mars 25, 2004

Deux gouvernements pour le prix d'un

When the Parti Québécois complained in the beginning of March that "Quebec is abandoning its international role" by not weighing on the issue of Haiti, I wrote the following:
You see, that's life in Trudeaupia. The federal government thinks its role is to intervene in provincial jurisdictions like health care, education and municipal affairs while the provincial government believes it must act in federal jurisdictions like foreign policy.
Last week was business as usual in Canada. The federal government launched new initiatives in the areas of education and municipal affairs while the Alberta and Quebec provincial governments want to have their say in international talks.

The problem is that the division of powers between the provincial and federal governments is still unclear and often disregarded or dismissed. The legitimacy of either the provincial or federal level of government is often questioned, which leads both levels of government to try to strengthen its legitimacy by building popular support:

By analogy, with the extraction of oil from a common pool by two or more producers, direct competition for votes by two levels of government gives rise to a common-pool problem. If one views votes as inputs in the production of political outputs, then it is in the interest of both government suppliers to seek to gain the votes in implementing programs first. Should one of them abstain from supplying the political output, the potential gain of votes would be lost in favor of its competitor. Competition in the absence of property rights results in waste through rent-seeking. Competition between two vertically structured governments leads each one to attempt to realize the net political benefits for fear of losing them to its competitor. Yet, ex post, the political profit is dissipated for both.

One consequence of this process is a tendency for all levels of government to oversupply and to overregulate.

Quand le Parti Québécois s'est plaint au début de mars que "le Québec abdique son rôle international" en ne se prononçant pas sur le dossier haïtien, j'ai écrit la chose suivante:

Voyez-vous, c'est ça la vie en Trudeaupie. Le gouvernement fédéral s'imagine que son rôle est d'intervenir dans des juridictions provinciales comme la santé, l'éducation et les affaires municipales tandis que le gouvernement provincial croit qu'il doit agir dans des juridictions fédérales comme la politique étrangère.
La semaine dernière en était une de routine au Canada. Le gouvernement fédéral a lancé de nouvelles initiatives dans les domaines de l'éducation et des affaires municipales pendant que les gouvernements provinciaux d'Alberta et du Québec veulent avoir leur mot à dire dans les négociations internationales.

Le problème est que la division des pouvoirs entre les gouvernements provinciaux et fédéral continue à manquer de clarté et est souvent ignorée ou balayée du revers de la main. La légitimité des niveaux fédéral ou provincial de gouvernement est souvent remise en question, ce qui amène les deux niveaux de gouvernement à essayer de renforcer leur légitimité en moussant leurs appuis populaires:

Par analogie avec l'extraction de pétrole d'un gisement partagé par deux producteurs ou plus, la compétition directe pour les votes par deux niveaux de gouvernements fait surgir un problème de gisement partagé. Si on voit les votes comme des intrants dans la production d'extrants politiques, alors il est dans l'intérêt des deux gouvernements en tant que fournisseurs de tenter de gagner des votes en étant le premier à implémenter des programmes. Si l'un d'entre eux devait s'abstenir de fournir cet extrant politique, le gain potentiel en votes serait perdu en faveur de son compétiteur. La compétition en l'absence de droits de propriété produit du gaspillage sous forme de maximisation de la rente. La compétition entre deux gouvernements verticalement structurés amène chacun d'entre eux à tenter de réaliser ces bénéfices nets politiques sous la crainte de les perdre à leur compétiteur. Pourtant, ex post, le profit politique est dissipé pour chacun d'entre eux.

Une conséquence de ce processus est une tendance pour chaque niveau de gouvernement d'en fournir trop et de surréglementer.


Publié par Laurent à mars 25, 2004 01:22 PM
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