| It is well known that birth rates have declined a lot during the latest decades in Québec: the total fertility rate went from 3.85 to 1.47 between 1951 and 2002. Some people believe that this situation is caused by a growing number of women who do not give birth to any children. We can think for example of the cliché of the career woman who is exclusively preoccupied by her career until she realizes at 45 years old that she forgot to have children, or also of the cliché of the woman who desperately waits for a charming prince, who never shows up, before starting to have children. However, demographers Évelyne Lapierre-Adamcyk and Marie-Hélène Lussier showed in La démographie québécoise. Enjeux du XXIe siècle that the share of childless women is not higher today than it was in the past. For example, 25 percent of women born between 1881 and 1886 remained childless while a little less than a quarter of women born between 1956 and 1961 did not have any children.
Some people would instead point a finger toward the rise of the single-child family: more and more women have one child and then do not have any other children. Even though there has indeed been a trend in this direction, it is not that strong: whereas about 90 percent of women born between 1881 and 1886 who had a first child also had a second child, this share stood at about 75 percent for women born between 1956 and 1961. Lapierre-Adamcyk et Lussier comment: The probability of having a second child if one already has one child is at a systematically higher level than those for other ranks, a phenomenon that remains even among the most recent generations where we can however observe a decline; the evolution of this probability underscores the continued strength of the idea that when we have one child, it is "normal" to have a second one. It is in fact starting at the third child, who more often than not never shows up today, that the greatest demographic changes have happened. Thus, among women born between 1881 and 1886 who had given birth to two children, about 90 percent had a third child, and about 90 percent of those who had given birth to a third child later had a fourth child and so on and so forth. A downward trend could already be observed among women born between 1921 and 1931: about 80 percent of those having given birth to a second child had a third one, about 70 percent of those having given birth to a third one had a fourth one and so on and so forth with the same 70 percent share. But the real fall is to be observed among women born between 1946 and 1961: only 35 percent of women having given birth to two children had a third one, then 35 percent of these women had a fourth one and so on and so forth. Other statistics allow us to take note of this phenomenon. More than 60 percent of women born between 1881 and 1886 had 3 or more children. The majority of women born between 1921 and 1936 also had 3 or more children. However, as little as 20 percent of women born between 1951 and 1961 gave birth to more than 2 children. In short, the decline in birth rates in Québec is in large part due to the relative decline in the number of large families. In this respect, it is interesting to note that I just used the expression "large family" to talk about families of 3 or more children. Indeed, today a family of three children is generally considered to be a large family in Québec; the French government's statistical institute even officially defines a large family as a family with three or more children. Not so long ago, we saw things much differently. According to a study conducted in 1961 among married Catholic French-Canadian women residing on Montréal Island, it was then thought on average that a family of 2 or less children was a small family and that a family of 6 or more children was a large family. Only 1.2 percent of interviewed women believed that a family of 3 children could be considered to be a large family. | On sait bien que la natalité a beaucoup diminué durant les dernières décennies au Québec: l'indice synthétique de fécondité est passé de 3,85 à 1,47 entre 1951 et 2002. Certains croient que cette situation serait due à un nombre grandissant de femmes qui ne font pas d'enfants. On pense par exemple au cliché de la femme carriériste qui ne pense qu'à sa carrière jusqu'à ce qu'elle se rende compte à 45 ans qu'elle a oublié d'avoir des enfants, ou encore au cliché de la femme qui attend désespérement un prince charmant qui n'arrive jamais avant d'avoir des enfants. Or les démographes Évelyne Lapierre-Adamcyk et Marie-Hélène Lussier montrent dans La démographie québécoise. Enjeux du XXIe siècle que la proportion de femmes infécondes aujourd'hui n'est pas plus élevée que dans le passé. Par exemple, 25% des femmes nées entre 1881 et 1886 sont restées sans enfants alors qu'un peu moins du quart des femmes nées entre 1956 et 1961 n'ont pas eu d'enfants.
Certains pointeraient plutôt du doigt la montée de la famile à enfant unique: de plus en plus de femmes auraient un enfant puis n'en auraient pas d'autres. Bien qu'on ait observé une tendance en ce sens, elle n'est pas si forte que cela: alors qu'environ 90% des femmes nées entre 1881 et 1886 qui ont eu un premier enfant ont aussi eu un deuxième enfant, cette proportion était d'environ 75% parmi les femmes nées entre 1956 et 1961. Lapierre-Adamcyk et Lussier commentent: La probabilité d'avoir un deuxième enfant si on en a déjà un se situe quant à elle à un niveau systématiquement plus élevé que celle des autres rangs, phénomène qui se maintient même chez les générations les plus récentes qui enregistrent cependant une baisse; l'évolution de cette probabilité souligne le maintien de l'idée que lorsqu'on a un enfant, il est "normal" d'en avoir un deuxième. C'est en fait à partir du troisième enfant, qui plus souvent qu'autrement n'arrive jamais aujourd'hui, que les plus grands changements démographiques se sont produits. Ainsi, parmi les femmes nées entre 1881 et 1886 qui ont eu deux enfants, environ 90% ont eu un troisième enfant, et environ 90% de celles ayant eu trois enfants en ont eu un quatrième et ainsi de suite. On avait déjà observé une tendance à la baisse parmi les femmes nées entre 1921 et 1931: environ 80% de celles qui ont eu un deuxième enfant en ont eu un troisième, environ 70% de celles en ayant eu un troisième en ont aussi eu un quatrième et ainsi de suite avec la même proportion de 70%. Mais la véritable chute se constate parmi les femmes nées entre 1946 et 1961: seulement 35% des femmes ayant eu deux enfants en ont eu un troisième, puis 35% de celles-ci en ont eu un quatrième et ainsi de suite. D'autres statistique permettent de constater ce phénomène. Plus de 60% des femmes nées entre 1881 et 1886 ont eu 3 enfants ou plus. La majorité des femmes nées entre 1921 et 1936 ont aussi eu 3 enfants ou plus. Cependant, à peine 20% des femmes nées entre 1951 et 1961 ont eu plus de 2 enfants. Bref, la diminution du taux de fécondité au Québec est en grande partie due à la diminution relative du nombre de familles nombreuses. À ce titre, il est intéressant de noter que je viens d'utiliser l'expression "famille nombreuse" pour désigner les familles de 3 enfants ou plus. En effet, de nos jours une famille de trois enfants est généralement considérée comme une famille nombreuse au Québec; l'institut statistique du gouvernement français définit même officiellement une famille nombreuse comme une famille qui comprend trois enfants ou plus. Il n'y a pas si longtemps, on voyait les choses bien différemment. Selon une étude réalisée en 1961 auprès de femmes mariées canadiennes-françaises et catholiques résidant sur l'Île de Montréal, on considérait alors en moyenne qu'une famille de 2 enfants ou moins était une petite famille et qu'une famille de 6 enfants ou plus était une famille nombreuse. Seulement 1,2% des femmes interrogées croyaient qu'une famille de 3 enfants pouvaient être considérée comme une famille nombreuse. |
| Sources:
Lapierre-Adamcyk, Évelyne et Marie-Hélène Lussier (2003) "De la forte fécondité à la fécondité désirée", in Victor Piché et Céline Le Bourdais (éd.) La démographie québécoise. Enjeux du XXIe siècle. Montréal: Les Presses de l'Université de Montréal, pp. 76-82. Carisse, Colette (1964) Planification des naissances en milieu canadien-français. Montréal: Les Presses de l'Université de Montréal, pp. 56-57. | |
Je ne mettrai des enfants au monde que lorsque le Canada sera un pays libre.
Pas avant. C'est trop chien d'endetter un bébé de milliers de dollars à la naissance.
Écrit par: Chill Bill à août 20, 2005 03:24 PM