Le samedi 5 juin 2004

Le 28 juin, une première étape vers la souveraineté

Karim Benessaieh
La Presse
Saint-Barnabé-Sud

L'envoi d'une majorité de députés du Bloc québécois à Ottawa le 28 juin constituerait la "première période" de la marche vers la souveraineté du Québec, a admis hier un des piliers du parti, Louis Plamondon.

Cet aveu contraste avec la ligne officielle de son chef, Gilles Duceppe, qui soutient depuis le début de la campagne que les prochaines élections ne décideront en rien de l'avenir constitutionnel du Québec. Même s'il ne se cache pas d'être souverainiste, le chef bloquiste a jusqu'ici soigneusement évité d'associer le vote à un appui à la souveraineté. Il a d'ailleurs invité les fédéralistes déçus des libéraux à appuyer son parti. En entrevue avec La Presse, hier, M. Plamondon a été plus direct: il a repris l'image utilisée il y a plus de 10 ans d'une démarche souverainiste en trois temps.

"On parlait d'une partie de hockey en 1993, là, on recommence la partie de hockey, a-t-il affirmé lors du passage de la caravane bloquiste à Saint-Barnabé-Sud, une municipalité rurale au sud-est de Montréal. Première période: le Bloc gagne à Ottawa. Deuxième période: c'est le PQ à Québec. Troisième: le référendum sur la souveraineté. Disons que ça motive nos troupes de voir à portée de main les trois étapes dans un temps assez rapide."

L'impopularité du gouvernement libéral de Jean Charest, conjuguée à la possibilité d'un gouvernement minoritaire à Ottawa, rend ce cheminement encore plus plausible, a analysé le député de Richelieu. "Ça fait en sorte que les trois étapes sont possibles comme en 1993. Les Québécois étaient alors choqués de l'échec du lac Meech; là ils sont choqués des commandites."

En point de presse plus tard à Saint-Jude, en Montérégie, Gilles Duceppe a refusé d'entériner cette image d'une accession à la souveraineté en trois périodes. Il l'a plutôt tournée en dérision. "Je ne veux pas tomber là-dedans, à savoir si c'est la première période, le quatrième quart, le 12e round, la neuvième manche... Moi, je dis que c'est reprendre le chemin de la victoire, le goût de la victoire." S'agit-il d'une étape sur le chemin de la souveraineté, alors? "Bien sûr. On n'a jamais caché ça, nous. Il n'y a que Paul Martin qui fait comme les oiseaux: il ferme les yeux et il pense qu'on ne le voit pas. Nous, on le voit."

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