mars 16, 2004

Opinions sur Stephen Harper

Paul Wells is endorsing Stephen Harper for leader of the Conservative Party through his column in Macleans magazine. There's also this interesting e-mail by a former leftist and former Quebec separatist who is now supporting the Conservative Party and Harper. Jay Jardine says he'll set aside his libertarian dogma (his own words) and vote Conservative if Harper wins because of Harper's fiscal conservatism.

However, Andrew Coyne is not impressed. I think Andrew is somewhat too severe. He says Harper's talk didn't went beyond "motherhood stuff like 'ending corporate welfare'". But if ending corporate welfare is simply motherhood-and-apple-pie stuff, how come we are still doling billions of it? The fact is that entrenched special interests, whether they are businesses, labor unions or government bureaucracies, resist quite hard against this change. Harper would do a major service to Canada if he really could manage to end corporate welfare (for example like British Columbia and Alberta mostly did with laws barring the government from giving business subsidies)

Andrew also doesn't like Harper's courting of the nationalist vote in Quebec. But if the Conservatives want to ever have a chance in Quebec, they have no other choice. First, there is the tactical problem that, if Conservatives only seems to appeal to federalists, federalists will not switch their vote from the Liberals to the Conservatives, since they'll fear this would only split their votes in favour of the Bloc. Second, those who call themselves nationalist in Quebec are not necessarily separatist. For example, this January 2004 poll shows only 28% of Quebecers would back sovereignty without an offer of political and economic partnership with the rest of Canada. Since Quebec is already as of now in a "political and economic partnership" with the rest of Canada, the remaining 19% of those who call themselves sovereignists could well be swayed by a Canada federalism that would work better. I have already written on how I find Harper's suggestion on this topic to be appealing to Quebec nationalists (and federalists), alienated Westerners and fiscal conservatives. (Though I have to agree with Andrew's and Jaeger's caveat on involving the provinces in nominations for the Bank of Canada)

Paul Wells donne son appui à Stephen Harper pour la chefferie du Parti Conservateur au travers de sa chronique dans le magazine Macleans. Il y a aussi ce e-mail intéressant d'un ex-gauchiste et ex-séparatiste qui appuie maintenant le Parti Conservateur et Harper. Jay Jardine dit qu'il mettra de côté son dogme libertaire (dans ses propres mots) et votera Conservateur si Harper gagne à cause du conservatisme fiscal d'Harper.

Cependant, Andrew Coyne n'est pas impressionné. Je crois qu'Andrew est trop sévère. Il dit que les paroles de Harper ne sont pas allés au-delà "de la vertu facile comme 'mettre fin au bien-être corporatif'". Mais si mettre fin au bien-être corporatif est simplement de la vertu facile, comment se fait-il que nous en donnions encore des milliards sous forme de subventions aux entreprises? Le fait est que des intérêts spéciaux retrenchés, qu'ils soient des entreprises, des syndicats ou des bureaucraties gouvernementales, résistent fortement contre ce changement. Harper rendrait un véritable service au Canada si il pouvait réellement mettre fin au bien-être corporatif (par exemple comme la Colombie-Britannique et l'Alberta l'ont fait en grande partie avec des lois interdisant au gouvernement de donner des subventions aux entreprises)

Andrew aussi n'apprécie pas que Harper courtise le vote nationaliste au Québec. Mais si les Conservateurs veulent avoir un jour des chances au Québec, ils n'ont pas d'autre choix. Premièrement, il y a le problème tactique que, si les Conservateurs semblent seulement courtiser les fédéralistes, les fédéralistes ne transfèrerons pas leurs votes des Libéraux vers les Conservateurs, parce qu'ils craindront que ça ne ferait que diviser leurs votes en faveur du Bloc. Deuxièmement, ceux qui se disent nationalistes au Québec ne sont pas nécessairement séparatistes. Par exemple, ce sondage effectué en janvier 2004 montre que seulement 28% des Québécois appuieraient la souveraineté sans une offre de partenariat politique et économique avec le reste du Canada. Comme le Québec est déjà aujourd'hui dans un "partenariat politique et économique" avec le reste du Canada, le 19% restants de ceux qui se disent souverainistes pourraient bien être séduits par un fédéralisme canadien qui fonctionnerait mieux. J'ai déjà écrit sur comment je trouve que les suggestions de Harper à ce sujet sont attirantes pour les nationalistes (et fédéralistes) québécois, pour les gens de l'Ouest qui se sentent aliénés et pour les conservateurs fiscaux. (Cependant je suis d'accord avec le bémol d'Andrew et de Jaeger quant à impliquer les provinces dans les nominations pour la Banque de Canada)


Publié par Laurent à mars 16, 2004 10:50 PM
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