclin démographique soutenu depuis les 150 dernières années.

En 1871, 20,4% des Québécois étaient Britanniques de par leur origine ethnique. Cette proportion a constamment diminué pour atteindre 5,1% en 1996. Il n'y a pas de données fiables pour la répartition de la population québécoise selon la langue maternelle avant 1931. Cependant, on peut estimer que la proportion d'anglophones était approximativement égale à la proportion de personnes d'origine ethnique britannique, ce qui signifierait qu'il y avait environ 20% d'anglophones en 1871. La proportion de Québécois ayant l'anglais comme langue maternelle était de 15,0% selon le recensement de 1931 et elle a diminué durant les décennies suivantes pour atteindre 8,3% en 2001.

Ce déclin démographique des anglophones a aussi transformé le visage de plusieurs régions du Québec. Plus de 60% de la population de l'Outaouais était anglophone en 1861 alors qu'il y en avait moins de 20% en 1981. Qui pourrait imaginer que la ville de Québec, aujourd'hui presque complètement francophone, avait en 1861 une population à 40% anglophone? Inversément, on se rappelle souvent des Cantons-de-l'Est comme un bastion anglophone originellement peuplé par des immigrants venus des Îles britanniques; la population de cette région était à 58% anglophone en 1861. Cependant, cette proportion n'était plus que de 6% en 2001.

Ces changements démographiques ont aussi eu impact sur la vie politique québécoise. Comme l'a mentionné Garth Stevenson dans un article sur les députés provinciaux anglophones du Québec publié en 1998 dans la revue Inroads, dans les premières années suivant la Confédération, "environ un cinquième des députés étaient anglophones, mais il y en a maintenant seulement 8 sur 125 députés." Joseph-Édouard Cauchon avait été choisi en 1867 pour être le premier des premiers ministres de la nouvelle province de Québec. Il a cependant été écarté parce que Christopher Dunkin a refusé d'occuper le poste de trésorier sous Cauchon, le jugeant inacceptable pour la communauté anglophone du Québec. Ceci montrait la force politique de la communauté anglophone du Québec à l'époque: elle pouvait faire tomber un aspirant premier ministre. C'est devenu une tradition que de donner le poste de trésorier de la province de Québec à un anglophone, jusqu'à ce que Maurice Duplessis abolisse définitivement cette tradition en 1944 en nommant Onésime Gagnon comme trésorier provincial. C'était un signe avant-coureur du déclin politique des anglophones du Québec. Dans les dernières décennies, le Parti Québécois a été quatre fois élu malgré l'hostilité de la communauté anglophone du Québec et même le Parti Libéral ne craint pas de s'attirer les foudres des anglophones si ils peuvent mieux plaire aux francophones, comme ils l'ont fait en 1988 en invoquant la clause nonobstant pour maintenir l'unilinguisme francophone dans l'affichage commercial.

Comment ces changements démographiques se sont-ils produits? Il y a bien sûr eu la fameuse "revanche des berceaux", qu'on situe de 1870 jusqu'à 1940, pendant laquelle la fécondité des francophones fut bien supérieure à celle des anglophones. Cette tendance s'est aussi poursuivie durant le Baby Boom. Mais ce qui est moins bien connu est que la fécondité des francophones est restée supérieure à celle des anglophones au Québec même pendant la Révolution tranquille des années 1960 malgré la chute générale des taux de fécondité. En effet, il faut attendre la période 1981-1986 pour que les taux de fécondité de ces deux groupes linguistiques deviennent égaux. Le Conseil de la langue française a même publié en 1984 une étude basée sur le recensement de 1981 affirmant que "la très faible fécondité des Québécoises affecte surtout les anglophones."

L'autre facteur expliquant ces changements démographiques sont les migrations interprovinciales. Les anglophones ont montré une tendance à quitter le Québec pour les autres provinces canadiennes, particulièrement durant les années 1970 avec l'arrivée des lois linguistiques et l'élection d'un parti souverainiste à Québec.

Si je présente ces faits, ce n'est pas pour célébrer ou lamenter le déclin démographique des anglophones du Québec, mais simplement pour le constater. Il est frapper de voir comment, sur une longue période, la composition ethnique d'une population peut connaître des changements si importants sans qu'un coup de feu ait été tiré ou qu'une goutte de sang ait été versée.

Publié par Laurent à 10:21 PM

mai 22, 2005

Deux lectures

Here are two interesting reads. J.H. talks about the links between the sovereignist project and statism (see also here) while Stephen Taylor has a plan for the Conservative Party.Voici deux lectures intéressantes. J.H. discute des liens entre le projet souverainiste et l'étatisme (voir aussi ici) alors que Stephen Taylor a un plan pour le Parti Conservateur.
Publié par Laurent à 10:58 PM

mai 21, 2005

Blogging Tories

I am proud to announce that I have joined the Blogging Tories, a network of Canadian conservative blogs, following an invitation by Stephen Taylor. La sphère des idées J.H. has also joined it very recently.Je suis fier d'annoncer que je me suis joint aux Blogging Tories, un réseau de blogs conservateurs canadiens, suite à l'invitation de Stephen Taylor. La sphère des idées J.H. vient aussi de s'y joindre.
Publié par Laurent à 10:43 AM

Au moins un bon côté

There is at least one good aspect to the fact that the Martin government won the votes on the budget and that there will not be elections this summer: this deprives the Bloc Québécois from what would have been a major victory, as is pointed out by the Amateur Extraordinaire.

In 13 elections (9 provincial ones and 4 federal ones), neither the Parti Québécois nor the Bloc Québécois managed to get an absolute majority (50 percent plus one) of votes. When the Bloc won 54 seats in 1993 and 2004, it did so with about 49 percent of votes; the Liberal Party and the Conservative Party each achieved better results in Québec during the 1980s.

If elections had been held this summer, the Bloc would probably have won an absolute majority of votes, with a non-negligible symbolic and psychological impact.

Il y a au moins un bon côté au fait que le gouvernement Martin ait gagné les votes sur le budget et qu'il n'y ait pas d'élections cet été: cela prive le Bloc Québécois de ce qui aurait été une victoire majeure, comme le souligne l'Amateur Extraordinaire.

En 13 élections (9 provinciales et 4 fédérales), jamais le Parti Québécois ou le Bloc Québécois n'ont réussi à obtenir une majorité absolue (50% + 1) des votes. Lorsque le Bloc a gagné 54 sièges en 1993 et 2004, il l'a fait avec environ 49% des votes; le Parti Libéral et le Parti Conservateur ont obtenu de meilleurs résultats au Québec chacun leur tour durant les années 1980.

Si des élections avaient eu lieu cet été, il est probable que le Bloc aurait obtenu une majorité absolue des votes, avec un impact symbolique et psychologique non négligeable.

Publié par Laurent à 09:27 AM

mai 20, 2005

Benoît Aubin on sovereignty polls

This excellent article from Benoît Aubin published by Maclean's is a good complement to my recent posts about polls on sovereignty (see here, here, here and here)Cet excellent article de Benoît Aubin publié dans Maclean's complémente bien mes récents billets à propos des sondages sur la souveraineté (voir ici, ici, ici et ici)
Publié par Laurent à 10:24 PM

mai 19, 2005

Star Wars tonight

Because Episode III of Star Wars has just been released, I'm going to watch Episode II on DVD tonight: I have some catch-up to do!

In the meantime, you can read the case for the Empire of Darth Vader and Palpatine.

Étant donné que l'épisode III de Star Wars vient de sortir, je vais regarder l'épisode II en DVD ce soir: j'ai du rattrapage à faire!

Entre temps, vous pouvez lire un plaidoyer pour l'Empire de Darth Vader et Palpatine.

Publié par Laurent à 08:08 PM

Richard Le Hir se vide le coeur

I don't have time to say more, but I recommend you read the revelations by former Péquiste minister Richard Le Hir on the 'tactics' employed by the sovereignist camp during the 1995 referendum.Je n'ai pas le temps d'en dire plus, mais je vous recommande de lire les révélations de l'ex-ministre péquiste Richard Le Hir sur les "tactiques" du camp souverainiste durant le référendum de 1995.
Publié par Laurent à 09:59 AM

mai 17, 2005

Mario Dumont dans le Harvard International Review

In 2002, there was a rumour according to which Mario Dumont declined to be interviewed by the French daily Le Figaro because it wouldn't have gained him any votes. It seems Mario Dumont has become more serious since. Indeed, he has just published his political vision in the Harvard International Review.En 2002, il y avait une rumeur comme quoi Mario Dumont aurait refusé une entrevue au journal français le Figaro sous prétexte que ça ne lui aurait rapporté aucun vote. Il semble bien que Mario Dumont est devenu plus sérieux depuis. En effet, il vient de publier sa vision politique dans le Harvard International Review.
Publié par Laurent à 09:54 PM

Traditions parlementaires

Following Belinda Stronach's nomination to the Cabinet, Colby Cosh points out that "the whole point of the tradition that the confidence of the House will be tested at once" upon the government losing a vote in the House "is to prevent exactly the sort of shenanigan just perpetrated." Colby Cosh also quotes what is in retrospect a very important article from Michael Bliss who explains why Paul Martin's failure to hold without delay a confidence vote is a subversion of our parliamentary democracy and a dangerous erosion of our constitution.

On a related note, there used to be a tradition that a MP appointed to the Cabinet had to resign his seat and contest a by-election. This tradition was so important that it played a large role in the demise of Arthur Meighen's government in 1926 when he tried to circumvent it. I had never understood what was the point of this tradition. Now I see it.

Suite à la nomination de Belinda Stronach au Cabinet, Colby Cosh nous rappelle que "la raison d'être de la tradition selon laquelle il faut immédiatement tester la confiance de la Chambre" lorsque le gouvernement perd un vote à la Chambre "est de prévenir exactement le genre de manigances qui vient de se produire." Colby Cosh cite aussi ce qui est en rétrospective un article très important de Michael Bliss qui explique pourquoi le fait que Paul Martin n'ait pas tenu sans délai un vote de confiance est une subversion de notre démocratie parlementaire et une érosion dangereuse de notre constitution.

Dans le même ordre d'idée, il y avait une tradition selon laquelle un député nommé au Cabinet devait quitter son siège et puis gagner une élection partielle. Cette tradition était si importante qu'elle a joué un rôle important dans la chute du gouvernement d'Arthur Meighen en 1926 lorsqu'il a tenté de la contourner. Je n'avais jamais compris quel était la raison d'être de cette tradition. Maintenant je comprends.

Publié par Laurent à 07:13 PM

mai 16, 2005

Nouveau sondage Léger Marketing sur la souveraineté

Léger Marketing published this weekend a new poll on referendum voting intentions.

First of all, it must be pointed out that this poll's methodology seems to be much better than the methodology of the previous poll. Indeed, this time the results do not seem to have been biased through emotionally loaded questions.

The number which is reported all over the media is the famous 54 percent who would vote YES to a question similar to the question of the 1995 referendum. However, this number is not really useful for predicting the result of a future referendum because of the Clarity Act which requires a clear question. The number which is really interesting is the 46 percent of Quebecers who would vote for Québec independence. Some points would probably be shaved off this support if the question rather mentioned an "independent country", but it is clear that this is a relatively high level of support. Before Gomery, support for complete independence or for sovereignty without an offer of partnership weighed in at around 30 percent.

It would be interesting to see how many of these 'indépendantistes' would answer YES if they were asked whether they wanted Québec to continue being a part of Canada; Léger Marketing found out in its April 27 poll that 56 percent of sovereignists answered YES to this question. According to its new poll, 75 percent of Quebecers, including 64 percent of sovereignists, say they are proud to be Canadian. 56 percent of Quebecers consider that the Canadian flag is a symbol which is personally important to them as is the Canadian national anthem for 52 percent of Quebecers. Moreover, a majority of Quebecers believe that it is an advantage for Québec to be part of Canada socially (59 percent for and 36 percent against), economically (58 percent for and 37 percent against) and for public safety (63 percent for and 29 percent against)

We also observe that there are divided opinions on the Clarity Act. Indeed, 44 percent of Quebecers agree with the provision of this act which requires that the referendum question refers only to the independence of Québec and not to an hypothetical partnership while 47 percent are opposed. Moreover, 52 percent of Quebecers do not believe that a support of 50 percent plus one in a referendum is sufficient to proclaim the independence of Québec while 46 percent think it is.

Léger Marketing a publié en fin de semaine un nouveau sondage sur les intentions de vote référendaire.

Tout d'abord, il faut dire que la méthodologie de ce sondage semble bien meilleure que celle du sondage précédent. En effet, les résultats ne semblent pas avoir été biaisés par des questions émotivement chargées cette fois-ci.

Le chiffre que rapportent tous les médias est le fameux 54% qui voteraient OUI à une question semblable à celle du référendum de 1995. Cependant, ce chiffre n'est pas vraiment utile pour prédire le résultat d'un futur référendum en raison de la Loi de Clarification qui exige une question claire. Le chiffre qui est vraiment intéressant est le 46% de Québécois qui voteraient pour l'indépendance du Québec. Cet appui baisserait probablement de quelques points si la question parlait plutôt de "pays indépendant", mais c'est clair que c'est un appui relativement élevé. On mesurait avant Gomery un appui d'environ 30% pour l'indépendance complète ou la souveraineté sans offre de partenariat.

Il serait intéressant de voir combien de ces "indépendantistes" répondraient OUI si on leur demandait si ils souhaitent que le Québec continue de faire partie du Canada; Léger Marketing avait trouvé dans son sondage du 27 avril que 56% des souverainistes répondaient OUI à cette question. Selon son nouveau sondage, 75% des Québécois, incluant 64% des souverainistes, disent qu'ils sont fiers d'être Canadiens. 56% des Québécois considèrent que le drapeau du Canada est un symbole qui est personnellement important pour eux tout comme l'est l'hymne national canadien pour 52% des Québécois. De plus, une majorité de Québécois croient que c'est un avantage pour le Québec de faire partie du Canada sur les plans social (59% pour et 36% contre), économique (58% pour et 37% contre) et de la sécurité publique (63% pour et 29% contre)

On remarque aussi que les avis sont partagés sur la Loi de Clarification. En effet, 44% des Québécois sont d'accord avec la disposition de cette loi qui exige que la question référendaire ne fasse référence qu'à l'indépendance du Québec et non pas à un hypothétique partenariat alors que 47% s'y opposent. De plus, 52% des Québécois ne croient pas qu'un appui de 50% plus un lors d'un référendum soit suffisant pour proclamer l'indépendance alors que 46% le croient.

Publié par Laurent à 07:24 PM

mai 15, 2005

La criminalité au Québec, 1962-2003

There has been a marked increase in criminality in Québec between 1962 and 2003. Indeed, between these two years, the violent crime rate per 100,000 people went from 150 to 713, a 4.8 times higher rate. During the same period, the property crime rate went from 1538 to 3269, a 2.1 times higher rate. Finally, the crime rate went from 2056 to 6407 between the years 1962 and 2003; in other words the crime rate has been multiplied by 3.1.

Two interesting things can be observed when Québec's crime rate is compared to the crime rate for Canada as a whole. First, the Québec rate has been lower than Canadian rate for every year of this period. Second, the Québec rate seems to move in step with the Canadian rate. Indeed, the ratio between Québec's and Canada's crime rates remained between a minimum of 67 percent in 1971 and a maximum of 83 percent in 1981 and went from a value of 74 percent in 1962 to 79 percent in 2003.

Il y a eu une augmentation marquée de la criminalité au Québec entre 1962 et 2003. En effet, entre ces deux années, le taux de crimes violents par 100 000 habitants est passé de 150 à 713, un taux 4,8 fois plus élevé. Durant la même période, le taux de crimes contre la propriété est passé de 1538 à 3269, un taux 2,1 fois plus élevé. Finalement, le taux de criminalité est passé de 2056 à 6407 entre les années 1962 et 2003; en d'autres mots le taux de criminalité a été multiplié par 3,1.

On constate deux choses intéressantes lorsqu'on compare le taux de criminalité du Québec au taux de criminalité pour l'ensemble du Canada. Premièrement, le taux québécois a été moins élevé que le taux canadien pour chacune des années de cette période. Deuxièmement, le taux québécois semble varier de concert avec le taux canadien. En effet, le rapport entre le taux québécois et le taux canadien de criminalité est resté entre un minimum de 67% en 1971 et un maximum de 83% en 1981 et est passé d'une valeur de 74% en 1962 à 79% en 2003.

Publié par Laurent à 05:50 PM

Contre

Paul Wells points out an interesting characteristic of Paul Martin's special deals with particular provinces:
One little-noted side effect of Team Martin's fondness for "one-off" side deals is that each deal, in isolation, draws the unanimous support of every party. Because who wants to be "against Newfoundland" or "against Ontario" or "against Saskatchewan?"

Of course, such a situation is not limited to federal-provincial dealings and is also a staple of clientelism, where every party seeks the favour of key special interests and does not wish to alienate them. Thus, if you suggest that university tuition fees should be raised, then you're "against students" or "against the young." If you oppose generous agricultural subsidies and prohibitive import tariffs on milk, eggs and chicken, that means you're "against farmers." If you think that just maybe Canada's immigration levels are too high, then you're "against minorities" and "against diversity." If you oppose the latest demands of feminist or labor union leaders, then you'll be accused of being respectively "against women" or "against workers." If you wonder whether it's a good idea for Employment Insurance to be a stealth subsidy to seasonal industries like forestry and fisheries, then this is proof that you're "against forestry workers", "against fishers" as well as "against regional development."

In short, it seems that Frédéric Bastiat's aphorism that "government is the great fiction through which everybody endeavors to live at the expense of everybody else" is too often true.

Paul Wells signale une caractéristique intéressante des ententes spéciales de Paul Martin avec des provinces particulières:

Un effet secondaire peu remarqué de la prédilection de l'Équipe Martin pour les ententes uniques et séparées est que chaque entente, prise séparément, obtient l'appui unanime de chaque parti. Car qui veut être "contre Terre-Neuve" ou "contre l'Ontario" ou "contre la Saskatchewan"

Bien sûr, une telle situation ne se limite pas aux affaires fédérales-provinciales et est aussi à la base du clientélisme, où chaque parti tente d'obtenir la faveur de groupes de pression stratégiques et ne souhaite pas les aliéner. Ainsi, si vous suggérez qu'il faudrait augmenter les frais de scolarité universitaire, alors vous êtes "contre les étudiants" ou "contre les jeunes." Si vous vous opposez aux généreuses subventions agricoles et aux tarifs d'importation prohibitifs sur le lait, les oeufs et le poulet, cela signifie que vous êtes "contre les agriculteurs." Si vous pensez que les niveaux d'immigration du Canada sont peut-être trop élevés, alors vous êtes "contre les minorités" et "contre la diversité." Si vous vous opposez à la demande du jour des leaders féministes et syndicaux, alors vous serez accusé d'être respectivement "contre les femmes" et "contre les travailleurs." Si vous vous demandez si c'est une bonne idée que l'Assurance-emploi soit une subvention cachée pour des industries saisonnières comme l'industrie forestière et la pêche, alors c'est la preuve que vous êtes "contre les travailleurs forestiers", "contre les pêcheurs" de même que "contre le développement régional."

En bref, il semble que l'aphorisme de Frédéric Bastiat, "l'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde", est trop souvent vrai.

Publié par Laurent à 12:30 PM

mai 14, 2005

Now who is Obi-Wan Kenobi?

Right Ho!, a new blog anonymously run by a conservative journalist, points out that the May 19 confidence vote will be held the same day as the opening of the new Star Wars film. He has also found a letter to the editor (5th one) which talks about "Emperor Martin", "Darth Layton", "Stephen Skywalker" and "Gilles Solo."Right Ho!, un nouveau blog écrit anonymement par un journaliste conservateur, signale que le vote de confiance du 19 mai aura lieu le même jour que la sortie du nouveau film de Star Wars. Il a aussi trouvé une lettre à la rédaction (la 5e) qui parle de "l'Empereur Martin", de "Darth Layton", de "Stephen Skywalker" et de "Gilles Solo."
Publié par Laurent à 11:08 AM

mai 13, 2005

The mooning of the Gomery Commission

Today, a high-ranking guy arrived late at a meeting because, he told us, traffic had been blocked by a mooning session in front of the building where the Gomery Commission sits.

Finally, this seems to be a true story.

Aujourd'hui, un type haut placé est arrivé en retard à une réunion parce que, nous a-t-il dit, le trafic avait été bloqué par une séance de mooning devant le bâtiment où siège la Commission Gomery.

Finalement, ça semble être une histoire vraie.

Publié par Laurent à 08:45 PM

mai 12, 2005

Les couteaux volent bas

Paul Wells thinks Canadian politics has sunk quite low. However, Andrew Coyne has shown last year that it is possible to have civilized debates in Parliament (in Great Britain)Paul Wells trouve que les couteaux volent bas dans la politique canadienne. Cependant, Andrew Coyne a montré l'année dernière qu'il était possible d'avoir des débats civilisés au Parlement (en Grande-Bretagne)
Publié par Laurent à 11:00 PM

mai 09, 2005

Retour sur le budget péquiste

The Parti Québécois presented a "Year One Budget" which claims that Québec would gain $17.1 billion in the period going from fiscal year 2005-2006 to 2009-2010 if it were sovereign. There are however many reasons to be skeptical of this number.
  • This budget presents an incomplete picture of current Québec public finances when it compares them to those of a sovereign Québec. This budget forgets that the current situation does not merely encompass the finances of Québec's provincial government but also Québec's share of the federal government's finances. The Conference Board of Canada forecasts that the federal government will have surpluses of $48.75 billion in fiscal years 2005-2006 to 2009-2010. Since Québec accounts for 23.6 percent of the Canadian population, Québec's share of these federal surpluses amounts to $11.5 billion and the gain attributed to sovereignty must thus be reduced by this same amount.
  • This budget relies on the extremely optimistic hypothesis that a sovereign Québec will only have to assume 18.2 percent of the federal debt. If you believe this is what will actually happen, I'd like to sell you farm lands 200 kilometers East of Miami. In the case where Québec would have to assume a more realistic share of 23.5 percent of the federal debt (approximately Québec's share of the Canadian population), then Guillaume Brière-Giroux computed that this would represent, compared with the Péquiste budget, $2.5 billion in additional interest expenses and thus a sum of $12.5 billion over 5 years. This again reduces the gain attributed to sovereignty.
  • This budget forecasts that an amount of $10.7 billion will be saved over a period of 5 years thanks to the elimination of duplication between the activities of the federal and provincial governments. We have to be prudent when we do these kinds of predictions. Québec was supposed to get this kind of savings after the federal government transfered in 1997 responsiblities for manpower training to Québec's provincial government. We rather ended up with what became known as the Emploi-Québec fiasco. These $10.7 billion in savings could well never materialize.

After these 3 corrections, the hypothetical benefit of $17.1 billion instead becomes a loss of $17.6 billion. Moreover, uncertainty and transitory costs are not even considered here.

Also read Amateur Extraordinaire on this topic here and here.

UPDATE 2005-05-10: Also read Stéphane Dion's comments.

Le Parti Québécois a déposé un "budget de l'an 1" qui affirme que le Québec ferait un gain de 17,1 milliards dans la période allant de l'exercice financier 2005-2006 à 2009-2010 si il était souverain. Il y a cependant plusieurs raisons de douter de ce chiffre.

  • Ce budget présente une vision tronquée des finances publiques actuelles du Québec pour les comparer à celles d'un Québec souverain. Ce budget oublie que la situation actuelle ne comprend pas seulement les finances du gouvernement provincial québécois, mais aussi la part du Québec dans les finances du gouvernement fédéral. Le Conference Board du Canada prévoit que le gouvernement fédéral aura des surplus de 48,75 milliards dans les exercices financiers de 2005-2006 à 2009-2010. Étant donné que le Québec compte pour 23,6% de la population canadienne, la part du Québec de ces surplus fédéraux est de 11,5 milliards et le gain attribué à la souveraineté doit donc être réduit de ce même montant.
  • Ce budget fait l'hypothèse fortement optimiste qu'un Québec souverain n'aura à assumer que 18,2% de la dette fédérale. Si vous vous imaginez que c'est réellement ce qui se produira, je voudrais vous vendre des terres arables 200 kilomètres à l'Est de Miami. Dans le cas où un Québec souverain aurait à assumer une part plus réaliste de 23,5% de la dette fédérale (approximativement la part du Québec dans la population canadienne), alors Guillaume Brière-Giroux a calculé que cela représenterait, par rapport au budget Péquiste, des frais d'intérêts supplémentaires annuels de 2,5 milliards et donc une somme de 12,5 milliards sur 5 ans. Cela vient encore réduire le gain attribué à la souveraineté.
  • Ce budget prévoit qu'un montant de 10,7 milliards sera économisé sur une période de 5 ans grâce à l'élimination des dédoublements entre le gouvernement fédéral et le gouvernement provincial. Il faut être prudent lorsqu'on fait ce genre de prédictions. Le Québec était censé faire ce genre d'économies après que le gouvernement fédéral ait transféré au gouvernement provincial québécois en 1997 les responsabilités de formation de la main d'oeuvre. On a plutôt eu droit à ce qui a été connu sous le nom du fiasco d'Emploi-Québec. Ces 10,7 milliards d'économies pourraient bien ne jamais se matérialiser.

Après ces 3 corrections, le gain hypothétique de 17,1 milliards devient plutôt une perte de 17,6 milliards. De plus, on ne considère même pas ici les coûts d'incertitude et de transition.

Lire aussi Amateur Extraordinaire à ce sujet ici et ici.

MISE À JOUR 2005-05-10: Lire aussi les commentaires de Stéphane Dion.

Publié par Laurent à 07:07 PM

mai 07, 2005

La criminalité au Canada, 1962-2003

Fighting crime is often seen as a low-brow, borderline illegitimate political issue. The arguments which are most often used to dismiss worries about crime are to say that the crime rate is low and that it has been declining in recent years. Is this really the case? A figure from Statistics Canada allows us to see changes in the crime rate per 100,000 people from 1962 to 2003 in Canada:La lutte contre le crime est souvent vue comme un enjeu politique bas de gamme, presque illégitime. Les arguments qui sont les plus souvent utilisés pour balayer du revers de la main les inquiétudes face au crime sont de dire que le taux de criminalité est bas et qu'il a diminué ces dernières années. Est-ce vraiment le cas? Un graphique de Statistique Canada nous permet de voir l'évolution du taux de criminalité pour 100 000 habitants de 1962 à 2003 au Canada:
What is immediately obvious is that, even though the crime rate decreased from 1991 to 2003, this decrease is quite small when it is compared to the impressive rise in the crime rate from 1962 to 1991. In fact, we observe that the violent crime rate per 100,000 people in Canada went from 221 to 963 between the years 1962 and 2003, a 4.4 times higher rate. During the same period, the property crime rate went from 1891 to 4121, a 2.2 times higher rate. Finally, the crime rate went from 2771 to 8132 between the years 1962 and 2003; in other words the crime rate has been multiplied by 2.9.On voit immédiatement que, bien que le taux de criminalité ait diminué de 1991 à 2003, cette baisse est bien petite quand on la compare à la hausse impressionnante du taux de criminalité de 1962 à 1991. En fait, on constate que le taux de crimes violents par 100 000 habitants au Canada est passé de 221 à 963 entre les années 1962 et 2003, un taux 4,4 fois plus élevé. Durant la même période, le taux de crimes contre la propriété est passé de 1891 à 4121, un taux 2,2 fois plus élevé. Finalement, le taux de criminalité est passé de 2771 à 8132 entre les années 1962 et 2003; en d'autres mots le taux de criminalité a été multiplié par 2,9 durant cette période.
Publié par Laurent à 12:00 PM

mai 04, 2005

Joe Volpe does the Gagliano

Back in March 2004, Alfonso Gagliano thought he had found the way out of trouble: he claimed that he had come under suspicion with respect to the sponsorship scandal only because of anti-Italian racism.

The Immigration minister Joe Volpe tried the same thing yesterday. The Western Standard had made a parody of a poster of the Sopranos depicting Brault, Gagliano, Chrétien, Martin and Guité as "the Libranos." Joe Volpe then whined about anti-Italian bigotry and compared the Conservative Party to the Ku Klux Klan. Too bad for Joe Volpe that the Conservatives have actually the most diverse caucus and that the reply came from Uganda-born black Conservative MP Rahim Jaffer.

En mars 2004, Alfonso Gagliano pensait avoir trouvé la manière de se sortir du trouble: il a affirmé qu'on l'a considéré comme suspect dans le scandale des commandites seulement à cause du racisme anti-italien.

Le ministre de l'Immigration Joe Volpe a essayé la même chose hier. Le Western Standard avait fait une parodie d'un poster des Sopranos montrant Brault, Gagliano, Chrétien, Martin et Guité en tant que "les Libranos." Joe Volpe s'est alors plaint de bigoterie anti-italienne et a comparé le Parti Conservateur au Ku Klux Klan. Tant pis pour Joe Volpe: les Conservateurs ont en fait le caucus avec le plus de diversité et la réplique est venue du député Conservateur Rahim Jaffer, qui est noir et né en Ouganda.

Publié par Laurent à 08:01 PM

mai 03, 2005

Amateur Extraordinaire on teen pregnancies

The Amateur Extraordinaire comments the article published by La Presse this weekend about teenage mothers as well as the attempts by public health authorities to decrease the number of pregnancies among teens.L'Amateur Extraordinaire commente l'article publié par La Presse en fin de semaine sur les mères adolescentes ainsi que les tentatives des autorités de santé publique de diminuer le nombre de grossesses chez les adolescentes.
Publié par Laurent à 03:57 PM

mai 02, 2005

La Loi de Clarification et les sondages sur la souveraineté

Pollsters continue to measure support for sovereignty by using the question of the 1995 referendum, or variations on this question. This is useful for measuring the evolution of the support for sovereignty since 1995, but there is a problem with this approach.

The problem is that the Clarity Act makes sure that the question of the next referendum will be different; it will have to clearly ask Quebecers whether they want to cease to be part of Canada and the question cannot refer to a new partnership with the rest of Canada.

There are few recent polls which would allow us to discern how Quebecers would vote to such a question. According to a January 2004 Léger Marketing poll, 28 percent of Quebecers would vote YES to a referendum on sovereignty without an offer of political and economic partnership with the rest of Canada. According to a Fall 2004 CRIC poll, 33 percent of Quebecers would vote YES to Quebec becoming completely independent from Canada whereas 31 percent of Quebecers would vote NO if they were asked whether they wanted Quebec to remain a province of Canada.

UPDATE: A Léger et Léger poll conducted in October 1995 illustrates well the ambiguity of the 1995 referendum question:

[C]lose to 80 percent of Quebecers who planned to vote "yes" believed that victory would entail the automatic use of the Canadian dollar; a remarkable 90 percent believed that Quebec's economic ties with Canada would remain unchanged; 50 percent believed that they would continue to use a Canadian passport; and 25 percent believed Quebec would continue to elect representatives to the Canadian Parliament.
Les sondeurs continuent à mesurer l'appui à la souveraineté avec la question du référendum de 1995, ou des variantes de cette question. C'est utile pour mesurer l'évolution de l'appui à la souveraineté depuis 1995, mais il y a un hic.

Le hic est que la Loi de Clarification fait en sorte que la question du prochain référendum sera différente; elle devra clairement demander aux Québécois si ils veulent cesser de faire partie du Canada et ne pourra pas référer à un nouveau partenarait avec le reste du Canada.

Il y a peu de sondages récents qui permettraient de nous indiquer comment les Québécois voteraient à une telle question. Selon un sondage Léger Marketing de janvier 2004, 28% des Québécois voteraient OUI à un référendum sur la souveraineté sans offre de partenariat politique et économique avec le reste du Canada. Selon un sondage du CRIC de l'automne 2004, 33% des Québécois voteraient OUI pour que le Québec devienne un pays complètement indépendant du Canada alors que 31% des Québécois voteraient NON si on leur demandait si ils voulaient que le Québec demeure une province du Canada.

MISE À JOUR: Un sondage Léger et Léger effectué en octobre 1995 illustre bien l'ambiguité de la question référendaire de 1995:

[P]rès de 80 pour cent des Québécois qui se proposaient de voter "oui" pensaient qu'une victoire des indépendantistes s'accompagnerait de l'utilisation automatique du dollar canadien; une proportion de 90 pour cent pensaient que les relations économiques du Québec avec le Canada resteraient inchangées; 50 pour cent croyaient qu'ils garderaient leur passeport canadien et 25 pour cent croyaient que le Québec continuerait d'envoyer des députés à Ottawa.
Publié par Laurent à 11:34 PM