A good column from Chantal Hébert on the confusion of the Martin government:
No wonder Canadians are confused. Rarely have so many conflicting signals been sent in so many directions. | Une bonne chronique de Chantal Hébert sur la confusion du gouvernement Martin:
Ce n'est pas surprenant que les Canadiens soient confus. Il est rare que tant de signaux contradictoires soient envoyés dans tant de directions. |
| Please, wait again some more before attacking us, we are not ready. Not only Canada has difficulties to have its sovereignty over its Arctic territories recognized by Denmark, but a Senate committee just delivered a report according ot which Canada is not ready to tackle a major disaster and the Auditor-General Sheila Fraser presented a report highlighting big holes in the fight against terrorism.
We must at least see the good sides of things: nothing in Sheila Fraser's latest report allows us to conclude that funds earmarked for the fight against terrorism have been dilapidated in cronyism to Liberal-friendly firms or to pay for the love nests of political staff. That's already a plus. See also Andrew Coyne. | S'il vous plaît, attendez encore un peu avant de nous attaquer, nous ne sommes pas prêts. Non seulement, le Canada a de la difficulté à faire reconnaître sa souveraineté sur ses territoires arctiques face au Danemark, mais un comité du Sénat vient de rendre un rapport selon lequel le Canada n'est pas prêt à faire face à une catastrophe majeure et la vérificatrice générale Sheila Fraser dépose un rapport notant de graves lacunes dans la lutte contre le terrorisme.
Il faut au moins voir les choses du bon côté: rien dans le dernier rapport de Sheila Fraser ne nous permet de conclure que des fonds destinés à lutter contre le terrorisme ait été dilapidés en patronage pour des proches des Libéraux ou pour payer les escapades romantiques d'attachés politiques. C'est déjà ça. Voir aussi Andrew Coyne. |
| A new biography of Jacques Parizeau reveals that Bernard Landry, then deputy prime minister of Québec, demanded that Parizeau resign after his declaration on "ethnic votes" and claimed that he had "set back the sovereignist movement by twenty years".
Exactly. This biography says that Brian Mulroney offered in 1987 a Senate seat to Parizeau (to attempt to prevent him from taking the head of the Parti Québécois) Paul Martin should offer him a Senate seat again: Jacques Parizeau, despite his intentions, has done more than anybody else to keep Canada united after the 1995 referendum. In 1996 or in 1997, it seemed sure that Québec would be a sovereign country around 2000. But support for the sovereignist movement then began to slide. The deadline for an hypothetical referendum then moved little by little to 2005. Then the PQ faced a resounding defeat in the 2003 elections and, when Landry now claims that Québec will be independant in 2008, this seems to be a good joke more than anything else. We can now see to which extent the famous declaration on "ethnic votes" devastated the sovereignist movement. Before October 30, 1995, it seemed obvious the only question to be asked was "do Quebecers want to form a new sovereign country?" After October 30, 1995, it is now impossible to answer this question without first asking who exactly are "the Quebecers" and more importantly who are not. Before 1995, Quebecers could believe that the PQ would give a sensible answer to the question of what is the identity of the Quebecer. After 1995, it becomes essential to be sure that this answer is not an answer that could have been spoken by a Jean-Marie Le Pen. Now that the matter of the Quebecer identity has been put to the foreground, it has created very deep rifts among the sovereignist movement between supporters of an ethnic nationalism and those of a civic and more inclusive nationalism; between those who believe that nationalism must trump everything else and those who want to balance nationalism with liberal democratic values. The best symbol of this new situation is Bernard Landry furiously asking for Jacques Parizeau to resign. Often, federalists cannot even start speaking out against the extreme-right leanings of some ethnic-nationalist diatribes that already civic-nationalists are busy denouncing them. For example, in the end of 2000, when Yves Michaud, a candidate for the PQ nomination in a Montreal riding, started denouncing the fact that Jews had voted massively for the NON, the government of the Parti Québécois presented a motion of blame in the National Assembly against Yves Michaud; Lucien Bouchard gave an ultimatum to the PQ asking it to reject Michaud's candidacy: "You have a choice: either it's me or it's Michaud". But many péquistes militants acted as apologists for Yves Michaud, just as they had been apologists for Jacques Parizeau before, presenting him as a victim of political correctness. Many péquistes simply thought that "Michaud talks about the real things". This was the most militant wing of the grassroots, the one that fills assemblies, that goes knocking from door to door, that sells memberships. In fact, even though Michaud lost the nomination in his riding, Lucien Bouchard still resigned some weeks after this affair. When Parizeau revisited his declaration on "ethnic votes" during the 2003 elections, Bernard Landry simply was stuck between two fires and got burned. On one hand, he could not condemn Parizeau without alienating a large part of his militant grassroots. On the other hand, he could not refrain from condemning Parizeau without seeming complacent toward the least palatable factions of the sovereignist movement. Parizeau wants to help the Bloc in the next electoral campaign and it is no coincidence that Duceppe does not seem to be very enthusiastic about it. | Une nouvelle biographie de Jacques Parizeau révèle que Bernard Landry, alors vice-premier ministre du Québec, a exigé la démission de Parizeau après sa déclaration sur les "votes ethniques" et a affirmé qu'il avait "fait reculer le mouvement souverainiste de vingt ans".
Exactement. Cette biographie dit que Brian Mulroney a offert en 1987 un siège au Sénat à Parizeau (pour essayer de l'empêcher de prendre la tête du Parti Québécois) Paul Martin devrait lui offrir un siège de sénateur à nouveau: Jacques Parizeau a fait bien malgré lui plus que quiconque pour garder le Canada uni après le référendum de 1995. En 1996 ou en 1997, il semblait certain que le Québec serait un pays souverain vers l'an 2000. Puis l'appui au mouvement souverainiste s'est mis à vaciller. L'échéance d'un hypothétique référendum s'est peu à peu déplacée jusqu'en 2005. Puis le PQ a connu une défaite cuisante aux élections de 2003 et, quand Landry affirme que le Québec sera indépendant en 2008, ça semble plus être une bonne blague qu'autre chose. On peut maintenant observer à quel point la fameuse déclaration sur "les votes ethniques" a dévasté le mouvement souverainiste. Avant le 30 octobre 1995, il semblait évident que la seule question à se poser était "est-ce que les Québécois veulent former un nouveau pays souverain?" Après le 30 octobre 1995, on ne peut plus répondre à cette question avant de se demander tout d'abord qui sont "les Québécois" et de manière plus importante qui ne le sont pas. Avant 1995, les Québécois pouvaient se dire que le PQ fournirait une réponse sensée à la question de l'identité du québécois. Après 1995, il devient essentiel de s'assurer que cette réponse n'en soit pas une qui pourrait sortir de la bouche d'un Jean-Marie Le Pen. La mise au premier plan de la question de l'identité québécoise a créé des fissures très profondes au sein du mouvement souverainistes entre les partisans d'un nationalisme ethnique et ceux d'un nationalisme civique et inclusif; entre ceux qui croient que le nationalisme doit primer sur tout et ceux qui veulent concilier le nationalisme avec les valeurs démocratiques libérales. Le meilleur symbole de cette nouvelle situation est Bernard Landry exigeant furieusement la démission de Jacques Parizeau. Souvent, les fédéralistes n'ont même pas le temps d'ouvrir la bouche pour dénoncer les diatribes à tendance extrême-droite de certains nationalistes ethniques que déjà les nationalistes civiques sont en train de les dénoncer à qui mieux mieux. Par exemple, à la fin de 2000, lorsque Yves Michaud, candidat à l'investiture du PQ dans un comté de Montréal, s'est mis à dénoncer le fait que les Juifs avaient massivement voté pour le NON, le gouvernement du Parti Québécois a déposé une motion à l'Assemblée Nationale condamnant Yves Michaud; Lucien Bouchard a sommé le PQ de rejeter la candidature de Michaud: "Vous avez le choix: c'est moi ou Michaud". Mais plusieurs militants péquistes ont fait l'apologie d'Yves Michaud, comme ils avaient fait l'apologie de Jacques Parizeau auparavant, le présentant comme une victime de la rectitude politique. Plusieurs militants péquistes pensaient simplement que "Michaud dit les vraies affaires". C'était l'aile la plus militante de la base, celle qui remplit des assemblées, qui fait du porte-à-porte, qui vend des cartes de membre. D'ailleurs, bien que Michaud ait perdu l'investiture de son comté, Lucien Bouchard a tout de même démissionné quelques semaines après cette affaire. Quand Parizeau est revenu sur sa déclaration des "votes ethniques" durant les élections de 2003, Bernard Landry a tout simplement été coincé entre deux feux et s'est fait brûler. D'un côté, il ne pouvait pas condamner Parizeau sans s'aliéner une large partie de sa base militante. De l'autre côté, il ne pouvait pas s'abstenir de condamner Parizeau sans paraître complaisant face aux factions les plus sombres du mouvement souverainiste. Parizeau veut aider le Bloc dans la prochaine campagne électorale et ce n'est pas un hasard si Gilles Duceppe n'en est pas tellement enthousiaste. |
| Outsourcing is wreaking havoc. I just outsourced the covering of recent developments in the sponsorship scandal to Andrew Coyne. Go read him here, here and here. | La sous-traitance fait des ravages. Je viens de sous-traiter la couverture des derniers développements dans le scandale des commandites à Andrew Coyne. Allez le lire ici, ici et ici. |
| Yves Séguin just presented the 2004 budget of the government of Quebec.
There are not really any big surprises. This is only the proof that the Charest government decided it would avoid controversies from now on. The summary is that there are significant spending increases in health care, education and social programs; some penny-pinching in many departments; a $220 million tax cut (instead of the promised billion); a new family allowances program whose costs start at $500 million (and no, it doesn't count as a tax cut); a $240 million work premium for low-income families (I did not inform myself on this, but this vaguely seems to be a good idea, if it can help people to get off of welfare); sales taxes on diapers are abolished (you can't parody this government anymore); generally less subsidies to enterprises; a "zero deficit" despite the debt mysteriously rising (as in the preceding years) to reach $115 billion. | Yves Séguin vient de déposer le budget du gouvernement du Québec pour 2004.
Il n'y a pas vraiment de grosses surprises. C'est simplement la preuve que le gouvernement Charest a décidé qu'il ne ferait plus de trop de vagues. En gros, il y a des augmentations de dépenses considérables en santé, en éducation et dans les programmes sociaux; des économies de bout de chandelle dans plusieurs ministères; une baisse d'impôt de 220 millions (au lieu du milliard promis); un nouveau programme d'allocations familiales dont les coûts débutent à 500 millions (et non, ça ne compte pas comme une baisse d'impôts); un crédit au Travail de 240 millions pour les familles à faible revenu (je ne me suis pas informé, mais ça me semble vaguement une bonne idée, si ça peut aider les gens à quitter l'aide social); l'abolition de la taxe de ventes sur les couches (il n'est plus possible de parodier ce gouvernement); généralement moins de subventions aux entreprises; un "déficit zéro" malgré que la dette augmente mystérieusement (comme les années précédentes) pour atteindre 115 milliards. |
| Support for the Conservative Party clearly seems to be on the rise in Quebec: it stood at 4.1% in December 2003, oscillated between 6 and 9% in the first months of 2004 and the last poll credits them with a share of 11% of votes in Quebec. But would a continuing rise in support for the Conservative Party help or hurt the Liberals?
Before the sponsorship scandal, the conventional wisdom was that a rise in the Conservative vote would divide the federalist vote and would help Bloc MPs to get elected. For example, Jean-Marc Léger from Léger Marketing asserted it on January 24, 2004: According to Mr. Léger, if the newly formed Conservative Party elects a leader who can attract support in Quebec, it could split the federalist vote and benefit the Bloc in many ridings. "The Liberals are hoping for a two-way race. However, should support for the Conservatives increase in any way, especially if it goes as high as 15-per cent, it will really hurt the Liberals, " Mr. Léger said.He says it again on February 2, 2004: According to his analysis, "the key of the electoral campaign in Quebec will be the strength of the Conservative Party". If its support increases significantly, it would take federalist votes away from the Liberal Party of Canada. He judges that "the third party will have a determining impact on the campaign".However, after the sponsorship scandal, conventional wisdom switched sides. It is now feared the rise of the Conservative Party would divide the anti-Liberal vote and get Liberal MPs elected. Chantal Hébert presents this line of thought (found via Vicki Smith at BlogsCanada) : If Harper presides over a moderate Conservative resurgence in Quebec, his success may hand the Liberals enough seats to salvage a majority nationally.Finally, this is all seems to be rather confuse: Harper would simultaneously divide the federalist (anti-Bloc) vote and the anti-Liberal vote. Analysts above all seem to think that the Conservatives will hurt whichever party is leading (the Liberals before AdScam, the Bloc after it). After all, the voters that switched from the Liberals to the Bloc have just shown that they are mobile, we can therefore suppose that it could be they who would move toward the Conservative Party. But there are probably also federalists shocked by the sponsorship scandal who remained Liberals because they would never vote for a sovereignist party like the Bloc. It could also be they who would discover the Conservatives as an acceptable federalist alternative. We cannot really know a priori which one will be the most numerous group to move toward the Conservatives. Studying political trends at the provincial level does not really shed light on the matter. Among voters that support the ADQ, a right-wing Quebec party, we find about 50% of sovereignists and 50% of federalists (an April 2003 poll estimates that 45% of adéquistes are sovereignists while a January 2004 poll estimates that 54% are; the margin of error is important because these are sub-samples) Adéquistes voters who could feel particularly attracted by the policies of the Conservative Party would therefore possibly come as much from the Bloc as from the Liberal Party. In short, until we can get more informations, we are still sailing in the dark. | L'appui au parti Conservateur semble clairement être en hausse au Québec: il était de 4,1% en décembre 2003, a oscillé entre 6 et 9% au début de 2004 et le dernier sondage leur donne 11% des intentions de vote au Québec. Mais est-ce qu'une hausse qui se poursuivrait de l'appui au parti Conservateur aiderait ou nuirait aux Libéraux?
Avant la scandale des commandites, la sagesse conventionnelle voulait qu'une montée du vote Conservateur diviserait le vote fédéraliste et aiderait à faire élire des députés du Bloc. Par exemple, Jean-Marc Léger de Léger Marketing l'affirmait le 24 janvier 2004: Le sondeur ne s'attend pas à ce que le Parti conservateur ou le Nouveau Parti démocratique remportent des circonscriptions, mais advenant une performance de l'ordre de 15 % ou plus pour le Parti conservateur, le Parti libéral perdrait des plumes, les votants conservateurs étant avant tout fédéralistes. "À partir de 15 %, le Parti conservateur va faire élire beaucoup de députés bloquistes."Il le répète le 2 février 2004: Selon son analyse, "la clef de la campagne électorale au Québec sera la force du Parti conservateur". Si son appui y grimpe suffisamment, il enlèvera du vote fédéraliste au Parti libéral du Canada, favorisant ainsi le Bloc québécois. "Le troisième parti va être très déterminant dans la campagne" au Québec, juge-t-il.Cependant, après le scandale des commandites, la sagesse conventionnelle a changé de bord. On craint maintenant que la montée du parti Conservateur divise le vote anti-Libéral et fasse élire des députés Libéraux. Chantal Hébert présente cet argument (trouvé via Vicki Smith at BlogsCanada) : Si Harper préside une remontée modérée Conservatrice au Québec, son succès pourrait donner aux Libéraux assez de sièges pour se sauver avec un majorité au niveau national.Finalement, tout cela semble confus: Harper diviserait à la fois le vote fédéraliste (anti-Bloc) et le vote anti-Libéral. Les analystes semblent surtout penser que les Conservateurs nuisent au parti qui est en tête (les Libéraux avant AdScam, le Bloc après). Après tout, les électeurs qui se sont déplacés des Libéraux vers le Bloc viennent tout juste de prouver qu'ils étaient mobiles, on peut donc supposer que ce pourraient bien être eux qui se dirigeraient vers le parti Conservateur. Mais il y a probablement aussi des fédéralistes choqués par le scandale des commandites qui sont restés Libéraux parce qu'ils ne voteraient jamais pour un parti souverainiste comme le Bloc. Ce pourraient aussi être eux qui découvriraient en le parti Conservateur une alternative fédéraliste acceptable. On ne peut pas vraiment savoir a priori lesquels se dirigeraient en plus grand nombre vers les Conservateurs. Étudier les tendances politiques au niveau provincial ne nous éclaire pas vraiment. Parmi les électeurs qui appuient l'ADQ, un parti québécois de droite, on trouve environ 50% de souverainistes et 50% de fédéralistes (un sondage d'avril 2003 évalue que 45% des adéquistes sont souverainistes alors qu'un sondage de janvier 2004 évalue que 54% le sont; la marge d'erreur est importante car ce sont des sous-échantillons) Les électeurs adéquistes qui pourraient être particulièrement attirés par les politiques du parti Conservateur viendraient donc possiblement autant du Bloc que du parti Libéral. Bref, en attendant d'avoir plus d'informations, on navigue toujours dans le noir. |
Jack Layton tries to go for a NDP breakthrough in Quebec. He recently broadcast ads that put the emphasis on the fact he is from Montreal and that he speaks French (very much in the spirit of his campaign that seems to be based on a personality cult) However, a militant Quebec nationalist writes in the pages of Le Devoir that he is not impressed:
To show how open he is, Mr. Layton proposes an "asymmetrical federalism based on respecting provincial jurisdictions: the federal financing of provincial projects for which there would be an agreement on goals and not on norms". I don't know if he realizes that this proposal does not create any asymmetry: all the "provinces" would have the same rights and the distinct character of Québec as a nation would be again diluted in the joyful Canadian diversity where, in fact, Ottawa calls the shots in invading provincial jurisdictions and forces the provinces to adapt to its goals. What is the difference with Paul Martin?The difference with Paul Martin is of course that Jack Layton plans even bigger intrusions in provincial jurisdictions: The NDP would [...] fund more social and health spending, including a national home care program -- for more home-based health care -- and a national pharmacare program to pay for medications.In short, the NDP would keep federal tax collection at an almost all-time high (and would not be opposed to increasing it) and would use the proceeds to finance a shopping list of federal programs encroaching on provincial jurisdictions: home care, pharmacare, child care, public housing, municipal infrastructure and these are only some paragraphs. Quebec supporters of the NDP often say we should not be worried by such a ballooning of the federal government because the NDP is vaguely in favour of recognizing Quebec as a distinct society or of asymmetrical federalism. However, the beginning of this post shows that Jack Layton does not really know what he is talking about when he talks of asymmetrical federalism. More important (and to paraphrase Don's point on the nominal support of the NDP for balanced budgets), if the NDP had to bargain its support to the Liberals in forming a coalition government, what do you think it would defend the most steadfastly? Federal programs for child care, public housing and pharmacare or a constitutional change recognizing Quebec as a distinct society? To ask the question is to answer it. | Jack Layton tente de faire percer le NPD au Québec. Il a dernièrement fait diffuser des annonces mettant l'accent sur le fait qu'il était originaire de Montréal et parlait le français (très à l'image de sa campagne qui semble se baser un culte de la personnalité) Cependant, un militant nationaliste québécois écrit dans les pages du Devoir qu'il n'est pas impressionné:
Pour démontrer son ouverture, M. Layton propose un "fédéralisme asymétrique basé sur le respect des compétences provinciales : le financement fédéral de projets provinciaux pour lesquels il y aurait une entente sur les objectifs et non sur des normes". Je ne sais pas s'il se rend compte que cette proposition ne crée aucune asymétrie : toutes les "provinces" auraient les mêmes droits et le caractère distinct du Québec en tant que nation serait encore noyé dans la joyeuse diversité canadienne où, en fait, Ottawa décide à son gré d'envahir les compétences provinciales et force les provinces à s'adapter à ses objectifs. Quelle différence avec Paul Martin?La différence avec Paul Martin est bien sûr que Jack Layton planifie des intrusions encore plus grandes dans les champs de compétence provinciaux: Le NPD [...] financerait plus de dépenses sociales et en santé, incluant un programme national de soins à domicile -- pour que plus de soins de santé soient donnés à domicile -- et un programme national d'assurance-médicaments pour payer les frais des médicaments.Bref, le NPD continuerait de garder les taxes et impôts fédéraux à un niveau presque record (et ne s'opposerait probablement pas à les augmenter) et utiliserait les recettes pour financer toute une panoplie de programmes fédéraux empiétant sur les compétences provinciales: soins à domiciles, assurance-médicaments, garderies, logement social, infrastructure municipale et encore il ne s'agit que de quelques paragraphes. Les partisans québécois du NPD disent souvent qu'il n'est pas nécessaire de s'inquiéter d'un tel gonflement du gouvernement fédéral parce que, d'un autre côté, le NPD est vaguement en faveur de reconnaître le Québec comme une société distincte ou du fédéralisme asymétrique. Cependant, le début de ce message montre que Jack Layton ne sait pas vraiment de quoi il parle quand il parle du fédéralisme asymétrique. De manière plus importante (et pour paraphraser l'argument de Don sur l'appui nominal du NPD pour l'équilibre budgétaire), si le NPD devait négocier son appui aux Libéraux en vue d'un gouvernement de coalition, que croyez-vous qu'il défendra le plus ardemment? Les programmes fédéraux de garderies, de logement social et d'assurance-médicaments ou un changement constitutionnel reconnaissant le Québec comme une société distincte? Poser la question est y répondre. |
| It seems like Senate reform and even an EEE Senate is gaining support not only in the West but also in Ontario. (An EEE Senate is an effective, elected Senate with equal representation for each province)
The EEE Senate is a particular item of which I've always been skeptical. Not that the current Senate is exactly a shining example of good government, but given the leaning toward pork barreling that Canadian politics has shown in the last decades, I wonder if giving equal representation to each province won't end up with small provinces using their new political weight to get a disproportionate amount of federal subsidies. The latest example is what happened with US homeland security: states like Wyoming and South Dakota got much higher per-capita federal homeland security funding than states like New York or California. Adding up the population of the 25 least populated American states, which together hold 50% of the votes in the American Senate, gives about 16.5% of the US population. If we add the 26th least populated state, to get a 52% majority of votes, this gives a total of 17.9%. If we do the same exercise for Canadian provinces in an hypothetical EEE Senate, we have the five least populated provinces (PEI, Newfoundland, New Brunswick, Nova Scotia and Saskatchewan) getting 50% of the vote with 10.5% of the population. If we add the sixth least populated province (Manitoba), we get a 60% majority of the votes with 14.2% of the population. If anything, this would seem to make small-province subsidies an even worse problem than it is in the United States. Personnally, that's why I'm rather for apportioning Senators semi-proportionally to population like the German Bundesrat does. | Il semble que la réforme du Sénat et même un Sénat EEE gagnent des appuis non seulement dans l'Ouest mais aussi en Ontario (Un Sénat EEE est un Sénat efficace, élu et avec une représentation égale pour chaque province)
Le Sénat EEE a toujours été une chose dont j'ai toujours été particulièrement sceptique. Ce n'est pas que le Sénat d'aujourd'hui soit un example éclatant de bonne administration, mais étant donné le penchant pour la subventionnite aigüe de la politique canadienne dans les dernières décennies, je me demande si de donner une représentation égale à chaque province ne finira pas en bout de ligne à ce que les petites provinces utilisent leur nouveau poids politique pour obtenir une quantité disproportionnée de subventions fédérales. L'exemple le plus récent est ce qui s'est passé avec la Homeland Security américaine: des États comme le Wyoming et le Dakota du Sud ont obtenu un financement fédéral per capita pour la sécurité nationale bien plus élevé que des États comme New York ou la Californie. Si on additionne la population des 25 États américains les moins peuplés, qui ont ensemble 50% des votes au Sénat américain, on obtient environ 16,5% de la population américaine. Si on ajoute le 26e État le moins peuplé, pour avoir un majorité de 52% des votes, on obtient un total de 17,9%. Si on fait le même exercice pour les provinces canadiennes dans un hypothétique Sénat EEE, on a les cinq provinces les moins peuplées (I-P-É, Terre-Neuve, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse et Saskatchewan) qui obtiennent 50% des votes avec 10,5% de la population. Si on ajoute la 6e province la moins peuplée (Manitoba), on obtient une majorité de 60% des votes avec 14,2% de la population. Il semble que cela rendrait le problème des subventions aux petites provinces encore pire que ce qui passe aux États-Unis. of the vote with 10.5% of the population. Personnellement, c'est pourquoi je suis plutôt en faveur de distribuer les sièges au Sénat de manière semi-proportionnelle à la population comme le fait la Bundesrat allemande. |
Colby Cosh gives us some historical perspective on the term Tory:
As Adam says, there is no convenient alternative in the Canadian lexicon for "Tory" as shorthand for "Conservative". Granted, this shorthand is required mostly by headline-writers, but they're the ones who are going to decide whether it's used: you can't expect them not to be selfish about it. The problem is that by equating "Conservative" with "Tory" we basically discard the useful 20th-century concept of a "Tory" as someone who is Anglophile, monarchist, elitist, ceremony-loving, truly conservative about certain institutions, and committed to property and the existing class order. The word doesn't denote the minarchist leaning that is arguably the basis of the merged Conservative party and of modern "conservatism"; indeed, until the First World War or thereabouts, it was the Liberals who, as their name suggests, were the party of liberty. Conservatives, as David Orchard would want us to remember, were protectionists and mercantilists.Indeed, in the elections of 1911, it was the Liberals of Wilfrid Laurier who supported free trade, not the Conservatives of Robert Borden. It seems always astounding to hear Quebec leftists accuse the Parti Québécois of having become right-wing, and seriously claim that people like François Legault, Pauline Marois and Bernard Landry are right-wing. Besides reaching a zero deficit, what is usually cited as evidence of the PQ having turned right-wing is its near-tripling of business subsidies from $1.2 billion to $3.5 billion between 1995-1996 and 2002-2003. Of course, this is a neo-mercantilist policy that is "right-wing" only in the early 20th century sense. By the late 20th century, the Right had broadly abandoned this type of economics to instead embrace free trade and free enterprise while protectionism and mercantilism became mainly a province of the Left. But the French Right (which just took a beating in regional elections) also seems to have retained large streaks of Toryism and has still little classical liberalism. It should be remembered that the leader of the French Right is Jacques Chirac. Alain Juppé, president of the UMP party (Chirac's party) declared himself to an 'alterglobalist' while Chirac set up a workgroup for studying the Tobin tax on international finances. The latest quip on Chirac and the UMP is that they are right-wing socialists. | Colby Cosh nous donne une perspective historique sur le terme Tory:
Comme Adam dit, il n'y a pas d'alternative facile dans le lexique canadien pour "Tory" comme abbréviation de "Conservateur". Bien sûr, cette abbrévation est rendu nécessaire surtout par ceux qui écrivent les grands titres, mais ce sont eux qui vont décider si ce sera utilisé: on ne peut pas s'attendre à ce qu'ils ne soient pas égoïstes là-dessus. Le problème est qu'en rendant équivalent les termes "Conservateur" et "Tory", on se débarasse d'un concept utile du "Tory" comme quelqu'un qui est Anglophile, monarchiste, élitiste, aime les cérémonies, est vraiment conservateur vis-à-vis certaines institutions et est attaché à la propriété et à la structure de classes existante. Le mot ne désigne pas la tendance minarchiste qu'on peut voir comme la base du nouveau parti Conservateur et du "conservatisme" moderne; en effet, jusqu'à la première guerre mondiale ou à peu près, c'étaient les Libéraux qui, comme leur nom le suggère, étaient le parti de la liberté. Les Conservateurs, comme David Orchard souhaite qu'on s'en souvienne, étaient protectionnistes et mercantilistes.En effet, dans les élections de 1911, c'étaient les Libéraux de Wilfrid Laurier qui ont appuyé le libre-échange, pas les Conservateurs de Robert Borden. Il semble toujours déroutant d'entendre des gauchistes québécois accuser le Parti Québécois d'être devenu de droite, et de sérieusement affirmer que des gens comme François Legault, Pauline Marois et Bernard Landry sont de droite. À part la quête du déficit zéro, ce qui est habituellement cité comme preuve du virage à droite du PQ est le fait qu'il a presque triplé les subventions aux entreprises de 1,2 milliards à 3,5 milliards entre 1995-1996 et 2002-2003. Évidemment, c'est une politique néo-mercantiliste qui est "de droite" seulement dans le sens où on l'entendait au début du 20e siècle. À la fin du 20e siècle, la droite avait largement abandonné ce genre de politiques économiques pour plutôt adopter le libre-échange et la libre entreprise alors que le protectionisme et le mercantilisme sont devenus surtout du ressort de la gauche. Mais la droite française (qui vient de prendre une raclée dans les élections régionales) a aussi gardé de larges courants de Toryisme et a toujours peu de libéralisme classique. Il faut se rappeler que le chef de la droite française est Jacques Chirac. Alain Juppé, président du parti UMP (le parti de Chirac) s'est déclaré "altermondialiste" alors que Chirac a mis sur pied un groupe de travail pour étudier la taxe Tobin sur les finances internationales. La dernière blague sur Chirac et l'UMP est qu'ils sont des socialistes de droite. |
| This is a must-read: Paul Wells does a pitiless fisking of Paul Martin's plans to rekindle the "fire of his ideas". | Voici une lecture à ne pas manquer: Paul Wells ramone sans pitié les plans de Paul Martin de faire rejaillir "le feu de ses idées" |
| Today, I'm taking a day off. Don't forget to pay a visit to my blogroll (in the column to the right). | Aujourd'hui, je prends un jour de congé. N'oubliez pas de visiter mon blogroll (dans la colonne de droite). |
| I would not have expected this from the Toronto Star's Thomas Walkom, but this is indeed a fair and balanced portrait of Stephen Harper. | Je ne me serais pas entendu à ça de Thomas Walkom du Toronto Star, mais c'est bel et bien un portrait juste et non biaisé de Stephen Harper. |
It seems like Gagliano possibly hired a rather shady enterprise for the campaign of the Liberal Party of Canada in Quebec during the federal election of 2000:
The story goes back to the month of November 2000, when a communications firm chosen by the Liberals, P.R. Média, has circulated throughout Quebec with a truck bearing the colors of the Liberal Party of Canada to promote the party in the context of its electoral campaign. | Il semblerait que Gagliano aurait retenu les services d'une entreprise plutôt douteuse pour la campagne du Parti Libéral du Canada au Québec lors des élections fédérales de 2000:
L'histoire remonte au mois de novembre 2000, lorsqu'une entreprise de communication retenue par les libéraux, P.R. Média, a fait circuler un camion arborant les couleurs du Parti libéral du Canada à travers le Québec pour faire la promotion du parti dans le cadre de sa campagne électorale. |
| The Liberals still can't shake off the sponsorship scandal. A poll conducted by Ipsos-Reid gives about the same results than three weeks ago: the Liberals have 38% of the voting bloc, like three weeks ago, the Conservatives get 27%, an one-point increase, and the NDP, 15%, a two-points decrease.
The Liberals supposed that, if the sponsorship scandal had undermined the popularity of their party, at least Paul Martin's popularity remained intact. However, this poll indicates that it is not the case and that Paul Martin only gets a support of 39% and is not really more popular than his party. At a regional level, the results did not really changed greatly. The exception is British Columbia where the Conservatives now have taken the lead: The biggest change, however, is in British Columbia. Three weeks ago, the Liberals, Conservatives and NDP were in a tight three-way race. Now, the Conservative Party leads handily with 38-per-cent support, followed by the Liberals at 28 per cent and the NDP at 18 per cent.A second poll conducted in Quebec by Léger Marketing also produced about the same results than the preceding ones with the Bloc leading. Note that support for the Conservative Party has notably increased although it remains low: The party led by Gilles Duceppe obtains 46% of the voting bloc, compared with 35% for the Liberals. | Les Libéraux ne peuvent toujours pas se défaire du scandale des commandites. Un sondage effectué par Ipsos-Reid donne approximativement les mêmes résultats qu'il y a trois semaines: les Libéraux ont 38% des intentions de vote, comme il y a trois semaines, les Conservateurs en obtiennent 27%, en hausse d'un point, et le NPD, 15%, en baisse des deux points.
Les Libéraux supposaient que, si les commandites avaient miné la popularité de leur parti, au moins celle de Paul Martin restait intacte. Cependant, ce sondage indique que ce n'est pas le cas et que Paul Martin n'obtient que 39% des appuis et n'est pas vraiment plus populaire que son parti. Au niveau régional, les résultats n'ont pas vraiment grandement changé. L'exception est la Colombie-Britannique où les Conservateurs ont maintenant pris les devants: Le plus grand changement, cependant, est en Colombie-Britannique. Il y a trois semaines, les Libéraux, Conservateurs et NPD était dans une course à trois serrée. Maintenant, le Parti Conservateur mène aisément avec 38% des appuis, suivi des Libéraux à 28% et du NPD à 18%.Un deuxième sondage effectué au Québec par Léger Marketing donne lui aussi approximativement les mêmes résultats que les précédents avec le Bloc en tête. À noter que l'appui au Parti Conservateur a connu une augmentation notable bien qu'il reste bas: Le parti dirigé par Gilles Duceppe recueille 46% des intentions de vote, contre 35% pour les libéraux. |
| We see that Liberals are getting more and more desperate: Paul Martin now tries to blame Mulroney of having created a secret fund for national unity. It is clear that this is a poor explanation even if we do not pay attention to Joe Clark's clarifications. First of all, what were Liberals doing during the last decade? It seemed to me they were supposed to be governing. If they did not agree with this fund, they simply had to abolish it, like they did with the GST (oh... wait a minute) In fact, not only did they not abolish it, but its existence as a secret fund dates from 1996. The spokesman for the Privy Council Office reports that "But the way the reserve is set up now - in terms of its parameters and conditions - it dates back to 1996" when the role of the fund has been "redefined slightly". It was in 1996 and 1997 that this fund has been used to finance the famous sponsorships.
It is nonetheless interesting to see that as soon as it became obvious that Paul Martin knew about this fund as a minister of Finances, himself and the other Liberals started to talk like Jean Chrétien: in the style of "there's nothing wrong with that", "we had fight back against separatists", etc. If you believe the federal government has stopped spending money to promote itself and national unity, don't be fooled. Ralph Goodale explains that funds and programs will simply change places and names and that everything will go as before: The minister of Finances, Ralph Goodale, however could not precise from where funds would come from now on to accomplish this task, now that the reserve does not exist anymore.So much for change. The Paul Martin Liberals are recycling Jean Chrétien's rhetoric on national unity, praise the budgets presented under Jean Chrétien and now try to convince Quebecers of voting for them because of they opposed the war in Iraq, a position that was steadfastedly defened by Chrétien (as for Paul Martin, he name a minister of Defence, David Pratt, who supported the war in Iraq). With each passing day, the Liberals prove that they do not seek a first Martin mandate but simply a fourth Liberal mandate. | On voit que les Libéraux sont de plus en plus désespérés: Paul Martin essaie maintenant de blâmer Mulroney d'avoir créé un fonds secret pour l'unité nationale. C'est clair que c'est une explication minable même si on ne prête pas attention aux clarifications de Joe Clark. Tout d'abord, qu'est-ce que les Libéraux faisaient dans la dernière décennie? Il me semblait qu'ils étaient censés gouverner. Si ils n'étaient pas d'accord avec ce fonds, ils n'avaient qu'à l'abolir, comme ils ont fait avec la TPS (euh... attendez un instant) En fait, non seulement ils ne l'ont pas aboli, mais il s'avère que son existence en tant que fonds secret proprement dit date de 1996. Le porte-parole du Conseil privé rapporte que "c'est en 1996 que les paramètres et les conditions d'utilisation ont été établis tels qu'ils existaient jusqu'à son élimination [mardi]" alors que le rôle du fonds a été "légèrement redéfini". C'est en 1996 et en 1997 que ce fonds a été utilisé pour financer les fameuses commandites.
C'est quand même intéressant de voir que dès qu'il est devenu évident que Paul Martin était au courant de ce fonds en tant que ministre des Finances, lui-même et les autres Libéraux se sont mis à parler comme Jean Chrétien: dans le style de "il n'y a rien de mal là-dedans", "il fallait combattre les séparatistes", etc. Si vous croyez que le gouvernement fédéral a fini de dépenser de l'argent pour faire sa promotion et celle de l'unité nationale, détrompez-vous. Ralph Goodale explique que les fonds et les programmes vont simplement changer de nom et d'endroit et que ça va continuer comme avant: Le ministre des Finances, Ralph Goodale, n'a toutefois pas pu préciser d'où proviendraient désormais l'argent pour accomplir cette tâche, maintenant que la réserve n'existe plus.Et tant pis pour le changement. Les Libéraux de Paul Martin reprennent le discours de Jean Chrétien sur l'unité nationale, louangent les budgets déposés sous Jean Chrétien et essaient maintenant de convaincre les Québécois de voter pour eux parce qu'ils ont opposés la guerre en Irak, une position qui était farouchement défendu par Chrétien (Paul Martin a quant à lui nommé un ministre de la Défense, David Pratt, qui était pour la guerre en Irak). À chaque jour qui passe, les Libéraux prouvent qu'ils ne cherchent pas un premier mandat Martin mais tout simplement un quatrième mandat Libéral. |
It is common to hear that the government of Quebec has entered the era of zero deficit? But what exactly does "zero deficit" mean? What did it mean initially? Let's hear what Lucien Bouchard, ardent promoter of a zero deficit, said on this topic on March 20, 1996 during the closing of the Conférence sur le devenir social et économique du Québec, not long after he began assuming the functions of Premier of Quebec:
And on this topic of our collective budget, the conference went beyond any expectations. The government has called upon Quebec's society to work hard so that the hole in our pocket would stop, in a first step, to grow so quickly. We set ourselves a first deadline: to eliminate the deficit on current operations in two years, thus to stop borrowing to pay for groceries but to continue borrowing for fixed assets.The goal was thus clear: it was necessary, by the end of the 1990s, to reach a budget that would borrow neither to pay for current expenditures ("groceries") nor to pay for fixed assets. So, what happened? Since the 1998-1999 financial year (starting April 1st, 1998) the government of Quebec claims to be in a state of zero deficit. However, since this date, Quebec's debt grew by $13.8 billion. How come? Lucien Bouchard's government reformed in 1998 the accounting of government. Before this reform, expenditures on fixed assets were directly factored into the budgetary total while after the reform, they are spread over the useful life of the fixed asset, like what is done in private sector accounting. In other words, if the government builds an highway for $300 million with an useful life of 30 years, before the reform, an expenditure of $300 million would have been recorded in the current year while, after the reform, an expenditure will be recorded this year and for each of the following 29 years. Thus this reform allows the government to borrow $290 million to finance this highway without it showing up as a deficit. This accounting reform is not in itself bad, but when the péquiste government used it to claim having reached zero deficit, this clearly violated both the letter and spirit of the above-cited remarks. By ceasing to borrow for current expenditures while continuing to borrow for fixed assets was only supposed to be the "first deadline" on the road to reach "the absolute zero, that is to completely eliminate any deficit in Quebec's State". But in truth Quebec's public finances did not even reach that first deadline. Indeed, we could suppose that zero deficit means at a bare minimum that government revenues are bigger than its operating expenses each year. This is not the case. In reality, the government uses surpluses from a previous year to absord a deficit. For example, in the budget year 2001-2002, the government of Quebec tapped $950 million in a reserve to avoid a deficit. Rather than declare surpluses in previous years, the government had "spent" them by placing them in a reserve and then in 2001-2002 the government got a "revenue" by removing them from the reserve. Accounting is sometimes an elastic science. We correctly frown when a company traded on the stock market uses such schemes to cover up losses during a financial period. But even by using a rather lax standard, even by allowing the borrowing for fixed assets and the usage of reserves between years, it is still unclear whether a zero deficit has really been reached. Indeed, Quebec's Auditor-General just presented a report according to which the zero deficit is not anymore in Quebec since two years. For example, deficits incurred by hospitals, CLSC and other public institutions for health care and social services are not included in the government's budget, even though these accumulated a deficit of $300 million during 2002-2003 and that the government is ultimately liable for these deficits. Do we really want to have a zero deficit or merely to continue pretending it? | On entend souvent dire que le gouvernement du Québec est entré dans l'ère du déficit zéro? Mais qu'est-ce que cette expression "déficit zéro" signifie-t-elle exactement? Que signifiait-elle à l'origine? Écoutons ce que Lucien Bouchard, ardent promoteur du déficit zéro, a dit à ce sujet le 20 mars 1996 lors de la clôture de la Conférence sur le devenir social et économique du Québec, peu après avoir entré dans ses fonctions de premier ministre du Québec:
Et sur ce sujet de notre budget collectif, la conférence a dépassé toutes les attentes. Le gouvernement avait appelé la société québécoise à travailler dur pour que le trou au fond de notre poche cesse, dans une première étape, de s’agrandir aussi vite. Nous nous étions fixés une première échéance : éliminer le déficit des opérations courantes en deux ans, donc cesser d’emprunter pour payer l’épicerie, continuer d’emprunter, mais pour les immobilisations.L'objectif était donc clair: il fallait, d'ici la fin de la décennie 1990, obtenir un budget qui n'emprunterait ni pour payer les dépenses courantes ("l'épicerie") ni pour payer les immobilisations. Or, que s'est-il passé? Depuis l'exercice financier de 1998-1999 (débutant le 1er avril 1998), le gouvernement du Québec affirme qu'il est dans un état de déficit zéro. Cependant, depuis cette date, la dette du Québec s'est alourdie de 13,8 milliards. Comment se fait-il? Le gouvernement de Lucien Bouchard a réformé en 1998 la comptabilité du gouvernement. Avant cette réforme, les dépenses en immobilisation étaient directement inscrites dans le solde budgétaire tandis qu'après la réforme, elles sont étalées sur la durée de vie de l'immobilisation, comme on le fait dans la comptabilité du secteur privé. En d'autres mots, si le gouvernement construit cette année une autoroute de 300 millions avec une durée de vie de 30 ans, avant la réforme une dépense de 300 millions aurait été constatée dans l'année courante tandis qu'après la réforme, une dépense de 10 millions sera constatée cette année et pour chacune des 29 années suivantes. Donc, cette réforme permet au gouvernement d'emprunter 290 millions pour financer cette immobilisation sans que cela apparaisse comme un déficit. Cette réforme comptable n'est pas mauvaise en soi, mais lorsque le gouvernement péquiste s'en est servi pour affirmer qu'il avait atteint le déficit zéro, il a clairement violé la lettre et l'esprit des remarques citées ci-haut. En effet, de cesser d'emprunter pour les dépenses courantes tout en continuant d'emprunter pour les immobilisations était censé n'être qu'une "première échéance" en vue d'atteindre "le zéro absolu, c’est-à-dire éliminer complètement tout déficit pour l’État québécois". Mais en vérité les finances publiques québécoises n'ont même pas atteint cette première échéance. En effet, on pourrait supposer que le déficit zéro signifie au minimum que les revenus du gouvernement sont supérieurs à ses dépenses d'opération à chaque année. Ce n'est pas le cas. En réalité, le gouvernement se sert des surplus d'une année passée pour absorber un déficit. Par exemple, lors de l'exercice budgétaire 2001-2002, le gouvernement du Québec a pigé 950 millions dans une réserve pour éviter un déficit. Au lieu de déclarer les surplus des années passées comme des surplus, le gouvernement les avait "dépensés" en les plaçant dans une réserve puis en 2001-2002, il a obtenu un "revenu" en les sortant de la réserve. La comptabilité est parfois une science élastique. On fronce les sourcils avec raison lorsqu'une compagnie cotée en bourse a recours à de tels stratégèmes pour camoufler ses pertes lors d'un exercice financier. Mais même en utilisant un standard plutôt laxiste, même en permettant les emprunts pour immobilisations et l'usage des réserves entre les années, il n'est toujours pas clair que le déficit zéro a vraiment été atteint. En effet, la vérificatrice générale du Québec vient de déposer un rapport selon lequel le déficit zéro n'existe plus depuis deux ans au Québec. Par exemple, les déficits des hôpitaux, CLSC et autres établissements publics de santé et services sociaux ne sont pas inclus dans le budget du gouvernement bien que ceux-ci aient accumulé un déficit de 300 millions pour 2002-2003 et que le gouvernement soit ultimement responsable de ces déficits. Voulons-nous vraiment avoir un déficit zéro ou seulement continuer à le prétendre? |
Here are some facts on the economy and fiscal environment of Quebec:
| Voici quelques faits sur l'économie et la fiscalité québécoise:
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Thomas Sowell shows us how the old adage about giving a man a fish versus teaching to fish has been updated:
Give a man a fish and he will ask for tartar sauce and French fries! Moreover, some politician who wants his vote will declare all these things to be among his "basic rights."(Found via Trudeaupia) | Thomas Sowell nous montre comment le vieil adage qui compare donner un poisson à un homme versus lui apprendre à pêcher a été mis à jour:
Donnez un poisson à un homme et il vous demandera de la sauce tartare et des frites! De plus, un politicien qui veut son vote va déclarer que toutes ces choses font partie de ses "droits fondamentaux."(Trouvé via Trudeaupia) |
When the Parti Québécois complained in the beginning of March that "Quebec is abandoning its international role" by not weighing on the issue of Haiti, I wrote the following:
You see, that's life in Trudeaupia. The federal government thinks its role is to intervene in provincial jurisdictions like health care, education and municipal affairs while the provincial government believes it must act in federal jurisdictions like foreign policy.Last week was business as usual in Canada. The federal government launched new initiatives in the areas of education and municipal affairs while the Alberta and Quebec provincial governments want to have their say in international talks. The problem is that the division of powers between the provincial and federal governments is still unclear and often disregarded or dismissed. The legitimacy of either the provincial or federal level of government is often questioned, which leads both levels of government to try to strengthen its legitimacy by building popular support: By analogy, with the extraction of oil from a common pool by two or more producers, direct competition for votes by two levels of government gives rise to a common-pool problem. If one views votes as inputs in the production of political outputs, then it is in the interest of both government suppliers to seek to gain the votes in implementing programs first. Should one of them abstain from supplying the political output, the potential gain of votes would be lost in favor of its competitor. Competition in the absence of property rights results in waste through rent-seeking. Competition between two vertically structured governments leads each one to attempt to realize the net political benefits for fear of losing them to its competitor. Yet, ex post, the political profit is dissipated for both. | Quand le Parti Québécois s'est plaint au début de mars que "le Québec abdique son rôle international" en ne se prononçant pas sur le dossier haïtien, j'ai écrit la chose suivante:
Voyez-vous, c'est ça la vie en Trudeaupie. Le gouvernement fédéral s'imagine que son rôle est d'intervenir dans des juridictions provinciales comme la santé, l'éducation et les affaires municipales tandis que le gouvernement provincial croit qu'il doit agir dans des juridictions fédérales comme la politique étrangère.La semaine dernière en était une de routine au Canada. Le gouvernement fédéral a lancé de nouvelles initiatives dans les domaines de l'éducation et des affaires municipales pendant que les gouvernements provinciaux d'Alberta et du Québec veulent avoir leur mot à dire dans les négociations internationales. Le problème est que la division des pouvoirs entre les gouvernements provinciaux et fédéral continue à manquer de clarté et est souvent ignorée ou balayée du revers de la main. La légitimité des niveaux fédéral ou provincial de gouvernement est souvent remise en question, ce qui amène les deux niveaux de gouvernement à essayer de renforcer leur légitimité en moussant leurs appuis populaires: Par analogie avec l'extraction de pétrole d'un gisement partagé par deux producteurs ou plus, la compétition directe pour les votes par deux niveaux de gouvernements fait surgir un problème de gisement partagé. Si on voit les votes comme des intrants dans la production d'extrants politiques, alors il est dans l'intérêt des deux gouvernements en tant que fournisseurs de tenter de gagner des votes en étant le premier à implémenter des programmes. Si l'un d'entre eux devait s'abstenir de fournir cet extrant politique, le gain potentiel en votes serait perdu en faveur de son compétiteur. La compétition en l'absence de droits de propriété produit du gaspillage sous forme de maximisation de la rente. La compétition entre deux gouvernements verticalement structurés amène chacun d'entre eux à tenter de réaliser ces bénéfices nets politiques sous la crainte de les perdre à leur compétiteur. Pourtant, ex post, le profit politique est dissipé pour chacun d'entre eux. |
Myriam Bédard made some startling revelations on the sponsorship scandal:
[Myriam Bédard] said that during her tenure at in the marketing department at Via Rail, she was told [by her agent, Jean-Marc St. Pierre] that driver Jacques Villeneuve was secretly paid $12-million (U.S.) to wear the Canadian logo on his racing suit at the 1998 Montreal Grand Prix.However, this seems to be too spectacular to be true: The RDS television network [French version of TSN] reported on Wednesday evening that archive images of Mr. Villeneuve from 1997 to 2003 showed that the logo of Canada could not be found on the uniform and helmet of the pilot.I myself tried to find a photo of Jacques Villeneuve showing him with a "Canada" logo. Negative. I didn't find anything. | Myriam Bédard a fait des révélations saisissantes sur le scandale des commandites:
Elle a déclaré que son ancien agent, Jean-Marc St-Pierre, lui avait dit, dans la loge de Normand Legault au Grand Prix de Montréal, que le pilote Jacques Villeneuve avait reçu 12 millions de dollars américains pour porter le mot "Canada" sur son costume de pilote.Cependant, ça semble être trop spectaculaire pour être vrai: Le réseau de télévision sportif RDS a rapporté mercredi soir que les images d'archives de M. Villeneuve de 1997 à 2003 montraient que le logo du Canada ne se retrouvait pas sur l'uniforme et le casque du pilote.J'ai essayé de trouver une photo de Jacques Villeneuve le montrant avec un logo "Canada". Négatif. Je n'ai rien trouvé. |
| Here are more readings on the budget:
Jeffrey Simpson from the Globe and Mail says that the Martin government has known the worst start for a government since Joe Clark's. Paul Wells from Maclean's notes that the Martin government's budget is oddly admiring of the budgets of the Chrétien years. Odd because Martin tries desperately to distance himself from the Chrétien years on other issues. | Voici plus de lectures sur le budget:
Jeffrey Simpson du Globe and Mail dit que le gouvernement Martin a connu le pire départ pour un gouvernement depuis celui de Joe Clark. Paul Wells de Maclean's note que le budget du gouvernement Martin louange étrangement les budgets des années Chrétien. Étrange parce que Martin tente désespérément de se distancer des années Chrétien sur d'autres dossiers. |
Here is what Andrew Coyne had to say in the wake of the budget just released by the Liberal government:
The scandals were an inevitable outgrowth of the Liberal way of governing. Indeed, they are the Liberal way of governing. The rot extends far beyond a mere $100-million skimmed by a few advertising firms. And it covers much more than mere criminality. It's more insidious than that.Indeed, I already noted in this post that there was before 1962 an office, the Comptroller of the Treasury, that was responsible for keeping a tight control on government spending: "As such, he was responsible for pre-audit," St. Cyr said, "that is, for examining invoices prior to cheque-issue, to ensure proper authorization, that they conformed with Treasury Board rules and regulations, that they were charged to the proper account, and that any associated contracts were properly authorized.However, it got scrapped in 1962. And why did it get scrapped? Because government grew (during the 1950s), it became very difficult to manage that (COT) systemYou see, this was in 1962, when the federal government was managing much less money, subsidies and social programs than now, before the expansion of government under Pearson and Trudeau, before the Canada Pension Plan, medicare, regional development agencies, the gun registry, HRDC, before encroachments on provincial jurisdictions like health care, education and social programs became common, before Employment Insurance included a laundry list of social programs, etc. Already then, the federal government had grown too big for it to be practical to keep tight checks on its practices and spending. The Liberals have announced that they would reinstate the office of the Comptroller General (abolished in 1993), but they can't really explain what he is supposed to do different from now, and we can be sure that he won't be able to exercise the same control that the Comptroller of the Treasury used to. | Voici ce qu'Andrew Coyne avait à dire dans la foulée du budget que le gouvernement Libéral vient de présenter:
Les scandales étaient une extension inévitable de la manière Libérale de gouverner. En effet, ils sont la manière Libérale de gouverner. La pourriture s'étend bien loin du simple 100 millions siphonné par quelques firmes de publicité. C'est plus insidieux que cela.En effet, j'ai déjà remarqué dans ce message qu'il y avait avant 1962 un bureau, le Contrôleur du Trésor, qui était responsable de garder un contrôle serré sur les dépenses du gouvernement: "En tant que tel, il était responsable de la pré-vérification", a dit St-Cyr, "c'est-à-dire, de l'examen des factures avant l'écriture des chèques, de s'assurer qu'elles aient bien été autorisées, qu'elles étaient chargées au bon compte et que tous les contrats qui y étaient associés avaient bien été autorisés.Cependant, il a été aboli en 1962. Et pourquoi a-t-il été aboli? Parce que le gouvernement a grossi (pendant les années 1950), il est devenu très difficile de gérer ce (CDT) systèmeVoyez-vous, c'était en 1962, quand le gouvernement fédéral gérait bien moins d'argent, de subventions et de programmes sociaux que maintenant, avant l'expansion du gouvernement sous Pearson et Trudeau, avant le Régime de Pensions du Canada, l'assurance-maladie, les agences de développement régional, le registre des armes à feu, la DRHC, avant que les empiètements sur les juridictions provinciales comme la santé, l'éducation et les programmes sociaux ne deviennent courants, avant que l'assurance-emploi n'inclue une liste d'épicerie de programmes sociaux, etc. Déjà à cette époque, le gouvernement fédéral avait trop grossi pour qu'il soit pratique de garder des contrôles serrés sur ses pratiques et ses dépenses. Les Libéraux ont annoncé qu'ils remettraient sur pied le bureau du Contrôleur général (aboli en 1993), mais ils ne peuvent pas vraiment expliquer ce qu'il ferait de différent par rapport à maintenant, et nous pouvons être sûr qu'il ne pourra pas exercer le même controle que le Contrôleur du Trésor pouvait exercer. |
| So Paul Martin has recently vowed to "end cronyism, stop waste and change the culture in Ottawa". He said "the bureaucracy, the political process, and Ottawa in general will never be the same" and "we are going to change the way Ottawa works". I have only a question for Paul Martin: what exactly was he doing during the last decade?
You see, all this cronyism and waste happened under a government in which Paul Martin was part of the Cabinet. And he was not just some kind of junior Minister: he was the number 2 of this government, the minister of Finances for nine years from 1993 to 2002, probably the most powerful minister of Finances since C.D. Howe. He was responsible for managing the Treasury of the federal government, some of which ended up as cronyism and waste. When asked last week who was responsible for the cronyism and the patronage, he replied "the system". But Martin was part of the system during all these years and he then showed no signs of disliking it. Ministers who fundamentally disagree with the policy of their government must resign, and if they do not resign, then they must bear the responsibility of the acts of the government: this is the principle of collective ministerial responsibility. Maybe Paul Martin wasn't happy about all the cronyism happening during Chrétien's reign, but he was not unhappy enough to quit being minister of Finances. Of course, maybe Martin really is an offended virgin: maybe he really had no idea any of this was going on when he was minister of Finances. He went as far as to say that "anybody who is found to have known that people are kiting cheques, that people are falsifying invoices – me or anybody else – should resign". But is it really plausible that a man who was not only the most powerful minister in the government but was also busy taking over the executive and riding associations of the Liberal Party all across Canada really had no idea that shady deals were going on between departments of the government and Liberal-friendly firms? There is moreover mounting evidence that Martin participated in the "old way" of doing things in Ottawa. A 1994 memo from Terrie O'Leary, then a political staffer for Paul Martin the minister of Finances, shows the minister's office involved in who can and cannot bid for a contract. The memo then goes to recommend awarding the contract - before any bidding had gone on - to Groupe Everest, the firm at the heart of the sponsorship scandal. Civil servant Allan Cutler had tried in 1995 to blow the whistle - unsuccessfully - on a highly dubious contract the department of Finance awarded to the Earnscliffe Strategy Group. Earnscliffe is widely known to have ties with Prime Minister Paul Martin and his campaign team. This is the same Earnscliffe that got $800,000 out of a 2002 $17 million grant given to the Forest Products Association of Canada (FPAC). Both the FPAC and those who awarded the grant had ties with Paul Martin, employing people having worked as Martin's chief of staff or on his leadership campaign. When Doreen Braverman, a former president of B.C.'s federal Liberal party and owner of a chain of flag stores, complained in 1997 to Paul Martin about fake orders for flags and fake invoices being sent, Martin simply washed his hands by saying "Sheila does her own thing". On the other hand, credit should be given where is due: Paul Martin seems quite energetic in his new quest to stamp out cronyism. He seems doubly more energetic when he is compared with the rest of the Liberal caucus which is not really enthusiastic about this quest. Indeed, Liberal MPs sitting on the Commons Public Accounts committee spared their forces until they could attack the Auditor General, Sheila Fraser, almost calling her a liar. The federal Liberal caucus of Ontario did not hold a feverish meeting focusing on how to bring better ethics to the management of government, they rather were trying to find ways to "change the subject", and when they got caught red-handed at this, their main concern was to bring criminal charges against whoever turned on the micros during the meeting. Heritage minister Hélène Scherrer, during a meeting of Quebec Liberal MPs and candidates, said that the sponsorship scandal should be renamed the "sponsorship dossier". Liberal candidates who denounced the new public attitude of Paul Martin were rewarded in this meeting by salvos of applause. It may be no coincidence that Martin's famous speech vowing to "end Ottawa cronyism as we know it" did not mention the Liberal Party a single time. The gap between what Paul Martin and what so many Liberal MPs want to do makes you wonder: didn't they get the message? Don't they realize now is the time to end the old ways? Well, the problem is that Paul Martin has a troubling tendency of trying to be everything to everybody. Take the issue of the Kyoto protocol. Lorne Taylor, the Alberta minister of Environment, "a stereotypical Ottawa-bashing, Kyoto-hating, red-neck-and-proud-of-it Albertan" who is "so macho right wing he makes Stephen Harper look like Sheila Copps", seemed oddly enthusiastic about working with Paul Martin and even was optimistic about convincing Martin to scrap the Kyoto protocol. On the other hand, famous environmentalist David Suzuki reminds Martin that he promised to meet Kyoto's targets and adds that "he even spoke to me personally and passionately about the agreement's importance". That's the problem with Martin: he speak passionately to you about everything and its contrary. Does Paul Martin sings the same tune to the Liberal caucus on the sponsorship scandal as he does to the public? Paul Martin promises to put an end to cronyism and the old way of doing things in Ottawa, but can we trust him? If his naivete or lack of curiosity prevented him from knowing what was going on when he was minister of Finances, then is he really up to the task? If he instead knew about it, then why should he be not held responsible and why should he be trusted for this task? The Liberal caucus keeps dragging its feet and only moves forward kicking and screaming. Even if Martin is sincere, does he believe he can run what amounts to a one-man show? In fact, there is evidence that Martin believes that what he has already done is radical enough. Martin could soon run out of steam. He and his political allies are too steeped in, too used to the old way of doing things in Ottawa, the old culture of government, to be able to reform in any lasting and deep way. Martin may have handled the post-Chrétien era well, just as Paul Sauvé did after Maurice Duplessis died. However, if we want real change, we cannot get it from the one who lent a hand to the man of the old ways during all these years. Now is the time for a quiet revolution in Ottawa. | Ainsi Paul Martin a récemment promis to "mettre fin au gaspillage et au copinage" et de procéder à "un changement de culture au gouvernement" à Ottawa. Il a dit que la bureaucratie, le processus politique ainsi que le gouvernement en général ne seront "plus jamais pareil" et qu'il va changer "la façon dont les choses se font à Ottawa". J'ai seulement une question pour Paul Martin: que faisait-il exactement durant la dernière décennie?
Vous voyez, tout ce copinage et ce gaspillage s'est déroulé sous un gouvernement dans lequel Paul Martin faisait partie du Cabinet. Et il n'était pas simplement une sorte de ministre junior: il était le numéro 2 du gouvernement, le ministre des Finances pour neuf ans de 1993 à 2002, probablement le ministre des Finances le plus puissant depuis C.D. Howe. Il était responsable de gérer la trésorerie du gouvernement fédéral, une partie de laquelle a ensuite été dissipée en tant que copinage et gaspillage. Lorsqu'on lui a demandé qui était responsable de tout ce copinage et ce patronage, il a répondu "le système". Mais Martin faisait partie du système durant toutes ces années et il ne montrait alors aucun signe laissant croire que ce système lui déplaîsait. Les ministres qui ont un désaccord fondamental avec les politiques de leur gouvernement doivent démissionner, et si ils ne démissionnent pas, alors ils doivent porter la responsabilité des actes du gouvernement: c'est le principe de la responsabilité ministérielle collective. Peut-être que Paul Martin était mécontent de tout ce copinage qui se déroulait durant le règne de Chrétien, mais il ne l'était pas assez pour quitter son poste de ministre des Finances. Évidemment, peut-être que Martin est vraiment une vierge offensée: peut-être qu'il n'avait vraiment aucune idée de tout ce qui se passait alors qu'il était ministre des Finances. Il est allé jusqu'à dire que "quiconque est reconnu avoir su que des gens faisaient des chèques de complaisance, que des gens falsifiaient des factures - moi ou qui que ce soit d'autre - devrait démissionner". Mais est-il réellement plausible qu'un homme qui était non seulement le ministre le plus puissant du gouvernement mais qui était aussi occupé à prendre le contrôle de l'exécutif et des associations de comtés du Parti Libéral à la grandeur du Canada n'avait vraiment aucune idée que des deals douteux avaient lieu entre des départements du gouvernement et des firmes près des Libéraux? Il y a de plus un nombre grandissant de preuves indiquant que Martin a participé dans la "vieille façon" de faire les choses à Ottawa. Un mémo de 1994 écrit par Terrie O'Leary, qui était alors un attaché politique de Paul Martin le ministre des Finances, montre que le bureau du ministre intervenait pour déterminer qui pouvait et ne pouvait pas soumissionner pour un contrat. Ce mémo recommande aussi de donner le contrat - sans processus de soumission - au Groupe Everest, la firme au coeur du scandale des commandites. Le fonctionnaire Allan Cutler a essayé en 1995 de sonner l'alarme - sans succès - sur un contrat hautement douteux que le ministère des Finances a donné au Earnscliffe Strategy Group. Earnscliffe est largement reconnu pour avoir des liens avec Paul Martin et son équipe de campagne. C'est le même Earnscliffe qui a reçu 800 000$ sur une subvention de 17 millions donnée en 2002 à l'Association des produits forestiers du Canada (APFC). Autant l'APFC que ceux qui ont donné cette subvention avaient des liens avec Paul Martin, employant des gens qui ont travaillé comme chef de cabinet de Martin ou pour sa campagne à la chefferie. Quand Doreen Braverman, ancienne présidente du Parti libéral fédéral en Colombie-Britannique et propriétaire d'une chaîne de boutique de drapeaux, s'est plaint à Paul Martin en 1997 que des commandes bidons pour des drapeaux et de fausses factures étaient envoyées, Martin s'en est lavé les mains en disant que "c'étaient les affaires de Sheila". D'un autre côté, il faut bien donner à Paul Martin le crédit qui lui revient: il semble plutôt energique dans sa nouvelle quête pour éliminer le copinage. Il semble doublement plus énergique lorsqu'on le compare avec le reste du caucus Libéral qui n'est pas tellement enthousiasmé par cette quête. En effet, les députés Libéraux siégant sur le Comité des comptes publics des Communes ont conservé leurs forces jusqu'à ce qu'ils puissent attaquer la Vérificatrice générale, Sheila Fraser, la traitant presque de menteuse. Le caucus Libéral fédéral d'Ontario n'a pas tenu une réunion enflammée visant à déterminer comment amener une meilleure éthique dans la gestion du gouvernement, ils étaient plutôt en train de chercher des moyens de "changer le sujet", et quand ils se sont faits prendre la main dans le sac, leur principale préoccupation était de déposer des accusations criminelles contre quiconque a ouvert les micros durant la réunion. La ministre de l'Héritage Hélène Scherrer, durant une réunion des députés et candidats Libéraux du Québec, a dit que le scandale des commandites devrait être rebaptisé "dossier" des commandites. Les candidats Libéraux qui ont dénoncé la nouvelle attitude publique de Paul Martin ont été recompensé dans cette réunion par des applaudissements. Ce n'est peut-être pas une coïncidence si le fameux discours de Martin promettant de "mettre fin au copinage à Ottawa tel que nous le connaissons" n'a pas mentionné le Parti Libéral une seule fois. L'écart entre ce que Paul Martin et ce que tant de députés Libéraux veulent faire fait surgir la question: n'ont-ils pas compris le message? N'ont-ils pas réalisé que c'est le temps de mettre fin aux vieilles pratiques? Le problème est justement que Paul Martin a une tendance troublante à vouloir plaire à tout le monde. Prenez le dossier du protocole de Kyoto. Lorne Taylor, le ministre de l'Environnement de l'Alberta, "un Albertain stéréotypé anti-Ottawa, haïssant Kyoto, red neck et fier de l'être" qui est "tellement macho et de droite qu'à côté de lui Stephen Harper a l'air de Sheila Copps", a semblé étrangement enthousiaste de travailler avec Paul Martin et était même optimiste de pouvoir convaincre Martin d'abandonner le protocole de Kyoto. D'un autre côté, le célèbre écologiste David Suzuki rappelle à Martin qu'il a promis de rencontrer les cibles de Kyoto et ajoute que "il m'a même personnellement et passionnément parlé de l'importance du traité". C'est le problème avec Martin: il vous parle passionnément de tout et son contraire. Est-ce que Paul Martin chante la même chanson au caucus Libéral sur le scandale des commandites qu'au public? Paul Martin promet de mettre fin au copinage et à l'ancienne façon de faire les choses à Ottawa, mais pouvons-nous lui faire confiance? Si sa naïveté ou son manque de curiosité l'ont empêché de savoir ce qui se passait lorsqu'il était ministre des Finances, alors est-il réellement à la hauteur de cette tâche? Si il était plutôt au courant de ce qui se passait, alors pourquoi ne devrait-il pas en être tenu responsable et pourquoi lui ferait-on confiance pour cette tâche? Le caucus Libéral se traîne continuellement les pieds et a toute les misères du monde a aller de l'avant. Même si Martin est sincère, peut-il gérer ce qui se résume à une one-man show? En fait, il y a déjà des preuves que Martin croit que ce qu'il a déjà fait est assez radical. Martin pourrait bientôt manquer de souffle. Lui et ses alliés politiques sont trop imbibés, trop habitués à l'ancienne façon de faire les choses à Ottawa, l'ancienne culture de gouvernement, pour être capable de faire des réformes d'une quelconque manière durable et profonde. Martin a peut-être bien géré l'ère post-Chrétien, tout comme Paul Sauvé l'a fait après la mort de Maurice Duplessis. Cependant, si nous voulons un changement réel, nous ne pouvons pas l'obtenir auprès de celui qui fut le bras droit de l'homme des anciennes méthodes pendant toutes ces années. C'est le temps pour une révolution tranquille à Ottawa. |
Andrew Coyne and Colby Cosh have two good articles in the National Post on Stephen Harper's victory in the leadership race of the Conservative Party. Andrew Coyne's comments are especially relevant:
But it's in the riding-by-riding breakdown, ironically, that the breadth of [Harper's] support emerges. He won every riding West of Ontario: that much was probably expected (thought not the staggering majorities, often in excess of 80%.) But, significantly, he won 90 ridings in Ontario, to his Ontario-based rivals' 9. So much for the "Harper can't win in Ontario" thesis.The tougher nut to crack remains Quebec. I still believe the key to drum up Conservative support in Quebec is Harper's proposals for a more decentralized federalism. Indeed, Harper himself seems to believe this since both Le Devoir and Radio-Canada reports this key phrase from Harper: Quebecers need an option that is neither the centralization defended by the Liberal Party nor the separation proposed by the Bloc québécoisI think this is how the Conservative Party should promote itself in Quebec. The conventional wisdom in Quebec would label the Bloc Québécois as center-left, the Liberal Party as centrist and the Conservative Party as right-wing, thus showing Conservatives as 'extremists'. By instead emphasizing federalism - the relations between the federal and provincial governements - the Conservatives can instead present themselves as a moderate alternative to two failed extremisms: Liberal centralization and Bloc separatism. Indeed, even in the heartland of Quebec separatism, Saguenay-Lac-St-Jean, former PC MP Jean-Pierre Blackburn, who is a federalist, says that "Conservatives have always been closer [than Liberals] of supporters of the Parti québécois and the Bloc québécois". The glue that can bind moderate Quebec nationalists and federalists, alienated Westerners and conservatives in Ontario and the Maritimes is of course the belief that the government in Ottawa cannot be the solution to all our problems and that local and provincial governments are often better suited to the task. UPDATE 13h45: See also this Pro-Harper article (in French) which will soon be published in |