La fessée reste légale au Canada:
Dans un jugement partagé à six contre trois, la Cour [suprême] conclut que l'article 43 du Code [criminel], adopté il y a plus de 100 ans et qui autorise parents et éducateurs à recourir à une force "raisonnable" pour la correction physique des enfants, ne va pas à l'encontre de la Charte canadienne des droits.Enfin notre Cour suprême montre que sa bien-pensance a des limites. Les parents peuvent encore user de leur jugement pour éduquer leurs enfants et les utopistes qui ne comprennent pas qu'il est parfois nécessaire de corriger un enfant peuvent aller se rhabiller. La famille est une des rares institution où des règles formelles et "rationnelles" n'ont pas complètement évincé une communauté morale de valeurs partagées. Je ne comprends pas ceux qui veulent judiciariser la relation entre un parent et un enfant.
Attendez un instant. Qui veut judiciariser cette relation?
Il se trouve que la Commission québécoise des droits de la personne et de la jeunesse a plaidé devant la Cour contre la fessée. Comme vous le savez, c'est cette même Commission qui cherche à étendre grandement la portée déjà large de la Charte québécoise des "droits et libertés" avec une foule de "droits à" bidons. La Commission étant responsable de l'application de la Charte, toute augmentation de la portée de la Charte se traduit nécessairement et évidemment par une augmentation du budget, du prestige, du pouvoir et de l'influence de la Commission. C'est ce qu'on appelle prêcher pour sa paroisse. La Commission fait la même chose dans ce cas-ci: si elle peut réussir à judiciariser la relation entre un parent et un enfant, elle va réussir à introduire progressivement de plus en plus de "droits à" pour les enfants et donc à étendre son empire.
Sûrement que la Commission en baverait si elle pouvait opérer sous les lois belges. Un cardinal belge est poursuivi en justice pour avoir affirmé que l'homosexualité était une perversion sexuelle. Avant, on mettait en prison les homosexuels; maintenant, on met en prison ceux qui disent des choses politiquement incorrectes sur les homosexuels. Bienvenue dans le paradis progressiste.
MISE À JOUR 2004-01-31 18h15: Voir aussi cet article de David Bernstein sur la menace que les Commission de "droits de la personne" font peser sur les libertés civiles.