| In an editorial, the Toronto Star seems to be disappointed that Michaëlle Jean declared that she is "equally proud" of her attachment to Québec and to Canada. Others have seen these words with suspicion, almost viewing in these words a crypto-separatist message, as if the only acceptable answer from Michaëlle Jean would have to been to say she is attached to Canada and nothing else.
The great majority of Quebecers, starting with federalists, would no doubt be surprised by these reactions. If we look at this April 2005 Léger Marketing poll, we see that most federalists consider themselves as much Quebecois as Canadian. Indeed, according to this poll, 19 percent of Quebecers say they consider themselves Quebecois only, 32 percent consider themselves more Quebecois than Canadian, 35 percent consider themselves as much Quebecois as Canadian, 7 percent consider themselves more Canadian than Quebecois and 6 percent consider themselves Canadian only. This poll was conducted in the wake of the revelations of Jean Brault et al. to the Gomery Commission and it could be believed that Quebecers then felt less Canadian than they usually did. But a CRIC poll conducted in October 1998 produced similar results: 17 percent of French-speaking Quebecers defined themselves as uniquely Quebecois, 40 percent as Quebecer first and then Canadian, 24 percent as equally Canadian and Quebecer, 12 percent as Canadian first and then Quebecer and 6 percent as uniquely Canadian. Federalist top guns from Québec would be just as much surprised by the reactions outlined at the beginning of this post. A popular slogan among Québec federalists is to say that "Canada is my country, Quebec is my homeland". Former Québec Premier Jean Lesage said it during the 1980 referendum campaign and the Prime Minister of Canada Jean Chrétien repeated it during his speech at the Verdun Auditorium on October 24, 1995, six days before the 1995 referendum. In the same vein, Stéphane Dion, then President of the Privy Council and federal Minister of Intergovernmental Affairs, wrote in 1997 an open letter to Québec Deputy Premier Bernard Landry in which he wrote: Mr. Deputy Premier, you think that being a Canadian prevents you from fully being a Quebecer. I think that being both a Quebecer and a Canadian is one of the most fortunate things that life has given me. You want to choose between Quebec and Canada and to force me to choose, although I have no wish to do so. In 1999, Stéphane Dion again explained in detail that the strategy of the sovereignists does not consist of convincing the people of Québec to be proud of being Quebecois (they are already proud of that) but rather of pushing them to choose between Québec and Canada and to ultimately renounce to Canada. Canada is a country that is so vast, having on her territory so many different variations and combinations with respect to geography, climate, history, ethnicity, religion and language, that it is illusory to believe that Canadians can identify with Canada only and with nothing else, like a kind of deracinated being without any attachment to a more local and concrete level. According to the 2003 General Social Survey, there is in every single province a large majority of inhabitants with a strong sense of belonging to Canada (including Quebecers), to their province and to their local community. And this is perfectly normal. | Dans un éditorial, le Toronto Star semble deçu que Michaëlle Jean ait déclaré qu'elle est "également fière" de son attachement au Québec et au Canada. D'autres ont vu ces mots avec suspicion, y voyant presque un message crypto-séparatiste, comme si la seule réponse acceptable de Michaëlle Jean aurait été de se dire attachée au Canada et à rien d'autre.
La grande majorité des Québécois, à commencer par les fédéralistes, seraient sans doute surpris par ces réactions. Si on regarde ce sondage Léger Marketing d'avril 2005, on voit que la plupart des fédéralistes se sentent autant Québécois que Canadien. En effet, selon ce sondage, 19% des Québécois disent se sentir uniquement Québécois, 32% se sentent plus Québécois que Canadien, 35% se sentent autant Québécois que Canadien, 7% se sentent plus Canadien que Québécois et 6% se sentent uniquement Canadien. Ce sondage a été réalisé dans la foulée des révélations de Jean Brault et cie à la Commission Gomery et on pourrait croire que les Québécois se sentaient alors moins Canadiens qu'à l'habitude. Mais un sondage CRIC effectué en octobre 1998 a produit des résultats similaires: 17% des Québécois francophones se définissaient uniquement comme Québécois, 40% d'abord comme Québécois puis comme Canadien, 24% également Canadien et Québécois, 12% d'abord comme Canadien puis comme Québécois et 6% uniquement comme Canadien. Les ténors fédéralistes du Québec seraient tout aussi surpris des réactions présentées au début de ce billet. Un slogan populaire parmi les fédéralistes québécois est de dire que "le Canada c'est mon pays, le Québec c'est ma patrie". L'ex-premier ministre du Québec Jean Lesage l'a dit lors de la campagne référendaire de 1980 et le premier ministre du Canada Jean Chrétien l'a répété lors de son discours à l'auditorium de Verdun le 24 octobre 1995, six jours avant le référendum de 1995. De même, Stéphane Dion, alors président du Conseil privé et ministre fédéral des Affaires intergouvernementales, a écrit en 1997 une lettre ouverte au Vice-Premier ministre du Québec Bernard Landry dans laquelle il a écrit: Monsieur le Vice-Premier ministre, vous pensez qu’être Canadien vous empêche d’être pleinement Québécois. Je pense qu’être à la fois Québécois et Canadien compte parmi les plus belles chances que la vie m’ait données. Vous voulez choisir entre le Québec et le Canada et m’obliger à choisir alors que je n’en ai aucune envie. En 1999, Stéphane Dion a de nouveau expliqué en détails que la stratégie des souverainistes n'est pas de convaincre les gens du Québec d'être fiers d'être Québécois (ils en sont déjà fiers) mais plutôt de les amener à choisir entre le Québec et le Canada et ultimement à renoncer au Canada. Le Canada est un pays si vaste, comptant sur son territoire tant de variations et combinaisons différentes sur les plans géographiques, climatiques, historiques, ethniques, religieux et linguistiques, que c'est une illusion de croire que les Canadiens puissent ne s'identifier qu'au Canada et à rien d'autre, comme une sorte d'être déraciné sans aucune attache à un niveau plus local et concret. Selon l'Enquête sociale générale de 2003, on observe dans chacune des provinces qu'une grande majorité des habitants ont un fort sentiment d'appartenance envers le Canada (incluant les Québécois), envers leur province et envers leur communauté locale. Et c'est parfaitement normal. |
Pour ma part, j'ai bien de la difficulté avec la notion de «sentiment d'appartenance» dans les sondages. Je suis un souverainiste et je répondrais oui dans un sondage à la question suivante : « Avez vous un sentiment d'appartenance au Canada ». Pourquoi ? Car dans les faits, malgré moi, je suis Canadien. Sauf que lorsque je vais à l'extérieur du Québec, je ne suis plus chez moi. Voilà la nuance. On a beau me faire croire que le Canada c'est le Québec, mais si je vais en Alberta, je suis quoi si je ne suis pas chez moi ?
Enfin, ce n'est peut-être pas très clair, mais je dois faire vite.
Écrit par: Éric à août 20, 2005 12:51 PMEt pourquoi est-ce que je ne pourrais pas être ni Québécois ni Canadien?
Ces 2 conceptions mentales ne font que créér des divions entre nous, et on ne fait que jouer dans le jeu du gouvernement en choisissant notre préféré.
Tout ce qu'il faut c'est de réaliser qu'il n'y a pas de citoyens, pas de villes, pas d'États, pas de Nations.
C'est juste dans vos têtes.
Il y a juste des gens qui essaient de vivre en paix et d'échanger leur travail, et d'autres qui prennent les armes pour profiter du travail des autres sans jamais produire de richesse (les bureaucrates).
Je vis ici et je ne suis pas obligé d'accepter vos conceptions mentales pour ce faire. Et je n'ai pas à payer pour votre système stupide, lent et dépassé.
Si ca vous intéresse lisez There is no State par Mark Stevens
Écrit par: Chill Bill à août 20, 2005 02:45 PM"Tout ce qu'il faut c'est de réaliser qu'il n'y a pas de citoyens, pas de villes, pas d'États, pas de Nations. C'est juste dans vos têtes."
Ah bon. Dans ce cas, on ne doit pas habiter la même planète. Au fait, comment est la vie sur Mars?
Éric, je suis tout à fait d'accord avec toi. Je suis moi aussi souverainiste, mais si on me pose la question dans un sondage, je répondrai que j'ai aussi une appartenance au Canada, tout simplement parce que j'ai été élevé dans un pays qui s'appelle ainsi et que mon passeport me dit que je suis citoyen canadien.
De plus, j'ai toujours eu l'habitude d'appuyer Team Canada lors des compétitions internationales de hockey...
Mais moi aussi, dès que je mets le pied de l'autre côté de la frontière québécoise et que je commence à parler aux gens, j'ai l'impression d'être dans un autre pays. Et quand je me mets à débattre de politique, alors là j'ai souvent l'impression d'être sur une autre planète. Un peu comme M. Chill Bill ici...
Rien qu'un exemple : la seule personne que j'ai rencontrée en personne et avec qui j'ai pu parler et qui était en faveur de la guerre en Irak, c'était à un Albertain à Toronto. C'est tout un choc la première fois, croyez-moi. Et pourtant, j'ai habité pendant 2 mois à Washington DC cet été et je n'y ai pas rencontré un seul partisan de la guerre en Irak. Mais bon, j'admets que cet exemple n'est pas représentatif...
Encore toi, Patrick? Quand est-ce que tu trouves le temps de dormir?
Pourquoi se fait-il que la majorité des indépendantistes se disent "souvrainiste", mot vague, ambigu et mensonger. Est-ce qu'ils ont peur du nom "indépendance" et de son adjectif personnel, "indépendantiste"?
Ceci étant, moi, je ne suis pas indépendantiste mais je songe au jour où on verra un Team Québec aux compétitions internationales de hockey. Ma logique est ainsi: L'Angleterre, l'Écosse, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord ne sont pas des pays indépendants. Mais lors des compétitions internationales de soccer, chaqu'un d'entre eux a son propre équipe de foot. Ce n'est que trop juste d'appliquer cet arrangement au cas du Québec.
À qui doit-on faire appel?
Écrit par: Ferg à août 21, 2005 11:20 AMAh bon. Dans ce cas, on ne doit pas habiter la même planète. Au fait, comment est la vie sur Mars?
Je suis pas sur Mars.. Je reste sur une Ile qu'on a baptisé Montréal, et non dans la "Ville de Montréal" qui est en fait une entité légale fictive. La preuve, la "Ville de Montréal" comprend maintenant les territoires auparavants baptisés "Verdun, Lasalle, Lachine". Qu'est-il arrivé aux corporations "Ville de Verdun", "Ville de Lasalle" et "Ville de Lachine"??
Légalement, fictivement, d'un coup de plume, on les a fait disparaitre. Est-ce que je suis en train de parler de terre, d'arbres, de maisons? Est-ce qu'on peut faire disparaitre ça seulement par un coup de plume ou il faut faire un peu plus?
Les villes, les pays et les nations ne sont pas des développement naturels. Ce sont des conceptions mentales. Des mots sur un bout de papier, que personne n'a jugé bon de nous faire signer de toute façon (la constitution par exemple), mais qui magiquement nous entraine tous dans ses délires, qu'on le veule ou non.
Je dis pas ça pour faire chier qui que ce soit d'autre que des bureaucrates, qui se retrouvent dans la position fragile de défendre ce qui n'est en fait qu'une conception mentale. Par cette manipulation, les politiciens se donnent le droit de prétendre nous représenter, de tout controler entre les frontières qu'ils ont défini, de nous taxer pour redonner des contrats à leurs chums, et aussi de nous diviser selon des lignes idéologiques.
Les taxes sont du vol à main armé. Même si on a des services (à chier) pour compenser, aucun service ne devrait être fourni par la force, n'êtes-vous pas d'accord?
Je crois aussi qu'il n'y a aucune volonté à la fois de la part des québécois et des canadien de partager leur culture.
Je ne crois pas que dans un pays qui se respecte, que les gens ne peuvent pas communiquer entre eux. La réalité est que la plupart des canadiens ne parlent pas francais et la plupart des québécois ne parle pas anglais. Rien me laisse présager que ça va changer, surtout pas les belles paroles des politiciens qui ne livrent pas la marchandise.
Les deux peuples ne veulent pas partager leur culture, sauf pour quelques érudits des grandes villes. Je vous mets au défi de dresser une liste de ce que nous partageons sur le plan culturel...
Je ne trouve pas que ce sont des conceptions mentales de constater que si les gens quittent le québec ne peuvent plus communiquer, n'ont pas la même vison politique pour le pays, ne peuvent pas s'identifier à un même symbole...
Comme les statistiques sont de mise ici, je suis certain que si on réalisait différents sondages sur les orientations politiques du pays, sur différentes fenêtres d'est en ouest, et que l'on traçait une ligne où la tendance change sur la carte, on se trouverait à tracer les frontières du Québec. Ça serait la preuve par l'absurde !
En réponse à Ferg : Je suis d'accord avec toi, si le québec pouvait représenter sa culture sur la scène internationale, comme dans les compétitions sportives, le Canada aurait eu une chance de fonctionner.
En passant, bien que indépendantiste, je lis ce blogue quotidiennement et le trouve très intéressant.
Eric
Écrit par: Éric à août 21, 2005 01:00 PMEst-ce que ça te sert dans la vie de tous les jours de t'identifier à un symbole plus qu'un autre?
Est-ce que la fierté nationale est un bon argument pour justifier la coercition utilisée pour nous forcer à payer ce système politique pourri?
Je n'ai pas une culture Québécoise ni Canadienne. J'ai la culture de Chill Bill, et je n'ai aucunement l'intention de forcer qui que ce soit à y adhérer.
Je n'ai pas l'intention de soutirer de l'argent à mes voisins pour promouvoir cette culture.
Tout le monde peut avoir les orientations politiques ou cultures qu'ils veulent, tant que je ne suis pas forcé à payer pour. Ça semble raisonnable ça?
Écrit par: Chill Bill à août 21, 2005 01:36 PM