novembre 26, 2005

Pierre-Marc Johnson contre un nouveau référendum

Pierre-Marc Johnson, who briefly succeeded René Lévesque as Québec Premier and was Parti Québécois leader from 1985 to 1987, announced that he supports the Liberal candidate Raymond Bachand in the by-election currently underway in the provincial riding of Outremont.

Some people, like the Parti Québécois' Parliamentary Leader Louise Harel, are trying to minimize this news by pointing out that Raymond Bachand is a long-time friend of Pierre-Marc Johnson. Of course, it is easy to imagine that he would support a close friend and laud his personal qualities. But the former Parti Québécois leader went even further.

Pierre-Marc Johnson, who in 1987 opposed the Meech Lake Accord because it wasn't good enough for Québec, declared that Quebecers should not waste their energies on yet another referendum:

The extraordinary accomplishments of two generations, despite our imperfect and incomplete constitutional status, should lead us to focus our collective energy on pretty obvious issues and not on a fourth referendum [including Charlottetown].

So Pierre-Marc Johnson, like Lucien Bouchard, believes that what is important, what must be prioritized, is not holding a referendum on sovereignty, but rather meeting the challenges faced by Québec. And, like Bouchard's manifesto For a clear-eyed vision of Québec, Johnson pointed to the importance of a high-producitivy economy for Québec in an era of demographic decline and of globalization:

In a globalized economy, our economy must be productive if we want to keep the institutions which secure social solidarity, intergenerational fairness as well as access to quality education and health care services.

The priorities of the Parti Québécois are now very different than those of Lucien Bouchard and Pierre-Marc Johnson. Indeed, the PQ's new program is entirely focused on the separatist project and, as journalist Michel Vastel pointed out in L'Actualité, it is "in particular mute on the governance of the province of Québec". André Boisclair and other PQ spokespersons are now either claiming that sovereignty will solve all problems or that nothing can be solved until sovereignty is achieved.

Federal minister of International Affairs Pierre Pettigrew showed a lack of judgment when he called the former leaders of the Parti Québécois "losers" and the apology he made in the House of Commons was not really convincing, as he was trying to demonstrate his "greatest respect" for those he had called "losers". However, in the midst of this controversy Pettigrew did manage to point out an interesting fact: neither Johnson nor Bouchard were in the room when André Boisclair was crowned leader of the Parti Québécois and they were booed by the crowd of militants when their pictures were shown during the evening. The break between the two former leaders and the PQ is real, and Johnson has now just formalized his break from the PQ.

Pierre-Marc Johnson, qui a brièvement succédé à René Lévesque en tant que premier ministre du Québec et a été chef du Parti Québécois de 1985 à 1987, a annoncé qu'il appuie le candidat Libéral Raymond Bachand dans l'élection partielle présentement en cours dans la circonscription provinciale d'Outremont.

Certaines personnes, comme la chef parlementaire du Parti Québécois Louise Harel, tentent de minimiser cette nouvelle en signalant que Raymond Bachand est un ami de longue date de Pierre-Marc Johnson. Bien sûr, on imagine facilement qu'il pourrait appuyer un ami proche et louer ses qualités personnelles. Mais l'ex-chef du Parti Québécois est allé encore plus loin.

Pierre-Marc Johnson, qui en 1987 s'était opposé à l'Accord du lac Meech parce que ce n'était pas assez bon pour le Québec, a declaré que les Québécois ne devraient pas gaspiller leurs énergies sur encore un autre référendum:

Les acquis extraordinaires de deux générations, en dépit de notre statut constitutionnel imparfait et inachevé, devraient nous amener à dépenser nos énergies collectives non pas sur un quatrième référendum [incluant Charlottetown], mais sur des enjeux et des impératifs qui crèvent les yeux.

Donc Pierre-Marc Johnson, comme Lucien Bouchard, croit que ce qui est important, ce qui est prioritaire, ce n'est pas de faire un référendum, mais plutôt de relever les défis auxquels le Québec fait face. Et, comme le manifeste de Bouchard Pour un Québec lucide, Johnson a souligné l'importance d'une forte productivité économique pour le Québec dans une ère de déclin démographique et de mondialisation:

Dans une économie mondialisée, notre économie doit être productive si nous voulons maintenir les institutions qui assurent la solidarité sociale, l’équité entre générations de même que l’accès à des services éducatifs et de santé de qualité.

Les priorités du Parti Québécois sont maintenant bien différentes de celles de Lucien Bouchard et Pierre-Marc Johnson. En effet, le nouveau programme du PQ se concentre exclusivement sur le projet séparatiste et, comme le journaliste Michel Vastel l'a souligné dans L'Actualité, il est "est en particulier muet sur la gouvernance de la province de Québec". André Boisclair et les autres porte-paroles du PQ affirment soit que la souveraineté va régler tous les problèmes, soit que rien ne peut être réglé tant que la souveraineté n'est pas faite.

Le ministre fédéral des Affaires étrangères Pierre Pettigrew a manqué de jugement lorsqu'il a traité les ex-chefs du Parti Québécois de "losers" et les excuses qu'il a faites dans la Chambre des Communes n'étaient pas vraiment convaincantes, alors qu'il tentait de démontrer son "plus haut respect " pour ceux qu'il avait désignés comme "losers". Cependant, au milieu de cette controverse Pettigrew a réussi à faire ressortir un fait intéressant: ni Johnson ni Bouchard n'étaient dans la salle lorsqu'André Boisclair a été couronné chef du Parti Québécois et ils ont été hués par la foule des militants lorsque leurs photos ont été montrées durant la soirée. La rupture entre les deux ex-chefs et le PQ est réelle, et Johnson vient maintenant de formaliser sa rupture avec le PQ.


Publié par Laurent à novembre 26, 2005 10:22 PM
Commentaires

P-M Jonhson avait déclaré dans une conférence privée devant des étudiants (où j'étais) en 1997 qu'il n'était plus certains qu'il était juste d'imposer à un individu une décision collective comme celle d'un référendum... Honnêtement, le "revirement" de Monsieur Jonhson ne surprend guère dans les rangs souverainistes.

Écrit par: Raphaël à novembre 27, 2005 04:16 PM

I have to agree with Bouchard et al. As long as Ottawa maintains an inflow of cash such that the faint-hearted separatists dare not snip the umbilical cord, Non will carry the day. To achieve independence, Quebec must be independent.

My thesis is that Quebec must take the economically courageous step of rejecting Ottawa's largesse. To do otherwise telegraphs that independence in the truest sense of the word is not is what is desired. The rest of Canada has grown very tired of this game of brinkmanship, and its potency is waning.

This coming election is a watershed event. This point should not be missed by the people of Quebec. There are serious problems arising in the west, which will have a far greater impact on central Canada if not attended.

I believe the Quebec sovereignity movement will have lost credibility in federal Canada unless a very clear message is delivered to Ottawa in this election: we neither need nor want your handouts, we can go it alone.

Écrit par: Shaken à novembre 29, 2005 10:18 PM

J'ai toujours été souverrainiste mais je suis d'accord avec PM Johnson.

Il est effectivement injuste d'imposer une décision collective à un individu.

Comme il est injuste d'imposer un monopole gouvernemental sur un territoire particulier.

Comme il est injuste d'imposer les billets de banques intrinsèquement sans valeurs comme monnaie d'échange, et de voler le peuple avec les intérêts sur la dette imaginaire.

Le Québec souverrain va basculer dans le socialisme tellement vite qu'on saura même pas ce qui va s'être passé.

Et admettons qu'autrement le Québec devienne une terre de liberté et de prospérité, est-il juste de renier ce droit fondamental d'être libre et responsable de sa propre vie aux habitants des autres provinces, ou des autres pays?

Est-il juste de dire que les terres sur lesquelles nous vivons font partie du Canada, parce que des bureaucrates colonialistes britanniques en ont décidé ainsi il y a plus 300 ans?

Est-il juste d'ignorer le Statut de Westminster qui donnait à chacune leur indépendance aux colonies canadiennes en 1931 ? Le gouvernement fédéral actuel n'est que la continuité du gouvernement impérial, il n'a aucune légitimité de gouverner, et encore moins de taxer.

Liberté pour tous, tyrannie pour aucuns devrait être le mot d'ordre.

Écrit par: Chill Bill à novembre 30, 2005 01:25 PM

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