Paul Martin prouve que son règne n'est rien d'autre que le prolongement de celui de Jean Chrétien. Les empiètements sur les champs de compétence réservés aux provinces sont toujours au rendez-vous:
Un "nouveau pacte" avec les municipalités, un meilleur accès aux études postsecondaires et une réduction des listes d'attentes dans les hôpitaux: voici les grands objectifs du premier discours du Trône du premier ministre Paul Martin, prononcé lundi par la gouverneure générale Adrienne Clarkson.Donc, le gouvernement fédéral annonce des initiatives dans le domaine de la santé, des affaires municipales et de l'éducation. Mais la santé et les affaires municipales font partie des pouvoirs exclusifs des législatures provinciales selon les sections 7 et 8 de l'article 92 de la loi constitutionnelle de 1867 tandis que l'éducation l'est aussi en vertu de l'article 93.
Pour les affaires municipales, le gouvernement affirme qu'il agit dans ses champs de compétence en exemptant les municipalité de payer la TPS. Cet argument peut sembler plausible, mais il ne tient aucunement la route. Si le gouvernement fédéral levait un impôt ou une taxe en partie pour verser directement des subventions aux villes, on verrait (enfin je l'espère) que le gouvernement fédéral s'arroge des pouvoirs qu'il n'a pas. Mais quand le gouvernement lève une autre taxe fédérale (la TPS) et en exempte spécifiquement les villes, il s'arroge aussi un pouvoir qu'il n'a pas. Quelle est la différence entre lever 1 milliard en taxes pour le verser aux villes -- donc transférer 1 milliard des individus aux villes -- ou exempter les villes de payer 1 milliard en taxes alors que les citoyens paient eux-mêmes ces taxes? À l'absurde, on peut imaginer un scénario où le gouvernement fédéral confisque tout simplement les biens pour les mettre à la disposition des villes. Un scénario analogue est un scénario où la taxe de ventes fédérale est de 100% et dont les villes sont exemptées. Dans ce cas, vous ne pouvez rien faire avec vos biens à moins de les transférer à une ville: vos biens sont confisqués comme dans le premier scénario.
Bref, le gouvernement fédéral ne s'en tire pas. Toutes ses préoccupations majeures se trouvent incidemment dans les champs de compténce des provinces. Sera-t-on surpris d'apprendre que ce qui trouve réellement dans les compétences fédérales soit géré de manière désastreuse? Que les forces armées en ruine? Que la politique étrangère canadienne soit...attendez un instant: quelle politique étrangère? Nous n'avons pas de politique étrangère.
Le gouvernement fédéral devrait commencer par s'occuper de ses propres affaires au lieu d'aller piler sur les plate-bandes des provinces et des municipalités.