| Sociology professor Pierre Drouilly has published two interesting articles in Le Devoir on the Charest government's project of reforming the electoral system by making it more proportional. These articles are something which has become quite rare in Québec: a spirited defence of the traditional British electoral system. However, Drouilly makes a strange claim, for which he offers no explanation, when he says that René Lévesque's famous description of the first-past-the-post system as "democratically repugnant" is taken out of context by supporters of proportional representation. We are left to infer that the appropriate context of this 1972 quote from the Parti Québécois' founder is that the Parti Québécois had won 23 percent of the popular vote but only 7 MNAs out of 108 in the preceding election, in 1970. The British system penalized the Parti Québécois when Lévesque described it as "democratically repugnant" and Drouilly seems to suggest that Lévesque would have changed his opinion as soon as it started to favor the PQ, which can now form a government even if its electoral results are several points behind the Liberals. This would paint René Lévesque as a cynical politician who took up the cause of proportional representation only to the extent that it furthered his partisan interests.
As the 1970s progressed and the PQ went from third party status to being one of the two main parties in an electoral system tailored for bipartism, which gave the PQ a majority government in 1976 with 41 percent of the vote, it is easy to imagine that René Lévesque could have come to appreciate the first-past-the-post system. However, André Larocque, who served as Deputy Minister for electoral reform under the Lévesque government, points out in Le Devoir that this was not the case. Lévesque charged Robert Burns, his Minister for electoral reform, with developing an alternative to the current electoral system. In the inaugural speech of his second government in 1981, Lévesque again committed his government to ending the first-past-the-post system and his government produced a green book, a white book and a draft bill for introducing a form of proportional representation in Québec. But Lévesque had to abandon this project, which was already facing opposition from PQ organizers, when his caucus blocked it in 1984. The organizers and MNAs of the PQ were manifestly not as idealistic as their leader and gave us another example of how interests can trump ideas in politics. In the end, the Liberal Party of Québec may have been convinced to adopt proportional representation when, during its May 1999 general convention, political scientist Louis Massicotte told the Liberals that it would be better for them then the current electoral system. UPDATE 2006-03-18: The Bloc Québécois won 51 out of 75 Québec ridings in 2006 with 42 percent of the vote. Political scientists Jerome H. Black and Bruce M. Hicks report in Le Devoir that most Bloc candidates were opposed to electoral reform. | Le professeur de sociologie Pierre Drouilly a publié deux articles intéressants dans Le Devoir sur le projet du gouvernement Charest de réformer le système électoral en le rendant plus proportionnel. Ces articles sont quelque chose qui est devenu plutôt rare au Québec: une défense farouche du système électoral britannique traditionnel. Cependant, Drouilly fait une affirmation étrange, pour laquelle il n'offre aucune explication, lorsqu'il dit que la fameuse description par René Lévesque du scrutin uninominal à un tour comme "démocratiquement infect" est prise hors contexte par les partisans de la représentation proportionnelle. Il nous laisse déduire que le contexte approprié pour cette citation de 1972 du fondateur du Parti Québécois est que le Parti Québécois avait remporté 23% du vote populaire mais seulement 7 députés sur 108 aux élections précédentes, en 1970. Le système britannique pénalisait le Parti Québécois lorsque Lévesque l'a décrit comme "démocratiquement infect" et Drouilly semble suggérer que Lévesque aurait changé d'idée aussitôt que ce système aurait commencé à favoriser le PQ, qui peut maintenant former un gouvernement même si ses résultats électoraux le placent plusieurs points derrière des Libéraux. Cela ferait de René Lévesque un politicien cynique qui n'a défendu la cause de la représentation proportionelle que dans la mesure où elle servait ses intérêts partisans.
À mesure que passaient les années 1970 et que le PQ cessait d'être un tiers parti pour devenir un deux principaux partis dans un système électoral fait sur mesure pour le bipartisme, qui a donné au PQ un gouvernement majoritaire en 1976 avec 41% des voix, il est facile d'imaginer que René Lévesque aurait pu en venir à apprécier le scrutin majoritaire uninominal à un tour. Cependant, André Larocque, qui a été sous-ministre à la réforme électorale sous le gouvernement Lévesque, souligne dans Le Devoir que ça n'a pas été le cas. Lévesque a donné à Robert Burns, son Ministre de la réforme électorale, le mandat de déveloper une alternative au présent système électoral. Dans le discours inaugural de son second gouvernement en 1981, Lévesque a encore une fois engagé son gouvernement à mettre fin au scrutin uninominal à un tour et son gouvernement a produit un livre vert, un livre blanc et une ébauche de projet de loi pour l'introduction d'une forme de représentation proportionnelle au Québec. Mais Lévesque a dû abandonner ce projet, qui faisait déjà face à l'opposition des organisateurs du PQ, lorsque son caucus l'a bloqué en 1984. Les organisateurs et les députés du PQ n'étaient manifestement pas aussi idéalistes que leur chef et ils nous ont donné un autre exemple de comment les intérêts peuvent primer sur les idées en politique. En bout de ligne, le Parti Libéral du Québec a peut-être été convaincu d'adopter la représentation proportionnelle lorsque, durant son conseil général de mai 1999, le politologue Louis Massicotte a dit aux Libéraux que ce serait mieux pour eux que le présent système électoral. MISE À JOUR 2006-03-18: Le Bloc Québécois a remporté 51 circonscriptions québécoises sur 75 en 2006 avec 42% des voix. Les politologues Jerome H. Black et Bruce M. Hicks rapportent dans Le Devoir que la plupart des candidats du Bloc s'opposaient à une réforme électorale. |
Rappelez-vous le 3e débat fédéral, (le débat anglais en janvier) sur la question de la réforme démocratique? Tous les chefs ont dit qu'il fallait penser aux autres systèmes, mais M. Duceppe, avec ces 54 comtés et ~12% de la vote, en faisait des excuses telles que,
"C'est le système que les anglais ont imposé sur nous, mais nous en sommes contents!"
Je n'ai jamais cru qu'un Bloqiste soutiendrait les actions des impérialistes! Faut pas le blâmer. J'aurais dit la même chose à sa place.
Écrit par: Jarrett à mars 13, 2006 01:07 AMJ’en parlais justement récemment de ces bons vieux nationalistes à la mémoire sélective.
Il serait temps que le fédéral adopte le système proportionnel également.