mars 13, 2004

AdScam forever

You remember the federal Ontario Liberal caucus that was caught red-handed saying they have to "change the subject" by putting money in "a strategic fund" to spend it "for a few very specific, what would otherwise be called infrastructure projects" so that "people have something else to talk about"? Now they're shocked, shocked. It's not that they suddenly have some sense of shame about having been caught plotting to sweep a massive defrauding of taxpayers under the rug. They now want to press criminal charges not only against whoever turned on the switches of the Parliamentary television system, but also against the Sun newspaper chain that reported it (found via Andrew Coyne, who has more comments on this)

But the sponsorship scandal is still interesting, so we won't "change the subject". The sponsorship scandal was linked to Chrétien's Prime Minister's Office. Jean Pelletier, then Chrétien's chief of staff, regularly called the head of the sponsorship program to make political pressures on how the money would be handed out. Newly released memos also show Paul Martin's senior aides were intervening in sponsorship and advertising programs as soon as 1994 and 1995, which yet again makes Paul Martin's claim of having known nothing look even more dubious.

Andrew Coyne has informations on how some public servants suddenly retired to be hired back by advertising firms to which they had just given lucrative contracts.

Finally, this revealing interview of a retired accountant who worked in the federal government traces back the roots of the sponsorship scandal to administrative changes made in the early 1960s:

The sponsorship scandal in Ottawa can be traced to the report of the Royal Commission on Government Organization, chaired by Grant Glassco, which reported in 1962.

Why? I asked. Because it was Glassco's recommendations, St. Cyr said, that killed the checks and balances that had been part of Ottawa's financial controls since 1931.

It was the Conservative government of R. B. Bennett that, in its attempts to gain a firm grasp on government spending at the outset of the Great Depression, created a new office named the Comptroller of the Treasury (COT), which reported to the minister of finance.

"As such, he was responsible for pre-audit," St. Cyr said, "that is, for examining invoices prior to cheque-issue, to ensure proper authorization, that they conformed with Treasury Board rules and regulations, that they were charged to the proper account, and that any associated contracts were properly authorized.

"He was also responsible for commitment control," St. Cyr continued -- making sure every penny spent had been authorized by some parliamentary vote.

A long story made short, the COT issued the cheques for every government department, ensuring that legitimate paperwork existed for every transaction.

Glassco, St. Cyr said, unravelled that system in favour of more departmental autonomy. "Let management manage," was Glassco's refrain.

The removal of independent pre-audit and the killing of the COT watchdog essentially "opened the vault," St. Cyr said.

Also note that the reason for abolishing the COT was that government had grown so much that this system was becoming "very difficult to manage".
Vous vous rappelez du caucus Libéral fédéral d'Ontario qui s'est fait prendre la main dans le sac à dire qu'ils devaient "changer de sujet" en mettant de l'argent dans "un fonds stratégique" pour le dépenser "pour quelques projets très spécifiques, qui seraient autrement appelés projets d'infrastructure" afin que "les gens parlent d'autres choses"? Maintenant ils sont scandalisés, scandalisés. Ce n'est pas qu'ils éprouvent soudainement une quelconque honte à s'être fait prendre à comploter pour balayer en dessous du tapis une fraude massive faite aux contribuables. Ils veulent maintenant déposer des accusations criminelles non seulement contre quiconque a allumé le système de télévision du Parlement, mais aussi contre la chaîne de journaux Sun qui l'a rapporté (trouvé via Andrew Coyne, qui a aussi plus de commentaires là-dessus)

Mais le scandale des commandites est toujours intéressant, alors nous n'allons pas "changer de sujet". Le bureau du premier ministre Jean Chrétien a été lié au scandale des commandites. Jean Pelletier, qui était alors le chef de cabinet de Chrétien, appelait régulièrement le responsable du programme des commandites pour exercer des pressions politiques sur la manière dont les subventions seraient distribuées. Des mémos récemment rendus publics montrent aussi que des assistants hauts placés de Paul Martin intervenaient dans les programmes de publicité et de commandites aussi tôt que 1994 et 1995, ce qui fait encore une fois que les affirmations de Paul Martin selon lesquelles il ne savait rien ont l'air encore plus douteuses.

Andrew Coyne a des informations sur la façon dont certains fonctionnaires ont soudainement pris leur retraite pour être ensuite engagés par des firmes de publicité auxquelles ils venaient tout juste de donner des contrats lucratifs.

Finalement, cet interview révélateur d'un comptable à la retraite qui a travaillé pour le gouvernement fédéral trouve les racines du scandale des commandites dans des changements administratifs faits au début des années 1960:

Le scandale des commandites à Ottawa trouve ses racines dans le rapport de la Commission royale sur l'organisation du gouvernement, présidée par Grant Glassco, qui a rendue son rapport en 1962.

J'ai demandé: pourquoi? Parce que ce sont les recommandations de Glassco, a dit St-Cyr, qui ont tué les checks and balances qui faisaient partie des contrôles financiers d'Ottawa depuis 1931.

C'était le gouvernement Conservateur de R. B. Bennett qui, dans une tentative pour avoir un contrôle ferme sur les dépenses gouvernementales au début de la Grande Dépression, a créé une nouvelle agence nommée le Contrôleur du Trésor (CDT), qui se rapportait au ministre des Finances.

"En tant que tel, il était responsable de la pré-vérification", a dit St-Cyr, "c'est-à-dire, de l'examen des factures avant l'écriture des chèques, de s'assurer qu'elles aient bien été autorisées, qu'elles étaient chargées au bon compte et que tous les contrats qui y étaient associés avaient bien été autorisés.

"Il était aussi responsable du contrôle de l'assignation des crédits," a continué St-Cyr -- de s'assurer que chaque cent dépensée avait été autorisée par un vote parlementaire.

Pour faire une histoire courte, le CDT faisait les chèques pour chaque ministère et agence du gouvernement, s'assurant que des documents légitimes existaient pour chaque transaction.

Glassco, a dit St-Cyr, a enlevé ce système en faveur d'une plus grande autonomie départementale. "Laissez l'adminstration gérer," était le refrain de Glassco.

L'abolition d'une pré-vérification indépendante et la disparition du chien de garde qu'était le CDT a finalement "ouvert les vannes", a dit St-Cyr.

Notez aussi que la raison pour laquelle le CDT a été aboli et que le gouvernement avait tellement grossi que ce système devenait "très difficile à gérer".


Publié par Laurent à mars 13, 2004 10:52 PM
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