février 11, 2004

Enron, Canada

The Auditor General's report is out and it is damning:
Alfonso Gagliano was at the heart of a government-wide scandal that engulfed his former Department of Public Works and five Crown corporations, which used accounting tricks to give massive commissions to a handful of politically connected advertising firms, the Auditor-General said yesterday.

In a scathing report, Sheila Fraser said she was astounded to discover the use of "fictitious invoices" in government as part of a scheme to "provide significant commissions to communications agencies."

The report, and Ms. Fraser's subsequent comments, made it clear that she does not believe this is a simple matter of incompetence, but rather a systematic abuse of taxpayers' dollars by a small group of powerful government officials.

"The pattern we saw of non-compliance with the rules was not the result of isolated errors. It was consistent and pervasive," the report said.

The accounting tricks used by the federal government would have made Les Bougon or Enron proud:

Patronage, fake invoices, missing documents, fake contracts: "Les Bougon" couldn't have done better.
Even the RCMP, the federal Canadian police, was laundering funds through secret bank accounts:
Fraser's audit concluded that the RCMP's Quebec division received its payments through a separate non-government bank account, which violates the federal Financial Administration Act.

The transactions were recorded manually rather than in the RCMP's standard accounting system, and some of the supporting documents were subsequently destroyed.

This is absolutely ridiculous. We don't have a federal government, we have an Enron government!

The Liberal government would have us believe that only Gagliano is responsible for this massive, widespread abuse. But Andrew Coyne is seeing through this:

Let me get this straight. Over a six year period, the federal government spent a quarter of a billion dollars advertising itself in Quebec -- a scandal in itself. Of that amount, 40% -- that's $100-million -- was siphoned into the pockets of various middle-men, mostly well-connected Liberal advertising firms. The money was funnelled through virtually every part of the government, from Crown corporations to government departments to the RCMP.

And we are supposed to believe that no one knew anything about it? That the Finance minister, one Paul Martin, knew nothing about it? That Pierre Pettigrew, the political minister for Quebec, knew nothing about it? That Lucienne Robillard knew nothing of it? That Denis Coderre knew nothing of it? It was all just Alfonso Gagliano's doing?

Indeed, Le Devoir is saying Gagliano looks like an useful scapegoat and notes:

We could let the responsibility fall on the shoulders of some employees and personalities, like Alfonso Gagliano, but in the end, the government must also shoulder its own share of responsibilities. Didn't Paul Martin accept his share in the case of the gun registry, in december 2002? "In my opinion, it is a responsibility we all share and, as I mentioned it, I certainly have my share of responsibility. I don't think this is a case where one should seek to deflect blame. It is a case where we have a collective responsibility", he said.

Why shouldn't it be that way for the sponsorships?

Indeed, I hope the Liberal government will face the consequences of their blatant misuse of public funds.
Le rapport de la vérificatrice général est sorti et il est accablant:

Si on savait qu'une direction générale du ministère des Travaux publics, sous la responsabilité de l'ex-ministre Alfonso Gagliano, et une poignée d'agences de publicité du Québec avaient profité pendant des années du fameux programme, le rapport de Mme Fraser nous apprend que les stratagèmes s'étendaient jusqu'à certaines sociétés d'État. Même la Gendarmerie royale du Canada (GRC) s'y retrouve mêlée et passe dans le collimateur de la vérificatrice.

La vérification, qui aura pris plus d'un an et demi à réaliser, vient confirmer ce que Mme Fraser avait révélé dans un rapport spécial touchant trois contrats à la firme Groupaction, en mai 2002: les haut-fonctionnaires responsables du programme de commandites ont contourné toutes les règles.

"La violation répétée des règles n'était pas le résultat d'erreurs isolées, peut-on lire dans le rapport. Ces violations étaient régulières et omniprésentes. C'était la façon dont le gouvernement gérait le programme."

Les trucs comptables utilisés par le gouvernement fédéral sont digne des Bougon:

Patronage, fausses factures, documents disparus, faux contrats: "les Bougon" n’auraient pas fait mieux.
Même la GRC, la police fédérale, blanchissait de l'argent dans des comptes de banque secrets:
Les vérifications de Mme Fraser ont conclu que la division québécoise de la GRC a reçu des paiements au travers d'un compte banque séparé et non-gouvernemental, ce qui viole la loi fédérale sur la gestion des finances publiques.

Des transactions ont été enregistrées manuellement au lieu de l'être dans le système comptable standard de la GRC, et des documents connexes ont été subséquemment détruits.

C'est complètement ridicule. Nous n'avons pas un gouvernement fédéral, nous avons un gouvernement Enron!

Le gouvernement Libéral voudrait nous faire croire que seul Gagliano est responable de ces abus massifs et répandus, mais Andrew Coyne voit au travers de cet écran de fumée:

Laissez-moi clarifier la situation. Sur une période de plus de six ans, le gouvernement fédéral dépense plus d'un quart de milliards pour s'annoncer au Québec -- un scandale en soi. Sur ce montant, plus de 40% -- c'est 100 millions -- sont siphonnés dans les poches de divers intermédiaires, surtout des firmes de publicité bien connectées au PLC. L'argent a été siphonné au travers de virtuellement toutes les branches du gouvernement, des sociétés de la Couronne aux ministères ainsi que la GRC.

Et nous sommes censés croire que personne n'était au courant? Que le ministre des Finances, un certain Paul Martin, n'en savait rien? Que Pierre Pettigrew, le ministre représentant le Québec, n'en savait rien? Que Lucienne Robillard n'en savait rien? Que Denis Coderre n'en savait rien? Ce n'était une magouille de personne d'autre qu'Alfonso Gagliano.

En effet, Le Devoir remarque que Gagliano a l'air d'un bouc émissaire commode et note que:

On peut bien faire porter la responsabilité sur les épaules de quelques employés et personnalités, comme Alfonso Gagliano, mais au bout du compte, le gouvernement doit aussi assumer la sienne. Paul Martin n'avait-il pas accepté sa part dans le cas du registre des armes à feu, en décembre 2002 ? "En ce qui me concerne, il s'agit d'une responsabilité que nous partageons tous et, comme je l'ai mentionné, j'ai certainement ma part de responsabilité. Je ne pense pas que c'est un dossier où on doit tenter de rejeter le blâme. C'est un dossier pour lequel nous avons une responsabilité collective", avait-il dit.

Pourquoi n'en serait-il pas ainsi pour les commandites ?

En effet, j'espère que le gouvernement Libéral va faire face aux conséquences de son gaspillage éhonté des fonds publics.


Publié par Laurent à février 11, 2004 02:43 PM
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