Dans l'histoire récente du Canada, le nombre de politiciens fédéraux de l'extérieur du Québec qui ont pris la peine de développer des antennes québécoises se comptent sur les doigts d'une seule main.
[...] Jusqu'à tout récemment, personne n'aurait pensé qu'on pourrait un jour ranger Stephen Harper dans la minuscule catégorie de ceux qui ont pris le temps de faire leurs classes sur le Québec. Tout dans son parcours militait contre un apprentissage minimal des réalités québécoises.
[...][Mais il semble] avoir bien saisi l'outrage ressenti au Québec dans la foulée de l'affaire des commandites. À Laval, bien des gens ont opiné du bonnet quand il s'est demandé comment les Libéraux avaient pu penser qu'ils convertiraient le Québec au fédéralisme à coups de drapeaux et de placards.
[...] Pour autant, ses ouvertures ne tiennent pas strictement de la chirurgie esthétique. La vision du fédéralisme qu'il défend est nettement plus proche de celle dont on rêve dans les officines libérales [de Charest] à Québec que celle de Paul Martin. Un gouvernement Harper, affirme le principal intéressé, veillerait à ce qu'Ottawa se concentre sur ses propres responsabilités plutôt que sur celles des provinces. Si Jean Charest cherche un interlocuteur sérieux sur le déséquilibre fiscal à Ottawa, il aurait plus de chances d'en trouver un dans le bureau du chef de l'opposition officielle que dans celui du premier ministre.
Pour bon nombre de Québécois, il y a beaucoup de raisons de ne pas voter pour Stephen Harper. [...] Mais parmi [ces raisons], il ne devrait pas y avoir l'argument que le parti sous Stephen Harper est anti-Québec.