août 28, 2004

L'appartenance canadienne des Québécois

Even though they will not admit it, the main problem facing sovereignists, at least the hard-liners among them, is that most Quebecers are attached to Canada. They can still laugh at those who want to keep their "Rocheuses" (Rocky Mountains), they can still complain at their leaders' attempts to include all kinds of association or partnership projects instead of concentrating on the realization of independence, they can still believe that René Lévesque erred when he said that "[a]ssociation with Canada must be parallel with the independence of Quebec. It would be a crime to cripple with one blow two centuries of communal coexistence"1, but this attachment of Quebecers to Canada cannot be denied.

The 2003 General Social Survey conducted by Statistics Canada found that 74% of Quebecers described their sense of belonging to Canada as somewhat or very strong, while only 25% of Quebecers described their sense of belonging to Canada as somewhat or very weak. Even among French-speaking Quebecers, 70% say their sense of belonging to Canada is somewhat or very strong. This results seems paradoxal if we remember that about 60% of French-speaking Quebecers voted YES in the 1995 referendum on the sovereignty of Québec and that, according to a January 2004 Léger Marketing poll, 53% of French-speaking Quebecers would vote YES in a new referendum. There are many people who seem to agree with the "independent Québec in a united Canada" of comic Yvon Deschamps.

Statistics Canada's General Social Survey also shows that Quebecers are the ones who have the greatest confidence in the federal Parliament: 57.8% of Quebecers have a "great deal" or "quite a lot" of confidence in the federal Parliament while that proportion is only of 42.8% for Canada as a whole. Moreover, the survey "Intention and Impact: Canadians Reflect on their Votes in the Forthcoming Election" published by the Association for Canadian Studies in May 2004 found that Quebecers were exceptionally convinced of having a major impact on federal policies. Indeed:

The percentage of Quebecers [38%] that believe their vote has a major impact is far more substantial than elsewhere in the country where such strong sentiment is held by 14% of the population. This is all the more paradoxical given the frequently invoked idea of some opinion leaders in the province that Quebecers have little influence on federal policies.

As surprising as it might seem, a factor explaining these last two results is the action of the Bloc Québécois. For example, we can notice the surprising result that 35% of Bloquistes believe they have a major impact on federal policies, a proportion that is 2.5 times higher than in the Canadian population as a whole. The Bloc Québécois, because everybody knows that it will never be able to take power, constantly sees its relevance or usefulness being attacked. In order to defend itself, the Bloc had to promote and to emphasize the role of federal MPs as legislators rather than merely as an electoral college used for choosing a prime minister and a government. As could be observed during the leaders' debates, as well as during recent years, every time someone asks Gilles Duceppe what is the point of voting for a Bloc that will never be able to take power, he asks rhetorically if we should close down Parliament and if his interlocutor denies that members of Parliament should play a determining role in the elaboration of the laws and governmental policies of Canada. He then continues his argumentation by enumerating all the times when, according to him, the Bloc MPs had a determining impact on the policies of the federal government. Despite the fact that these developments seem to be in contradiction with the independentist goals of the Bloc Québécois, the Bloc, in order to survive as an institution, had no choice: it had, more than any other federal political party, to promote the role of the federal Parliament and to attempt to convince its voters that they could have an impact on Parliament.

Bien qu'ils ne voudront pas l'admettre, le principal problème des souverainistes, du moins les purs et durs d'entre eux, est que la plupart des Québécois sont attachés au Canada. Ils peuvent bien rire de ceux qui tiennent à leurs Rocheuses, ils peuvent bien se plaindre des tentatives de leurs leaders d'inclure toutes sortes de projets d'association et de partenariat plutôt que de se concentrer sur la réalisation de l'indépendance, ils peuvent bien croire que René Lévesque a fait une erreur lorsqu'il a affirmé que "[l]'association avec le Canada doit être mise sur le même plan que l'indépendance du Québec. Ce serait un crime de compromettre d'un seul coup deux siècles de coexistence"1, mais cet attachement des Québécois au Canada ne peut pas être nié.

Ainsi, l'Enquête Sociale Générale de 2003 réalisée par Statistiques Canada a trouvé que 74% des Québécois disaient avoir un sentiment d'attachement soit très fort, soit plus ou moins fort, envers le Canada, alors que seulement 25% des Québécois déclaraient avoir envers le Canada un sentiment d'appartenance très faible ou plus ou moins faible. Même parmi les Québécois francophones, 70% disent avoir un sentiment d'appartenance très fort ou plus ou moins fort envers le Canada. Ce résultat semble paradoxal si on se rappelle qu'environ 60% des Québécois francophones ont voté OUI au référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec et que, selon un sondage Léger Marketing de janvier 2004, 53% des Québécois francophones voteraient pour le OUI dans un nouveau référendum. Plusieurs semblent d'accord avec le "Québec indépendant dans un Canada uni" de l'humoriste Yvon Deschamps.

L'Enquête Sociale Générale de Statistiques Canada montre aussi que les Québécois sont ceux qui font le plus confiance au Parlement fédéral: 57,8% des Québécois ont une "grande confiance" ou une "certaine confiance" dans le Parlement fédéral alors que cette proportion n'est que de 42,8% pour l'ensemble du Canada. De plus, l'étude "Intention et impact : Le reflet du vote des Canadiens pour l'élection à venir" publiée par l'Association d'études canadiennes en mai 2004 a trouvé les Québécois sont exceptionnellement convaincus d'avoir un impact majeur sur les politiques fédérales. En effet:

Le pourcentage de Québécois [38%] croyant que leur vote aurait un impact majeur est beaucoup plus substantiel qu'ailleurs au pays où un tel sentiment est attribuable à 14% de la population. Ceci est des plus paradoxal, étant donné que, selon les leaders d'opinion de la province, les Québécois ont peu d'influence sur les politiques fédérales.

Aussi surprenant que ça puisse paraître, un facteur expliquant ces deux derniers résultats est l'action du Bloc Québécois. On constate par exemple le résultat surprenant que 35% des Bloquistes croient avoir un impact majeur sur les politiques fédérales, une proportions 2,5 fois plus élevée que dans l'ensemble de la population canadienne. Le Bloc Québécois, étant donné que tout le monde sait qu'il ne pourra jamais prendre le pouvoir, voit constamment sa pertinence et son utilité être attaquées. Pour se défendre, le Bloc a dû promouvoir et mettre l'emphase sur le rôle des députés fédéraux en tant que législateurs plutôt que simplement en tant que collège électoral servant à choisir un premier ministre et un gouvernement. Comme on a pu le constater lors des débats des chefs, ainsi que durant les dernières années, à chaque fois qu'on demande à Gilles Duceppe à quoi ça sert de voter pour un Bloc qui ne pourra jamais prendre le pouvoir, il demande rhétoriquement si il faudrait fermer le Parlement et si son interlocuteur nie que les membres du Parlement doivent jouer un rôle déterminant dans l'élaboration des lois et des politiques gouvernementales du Canada. Il poursuit ensuite son argumentation en énumérant toutes les occasions où les députés du Bloc ont selon lui eu un impact majeur sur les politiques du gouvernement fédéral. Malgré le fait que ces développements semblent être en contradiction avec les objectifs indépendantistes du Bloc Québécois, le Bloc, pour survivre en tant qu'institution, n'a pas eu le choix: il a dû, plus que tout autre parti politique fédéral, promouvoir le rôle du Parlement fédéral et tenter de convaincre ses électeurs qu'ils peuvent avoir un impact sur le Parlement.

1. Simeon, Richard (1998) Limits to Partnership: Canada-Quebec Relations in a Postsecession Era. C.D. Howe Institute / Institut C.D. Howe, p. 8. (Traduction française)


Publié par Laurent à août 28, 2004 01:09 PM
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