Ainsi, le Bloc Québécois propose des solutions pour réduire le coût des médicaments. Mais lorsqu'on regarde ces "solutions", on se rend compte que le Bloc semble être en panne d'inspiration.
D'abord, le député Ménard, porte-parole du Bloc en santé, suggère qu'on "examine plus attentivement l'introduction de nouveaux médicaments" parce que certains "ont été introduits récemment sur le marché alors qu'ils ne présentent presque pas de nouveauté sur le plan thérapeutique." Donc, le député lui-même admet que ces médicaments comporte tout de même une certaine nouveauté (d'où l'usage de "presque pas" au lieu de "pas"). Qui est-il pour juger que cette nouveauté n'est pas assez grande à son goût pour justifier la mise en marché d'un nouveau médicament? "Presque pas de nouveauté" peut signifier que ce nouveau médicament permet de soigner certaines personnes qui auraient ressenti des effets secondaires graves avec l'ancien médicament. Surtout, quelqu'un qui cherche à réduire le prix des médicaments devrait se rappeler que c'est la compétition, et non le monopole, qui permet de réduire les prix pour une qualité égale.
Une autre de leurs solutions est de restreindre les pratiques de mise en marché des compagnies pharmaceutiques, étant donné que le député Ménard juge excessives les dépenses de l'industrie en échantillons et en publicité auprès des médecins. N'en déplaise à M. Ménard, ces techniques de mise en marché servent une fonction sociale importante: informer les médecins sur les nouvelles possibilités offertes par les médicaments. Les échantillons permettent aux médecins de se familiariser avec les médicaments qu'ils prescrivent et d'en distribuer à leurs patients, afin que ceux-ci puissent se faire une meilleure idée avant d'acheter le médicament. Il n'est donc pas clair du tout que restreindre ces pratiques serve réellement à diminuer le coût des médicaments.
Si les dépenses de notre société en médicaments augmentent, c'est pour une raison terre à terre: les médicaments peuvent, plus que jamais auparavant, soigner une gamme de plus en plus étendue de maladies, de blessures ou de conditions anormales. Donc, nous utilisons, plus que jamais auparavant, une quantité de plus en plus grande médicaments et les médicaments que nous utilisons sont de plus en plus de haute gamme. Il est donc logique que nos dépenses en médicaments augmentent.