mai 25, 2006

Religion and fertility rates in Canada

In a little-noted response to the manifesto For a clear-eyed vision of Québec, the Western Catholic Reporter criticized the manifesto's defeatism with respect to Québec's low birth rate. The weekly blamed these low birth rates on the "disappearance of the Catholic Church as a major force in the province" and on the "calamitous drop in the role of the family in Quebec" and suggested that births could increase if the Church regained its influence and the family its strength.

This vision seems to be shared by the Pope Benedict XVI who, in a speech to Canadian bishops, pointed to low birth rates as one of the "pervasive effects of secularism" on Canada.

Like a recent Policy Review article, a research paper by Statistics Canada pointed out that Canada's lower level of religious practice is a factor that explains why Canada has a lower fertility rate than the United States (1.52 versus 2.08 children per woman). The two Statistics Canada researchers described how religious practice influence fertility:

Religious practice can serve as an indicator of a society's level of traditionalism or secularism. It indirectly influences an individual's fertility, especially in that it affects the choice of marriage as the mode of conjugal life and the stability of the union. In Canada, individuals who do not practise their religion are nearly three times as likely to form a common-law union [rather than a marriage] as those who participate in religious practices on a weekly basis. Unions of individuals who practice their religion are less likely to be dissolved.

Indeed, according to an article published in 1998 in Canadian Social Trends, Statistics Canada's quarterly journal on social issues, "[w]eekly attenders of religious services — both men and women — place greater importance on lasting relationships, being married, and having at least one child than those who [do] not attend [religious services]". Moreover, according to the 1995 General Social Survey, a weekly attender's marriage is two times less likely to break down than the marriage of those who do not attend religious services.

The impact of religiosity on fertility intentions and actual fertility can also be measured. A 2003 Canadian Social Trends article based on the 2001 General Social Survey found that, among Canadians aged 20 to 34 years old, those with no religious affiliation are two times more likely to intend to remain childless than those with religious affiliation. A 2001 University of Western Ontario discussion paper based on the 1995 General Social Survey found that, among Canadians aged 20 to 39 years old, weekly religious attenders intended on average to have 0.5 children more than others intended to. Moreover, the same study found that weekly religious attenders are 28 percent more likely to have a second child and 59 percent more likely to have a third child. Even after controlling for several other variables, such as age, fertility history and marital status, weekly religious attenders are still 26 percent more likely to have a second child and 46 percent more likely to have a third child. A 1999 Canadian Social Trends article that focused on the probability of having a third child also found similar results:

Several cultural variables are also valuable predictors of the probability of a third birth. The most important is attendance at religious services, with women who attend every week being about 50% more likely than other women to have a third child. Since the effects of other variables strongly associated with religious attendance are controlled for (age of mother, fertility history and marital status), it seems that religiosity affects fertility in ways that are not captured by this analysis.

The link between high levels of secularism and low levels of fertility thus seems to be well established. An interesting question is whether the modern sexual revolution has sown the seeds of its own demise by depressing birth rates among the general population and leading to a disproportionately high number of children being born in religiously or culturally conservative families that reject the values of this revolution. Secular liberal Phillip Longman thinks so in a recent Foreign Policy article and predicts that Western societies will progressively become more religious and conservative over the course of the 21st century.

This is not an implausible theory because the transmission of attitudes and values from parents to children takes place not only through childrearing but also through genetics: in his book The Blank Slate, famous psychology professor Steven Pinker pointed out that about half of the variability in most psychological traits, including religiosity and political orientations, is genetically heritable. Are the fertility differentials and the heritability of attitudes and values sufficiently high to transform Western societies over the coming decades? As the Chinese proverb goes, we may live in interesting times.

Dans une réponse peu remarquée au manifeste Pour un Québec lucide, le Western Catholic Reporter a critiqué le défaitisme du manifeste relativement à la dénatalité au Québec. L'hebdomadaire a blâmé la "disparition de l'Église catholique en tant que joueur majeur dans la province" et le "déclin calamiteux du rôle de la famille au Québec" pour cette dénatalité et il a suggéré que la natalité pourrait augmenter à nouveau si l'Église regagnait son influence et la famille, sa force.

Cette vision semble être partagée par le Pape Benoît XVI qui, dans un discours adressé aux évêques canadiens, a cité les faibles taux de natalité comme un des "effets d'un laïcisme envahissant" au Canada.

Comme l'a fait un récent article de Policy Review, un document de recherche de Statistique Canada a souligné que les niveaux moins élevés de pratique religieuse au Canada sont un des facteurs qui expliquent pourquoi le Canada a un taux de fécondité plus faible que celui des États-Unis (1,52 versus 2,08 enfants par femme). Les deux chercheurs de Statistique Canada ont décrit comment la pratique religieuse influe sur la fécondité:

La pratique religieuse peut servir d'indicateur du degré de traditionalisme ou de laïcité d'une société. Elle influence indirectement la fécondité d'un individu, particulièrement en ce qu'elle affecte le choix du mariage comme mode de vie conjugale et la stabilité de l'union. Au Canada, les individus qui ne pratiquent pas leur religion sont presque trois fois plus susceptibles de former une union libre [plutôt qu'un mariage] que ceux qui se livrent à des pratiques religieuses hebdomadaires. Les unions formées par des individus qui pratiquent leur religion sont moins susceptible d'être dissoutes.

En effet, selon un article publié en 1998 dans Tendances sociales canadiennes, la revue trimestrielle de Statistique Canada sur les enjeux sociaux, "[l]es personnes qui assistaient chaque semaine à des services religieux — autant les hommes que les femmes — ont accordé plus d'importance au maintien de relations durables, au mariage et au fait d'avoir au moins un enfant que les non-pratiquants". De plus, selon l'Enquête sociale générale de 1995, la probabilité d'échec du mariage est deux foins moins élevée chez les pratiquants réguliers que chez les non-pratiquants.

L'impact de la religiosité sur les aspirations de fécondité et sur la fécondité réelle peut aussi être mesuré. Un article publié en 2003 dans Tendances sociales canadiennes et basé sur l'Enquête sociale générale de 2001 a trouvé que, parmi les Canadiens ayant de 20 à 34 ans, ceux qui sont sans appartenance religieuse sont deux fois plus susceptibles de prévoir n'avoir aucun enfant que ceux qui sont croyants. Un document de travail de 2001 de l'University of Western Ontario, qui se base sur l'Enquête sociale générale de 1995, a trouvé que, parmi les Canadiens ayant de 20 à 39 ans, les pratiquants réguliers prévoyaient en moyenne avoir 0,5 enfants de plus que ne le prévoyaient les autres. De plus, la même étude a trouvé que les pratiquants réguliers sont 28% plus susceptibles d'avoir un deuxième enfant et 59% plus susceptibles d'avoir un troisième enfant. Même après avoir tenu compte de plusieurs autres variables, telles que l'âge, les antécédents de fécondité et l'état matrimonial, les pratiquants réguliers sont 26% plus susceptibles d'avoir un deuxième enfant et 46% plus susceptibles d'en avoir un troisième. Un article publié en 1999 dans Tendances sociales canadiennes portant sur la probabilité d'avoir un troisième enfant a aussi obtenu des résultats semblables:

De nombreuses variables culturelles ont également une grande valeur prévisionnelle sur la probabilité d'avoir un troisième enfant. La plus importante d'entre elles est la participation à des services religieux. Ainsi, les femmes qui assistent à des services religieux sur une base hebdomadaire sont environ 50% plus susceptibles que les autres d'avoir un troisième enfant. Comme nous avons tenu compte des effets des autres variables fortement associées à la pratique religieuse (âge de la mère, antécédents de fécondité et état matrimonial), il semble que l'incidence de la pratique religieuse sur la fécondité fasse intervenir des facteurs qui ne sont pas examinés ici.

Le lien entre des niveaux élevés de laïcité et des faibles taux de fécondité semble donc bien établi. Une question intéressante est de savoir si la révolution sexuelle moderne a semé les germes de son déclin en faisant chuter les taux de natalité parmi la population en général et en faisant en sorte qu'un nombre disproportionnellement élevé d'enfants naissent dans des familles religieusement ou culturellement conservatrices qui rejettent les valeurs de cette révolution. Le laïc libéral Phillip Longman le pense dans un article récemment publié dans Foreign Policy où il prédit que les sociétés occidentales deviendront progressivement plus religieuses et conservatrices au cours du 21e siècle.

Cette théorie n'est pas implausible étant donné que la transmission des attitudes et des valeurs des parents aux enfants n'a pas lieu seulement via l'éducation des enfants mais aussi via la génétique: dans son livre The Blank Slate, le célèbre professeur de psychologie Steven Pinker a souligné qu'environ la moitié de la variation dans la plupart des traits psychologiques, incluant la religiosité et les orientations politiques, est génétiquement héritable. Les différentiels de fécondité et l'héritabilité des attitudes et des valeurs sont-ils suffisamment élevés pour transformer les sociétés occidentales au cours des prochaines décennies? Comme le dit le proverbe chinois, nous pourrions vivre à une époque intéressante.


Publié par Laurent à mai 25, 2006 09:58 PM | TrackBack
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