août 09, 2005

La nomination de Michaëlle Jean

The appointment of Michaëlle Jean as the governor general of Canada has been much analyzed through the lens of ethnic origin. For example, according to the pollster Jean-Marc Léger, the objective behind this appointment of a black Québec woman would be to ensure the loyalty of Québec's ethnic minorities during federal elections and an eventual third referendum on sovereignty.

Indeed, it is well known that anglophones and other ethnic minorities are much less likely than 'pure laine' francophones to vote for the Parti Québécois, the Bloc Québécois and in favor of sovereignty. During his concession speech following his defeat in the 1995 referendum, the sovereignist leader and Québec Premier Jacques Parizeau infamously complained of having been beaten by 'money and the ethnic vote.' The sovereignist movement has recently made some efforts to seduce the black community in Québec, for exemple via the election of Cameroon-born actor Maka Kotto as Bloc Québecois MP in 2004 and the awarding to Luck Mervil, a Haiti-born singer, of the title of Patriote de l'année (Patriot of the year) by the Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, a nationalist organization which actively supports the independence of Québec. In these circumstances, the appointment of Michaëlle Jean can be seen as a charm counter-offensive undertaken by the federal government.

What has been less analyzed is the link between this appointment and the differences in the electoral behavior of men and women in Québec. Thus, the share of women who support the Parti Québécois or sovereignty is lower by about 5 to 10 points than the share of men who support these. It would not be surprising to find out that a majority of men voted for sovereignty in 1995 whereas a majority of women voted against.

Thus, it is possible to see the appointment of Michaëlle Jean as an attempt to solidify women support for the federalist side. Let's just hope she will not commit an error similar to the one committed by Parti Québécois minister Lise Payette during the referendum campaign in 1980. Indeed, Lise Payette had then made disparaging remarks towards stay-at-home women, and this has given birth to the famous movement of the Yvettes for the NON.

Also see J.H. here and here about the appointment of Michaëlle Jean.

La nomination de Michaëlle Jean au poste de gouverneur général du Canada a été beaucoup analysée sous l'angle de l'origine ethnique. Par exemple, selon le sondeur Jean-Marc Léger, le but de cette nomination d'une québécoise noire serait de s'assurer de la loyauté des minorités ethniques du Québec lors des élections fédérales et d'un éventuel troisième référendum sur la souveraineté.

En effet, il est bien connu que les les anglophones et les autres minorités ethniques tendent beaucoup moins que les francophones "pure laine" à voter pour le Parti Québécois, le Bloc Québécois et en faveur de la souveraineté. Lors de son discours de concession suite à sa défaite référendaire en 1995, le leader souverainiste et premier ministre du Québec Jacques Parizeau s'est fameusement plaint d'avoir été battu par "l'argent puis des votes ethniques." Le mouvement souverainiste a récemment fait certains efforts pour séduire la communauté noire du Québec, par exemple via l'élection du comédien d'origine camerounaise Maka Kotto comme député du Bloc Québecois en 2004 et la nomination de Luck Mervil, un chanteur d'origine haïtienne, comme le Patriote de l'année par la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, une organisation nationaliste qui milite pour l'indépendance du Québec. Dans ces circonstances, la nomination de Michaëlle Jean peut être vue comme une contre-offensive de charme de la part du gouvernement fédéral.

Ce qui a été moins analysé est le lien entre cette nomination et les différences dans le comportement électoral des hommes et femmes du Québec. Ainsi, la proportion de femmes qui appuient le Parti Québécois ou la souveraineté du Québec est de 5 à 10 points inférieure à la proportion d'hommes qui les appuient. Il ne serait pas surprenant de constater qu'une majorité d'hommes ont voté pour la souveraineté en 1995 alors qu'une majorité de femmes a voté contre.

Ainsi, il est possible de voir la nomination de Michaëlle Jean comme une tentative de solidifier l'appui des femmes au camp fédéraliste. Espérons seulement qu'elle ne commettra pas une erreur semblable à celle que la ministre Péquiste Lise Payette avait commise durant la campagne référendaire de 1980. En effet, Lise Payette avait alors fait des remarques méprisantes envers les femmes au foyer, ce qui avait donné naissance au fameux mouvement des Yvettes pour le NON.

Voir aussi J.H. ici et ici au sujet de la nomination de Michaëlle Jean.


Publié par Laurent à août 9, 2005 07:22 PM
Commentaires

Intéressante analyse!

Écrit par: Vincent Geloso à août 10, 2005 01:47 AM

Je vois pas pourquoi tu as effacé mon commentaire, c'est effectivement très cheap comme politique de nommer quelqu'un à cause de son ethnie, dans le but d'influencer les ethnies, pour ne pas qu'ils aient trop de rancunes envers la corruption d'Ottawa.

C'est pareil comme dans les anciennes colonies quand les colonisateurs mettaient un indigène dans une position de pouvoir symbolique pour rallier le peuple derrière elle plutôt que contre le colonisateur.

Les "Roi-Nègres" je pense qu'on les appellait?

En tout cas si Michaelle Jean venait de Chibougamau gageont qu'elle n'aurait pas été nominée.

Écrit par: Chill Bill à août 21, 2005 03:54 PM

"Je vois pas pourquoi tu as effacé mon commentaire"

Erreur administrative, désolé.

Écrit par: Laurent à août 21, 2005 05:47 PM

Je pensais c'etait trop cru :)

Écrit par: Chill Bill à août 21, 2005 10:01 PM

Add to Technorati Favorites Top Blogues Politics Blogs - Blog Top Sites