février 03, 2004

Tous sont égaux. Certains plus que d'autres

John Kekes a un excellent article sur l'absurdité de l'égalitarisme. Il demande par exemple pourquoi les égalitaristes refusent de prendre les mesures appropriées pour ce qui est manifestement une inégalité injuste: l'espérance de vie des hommes est de 7 ans plus courte que celle des femmes. Selon la logique égalitariste, il faudrait par exemple compenser les hommes en leur offrant de meilleurs soins de santé qu'aux femmes ou en diminuant les impôts qu'ils versent pour financer le système de santé.

Peu importe du ridicule de ces propositions qui visent à démontrer l'absurdité de l'égalitarisme, j'ai l'impression que la seule chose qui empêche les égalitaristes de les appuyer massivement est le fait que le groupe qui fait face à l'injustice dans ce cas-ci sont les hommes. Si c'était l'espérance de vie des femmes qui était plus courte que celle des hommes, j'ai l'impression qu'ils seraient présentement en train de militer pour la plupart de ces mesures. Tous sont égaux: certains plus que d'autres.

Cette règle du deux poids, deux mesures, est bien visible dans les lois américaines visant à retrouver le père d'un enfant et à lui faire payer une pension alimentaire. Le problème est qu'une fois qu'une femme a affirmé que vous êtes le père de l'enfant, vous avez 30 jours pour prouver que vous le n'êtes pas sinon il vous sera pratiquement impossible d'éviter de payer une pension alimentaire sans vous retrouver dans un bourbier judiciaire. Elle a beau n'avoir donné qu'une couleur de peau, un âge et un nom, le gouvernement vous retrouvera et, même si vous n'avez jamais mis les pieds dans la région où cette femme habite, même si vous n'avez jamais vu cette femme, parfois même si la description physique donnée pour le père ne correspond pas à la vôtre, vous aurez à payer une pension alimentaire à l'enfant de cette femme à moins de pouvoir prouver que vous n'êtes pas le père de l'enfant. Si les délais prévus sont expirés, même si vous êtes en vacances pendant cette période ou si la poste perd la lettre envoyée par le gouvernement, vous ne pourrez pas vous sauver de payer même si vous avez des résultats de tests d'ADN qui prouvent que vous n'êtes pas le père.

Comme le dit l'article:

Mais vous pouvez lire des milliers de pages de lois, rapports, témoignages, et ne pas voir une seule référence à l'importance de nommer le bon homme, ou à la gravité de faire une erreur. Depuis que le Congrès a commencé à s'occuper du soutien financier des enfants en 1975, la philosophie centrale a été d'orienter tout vers "les meilleurs intérêts de l'enfant", ce qui en pratique a voulu dire s'assurer que l'enfant reçoive de l'argent. Maintenant que les États ont aussi un incitatif financier -- ils reçoivent une partie des pensions alimentaires, reçoivent des bonus de performance du gouvernement fédéral, font des économies sur le budget de l'aide sociale -- le motif de l'argent est plus fort que jamais. La Californie, par exemple, compile toutes sortes de statistiques: le montant total des pensions alimentaires collectées par dollar dépensé, le montant moyen collecté par dossier, etc. Mais l'État ne va nulle part compter le nombre de citoyens qu'il a faussement nommés comme pères. Le biais est extraordinaire et les abus sont inévitables.
Comme l'a dit une députée californienne lorsqu'on lui a parlé de ces hommes faussement nommés comme pères qui ont dû injustement payer des pensions alimentaires: "je me fous de ces gars". Si des femmes étaient sujettes à de telles pratiques douteuses, il n'y a aucun doute que tous ces biens-pensants descendraient aujourd'hui dans la rue pour réclamer une réforme. Mais quand ce sont des hommes qui y font face, ils "s'en foutent".

J'espère que vous vous plairez dans le paradis progressiste où tous sont égaux, certains plus que d'autres.


Publié par Laurent à février 3, 2004 02:22 PM
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