Le dimanche 20 novembre 2005
L'Action démocratique veut une révision du système judiciaire
Norman Delisle
Presse Canadienne
Longueuil
L'Action démocratique du Québec (ADQ) veut resserrer la vis aux prisonniers.
Plusieurs résolutions en ce sens ont été adoptées dimanche lors d'une réunion du conseil général du parti tenue sur la Rive-Sud de Montréal.
Ainsi, un gouvernement adéquiste abolirait les libérations conditionnelles pour un individu après deux condamnations consécutives à des crimes contre la personne ou à des infractions à la loi des stupéfiants.
De plus, un individu financièrement capable de le faire devra assumer une partie des frais de sa détention. Pendant l'emprisonnement, un prisonnier n'aura plus droit aux indemnités de remplacement du revenu, comme les prestations de la CSST ou celle de la Société de l'assurance automobile.
Par ailleurs, l'ADQ s'engage à édicter une Charte des droits des victimes d'actes criminels. Les parents, enfants, conjoints, frères et soeurs d'une victime auront droit à des mesures d'accompagnement dans le cadre du processus judiciaire, notamment l'accès à des professionnels qualifiés pour les soutenir dans le cadre du procès.
Un poste de Protecteur de la jeunesse sera créé. Il s'agira d'un espèce d'ombudsman chargé de surveiller l'ensemble des services de protection de la jeunesse.
L'ensemble de ces mesures se veut une suite aux travaux que le parti a menés sous la direction de la députée de Lotbinière, Sylvie Roy.
Mme Roy a expliqué que la justice "devait être dissuasive afin d'assurer le maintien de l'ordre et de la sécurité pour les citoyens". De plus, a-t-elle soutenu, les familles des victimes d'actes criminels doivent être traitées "de manière digne et équitable".
Elle a rappelé que depuis 1989, 1000 familles québécoises ont vécu l'assassinat d'un être cher. Un cas tragique a été cité: celui du jeune Alexandre Livernoche, tué par un criminel bénéficiant d'une permission d'absence temporaire.
On a mentionné aussi le cas d'un individu condamné à 10 ans de pénitencier à la suite d'un vol de véhicule, et qui a tué deux jeunes en fuyant la police. Blessé lors de l'accident, il a continué à recevoir des indemnités de remplacement du revenu pendant qu'il était en prison.
Mme Roy a aussi rappelé que le taux de récidive est très élevé chez les criminels. Plus de 30 pour cent des criminels ont plus de 10 antécédents devant les tribunaux. "Nous croyons à la réhabilitation, mais c'est une utopie chez un nombre important de délinquants", a dit Mme Roy.
Pour Mario Dumont, chef de l'Action démocratique, il y a eu un laxisme en matière de libération conditionnelle depuis quelque temps.
"Il y a un ordre à remettre dans ce dossier. Je crois en la réhabilitation des prisonniers, mais elle doit être sérieuse. Actuellement, c'est la prison aux portes tournantes. Nos membres veulent arriver à une politique pour le meilleur succès quant à la non récidive. Ils sont exaspérés et choqués par un laxisme et un laisser-aller qui a coûté cher à des citoyens", a dit M. Dumont.
Le chef adéquiste s'en est aussi pris au système qui désengorge les prisons en faisant sortir les prisonniers le plus tôt possible.
"Je crois que faire sortir des gens avant terme est une fausse économie. Si on arrête la personne deux semaines après à cause d'un acte criminel. on repaye des policiers pour l'enquête, l'aide juridique pour le défendre, la cour et le greffe pour le procès, pour le ramener en prison. Ce processus de coût est énorme. Il faut une vraie démarche de réhabilitation, pour que cela veuille dire quelque chose", a mentionné M. Dumont.