Scott Adams, le créateur de Dilbert, a déjà dit que "l'humanité serait perdue le jour où il deviendrait plus cher de draguer que d'utiliser la réalité virtuelle" pour simuler une relation sexuelle. On va dans cette direction. Les poupées gonflables sont de plus en plus réalistes, même très réalistes. Comme le note Godless sur Gene Expression, il devrait être possible d'ici quelques années d'équiper ces poupées de micromoteurs, de senseurs, d'intelligence artificielle, de simulateurs de mouvements, de modules de conversation... et même de gérer des surfaces humides et auto-nettoyantes!
Notre société a déjà largement séparé le sexe de la procréation. Les Canadiens français ont déjà eu des taux de natalité si élevés que Mackenzie King a hésité à introduire les allocations familiales fédérales en 1943. Selon son adjoint Jack Pickersgill, il considérait que ces allocations, vu les différences entre le taux de natalité du Canada français et du Canada anglais, constitueraient une grave menace pour l'unité nationale; seule la conscription semblait être une plus grande menace. Mackenzie King n'aurait plus ce genre de problèmes aujourd'hui. Le taux de fécondité des femmes québécoises a chuté de 4 au début des années 1950 à moins de 1,5 aujourd'hui. Cela signifie qu'une femme québécoise moyenne n'aura que 1,5 enfants en moyenne, ce qui est bien inférieur aux 2,1 qui sont nécessaires pour assurer le renouvellement des générations. On ne sera alors pas surpris d'apprendre que la pyramide des âges devient dangereusement inversée. Il y a environ deux fois moins de personnes qui sont nées en 2000 qu'en 1960. Les conséquences sont évidentes. Le Québec verra son poids démographique dans le Canada diminuer, de même que sa proportion de députés à la Chambre des Communes et son influence politique diminueront. De plus, lorsque que ceux qui sont nés en 1960 prendront leur retraite, ils ne pourront que difficilement compter sur les générations futures pour maintenir leur niveau de vie et avoir accès à des soins de santé. Cette séparation entre le sexe et la procréation peut être illustrée de manière encore plus spectaculaire par les statistiques sur l'avortement: pour 100 naissances au Québec, il y aura 40 avortements et une femme québécoise se fera avorter en moyenne 0,6 fois dans sa vie.
La séparation s'est aussi faite entre le sexe et l'engagement. Tout le monde est au courant du déclin du mariage partout en Occident. Mais les statistiques québécoises sont encore plus révélatrices. 51,4% des mariages finiront en divorce. À peine 1 mariage sur 1000 des mariages célébrés en 1964 s'étaient terminés par un divorce à l'intérieur de 5 ans par rapport à 11,5% de ceux célébrés en 1997. 4% des mariages célébrés en 1964 se sont terminés par un divorce à l'intérieur de 10 ans contre 25% pour ceux célébrés en 1990. C'est encore plus spectaculaire lorsqu'on considère à quel point peu de gens se marient. Au début des années 1950, virtuellement tout le monde se mariait, alors qu'aujourd'hui à peine 30% des gens se marient.
Le développement et le raffinement des poupées gonflables s'inscrit dans un processus encore plus poussé qui achèvera la séparation entre le sexe et l'amour. Avec la prolifération des "one night stand" et des "fuck friends", avec la légalisation probable de la prostitution, avec l'arrivée d'implants bioélectriques permettant de produire un orgasme, la tendance semble irrésistible. Un à un, les fils que la nature et la culture avaient utilisés pour faire du sexe une force génératrice et civilisatrice auront été rompus.
Et si ce n'était pas une fatalité? Après tout, la possibilité de choisir une vie de débaûche sans contact humain, sans engagement ou sans responsabilité parentale n'implique pas qu'il faut choisir ce style de vie, pas plus que l'existence d'une falaise n'implique qu'il faut sauter en bas de cette falaise. Cela démontre l'importance de bien valoriser les valeurs familiales et de les transmettre à nos enfants. Il faut que les gens voient avec respect des institutions comme la famille et le mariage. Qu'ils voient les responsibilités et l'engagement non comme une corvée mais comme un défi. Qu'ils voient un enfant non comme un fardeau mais comme une bénédiction. Finalement, il faut garder en mémoire les paroles de Edmund Burke: la société n'est pas qu'un contrat liant ceux qui vivent, la société est un contrat liant ceux qui ont vécu, ceux qui vivent et ceux qui vivront.
tres bon raisonnement mais lhomme se reproduira toujour par necessitee je pense plutot a une fin de l humanitee par une intelligence toujours grandissante qui est celle des ordinateurs;cela meme seront implantes sous forme de puce dans notre cerveau et changeront totalement les facultees de reflexion et d action.nous serions des cyborgs.
Écrit par: xavier à février 26, 2004 09:55 AM