| The federal Conservatives and Liberals have each proposed their own child-care policies. Ferg, who ran the defunct Amateur Extraordinaire blog and now writes the Fergophone, rightly points out that federal parties should not be discussing this topic because it is exclusively within provincial jurisdiction. Indeed, it is more than annoying that federal elections now more often than not revolve around issues where the federal government has no place.
But since they are discussing it anyway, there is an important point to be made. The Liberals want to replicate Québec's day-care system across Canada: Paul Martin told the House of Commons in November 2004 that "the model we will be using is the Quebec model" and he said last Tuesday that the Liberals are offering a pan-Canadian version of the Québec model. This means that looking at what happened with Québec's day-care system after it was introduced in 1997 by a Parti Québécois government can show us what is likely to happen if the Liberals impose a similar system across Canada. The two main features of the Québec system are the following: parents can get a subsidized child-care space for their children for a small fee (formerly 5 dollars per day, now 7 dollars per day) and there are long waiting lists for these child-care spaces. These two features go hand-in-hand: since "free" or "affordable" services are anything but free or affordable for the governments that must foot the bill, governments often resort by design or by default to waiting lists as a rationing mechanism to limit their expenses. Québec's day-care waiting lists are so well known that even as venerable an institution as the École Polytechnique de Montréal, Québec's largest engineering school, must tell its prospective and current graduate students that, if they want a day-care space for their children in Montréal, they should "get registered on the waiting lists of at least ten day-care centers". Moreover, "the registration with day-care centers must take place during the first months of the pregnancy in order to have some chance of having a place when the child will be 4 months old." Indeed, Radio-Canada points out that: In 2003, the waiting list for the totality of Québec's day-care centers contained 85,000 names. The management of these unending lists, according to criteria specific to each day-care center, leads to frustrations among many parents. Moreover, costs are soaring. From 289 millions of dollars in 1997, the budget for day-care services raised to 1.3 billion in 2003. Recent studies on Québec's day-care system have also been far from favourable. In a 2004 paper published in Policy Options, economics professor Pierre Lefebvre writes that: [T]he policy favours higher income families, is unfair to families who choose to care for their children themselves or do not use nonparental child care, and is not well suited to parents working part time or nonstandard hours. [...] Quebec has always provided more support for families than have the other provinces, but the tradeoffs brought about by the reforms that introduced the $5 a-day-policy in 1997 lack transparency in terms of the real cost of the service and have distorted parents' child care choices. Finally, the National Bureau of Economic Research, a renowned American research organization, has recently published what is the most complete and recent study on Québec's day-care system (the complete paper is available here). In its abstract, the economics professors Michael Baker, Jonathan Gruber and Kevin Milligan write that the introduction of the program had negative consequences on both parents and children: [W]e uncover striking evidence that children are worse off in a variety of behavioral and health dimensions, ranging from aggression to motor-social skills to illness. Our analysis also suggests that the new childcare program led to more hostile, less consistent parenting, worse parental health, and lower-quality parental relationships. | Les Conservateurs et Libéraux fédéraux ont chacun proposé leur propre politique en matière de petite enfance. Ferg, qui publiait le défunt blogue Amateur Extraordinaire et qui est maintenant l'auteur du Fergophone, signale avec raison que les partis fédéraux ne devraient pas discuter de ce sujet étant donné qu'il se trouve exclusivement à l'intérieur des juridictions provinciales. En effet, il est plus que désagréable de constater que les élections fédérales tournent maintenant plus souvent qu'autrement autour d'enjeux dans lesquels le gouvernement fédéral n'a pas sa place.
Mais étant donné qu'ils en discutent de toute façon, il y a un élément important à souligner. Les Libéraux veulent répliquer le système de garderies du Québec à la grandeur du Canada: Paul Martin a dit en novembre 2004 à la Chambre des Communes que "le modèle que nous allons utiliser est le modèle du Québec" et il a dit mardi que les Libéraux offrent une version pan-canadienne du modèle québécois. Cela signifie que d'examiner ce qui s'est produit avec le système de garderies du Québec après qu'il ait été introduit en 1997 par un gouvernement du Parti Québécois peut nous montrer ce qui risque d'arriver si les Libéraux imposent un système semblable à la grandeur du Canada. Les deux principales caractéristiques du système québécois sont les suivantes: les parents peuvent obtenir une place de garderie subventionnée pour leur enfant à un tarif réduit (précédemment de 5 dollars par jour, maintenant 7 dollars par jour) et il y a de longues listes d'attente pour ces places en garderie. Ces deux caractéristiques vont main dans la main: étant donné que les services "gratuits" ou "abordables" sont tout sauf gratuit ou abordable pour les gouvernements qui doivent payer la facture, les gouvernements ont souvent recours, par exprès ou par défaut, aux listes d'attentes en tant que mécanisme de rationnement pour limiter leurs dépenses. Les listes d'attentes de garderies au Québec sont si bien connues que même une institution aussi vénérable que l'École Polytechnique de Montréal, la plus grande école de génie au Québec, doit dire à ses étudiants ou futurs étudiants aux cycles supérieurs que, si ils veulent une place en garderie pour leur enfant à Montréal, ils doivent "s'inscrire sur la liste d'attente d'une bonne dizaine de garderie". De plus, "l'inscription en garderie doit se faire pendant les premiers mois de grossesse pour avoir des chances d'avoir une place quand l'enfant aura 4 mois." En effet, Radio-Canada signale que: En 2003, la liste d’attente de l’ensemble des CPE du Québec compte quelque 85 000 noms. La gestion de ces listes interminables, selon des critères propres à chaque CPE, suscite des frustrations chez de nombreux parents. De plus, les coûts explosent. De 289 millions de dollars en 1997, le budget des services de garde passe à 1,3 milliard en 2003. Les études récentes faites sur le système de garderie du Québec sont loin d'être favorables. Dans un article publié en 2004 dans Options Politiques, le professeur d'économie Pierre Lefebvre écrit que: [C'est] une politique qui favorise les familles à revenus élevés, qui est inéquitable envers les familles choisissant de prendre soin elles-mêmes de leurs enfants ou de les confier à des proches, et qui convient mal aux parents travaillant à temps partiel ou selon des horaires variables. [...] [L]e Québec a toujours mieux soutenu les familles que les autres provinces du pays, cependant les dispositions des réformes ayant donné naissance au programme en 1997 manquent de transparence en ce qui a trait aux coûts réels des service de garde, et elles donnent de ce fait aux parents une vision déformée des choix en la matière. Finalement, le Bureau national de recherche économique, un organisme renommé de recherche des États-Unis, a récemment publié ce qui est l'étude la plus complète et la plus récente sur le système de garderie du Québec (l'article intégral est disponible ici). Dans leur résumé, les professeurs d'économie Michael Baker, Jonathan Gruber et Kevin Milligan écrivent que l'introduction de ce programme a eu des conséquences négatives autant sur les parents que sur les enfants: [N]ous découvrons des preuves frappantes que les enfants ont subi des détériorations dans un éventail d'aspects comportementaux et liés à la santé, allant de l'aggression aux aptitudes motrices et sociales en passant par la maladie. Notre analyse suggère aussi que le nouveau programme de garderie a mené à des pratiques parentales plus hostiles et moins cohérentes ainsi qu'à une détérioration de la santé parentale et des relations parentales. |
"L'explosion" du coût des CPE découle de son augmentation progressive du nombre de place. Pas d'une mauvaise gestion.
"Les garderies à 5 $ sont rapidement victimes de leur succès, ne suffisant pas à répondre à la demande croissante. Les listes d’attente s’allongent."
http://archives.radio-canada.ca/IDC-0-10-1699-11671/vie_societe/garderies/clip5
Et Pierre Lefebvre de L'UQAM, dans le fond, n'est pas contre les CPE, en fait ce qu'il propose est une prématernelle dès l'âge de 4 ans, partout le Canada, ce qui coûterait 9 milliards...
http://www.ledevoir.com/2003/08/25/34655.html?336
De toute façon, il s'agit d'un faux débat. Les CPE ne sont pas des garderies, ce sont des centres de petite enfance qui ont une mission éducative. Dans la constitution, l'Éducation est de compétence provinciale alors le gouvernement fédéral n'a pas le droit d'imposer un programme pancanadien de CPE.
À bientôt
Écrit par: Guillaume Lamy à décembre 18, 2005 01:07 AM