novembre 03, 2005

Lucien Bouchard: mieux vaut tard que jamais

Many commenters have blamed Lucien Bouchard for having failed to do while Premier what he now preaches in his manifesto For a clear-eyed vision of Québec. For example, Xavier wrote in a comment to this post: "how come Bouchard and Facal are getting preoccupied by the demographic decline now [...] whereas they weren't while they were leading the government?" Xavier further develops this line of thought on his blog while La sphère des idées J.H. suggests that Lucien Bouchard is an hypocrite because "he has just proposed solutions to bring Québec into the 21st century while he had every opportunity to do so as Premier." Lysiane Gagnon develops this theme in a column published in La Presse and says that with this manifesto Bouchard took action five years too late.

For example, in his manifesto Bouchard argues that there should be a move away from income taxes and towards consumption taxes and that universities should get more financing through an end to tuition freeze, but he did not lift a finger to make it happen while he was Premier of Québec. Whereas Lucien Bouchard now says that we should increase Hydro-Québec's electricity fees in order to pay down the provincial debt, we must remember that it was Bouchard's government which decreed a five-year freeze on electricity fees in 1998!

It is true that Lucien Bouchard achieved what has been nicknamed "zero deficit", which means that the provincial government's current spending has stopped being larger than its revenues. However, capital spending has been excluded from the zero deficit calculations and the provincial debt has continued to increase; it increased by $13.8 billion in the six fiscal years from 1998 to 2004. As I pointed out last year, in 1996 Lucien Bouchard had set his sights on an ambitious goal: Québec's debt would stop growing and would start to be paid down or, in Bouchard's words, "the hole at the bottom of our pocket will have completely ceased to grow and we will be able to begin closing it." But by 1998 it had become obvious that Bouchard was satisfied with having balanced the government's current spending with its revenues and that he would go no further.

Lucien Bouchard's manifesto is lamenting the demographic decline of Québec, but his government abolished the only program of the second half of the 20th century which has been proved to have had a positive impact on fertility in Québec: the Allowance for Newborn Children, a natalist program introduced by Robert Bourassa's government in 1988. Indeed, in an article recently published in The Review of Economics and Statistics, economics professor Kevin Milligan found "a strong effect of the policy on fertility." The same author shows in a 2004 working paper that, after controlling for various factors, "the fertility of those eligible for the new program is estimated to have increased by 12 per cent on average, and by 25 per cent for those eligible for the maximum benefit." (All citizens and permanent residents of Québec were eligible for the program. Families who already had two or more children received the maximum benefit for each additional birth.)

So, Lucien Bouchard's critics have a point: until very recently he was more part of the problem than of the solution. But he should nevertheless get credit for having at last woken up to the gravity of the problems faced by Québec. As the proverb goes: better late than never.

Plusieurs commentateurs ont blâmé Lucien Bouchard de n'avoir pas fait lorsqu'il était Premier ministre ce qu'il prêche maintenant dans son manifeste Pour un Québec lucide. Par exemple, Xavier a commenté ce billet en écrivant: "comment se fait-il que Bouchard et Facal se préoccupent maintenant du déclin démographique [...] et non pas quand ils ont été au sommet du gouvernement?" Xavier développe cette ligne de pensée sur son blog alors que La sphère des idées J.H. suggère que Lucien Bouchard est un hypocrite parce que "il vient nous proposer des solutions pour faire entrer le Québec dans le 21e siècle, alors qu'il avait tout le loisir de le faire en tant que premier ministre." Lysiane Gagnon développe ce thème dans une chronique publiée dans La Presse et dit qu'avec ce manifeste Bouchard a agi cinq ans trop tard.

Par exemple, dans son manifeste Bouchard affirme qu'on devrait en partie remplacer les impôts sur le revenu par des taxes sur la consommation et que les universités devraient recevoir plus de financement via un dégel des frais de scolarité, mais il n'a pas levé le petit doigt pour qu'il en soit ainsi alors qu'il était Premier ministre du Québec. Alors que Lucien Bouchard dit maintenant qu'il faudrait augmenter les tarifs d'électricité d'Hydro-Québec afin de rembourser la dette provinciale, il faut se rappeler que c'est le gouvernement Bouchard qui a décrété un gel de cinq ans des tarifs d'électricité en 1998!

Il est vrai que Lucien Bouchard a accompli ce qu'on appelle "le déficit zéro", ce qui signifie que les dépenses courantes du gouvernement provincial ont cessé de dépasser ses recettes. Cependant, les dépenses en capital ont été exclues du calcul du déficit zéro et la dette provinciale a continué à augmenter; elle a augmenté de 13,8 milliards dans les six années fiscales allant de 1998 à 2004. Comme je l'ai souligné l'année dernière, en 1996 Lucien Bouchard s'était fixé un objectif ambitieux: la dette du Québec cesserait de croître et commencerait à être remboursée ou, dans les mots de Bouchard, "le trou au fond de notre poche aura complètement cessé de grandir et on pourra commencer à la refermer." Mais dès 1998 il était devenu évident que Bouchard était satisfait de l'équilibre entre les dépenses courantes du gouvernement et ses recettes et qu'il n'irait pas plus loin.

Le manifeste de Lucien Bouchard déplore le déclin démographique du Québec, mais son gouvernement a aboli le seul programme de la seconde moitié du 20e siècle dont l'impact positif sur la fécondité au Québec a été prouvé: l'allocation à la naissance, un programme nataliste instauré par le gouvernement de Robert Bourassa en 1988. En effet, dans un article récemment publié dans The Review of Economics and Statistics, le professeur de science économique Kevin Milligan a trouvé "un effet important de la politique sur la fécondité." Le même auteur montre dans un document de travail de 2004 que, après avoir tenu compte de divers facteurs, "on estime que la fécondité de celles éligibles au nouveau programme a augmenté en moyenne de 12%, et de 25% pour celles éligibles au montant maximal." (Tous les citoyens et résidents permanents du Québec étaient éligibles au programme. Les familles qui avaient déjà deux enfants ou plus recevaient le montant maximal pour chaque enfant additionnel.)

Donc, les critiques de Lucien Bouchard marquent un point: jusqu'à tout récemment il faisait plus partie du problème que de la solution. Mais on doit néanmoins lui donner le crédit d'avoir enfin réalisé l'ampleur des problèmes auxquels le Québec fait face. Comme le dit le proverbe: mieux vaut tard que jamais.


Publié par Laurent à novembre 3, 2005 10:51 AM
Commentaires

Laurent:
Merci pour le lein mais surtout pour votre analyse. certes que vaut mieux tard mais ce qui m'ulcère toujours que tant Bouchard et Facal auraient pu faire davantage. Pa exemple, ils auraont pu impulser l'administration publique éléctronique, diminuier la TVQ etc, ect. Donc, la question je me pose pourquoi avait-il eu tant d'immobilsme jadis?

xavier

Écrit par: xavier à novembre 3, 2005 12:00 PM

Yes, better late than never, but Lucien Bouchard isn't just five years too late. He also did his very worst to accentuate the negative effects of Brian Mulroney's overtaxing, oversubsidizing, and values-destroying federal government from 1984 to 1993. BTW, what ever happened to his American wife -- you know, the one that the PQ was supposedly paying to remain with him and preserve the appearance of a marriage? Did she go back to California or what?

Écrit par: CJ à novembre 6, 2005 02:13 AM

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