Business Week a publié un article intéressant sur l'économie d'eBay dans son édition du 18-25 août 2003. Ainsi, les auteurs affirment que eBay, le fameux site d'enchères en ligne, n'est pas simplement une compagnie comme les autres, mais qu'elle est une économie en soi, avec des marchés libres, des réglementations, des normes et même des "travaux publics" (effectués par la compagnie eBay). Le fondateur d'eBay, Pierre Omidyar, avait décidé de laisser la plus grande liberté possible aux vendeurs et aux acheteurs en leur laissant la possibilité de transiger ce qu'ils voulaient sur son site (en échange de frais de transaction). La créativité des utilisateurs a été stimulée par cette liberté: on compte aujourd'hui 27 000 catégories de produits sur eBay.
Les utilisateurs d'eBay se servent d'un système de réputation qui leur permet de donner des bonnes ou mauvaises notes aux gens avec qui ils font affaires. C'est une manière simple et efficace d'indiquer aux utilisateurs qui est crédible et sérieux et qui ne l'est pas et surtout cela ne demande virtuellement aucun affaire de la part des employés d'eBay. Il serait difficile d'imaginer une meilleure manière d'informer les participants de la crédibilité de leurs partenaires et d'inciter les participants à être honnêtes dans leurs échanges.
Évidemment, il y a toujours des fraudeurs qui n'ont aucun intérêt à se forger une bonne réputation: ils cherchent à faire une piasse rapidement et à disparaître dans la nature. C'est pourquoi eBay doit "gouverner", se doter d'un ensemble de règles et chercher à éliminer les participants ou les enchères qui posent problème. Certains secteurs, comme la vente d'automobiles, nécessitent des infrastructures (assurances, services de fiducie, garanties, etc.) qui ont dus être pris en charge par le "gouvernement" d'eBay.
Il est intéressant de voir qu'eBay encadre son marché libre en assumant deux rôles classiques des gouvernements: faire respecter certaines règles et développer les infrastructures à grande échelle.
Si seulement nos gouvernements étaient assez sages pour ne pas trop déborder de ces deux rôles...