septembre 24, 2005

Louis Bernard et la souveraineté

Louis Bernard is currently one of the candidates to the leadership of the Parti Québécois. He has also been chief of staff to Premier René Lévesque and secretary general of the Executive Council under the Lévesque and Parizeau governments.

In 1990, in the wake of the failure of Meech Lake Accord, sovereignist sentiment reached its peak and the Bourassa government formed a Commission on the Political and Constitutional Future of Quebec, better known under the name of the Bélanger-Campeau Commission. I uncovered a transcript of Louis Bernard's testimony in front of this commission and I find it interesting that Louis Bernard understands the importance for Québec of Canada's continued existence as a political entity distinct from the United States:

[T]he proximity of the United States means that it is in Quebec's long-term interests that English Canada remain a distinct political entity. I do not think it is a good idea for us to be brash or reckless, for our neighbour to the south is a formidable giant with a population 40 times ours. If all of Canada fell apart, and the other provinces joined the United States, we would be completely isolated. We would find ourselves surrounded on all sides by an economic, cultural and social ocean which, with time, could easily overwhelm us. We have only to think of the pressure the American reality already exerts on us to have an idea of the pressure should we lose Canada as a buffer.

I am not saying that this prospect should prevent us from taking our own road. I am simply saying that, as far as possible, we must favour the continuation of English Canada as a distinct political entity so that our distinct character may be backed up by that of our Canadian neighbours. Against the power of the United States, two distinct and, if possible, allied societies are better than one. We must not forget that we will have to live with the future for a long time so we have to do our best to evaluate the very long-term consequences of the actions we take today.

Sovereignist leaders are often reluctant to talk about the details of the transition which would turn the province of Québec into a sovereign country. Nevertheless, this transition, if it is botched, could have catastrophic consequences for Québec. This is why it is refreshing to see that Louis Bernard has published a text dealing with the details of this transition. This text is also a detailed rebuttal of the plan according to which an unilateral declaration of independence should immediately flow from a YES victory in a referendum on sovereignty.

Louis Bernard est présentement un des candidats à la chefferie du Parti Québécois. Il a aussi été chef de cabinet du premier ministre René Lévesque et sécrétaire général du Conseil exécutif sous les gouvernements Lévesque et Parizeau.

En 1990, dans la foulée de l'échec de l'Accord du Lac Meech, le sentiment souverainiste atteint son sommet et le gouvernement Bourassa créé une Commission sur l'avenir politique et constitutionnel du Québec, mieux connue sous le nom de Commission Bélanger-Campeau. J'ai déniché une transcription du témoignage de Louis Bernard devant cette commission et je trouve intéressant que Louis Bernard saisisse l'importance pour le Québec de l'existence continue du Canada comme entité politique distincte des États-Unis:

[E]n raison du voisinage des États-Unis, il est dans l'intérêt à long terme du Québec que le Canada anglais persiste comme entité politique distincte. Je ne voudrais pas qu'on soit présomptueux ou téméraires parce que nous avons comme voisins, au sud, un géant formidable qui est 40 fois plus nombreux que nous. S'il fallait que tout le Canada se désintègre, et que les autres provinces se joignent aux États-Unis, nous serions complètement isolés. Et nous nous trouverions entourés de toutes parts par une mer économique, culturelle et sociale qui risquerait, avec le temps, de nous submerger. Il suffit de penser à la pression actuelle qu'exerce déjà sur nous la réalité américaine pour s'imaginer quelle pourrait être cette pression si nous perdions le tampon canadien.

Je ne prétends pas que cette perspective soit telle qu'elle doive nous empêcher de suivre notre propre chemin. Je dis simplement que, dans toute la mesure du possible, nous devons favoriser la continuation du Canada anglais comme entité politique distincte afin de pouvoir appuyer notre caractère distinct sur celui de nos voisins canadiens. Face à la puissance américaine, deux sociétés distinctes, si possible alliées, valent mieux qu'une. Il ne faudrait pas oublier que l'avenir, ça dure longtemps, et il faut évaluer de notre mieux quelles sont les conséquences à très long terme des gestes que nous posons aujourd'hui.

Les chefs souverainistes sont souvent réticents à parler des détails de la transition qui ferait passer le Québec du statut de province à celui de pays souverain. Pourtant, cette transition, si elle est bâclée, pourrait avoir des effets catastrophiques sur le Québec. C'est pourquoi il est rafraîchissant de voir que Louis Bernard a publié un texte sur les détails de cette transition. Ce texte constitute aussi une réfutation détaillée du plan selon lequel une déclaration unilatérale d'indépendance devrait immédiatement suivre une victoire du OUI à un référendum sur la souveraineté.


Publié par Laurent à septembre 24, 2005 12:46 PM
Commentaires

This is fascinating, and a different perspective from any I've heard before. It makes sense, though.

I really enjoy reading your blog. Thanks!

Jenn

Écrit par: Jenn à septembre 24, 2005 01:35 PM

Louis Bernard est vraiment un personnage extremement interessant dans la presente course a la chefferie du PQ. Il est dommage qu'il ne puisse recevoir toute l'attention qu'il merite.

Écrit par: f-x à octobre 8, 2005 10:53 AM

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