As it could be expected, the manifesto For a clear-eyed vision of Québec left no one indifferent. As Claude Picher put it in La Presse Affaires, the Québec Left "has inundated the authors of the manifesto with anathema and personal injuries". In an open letter published in La Presse, Lucien Bouchard denounced "the wolf pack who attacked the authors and the opportunity rather than the content of the manifesto".
In an op-ed published in La Voix de l'Est, Jean-Guy Dubuc a summarized the opposition to the manifesto:
Labor union people are against the manifesto because it chides them for their social immobilism; students because of an eventual end to tuition freeze; progressives because they see there a neo-liberal blueprint; independentists because they find there ideas from Charest, Dumont or other enemies; short-sighted consumers fear an increase in the costs of electricity [...] In short, the Left denounces this manifesto as "neoconservative", "neoliberal" and "right-wing". It is true that the publication of this manifesto has generally received a warm welcome in centrist and right-wing circles. The only exception, which is nowhere to be found on the radar screen of the media, is a criticism of the manifesto from the Right which can be found on the Québécois Libre's blog. The columnist André Dorais claims that the manifesto "is founded on an interventionist ideology no one dares to question". The Québécois Libre's director Martin Masse chides the manifesto for being sometimes "clearly statist". He deplores that the manifesto does not call for a scaling back of the scope and size of the State, a decrease of the fiscal and regulatory burden of Quebecers and lower government spending. As Alain Dubuc points out in an op-ed for La Presse, this manifesto is inscribed in "a center-right trend, close to the ones of the Mulroney government in Ottawa or the Bouchard government in Québec City, a fiscal conservatism that does not question the legitimacy of the State." Alain Dubuc, as opposed to the Québécois Libre's columnists, sees in this a positive element. Lucien Bouchard underscored that he never suggested that we should "dismantle our social safety net" and that his manifesto rather seeks to get Quebecers to tackle "the mounting threat to the capability of the State to assume its essential missions in education, health care, social protection and culture". The last word will be left to Daniel Lapointe, executive director of the Canadian Institute of Actuaries: In their capacity as specialists of the calculations required to ensure the long-term viability of benefits and services programs, actuaries are preoccupied by the consequences of the aging of the population, particularly on health care programs and on public pension plans. We must cease to set aside some kinds of solutions for ideological reasons. The political elite must cease to block through short-term calculations, as was in turn done by Liberals and Péquistes, promising projects which would have a positive impact in the long term. | On pouvait s'en douter, le manifeste Pour un Québec lucide n'a laissé personne indifférent. Comme le rapporte Claude Picher dans La Presse Affaires, la gauche québécoise "a inondé d'anathèmes et d'injures personnelles les auteurs du manifeste". Dans une lettre ouverte publiée dans La Presse, Lucien Bouchard a dénoncé "la meute des vociférateurs qui s'en sont pris à la personne des auteurs et à l'opportunité plutôt qu'au contenu du manifeste".
Dans un éditorial publié dans la Voix de l'Est, Jean-Guy Dubuc a résumé l'opposition au manifeste:
Les syndicalistes sont contre le manifeste parce qu'il leur reproche leur immobilisme social; les étudiants à cause d'un éventuel dégel des droits de scolarité; les progressistes parce qu'ils y voient une démarche néo-libérale; les indépendantistes parce qu'ils y trouvent des idées de Charest, de Dumont ou d'autres ennemis; les consommateurs à courte vue ont peur de l'augmentation des coûts de l'électricité [...] Bref, la gauche dénonce ce manifeste comme étant "néoconservateur", "néolibéral" et "de droite". Il est vrai que la publication de ce manifeste a généralement été bien accueillie dans les milieux centristes et de droite. La seule exception, qui ne se trouve pas sur l'écran radar des médias, est une critique du manifeste par la droite qu'on trouve sur le Blogue du Québécois Libre. Le chroniqueur André Dorais affirme que le manifeste "repose sur une idéologie interventionniste qu'on n'ose pas remettre en question". Le directeur du Québécois Libre Martin Masse reproche au manifeste d'être par endroits "clairement étatiste". Il déplore que le manifeste n'appelle pas à la réduction du rôle et de la taille de l'État, à la diminution du fardeau fiscal et réglementaire des Québécois et à une baisse des dépenses gouvernementales. Comme le fait remarquer Alain Dubuc dans un éditorial de La Presse, ce manifeste s'inscrit dans "un courant de centre-droite, proche de celui des gouvernements Mulroney, à Ottawa, ou Bouchard, à Québec, un conservatisme fiscal qui ne remet pas en cause la légitimité de l'État." Alain Dubuc, contrairement aux chroniqueurs du Québécois Libre, y voit là un élément positif. Lucien Bouchard a souligné qu'il n'a jamais suggéré de "démanteler notre filet de sécurité sociale" et que son manifeste vise plutôt à amener les Québécois à faire face à "la menace qui pèse sur la capacité de l'État d'assumer ses missions essentielles en éducation, santé, protection sociale et culture". Le dernier mot revient à Daniel Lapointe, directeur général de l'Institut canadien des actuaires: À titre de spécialistes des calculs requis pour assurer la viabilité à long terme des programmes de prestations de services, les actuaires sont préoccupés par les conséquences du vieillissement de la population, notamment sur les régimes de soins de santé et les régimes publics de retraite. Nous devons cesser d'écarter certaines pistes de solution pour des raisons idéologiques. L'élite politique doit cesser de bloquer par calcul à court terme, comme l'ont d'ailleurs fait successivement libéraux et péquistes, des projets prometteurs qui auraient des retombées positives à long terme. |