août 18, 2005

Les gens changent d'idée

Now that Michaëlle Jean proclaimed her commitment to Canada, we could think that the controversy surrounding her political orientations is over. This is indeed largely the case. However, some people still want to know how she voted during the 1995 referendum, as if, supposing that she voted YES, this should disqualify her. We saw the same mindset at work when some people denounced the fact that Canada's flag-bearer for the Athens 2004 Olympics Games, Nicolas Gill, had voted YES in 1995.

In 1837, the Parti Patriote conducted against the British colonial government a vast campaign of civil disobedience which eventually became an armed rebellion. According to the mindset presented in the preceding paragraph, the Patriotes leaders and their sympathizers should have been thereafter systematically excluded from the colony's government and legislature. However, this is not what happened. For example, Louis-Hippolyte Lafontaine was one of the main lieutenants of Louis-Joseph Papineau, the Patriote leader. Even though he disagreed with the Patriotes taking up arms in November 1837, he was the unofficial representative of the Patriotes to Governor Gosford in the end of 1837 and to the British government in London in 1838. After his return to Lower Canada, Lafontaine was imprisoned during five weeks for his links with the Patriotes. Nevertheless, it was the same Louis-Hippolyte Lafontaine who, with Robert Baldwin, became ten years later the first to lead a Canadian government responsible towards the lower House of the legislature. Today, we celebrate Lafontaine and Baldwin not only for having obtained responsible government for Canada but also for having enhanced relations between English and French Canadians. Historian W. L. Morton has described Lafontaine's decision to enter into an alliance with Baldwin as "one of the most crucial in Canadian history" because:

[Lafontaine]might have led the French members in a boycott of the Union; he might have led them in a permanent opposition bloc in the House. His decision to work with the English Reformers saved Canada from the fate of Gratton's Ireland and Gandhi's India, and made a plural and liberal society possible in British North America.

But it must be underscored that Baldwin's decision to enter into an alliance with Lafontaine and the British authorities' decision not to ostracize Lafontaine have been just as much crucial.

Étienne-Paschal Taché was a Patriote sympathizer who organized during the summer of 1837 a great Patriote assembly near Québec City and who gave refuge to a fleeing Patriote leader after the start of the insurgency. However, Étienne-Paschal Taché became during the 1850s Premier of the Province of United Canada and was Premier again from 1864 to 1865 during the legislative debates on the Confederation of Canada. In fact, Étienne-Paschal Taché is one of the Fathers of Confederation. Another Father of Confederation, even more famous than Lafontaine and Taché, is George-Étienne Cartier. Premier of the Province of United Canada from 1858 to 1862, he joins forces with John A. MacDonald and George Brown to form the Great Coalition which will mastermind the Confederation of Canada. But not only did Cartier support the Patriotes in 1837, he even took up arms against the British Crown: it was George-Étienne Cartier who led Patriotes reinforcements at the Battle of St. Denis on November 23, 1837. Lafontaine, Taché and Cartier had been rebels and afterwards became defenders of constitutional monarchy, the British Empire and ultimately of Canadian federalism. When they died, each one bore the title of Sir.

People can change their mind. According to a CRIC poll conducted during the Fall of 2004, 23 percent of Quebecers who voted YES in 1995 have since become less sovereignist. If a former sovereignist is now in favour of Canadian federalism, it would be counter-productive to alienate her by closing every door to her at the federal level and to possibly throw her back in the arms of the sovereignist movement. Jean Charest voted for the Parti Québécois in 1976. This did not prevent him from becoming leader of the federal Progressive Conservative Party and one of the leaders of the NO camp in the 1995 referendum. As is shown by this clip broadcasted by Radio-Canada on June 7, 2004, every federalist political party has to rely on former sovereignists in Québec. When Radio-Canada invited four star candidates to talk about the 2004 federal elections, the representatives of the four parties were either sovereignist (the representative of the Bloc Québécois) or former sovereignists (the Conservative Jean Fortier and the New Democrat Pierre Ducasse, who both voted YES in 1995, and the Liberal Jean Lapierre, who famously "forgot" how he voted in the 1995 referendum)

In short, Canada cannot afford to deprive itself from potential allies on the ground that they would have been for sovereignty in the past or merely too close or too sympathetic to the sovereignist cause. The time for asking people to reveal how they voted in the referendum is over, now is the time to make sure that there will be no next referendum.

Maintenant que Michaëlle Jean a proclamé son attachement au Canada, on pourrait penser que la controverse entourant ses orientations politiques est terminée. C'est en effet largement le cas. Cependant, certains veulent toujours savoir comment elle a voté lors du référendum de 1995, comme si, à supposer qu'elle ait voté OUI, cela devrait la disqualifier. On a vu cette même mentalité à l'oeuvre lorsque certains ont dénoncé le fait que le porte-drapeau du Canada aux Jeux olympiques d'Athènes, Nicolas Gill, ait voté OUI en 1995.

En 1837, le Parti Patriote a mené contre le gouvernement colonial britannique en place une vaste campagne de désobéissance civile qui s'est transformée en rébellion armée. Selon la mentalité présentée au paragraphe précédent, il aurait fallu que les chefs Patriotes et leurs sympathisants soient par la suite systématiquement exclus du gouvernement et de la législature de la colonie. Or ce n'est pas ce qui s'est produit. Par exemple, Louis-Hippolyte Lafontaine était un des principaux lieutenants de Louis-Joseph Papineau, le chef Patriote. Bien qu'il ait été désaccord avec la prise des armes des Patriotes en novembre 1837, il a été le représentant non officiel des Patriotes auprès du gouverneur Gosford à la fin de 1837 et auprès du gouvernement britannique à Londres à 1838. Après son retour au Bas-Canada, Lafontaine a été emprisonné pendant cinq semaines à Montréal pour ses liens avec les Patriotes. Pourtant, c'est le même Louis-Hippolyte Lafontaine qui, avec Robert Baldwin, est devenu dix ans plus tard le premier à diriger un gouvernement canadien responsable devant la Chambre basse de la législature. On célèbre aujourd'hui Lafontaine et Baldwin non seulement pour avoir obtenu le gouvernement responsable pour le Canada mais aussi pour avoir amélioré les relations entre Canadiens anglais et français. L'historien W. L. Morton a décrit la décision de Lafontaine d'accepter une alliance avec Baldwin comme "une décision d'importance capitale pour l'histoire du Canada" parce que:

[Lafontaine] aurait pu entraîner les députés français à boycotter l'Union ; il aurait pu les amener à former un bloc d'opposition permanente au sein de la Chambre. En s'alliant aux réformateurs anglais, il épargna au Canada le sort de l'Irlande de Gratton ou de l'Inde de Gandhi et permit l'établissement en Amérique du Nord britannique d'une société libérale et pluraliste.

Mais il faut souligner que la décision de Baldwin de s'allier avec Lafontaine, et celle des autorités britanniques de ne pas ostraciser Lafontaine, ont été tout aussi capitales.

Étienne-Paschal Taché était un sympathisant Patriote qui a organisé durant l'été 1837 une grande assemblée Patriote près de Québec et a donné refuge à un chef Patriote en fuite après le début de l'insurrection. Cependant, Étienne-Paschal Taché est devenu durant les années 1850 premier ministre du Canada-Uni et l'a été de nouveau de 1864 à 1865 durant les débats législatifs sur la Confédération du Canada. En fait, Étienne-Paschal Taché est un des Pères de la Confédération. Un autre Père de la Confédération, encore plus illustre que Lafontaine et Taché, est George-Étienne Cartier. Premier ministre du Canada-Uni de 1858 à 1862, il forme avec John A. MacDonald et George Brown la Grande Coalition qui réalisera la Confédération du Canada. Or non seulement Cartier appuyait les Patriotes en 1837, mais il a même pris les armes contre la Couronne britannique: c'est George-Étienne Cartier qui a mené les renforts Patriotes à la bataille de Saint-Denis le 23 novembre 1837. Lafontaine, Taché et Cartier avaient été des rebelles et sont ensuite devenus des défenseurs de la monarchie constitutionnelle, de l'Empire britannique et ultimement du fédéralisme canadien. À leur mort, chacun d'eux portait le titre de Sir.

Les gens peuvent changer d'idée. Selon un sondage CRIC réalisé durant l'automne 2004, 23% des Québécois qui ont voté OUI en 1995 sont devenus moins souverainistes depuis. Si un ex-souverainiste est maintenant en faveur du fédéralisme canadien, il serait contre-productif de l'aliéner en lui fermant toutes les portes au niveau fédéral et de possiblement le rejeter dans les bras du mouvement souverainiste. Jean Charest a voté pour le Parti Québécois en 1976. Ça ne l'a pas empêché de devenir chef du Parti Progressiste-Conservateur fédéral et un des chefs du camp du NON au référendum de 1995. Comme le montre ce clip diffusé par Radio-Canada le 7 juin 2004, tous les partis politiques fédéralistes doivent compter sur d'anciens souverainistes au Québec. Lorsque Radio-Canada invitait quatre candidats vedettes à discuter des élections fédérales de 2004, les représentants des quatre partis étaient tous soit souverainiste (le représentant du Bloc Québécois) ou des ex-souverainistes (le Conservateur Jean Fortier et le Néo-Démocrate Pierre Ducasse, qui ont tous deux voté OUI en 1995, et le Libéral Jean Lapierre, qui a fameusement "oublié" comment il a voté lors du référendum de 1995)

En bref, le Canada ne peut pas se permettre de se priver d'alliés potentiels sous prétexte qu'ils auraient été souverainistes par le passé ou qu'ils auraient été seulement trop près ou trop sympathiques à la cause souverainiste. Ce n'est plus le temps de demander aux gens de révéler comment ils ont voté au référendum, c'est le temps de s'assurer qu'il n'y ait pas de prochain référendum.


Publié par Laurent à août 18, 2005 10:47 PM
Commentaires

I agree people can change and it is bad economics for the society (as well as hurtful for the individuals) if they are discarded.

In practice, and perhaps in intent, Quebec 30 years ago adopted linguistic policies that discarded about 500,000 anglos. 30 years later and Quebec is just about recovered from the damage it did to itself.

The British approach post 1837 made far more economic sense than their treatment of the Acadians near 100 years earlier, and more sense than Quebec's more gentle but much larger dispersal of its anglos.

I think the underlying cause of these differences in action is the self-confidence the acting society has. A sense of weakness leads to bad actions and their rationalisation with poor excuses.

Wes

Écrit par: Wes Warner à août 19, 2005 09:31 PM

Oui on peut changer d'idée... sauf qu'il faut être soit truant ou ignorant pour continuer a promouvoir l'actuel fédéralisme centralisateur d'Ottawa.

La centralisation des pouvoirs ne se fait jamais dans d'autres intérêts que pour protéger la job des fonctionnaires et donner des contrats aux amis du parti, tels que bien démontré dernièrement.

Pour ce qu'il y est de la GG, il n'y a aucune raison pour laquelle les Canadiens devraint payer 20 millions par année pour son poste, surtout si elle est supposé représenter la reine, pourquoi c'est pas la reine qui paye pour?

Demandez lui quelle sera sa job à Michaelle Jean: "Je suis symbolique"

HEY CA VAUT LA PEINE DE PAYER!!!!

Écrit par: Chill Bill à août 20, 2005 02:34 PM

Personnellement je ne comprends pas ces gens qui s'attardent à l'allégeance de Madame Jean et de son vote en 95.

Sont-ils implicitement entrain d'admettre que leurs élus souverainistes ont unanimement tort et les quelques-unes des lumières du journal "lequébécois" ainsi que le grand démocrate Gilles Réhaume , ont raison?

Les faits et mes constations :

- Les droits démocratiques sont des droits qui s'exercent dans l'anonymat et ne sont d'aucune façon d'intérêt public.

- Il est tout simplement outrant que la ligue monarchique, le gouvernement du Canada la majorité de la population et la Reine elle-même soutiennent Madame Jean et que les extrémistes souverainistes s'inquiètent promptement des institutions fédérales.

- Il n'est d'aucune façon un devoir démocratique de prendre comme cobaye madame Jean, de faire une prospection publique et médiatique dans le passé de madame Jean et de la détruire publiquement dans le cadre d’une campagne de « salissage » dans l’intention, toujours selon « lequébécois », de s’attaquer au PM du Canada.

-Il n'est d'aucune façon un devoir démocratique de faire une inquisition publique sur des droits qui relèvent de la vie privée de madame Jean et qui sont prescrites et protégés dans le cadre des textes constitutionnel et quasi-constitutionnel qui sont les chartes des droits et libertés canadienne et québécoise.

La loi prescrit la bonne foi et celle-ci est présumée, malgré cela elle demeure un devoir pour chacun des citoyens et dans ce cas-ci, considérant les éléments de la présente, je peux par prépondérance déclarer que la bonne foi fut compromise pour laisser place à la malice et la malhonnêteté.

That was my 2 cents

Salutations aux gens honnêtes


Écrit par: Marco à août 22, 2005 02:52 AM

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