décembre 26, 2005

Un premier ministre venant du reste du Canada?

It is well-known that Quebecers (Trudeau, Mulroney, Chrétien and Martin) have held the office of Prime minister of Canada in 36 out of the last 37 years. This happened because Québec voters have tended to get behind the federal political party led by what historian Claude Bélanger called a "favourite son", and because many in the rest of Canada thought that only a leader from Québec would be able to keep Québec separatism in check.

However, some columnists from Québec are beginning to question these assumptions and are preparing for the possibility of a Prime minister coming from outside Québec. Thus, Alain Dubuc, in a column for Le Soleil wonders "what would happen if Canada were to be led by a true English Canadian coming from an English-speaking province". He concludes that "[a]side from the fact that it would be healthy, as a matter of democracy, for English Canada to also produce leaders, an anglophone Prime minister could have a salutary sense of perspective and detachment" with respect to Québec. Indeed, in 1999 Graham Fraser pointed out in Le Devoir that the most bitter constitutional clashes of the last 35 years occured among Quebecers and that English Canadians like Prime minister Lester B. Pearson, Liberal leadership candidate Robert Winters and Conservative leader Robert Stanfield were often more open to Québec's demands than have been Quebecers like Prime ministers Pierre Trudeau and Jean Chrétien.

Trudeau-style federalism is now almost an extinct species among Quebecers, whose vision of federalism is much closer to that of Brian Mulroney. However, the simultaneous collapse of the Conservative Party and rise of the Bloc Québécois in 1993 has prevented the emergence of new Mulroney-style federalist leaders from Québec. This is what leads Chantal Hébert to write in the Toronto Star that Canada may have to look elsewhere for leaders in the short- to mid-term:

Two decades after patriation of the Constitution, the federal Liberal party is a spent force in Quebec. The days when it competed fiercely with the sovereignist movement for the best and brightest of Quebecers are behind it.

And that means that, in the not-so-distant future, Canadians will have to tap other sources than the dried-out Quebec reservoir for national leadership.

Il est bien connu que des Québécois (Trudeau, Mulroney, Chrétien et Martin) ont occupé le poste de Premier ministre du Canada pendant 36 des 37 dernières années. Cela s'est produit parce que les électeurs québécois ont eu tendance à se rallier au parti politique fédéral mené par ce que l'historien Claude Bélanger a appelé un "fils bien-aimé", et parce que beaucoup de gens dans le reste du Canada pensaient que seul un chef du Québec serait capable de mettre le séparatisme québécois en échec.

Cependant, certains chroniqueurs du Québec commencent à remettre en question ces hypothèses et se préparent à la possibilité d'un Premier ministre venant de l'extérieur du Québec. Ainsi, Alain Dubuc, dans une chronique pour Le Soleil se demande "ce que cela donnerait si le Canada était dirigé par un vrai Canadien anglais provenant d'une province anglophone". Il conclut qu'"[e]n plus du fait qu'il serait sain, sur le plan démocratique, que le Canada anglais produise aussi des leaders, un premier ministre anglophone aurait peut-être un recul et un détachement salutaires" par rapport au Québec. En effet, en 1999 Graham Fraser a souligné dans Le Devoir que les affrontements constitutionnels les plus amers des 35 dernières années se sont produits entre Québécois et que des Canadiens anglais comme le Premier ministre Lester B. Pearson, le candidat à la chefferie Libérale Robert Winters et le chef Conservateur Robert Stanfield ont souvent été plus ouverts aux demandes du Québec que ne l'ont été des Québécois comme les Premier ministres Pierre Trudeau et Jean Chrétien.

Le fédéralisme sauce Trudeau est maintenant presque une espèce disparue chez les Québécois, dont la vision du fédéralisme est bien plus près de celle de Brian Mulroney. Cependant, la chute du Parti Conservateur et la montée simultanée du Bloc Québécois en 1993 ont empêché l'émergence de nouveaux leaders fédéralistes à la Mulroney en provenance du Québec. C'est ce qui amène Chantal Hébert à écrire dans le Toronto Star que le Canada pourrait devoir regarder ailleurs pour ses chefs à court ou moyen terme:

Deux décennies après le rapatriement de la Constitution, le parti Libéral fédéral a perdu sa force au Québec. Le temps où il compétitionnait férocement avec le mouvement souverainiste pour les plus brillants des Québécois est révolu.

Et cela signifie que, dans un futur pas très lointain, les Canadiens auront à exploiter d'autres sources que le réservoir asséché du Québec pour du leadership national.


Publié par Laurent à décembre 26, 2005 12:46 PM
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