Suite à mon billet sur le suicide en prison d'un tueur en série, Guillaume Barry de Un Swissroll répond:
[Laurent] n'a pas assez de sévérité pour railler les gentils humanistes bien pensants qui ne veulent ni de la peine capitale ni de la condamnation ferme à perpétuité. On trouvera son argumentation cynique ou réaliste. Dans la mesure où le but recherché est la sécurité, il a tout à fait raison : la détention à perpétuité remplit le même rôle que la peine de mort. La société n'a pas à avoir d'états d'âme. Et la détention à perpétuité coûte beaucoup plus cher. Pour Laurent, seule une société riche peut se l'offrir, peut donc s'offrir des bons sentiments - ou bien ne serait-ce tout simplement pas de la lâcheté? Dans cette perspective, je ne vois pas pourquoi il ne prône pas la peine capitale (ou ai-je mal lu?) - la perpétuité réelle étant quand même une torture mentale...Personnellement, je suis agnostique sur la question de la peine capitale. Je ne vois pas vraiment de principe philosophique, éthique ou politique solide qui permette de déterminer que la peine de mort soit supérieure à la détention à perpétuité ou vice versa. Je crois que le recours à l'une ou l'autre peine devrait être déterminé par des considérations plus pragmatiques comme le danger posé par le criminel à la société, les effets (ou l'absence d'effets) de la peine pour décourager les criminels, la proportionalité du châtiment par rapport aux crimes commis et le fardeau que l'exécution de la peine impose à la société. Bref, je crois que les législateurs peuvent donner plus de discrétion aux juges et aux jurys pour recourir selon leur jugement à la peine de mort pour certains crimes.
Évidemment, ce n'est pas une position tellement populaire au Canada. On aime bien se distinguer des États-Unis et l'abolition de la peine de mort est une tentative de montrer comment les Canadiens sont gentils et civilisés contrairement aux Américains méchants et barbares. Certains s'amusent même à comparer le nombre d'exécution aux États-Unis et en Iran - comme si ce n'était pas évident qu'un des deux pays a une des plus longues traditions de défense des droits de l'accusé et que l'autre pays ne brille pas par l'intégrité de sa justice.