mars 24, 2004

Des gros contenants amènent des grosses fuites

Here is what Andrew Coyne had to say in the wake of the budget just released by the Liberal government:
The scandals were an inevitable outgrowth of the Liberal way of governing. Indeed, they are the Liberal way of governing. The rot extends far beyond a mere $100-million skimmed by a few advertising firms. And it covers much more than mere criminality. It's more insidious than that.

It is the whole system of discretionary dispensations -- a billion for farmers here, a billion for fishermen there, and so forth, until you have assembled a large enough coalition to get back into office -- that is corrupt, and corrupting. It depletes the treasury, distorts the economy, incites envy, encourages special pleading, and rewards friends -- of the regime, if not of individuals within it. As I wrote two years ago, "Liberal ethics is Liberal politics is Liberal economics." They are all of a piece. To improve the ethics, to clean up the politics, you have to change the economics. You have to remove the sources of temptation. You have to take away the moneypots.

Indeed, I already noted in this post that there was before 1962 an office, the Comptroller of the Treasury, that was responsible for keeping a tight control on government spending:

"As such, he was responsible for pre-audit," St. Cyr said, "that is, for examining invoices prior to cheque-issue, to ensure proper authorization, that they conformed with Treasury Board rules and regulations, that they were charged to the proper account, and that any associated contracts were properly authorized.

"He was also responsible for commitment control," St. Cyr continued -- making sure every penny spent had been authorized by some parliamentary vote.

A long story made short, the COT issued the cheques for every government department, ensuring that legitimate paperwork existed for every transaction.

Glassco, St. Cyr said, unravelled that system in favour of more departmental autonomy. "Let management manage," was Glassco's refrain.

The removal of independent pre-audit and the killing of the COT watchdog essentially "opened the vault," St. Cyr said.

However, it got scrapped in 1962. And why did it get scrapped?

Because government grew (during the 1950s), it became very difficult to manage that (COT) system
You see, this was in 1962, when the federal government was managing much less money, subsidies and social programs than now, before the expansion of government under Pearson and Trudeau, before the Canada Pension Plan, medicare, regional development agencies, the gun registry, HRDC, before encroachments on provincial jurisdictions like health care, education and social programs became common, before Employment Insurance included a laundry list of social programs, etc. Already then, the federal government had grown too big for it to be practical to keep tight checks on its practices and spending. The Liberals have announced that they would reinstate the office of the Comptroller General (abolished in 1993), but they can't really explain what he is supposed to do different from now, and we can be sure that he won't be able to exercise the same control that the Comptroller of the Treasury used to.
Voici ce qu'Andrew Coyne avait à dire dans la foulée du budget que le gouvernement Libéral vient de présenter:
Les scandales étaient une extension inévitable de la manière Libérale de gouverner. En effet, ils sont la manière Libérale de gouverner. La pourriture s'étend bien loin du simple 100 millions siphonné par quelques firmes de publicité. C'est plus insidieux que cela.

C'est tout le système de dépenses discrétionnaires -- un milliard pour les agriculteurs par ci, un milliard pour les pêcheurs par là, et ainsi de suite, jusqu'à ce que vous ayez assemblé une coalition assez large pour être réélu -- qui corrompt et est corrompu. Ça assèche les finances publiques, déforme l'économie, fomente la jalousie, encourage les demandes spéciales, et récompense les amis -- du régime, ou même des individus à l'intérieur. Comme je l'ai écrit il y a deux ans, "l'éthique Libérale est la politique Libérale est la science économique Libérale." Ils en sont tous un morceau. Pour améliorer l'éthique, faire le ménage dans la politique, il faut changer la doctrine économique. Il faut enlever les sources de tentations. Il faut enlever les pots de miel Il faut couper les fils au travers desquels on échange l'argent contre l'influence, l'argent contre les votes ou l'argent contre l'argent.

En effet, j'ai déjà remarqué dans ce message qu'il y avait avant 1962 un bureau, le Contrôleur du Trésor, qui était responsable de garder un contrôle serré sur les dépenses du gouvernement:

"En tant que tel, il était responsable de la pré-vérification", a dit St-Cyr, "c'est-à-dire, de l'examen des factures avant l'écriture des chèques, de s'assurer qu'elles aient bien été autorisées, qu'elles étaient chargées au bon compte et que tous les contrats qui y étaient associés avaient bien été autorisés.

"Il était aussi responsable du contrôle de l'assignation des crédits," a continué St-Cyr -- de s'assurer que chaque cent dépensée avait été autorisée par un vote parlementaire.

Pour faire une histoire courte, le CDT faisait les chèques pour chaque ministère et agence du gouvernement, s'assurant que des documents légitimes existaient pour chaque transaction.

Glassco, a dit St-Cyr, a enlevé ce système en faveur d'une plus grande autonomie départementale. "Laissez l'adminstration gérer," était le refrain de Glassco.

L'abolition d'une pré-vérification indépendante et la disparition du chien de garde qu'était le CDT a finalement "ouvert les vannes", a dit St-Cyr.

Cependant, il a été aboli en 1962. Et pourquoi a-t-il été aboli?

Parce que le gouvernement a grossi (pendant les années 1950), il est devenu très difficile de gérer ce (CDT) système
Voyez-vous, c'était en 1962, quand le gouvernement fédéral gérait bien moins d'argent, de subventions et de programmes sociaux que maintenant, avant l'expansion du gouvernement sous Pearson et Trudeau, avant le Régime de Pensions du Canada, l'assurance-maladie, les agences de développement régional, le registre des armes à feu, la DRHC, avant que les empiètements sur les juridictions provinciales comme la santé, l'éducation et les programmes sociaux ne deviennent courants, avant que l'assurance-emploi n'inclue une liste d'épicerie de programmes sociaux, etc. Déjà à cette époque, le gouvernement fédéral avait trop grossi pour qu'il soit pratique de garder des contrôles serrés sur ses pratiques et ses dépenses. Les Libéraux ont annoncé qu'ils remettraient sur pied le bureau du Contrôleur général (aboli en 1993), mais ils ne peuvent pas vraiment expliquer ce qu'il ferait de différent par rapport à maintenant, et nous pouvons être sûr qu'il ne pourra pas exercer le même controle que le Contrôleur du Trésor pouvait exercer.


Publié par Laurent à mars 24, 2004 06:04 PM
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