janvier 05, 2006

Les politiciens québécois et la dénatalité

Many Quebecers sense that there is a problem with Québec's current low birth rates. As demographer Jacques Henripin recently put it:
It is not normal for a living species to not renew itself. If we learned that caribous had ceased to reproduce themselves, we would worry about it. It's the same thing for us.1

Québec politicians have often deplored Québec's low birth rates during the last decades. The latest to do so is former Premier Bernard Landry who, in December 2005, said that "not enough children are born in Québec to ensure an equilibrium among generations." However, most politicians are not willing to do what it takes to reverse these demographic trends. For example, though Bernard Landry is now saying that Québec should instate "incentive policies for reproduction", the fact is that he did no such thing during his two years in power from 2001 to 2003.

The chief exception is Robert Bourassa, who is the only Premier to have actually tried a natalist policy. His government introduced in 1988 the Allowance for Newborn Children, commonly called the baby bonus, which focused on getting families to have the often elusive third child. According to a 2002 C.D. Howe Institute study by economist Kevin Milligan, the policy worked insofar as it led to more than 93,000 additional births in Québec from 1989 to 1996, a 14.5 percent increase over the number of births that would have occured in the absence of this policy.

On the other hand, this policy did not solve Québec's demographic problems since it couldn't raise Québec's total fertility rate past 1.7. In fact, the last year when Québec's total fertility rate was above the replacement rate of 2.1 was 1969! Since the effects of the baby boom which followed the Second World War are still being felt, it seems reasonable to assume that the consequences of more than 35 years of sub-replacement fertility will be felt for a long time, even if fertility rates somehow rise to 2.5 children next year. For example, Québec's working-age population will start to decline in 2013 no matter how many children are born in 2006. In any case, it will be necessary to adapt to the long-term effects of decades of low birth rates.

In this regard, it is interesting to look at the path taken by Lucien Bouchard. During the 1995 referendum campaign, when he was Bloc Québécois leader, Bouchard famously remarked it made no sense that "we have so few children in Quebec" and spoke in favour of natalist policies. However, during his tenure as Québec Premier from 1996 to 2001, he did not implement natalist policies and, except for his "zero deficit" policy, he did not prepare Québec for the coming demographic shock. In fact, his government even abolished the Allowance for Newborn Chidren, believing it had not worked, and instead instated a child-care program which was not designed to stimulate fertility. In his January 23, 1997 speech presenting his government's new family policy, not only did Bouchard not advocate natalist policies but he did not even show concern for Québec's low birth rates.

Bouchard, in his public declarations after having left politics in 2001, has shown a renewed interest in Québec's low birth rates. He still believes in the uselessness of any natalist policy but he has been a strong advocate of getting Québec to focus on adapting to these demographic changes. In December 2003, when he delivered the opening speech of the La Presse/Radio-Canada colloquium on natality, he bemoaned the "inconscience" of those who do not worry about Québec's birth dearth and who refuse to consider appropriate measures. Among the measures advocated by Bouchard, we find nothing for stimulating natality but rather things like postponing the legal retirement age. Likewise, in his manifesto "For a clear-eyed vision of Québec", he proposed various measures like paying off the provincial debt, tax reforms, a greater role for the private sector in health care and a rise in electricity fees in order to ensure the long-term solvability of Québec's social programs despite its declining demographics. Once again, his manifesto does not mention measures to stimulate natality and merely says that "a sudden upturn in the birth rate" is "unlikely".

Bouchard seems to view Québec's demographics problem through economic and fiscal lens. He focuses on tackling the demographic threat to Québec's economic prosperity and social programs and he wants to reform the Welfare State in order to save it. However, there is more than dollars and cents to Québec's demographic problems. There are also political and cultural implications for the distinct society that is Québec. As then Québec Premier René Lévesque said in an August 1985 interview, "[f]or a small society like ours, the current level of birth dearth is fatal."2 Or as Lucien Bouchard's own manifesto warns:

The demographic decline [...] will accentuate the threat to the vitality of our cultural institutions. The French fact in North America — already minuscule — will continue to dwindle away.

While Bouchard's role in awakening Quebecers to the dangers posed by Québec's demographic problems is welcome, his econo-centric perspective and his fatalism with respect to low birth rates won't suffice to put Québec back on its feet.

Beaucoup de Québécois sentent qu'il y a un problème avec l'actuel faible taux de natalité au Québec. Comme le démographe Jacques Henripin l'a récemment formulé:

Ce n'est pas normal qu'une espèce vivante ne se renouvelle pas. Si on apprenait que les caribous arrêtaient de se reproduire, on s'en inquiéterait. C'est la même chose pour nous.1

Les politiciens québécois ont souvent déploré le faible taux de natalité du Québec durant les dernières décennies. L'exemple le plus récent est l'ex-premier ministre Bernard Landry qui, en décembre 2005, a dit qu'"[i]l ne naît pas assez d’enfants au Québec pour qu’il y ait un équilibre générationnel." Cependant, la plupart des politiciens ne sont pas prêts à faire ce qu'il faut pour renverser ces tendances démographiques. Par exemple, bien que Bernard Landry affirme maintenant que le Québec devrait instaurer des "politiques incitatives de reproduction", il n'a rien fait de tel durant ses deux années au pouvoir de 2001 à 2003.

La principale exception est Robert Bourassa, qui est le seul premier ministre à avoir effectivement essayé une politique nataliste. Son gouvernement a introduit en 1988 l'allocation à la naissance, communément appelée bébé-bonus, dont l'objectif était d'amener les familles à avoir ce troisième enfant qui manque souvent à l'appel. Selon une étude de 2002 de l'Institut C.D. Howe faite par l'économiste Kevin Milligan, cette politique a fonctionné dans la mesure où elle a mené à plus de 93 000 naissances additionnelles au Québec de 1989 à 1996, une hausse de 14,5% par rapport au nombre de naissances qui auraient eu lieu en l'absence de cette politique.

Par contre, cette politique n'a pas réglé les problèmes démographiques du Québec étant donné qu'elle n'a pas pu faire monter l'indice synthétique de fécondité du Québec au-delà de 1,7. En fait, la dernière année où l'indice synthétique de fécondité du Québec a été supérieur au taux de remplacement de 2,1, c'est en 1969! Étant donné que les effets du baby boom qui a suivi la deuxième Guerre mondiale se font toujours sentir, il semble raisonnable de supposer que les conséquences de plus de 35 années de fécondité inférieure au taux de remplacement se feront sentir pendant longtemps, même si les taux de fécondité grimpaient soudainement à 2,5 enfants l'année prochaine. Par exemple, la population en âge de travailler au Québec commencera à décliner en 2013 peu importe combien d'enfants naissent en 2006. Dans tous les cas, il sera nécessaire de s'adapter aux impacts à long terme de décennies de dénatalité.

Dans cette perspective, il est intéressant de regarder le chemin qu'a parcouru Lucien Bouchard. Durant la campagne référendaire de 1995, alors qu'il était le chef du Bloc Québécois, Bouchard a fameusement lancé que ça n'a pas de bon sens "qu'on ait si peu d'enfants au Québec" et il a parlé en faveur des politiques natalistes. Cependant, durant son mandat en tant que premier ministre du Québec de 1996 à 2001, il n'a pas implémenté de politiques natalistes et, excepté pour sa politique du "déficit zéro", il n'a pas préparé le Québec au choc démographique qui s'en vient. En fait, son gouvernement a même aboli l'allocation à la naissance, croyant qu'elle n'avait pas fonctionné, et a plutôt instauré un programme de garderies qui ne cherchait pas à stimuler la fécondité. Dans son discours du 23 janvier 1997 présentant la nouvelle politique familiale de son gouvernement, non seulement Bouchard ne s'est pas fait l'avocat d'une politique nataliste mais il ne s'est pas même pas montré préoccupé par la dénatalité au Québec.

Bouchard, dans les déclarations publiques qu'il a faites après avoir quitté la politique en 2001, a démontré un intérêt renouvelé vis-à-vis de la dénatalité au Québec. Il croit encore en l'inutilité de toute politique nataliste mais il a livré de forts plaidoyers appelant le Québec à se concentrer sur une adaptation à ces changements démographiques. En décembre 2003, lorsqu'il a prononcé le discours d'ouverture du colloque La Presse/Radio-Canada sur la natalité, il a déploré "l'inconscience" de ceux qui ne se préoccupent pas de la dénatalité au Québec et qui refusent de considérer des mesures appropriées. Parmi les mesures avancées par Bouchard, on ne trouve rien pour stimuler la natalité mais plutôt des choses telles qu'un report de l'âge légal de la retraite. De manière similaire, dans son manifeste "Pour un Québec lucide", il a proposé diverses mesures telles que le remboursement de la dette provinciale, une réforme de la fiscalité, un plus grand rôle pour le secteur privé en santé et une augmentation des tarifs d'électricité afin d'assurer la solvabilité à long terme des programmes sociaux du Québec malgré sa démographie déclinante. Encore une fois, son manifeste ne mentionne aucune mesure pour stimuler la natalité et se contente de dire qu'un "renversement soudain de la natalité" est "improbable".

Bouchard semble voir les problèmes démographiques du Québec au travers du prisme de l'économie et de la fiscalité. Il se concentre sur la menace démographique qui pèse sur la prospérité économique du Québec et sur ses programmes sociaux et il veut réformer l'État-providence afin de le sauver. Cependant, les problèmes démographiques du Québec vont au-delà des questions de dollars et de cents. Il y a aussi des enjeux politiques et culturels pour la société distincte qu'est le Québec. Comme René Lévesque, alors premier ministre du Québec, l'a dit en entrevue en août 1985, "[p]our une petite société comme nous, le niveau actuel de dénatalité, c'est mortel."2 Ou comme l'avertit le propre manifeste de Lucien Bouchard:

Le déclin démographique [...] accentu[era] d'autant la menace pesant sur la vitalité de nos institutions culturelles. Le poids du français en Amérique, déjà minuscule, diminuera encore.

Bien que le rôle que remplit Bouchard en éveillant les Québécois aux dangers que posent les problèmes démographiques du Québec soit bienvenu, sa perspective écono-centrique et son fatalisme vis-à-vis de la dénatalité ne suffiront pas à remettre le Québec sur pied.

1. Trudel, Jonathan. "Choc 2013 Québec." L'Actualité, vol. 30, no 4, 15 mars 2005.

2. Paré, Jean. "Le testament de René Lévesque." L'Actualité, vol. 11, no 2, 1er octobre 1985 in Lévesque, Michel (dir.) René Lévesque: textes et entrevues 1960-1987. Sillery: Presses de l'Université du Québec, 1991, pp. 395-404.


Publié par Laurent à janvier 5, 2006 11:38 PM
Commentaires

It is not normal for a living species to not renew itself. If we learned that caribous had ceased to reproduce themselves, we would worry about it. It's the same thing for us.1

Actually, it's really very normal. Different species have different mechanisms for handling reproduction in a limited environment. The most extreme vast population growth follows by sudden dieoff. There are other regulatory mechanisms for optimal population size.

Écrit par: Mandos à janvier 6, 2006 12:31 AM

Instead of having new pseudo-natalist policies, why not stop the actually de-natalist policies? ANY politics, because it reduces the amount of Life in society by confiscating it in the hand of politicians, not only destroys people's lives, but also deprive them from the resources and expectations upon which they could build a family. Once again, the best natalist policy would be "hands off"!

Écrit par: Faré à janvier 6, 2006 01:07 AM

Laurent:
Pour arrêter la dénatalité de façon permenante envisara à briser plusieurs tabus et parler franc:
1) L'avortement et ce qu'on appelle la culture de la morte. On doit débattre les valeurs de société. Que veut-on: des enfants ou une liberté intouchable d'autonomie personnelle? Comment peut-on trouver une équilibre entre les deux
2) Réformer l'économie et la système fiscale qui encouragent les couples d'avoir d'enfant et trouver de moyens qui permetent les parents à travailler au même temps qu'ils élévent leurs enfants. Les entreprisent peuvent experimenter et le gouvernment peut modifier le système fiscal, les cotisastions et l'éduaction pour ne pas pénaliser les couples qui décident d'avoir d'enfants

Écrit par: xavier à janvier 7, 2006 09:13 PM

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