novembre 18, 2003

Commissions scolaires: la démocratie en panne

Les élections des commissaires scolaires du Québec viennent d'avoir lieu. Enfin, on connaissait déjà la majorité des résultats il y a mois puisque 67% des commissaires ont été élus par acclamation (personne d'autre ne briguait le poste). Cette proportion est en hausse: elle était de 55% à la dernière élection en 1998. Les autres commissaires ont été élus avec un retentissant taux de participation de 8,4%. Ce taux de participation était de 15,4% aux dernières élections et continuellement en baisse depuis son sommet de 23% en 1971, année du début des élections scolaires. Le taux de participation n'a été que de 5,5% dans les commissions scolaires francophones de Montréal.

Il est extrêmement évident que ces commissaires scolaires n'ont virtuellement aucune légitimité démocratique: la plupart d'entre eux n'ont pas même été élus et les autres ne l'ont été que par une infime minorité. On a proposé de tenir les élections scolaires en même temps que les élections municipales. Cela ne ferait que traiter un symptôme sans traiter la cause du problème: les parents se rendent compte que leur voix ne pèse pas lourd dans ce processus et que de toute façon les décisions importantes viennent du Ministère de l'Éducation à Québec.

Si les parents veulent que leur enfant soit éduqué à l'école publique, ils doivent, selon la loi, envoyer l'enfant à l'école désignée par la commission scolaire selon leur adresse. On a voulu compenser cette perte de liberté en offrant aux parents un moyen d'avoir un contrôle démocratique sur l'éducation de leurs enfants. On constate que ce fut un échec.

Cet échec étant constaté, il devient nécessaire de redonner aux parents la liberté de choisir comment et où faire éduquer leurs enfants. Remarquez qu'il n'y a rien de bien radical dans cette approche. Le choix scolaire existe déjà chez nous, mais il est réservé à ceux qui ont les moyens de déménager dans le district scolaire de leur choix ou de payer de leur poche pour envoyer leur enfant à l'école privée (en plus de payer pour l'école publique avec leurs taxes). On ne voit aucun moyen d'empêcher totalement le choix scolaire, à moins de sombrer dans un totalitarisme qui interdirait même aux gens de déménager. Il faut plutôt s'assurer que tous les parents, ou plus précisément que tous les enfants de ces parents, puissent bénéficier du choix scolaire par un programme de bons d'études ou de crédit d'impôts à l'éducation.

Le Center for Independent Studies offre une présentation intéressante en faveur du choix scolaire, compare les pour et les contre des bons d'étude et des crédits d'impôts, et répond aux critiques les plus fréquentes faites contre le choix scolaire. Le Cato Institute croit que l'arrivée du choix scolaire représentera un progrès comparable à la fin de la ségrégation raciale dans les écoles américaines 40 ans auparavant.

MISE À JOUR 2003-11-20: Si vous avez peur qu'on se retrouve à gérer nos écoles comme on gère nos supermarchés, demandez-vous plutôt ce qui arriverait si les supermarchés étaient gérés comme nos écoles.


Publié par Laurent à novembre 18, 2003 05:50 PM
Commentaires

Add to Technorati Favorites Top Blogues Politics Blogs - Blog Top Sites