| As Québec sovereignists became reluctant to use identity-based arguments after the fallout from Jacques Parizeau's 'money and the ethnic vote' speech in 1995, two other types of sovereignist arguments eventually gained in prominence: the economic argument centered on the fiscal imbalance and the ideological argument, which posits that Québec's political and ideological values differ so radically from those of the rest of Canada that co-habitation within the same country becomes impossible. Typically, sovereignists have claimed that Quebecers are fundamentally left-leaning and social democrats whereas the rest of Canada is conservative and that this means that the federal government, even when led by the Liberal Party, is necessarily too conservative for Quebecers' taste.
Sovereignists were not the only ones to act on the belief that Québec is a left-leaning stronghold. The federal Liberals and NDP argued, for example during the 2006 English language leaders' debate, that the rest of Canada shares Québec's progressive values and that these parties are the best federalist parties to represent Québec and Canadian values. Many analysts, both inside and outside Québec, predicted in 2004-2005 that the election of a Conservative government in Ottawa would alienate Quebecers and fuel separatism. In March 2004, when I was a lonely voice talking about the possibility of Conservative successes in Québec, I argued that the Conservative Party should play down the left-right axis in Québec and rather present itself as a decentralist alternative to the Liberals and the Bloc. I pointed out how "the belief that the government in Ottawa cannot be the solution to all our problems and that local and provincial governments are often better suited to the task" could be the glue to bind moderate Québec nationalists and federalists, alienated Westerners and conservatives in Ontario and the Maritimes. It is now accepted that the turning point of the 2006 federal election in Québec was Harper's Québec City speech on open federalism. Chantal Hébert recently added that "[g]iven a choice between a so-called progressive federal government that intervenes in the social policies of the provinces and one that is more conservative and does not, francophone Quebecers, to this day, will pick the latter." In a 1997 article published in the magazine Next City, Stephen Harper and Tom Flanagan agreed with this analysis. Far from seeing conservatism as a threat to national unity, they wrote that "only a conservative vision that takes government back to its proper role, and thereby concedes to Quebec the space required for its own civil society, can hold the country together for the long term". But they went even further and suggested that many Quebecers are closer to conservative values than is usually thought: Quebec nationalism, while not in itself a conservative movement, appeals to the kinds of voters who in other provinces support conservative parties. The Bloc Québécois is strongest in rural Quebec, among voters who would not be out of place in Red Deer, except that they speak French rather than English. They are nationalist for much the same reason that Albertans are populist — they care about their local identity and the culture that nourishes it, and they see the federal government as a threat to their way of life. Paul Wells, with the benefit of hindsight, recently underscored in a Macleans' article the importance of this 1997 article and wrote that many Quebecers are just as tired of high taxes than other Canadians are. Therefore, Harper's gambit, which has worked up to now, "was to speak to Quebecers about the ways they are like the rest of his pan-Canadian voter coalition, not about the esoteric differences. It is inherently a unifying discourse." Wells also pointed to polls showing that a clear majority of Quebecers agree with the Conservative plan to raise the age of sexual consent from 14 to 16 and with Harper's child-care plan, which leads Wells to write that "Harper's on the winning side of public opinion, in a debate that pits him squarely against an elite Quebec consensus." I had previously pointed out that differences of opinion between Québec and the rest of Canada were often exaggerated and that Quebecers were often quite divided on issues that were supposed to be part of the 'consensus québécois'. I wrote that "the reality is that Quebecers are still divided on these kind of [...] issues and that it is risky to claim that a position or its opposite represents a Québec value". On other issues, such as crime, popular opinion in Québec is diametrically opposed to that of the political and media elite. The reason for Stephen Harper's rising popularity in Québec is that many Quebecers feel respected by him, not only because of his open federalism, but also because, for a substantial proportion of them, he is giving their values a place that had been denied by Québec's elite. The main casualty of the Conservative breakthrough in 2006, and of other events such as the publication of the manifesto For a clear-eyed vision of Québec, has been the myth of a monolithically social-democrat public opinion in Québec. UPDATE 13h22: Read also Vincent Geloso. | Alors que les souverainistes québécois sont devenus réticents à mettre de l'avant des arguments identitaires après le discours de Jacques Parizeau sur "l'argent et les votes ethniques" en 1995, deux autres types d'arguments souverainistes ont éventuellement gagné en importance: l'argument économique basé sur le déséquilibre fiscal et l'argument idéologique, qui postule que les valeurs politiques et idéologiques du Québec diffèrent si radicalement de celles du reste du Canada que la cohabitation au sein d'un même pays devient impossible. Les souverainistes ont typiquement affirmé que les Québécois tendent fondamentalement vers la gauche et la social-démocratie alors que le reste du Canada est conservateur et que cela signifie que le gouvernement fédéral, même lorsqu'il est dirigé par le Parti Libéral, est nécessairement trop conservateur au goût des Québécois.
Les souverainistes n'ont pas été les seuls à asseoir leur action sur l'idée que le Québec est un bastion de gauche. Les Libéraux fédéraux et le NPD ont plaidé, par exemple au cours du débat des chefs en anglais de 2006, que le reste du Canada partage les valeurs progressistes du Québec et que ces partis sont donc les meilleurs partis fédéralistes pour représenter les valeurs québécoises et canadiennes. Bien des analystes, au Québec comme hors Québec, ont prédit en 2004-2005 que l'élection d'un gouvernement Conservateur à Ottawa aliènerait les Québécois et nourrirait le séparatisme. En mars 2004, lorsque j'étais une des rares voix à parler de la possibilité de succès Conservateurs au Québec, j'ai affirmé que le Parti Conservateur devrait relativiser l'axe gauche-droite au Québec et plutôt se présenter comme une alternative décentralisatrice aux Libéraux et au Bloc. J'ai signalé comment "la conviction que le gouvernement à Ottawa ne peut pas être la solution à tous nos problèmes et que les gouvernements locaux et provinciaux sont souvent mieux adaptés à la tâche" pourrait être la colle liant les nationalistes et fédéralistes modérés du Québec, les gens de l'Ouest aliénés ainsi que les conservateurs de l'Ontario et des Maritimes. Il est maintenant reconnu que le point tournant des élections fédérales 2006 au Québec a été le discours de Harper à Québec sur le fédéralisme d'ouverture. Chantal Hébert a récemment ajouté que "s'ils ont à choisir entre un gouvernement fédéral soi-disant progressiste qui intervient dans les politiques sociales des provinces et un qui est plus conservateur mais n'y intervient pas, les Québécois francophones, jusqu'à ce jour, choissisent la deuxième option." Dans un article publié en 1997 dans le magazine Next City, Stephen Harper et Tom Flanagan étaient d'accord avec cette analyse. Loin de voir le conservatisme comme une menace à l'unité nationale, ils ont écrit que "seule une vision conservatrice qui recentre le gouvernement sur son rôle approprié, et cède ainsi au Québec l'espace requis pour sa propre société civile, peut garder ce pays uni à long terme". Mais ils sont allés encore plus loin et ont suggéré que plusieurs Québécois sont plus près des valeurs conservatrices qu'on le pense: Le nationalisme québécois, bien qu'il ne soit pas en soi un mouvement conservateur, attire le genre d'électeurs qui, dans les autres provinces, appuient des partis conservateurs. Le Bloc Québécois est à son plus fort dans le Québec des régions, parmi des électeurs qui ne sont pas si différents de ceux de Red Deer si ce n'est qu'ils parlent français plutôt qu'anglais. Ils sont nationalistes pour à peu près les mêmes raisons pour lesquelles les Albertains sont populistes — ils tiennent à leur identité locale et à la culture qui la soutient, et ils voient dans le gouvernement fédéral une menace à leur mode de vie. Paul Wells, avec le recul de temps, a récemment souligné dans un article de Macleans' l'importance de cet article de 1997 et il a écrit que beaucoup de Québécois sont tout aussi lassés de porter un lourd fardeau fiscal que le sont les autres Canadiens et que le discours de Harper, même lorsqu'il n'est pas spécifiquement conçu pour les Québecois, attire plusieurs d'entre eux. Wells a aussi pointé du doigt des sondages qui montrent qu'une majorité claire de Québécois sont d'accord avec le plan Conservateur de hausser l'âge du consentement sexuel de 14 à 16 ans et avec le plan de Harper sur la garde des enfants, ce qui amène Wells à écrire que "Harper est en train de gagner la bataille de l'opinion publique dans un débat qui le met clairement en opposition au consensus de l'élite québécoise." J'avais précédemment signalé que les différences d'opinion entre le Québec et le reste du Canada ont souvent été exagérées et que les Québécois sont souvent bien divisés sur les questions qui sont censés faire partie du "consensus québécois". J'ai écrit que "la réalité est que les Québécois restent divisés sur ce genre de questions [...] et qu'il est hasardeux de proclamer qu'une position ou son contraire représente une valeur québécoise.". Sur d'autres enjeux, comme la criminalité, l'opinion populaire au Québec est diamétralement à l'opposé de celle de l'élite politique et médiatique. La raison de la popularité croissante de Stephen Harper au Québec est que bien des Québécois se sentent respectés par lui, non seulement à cause de son fédéralisme d'ouverture, mais aussi parce que, pour plusieurs d'entre eux, il donne à leurs valeurs une place qui leur avait été refusée par l'élite québécoise. La principale victime faite par la percée Conservatrice en 2006, et par d'autres évènements tels que la publication du manifeste Pour un Québec lucide, a été le mythe d'une opinion publique monolithiquement social-démocrate au Québec. MISE À JOUR 13h22: Lire aussi Vincent Geloso. |