février 20, 2004

Charest: vers un gouvernement Mulroney

This National Post article is reserved to suscribers, but its summary seems to perfectly summarize the situation:
Charest caves in to agitators

It lasted almost 10 months, but it's over. Quebec Premier Jean Charest, probably scared by his recent nose-dive in public-opinion polls, has started to buckle. He and his Liberal government are backing off on several fronts, which will only cause unions and others to crank up the pressure because they're starting to think they'll get their way

I had already remarked in December - as well as this Globe and Mail article - that despite the "neoliberal" rhetoric of the Charest government, despite loud cries from activists about the "destruction of Quebec" and the "dismantling of the State", the truth is the reforms pursued by Charest are timid and that his government does not govern that differently from the previous government.

In fact, Charest reminds me more and more of his ex-boss: Brian Mulroney. We probably forgot it by now, but the Mulroney government began to govern by promising to tackle the deficit and by touting the necessity of deep reforms in the role of the State with respect to society and the economy. After the outcry raised by the partial deindexation of old age pensions, the Mulroney government did not dare attempt any controversial reform, even though it held the biggest parliamentary majority in Canadian history. Mulroney could not make government smaller (he instead enacted a tax on goods and services) and he famously could not reduce the deficit. While Ronald Reagan and Margaret Thatcher made deep changes in their respective countries in the same timeframe, the Mulroney government can only be a disappointment by comparison.

I predicted it and I say it again: even if Charest promised to cut income taxes by a quarter, government will not have become smaller when his term ends, and neither will the fiscal burden of Quebecers. I also add: the next years of his term will be particularly flavourless, statu-quoists and boring.

And for this he will get reelected.

L'article du National Post est réservé aux abonnés, mais son résumé semble parfaitement résumer la situation:

Charest cède face aux agitateurs

Ça l'a duré presque 10 mois, mais c'est fini. Le premier ministre du Québec Jean Charest, probablement apeuré par sa récente chute dans les sondages, a commencé à plier. Lui et son gouvernement Libéral reculent sur plusieurs dossiers, ce qui va seulement amener les syndicats et les autres à accentuer la pression parce qu'ils commencent à croire qu'ils vont obtenir ce qu'ils veulent.

J'avais déjà remarqué en décembre - ainsi que cet article du Globe and Mail - que malgré la rhétorique "néolibérale" du gouvernement Charest, malgré les hauts cris des activistes sur la "destruction du Québec" et le "démantèlement de l'État", la vérité est que les réformes mises en oeuvre par Charest sont timides et qu'il ne gouverne pas si différemment du gouvernement précédent.

En fait, Charest me rappelle de plus en plus son ancien patron: Brian Mulroney. On l'a probablement oublié, mais le gouvernement Mulroney avait commencé à gouverner en promettant de s'attaquer au déficit et en clamant la nécessité de faire de profondes réformes dans le rôle de l'État vis à vis de la société et de l'économie. Après le tollé qu'avait soulevé la déindexation partielle des pensions de vieillesse, le gouvernement Mulroney n'a plus osé faire aucune réforme controversée malgré le fait qu'il détenait la plus grande majorité parlementaire de l'histoire canadienne. Mulroney n'a pas pu réduire la taille de l'État (il a plutôt instauré une taxe sur les produits et services) et il n'a fameusement pas pu réduire le déficit. Alors que Ronald Reagan et Margaret Thatcher ont fait des changements profonds dans leurs pays respectifs à la même époque, le gouvernement Mulroney ne peut qu'être une déception en comparaison.

Je l'avais prédit et je le redis: même si Charest a promis de couper les impôts sur le revenu du quart, la taille de l'État n'aura pas diminué à la fin de son mandat et le fardeau fiscal des Québécois non plus. J'ajoute même plus: les prochaines années du mandat de Jean Charest vont être particulièrement fades, insipides, immobilistes et ennuyantes.

Et pour ça il sera réélu.


Publié par Laurent à février 20, 2004 11:32 PM
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